Alors que les Lakers se cassaient les dents sur le dossier Anthony Davis, ce sont bel et bien les franchises de la conférence Est qui ont réalisé la trade deadline la plus convaincante. Alors que depuis des années, la NBA et ses fans se lamentaient du déséquilibre croissant entre les nombreux mastodontes de l’Ouest et leurs voisins de l’Est, pour la première fois depuis trop longtemps, la contre-attaque arrive.

En effet, lors de ces dernières heures, nous avons vu une série d’échanges qui ont eu tendances à drainer quelques talents de la conférence de tous les dangers pour renforcer sa petite sœur. Ces renforts sont par ailleurs acquis par plusieurs prétendants à une place en finale. De quoi densifier la course au sacre d’un côté et faire fantasmer autour d’une nouvelle génération très impressionnante, qui s’est construite dans l’ombre de King James.

Gros plan sur ces quelques renforts.


Quand les Milwaukee Bucks continuent à se gorger d’options

Les Bucks règnent actuellement sur la conférence Est. Autour de Giannis Antetokoumpo, qui semble s’imposer de manière de moins en moins discutable comme le meilleur joueur de la conférence, la franchise du Wisconsin avait décidé de miser sur une armée de joueurs très polyvalents. L’objectif : accumuler des athlètes, bons shooteurs, afin de profiter de la force d’attraction du Grec pour sanctionner les espaces laissés par la défense adverse.

Véritable légion, profonde, les Bucks prouvent jusqu’ici en saison régulière que la formule peut marcher. Dans une conférence Est encore très faible, ils ne lâchent quasiment aucun match dès lors qu’ils occupent la position de favori, ce qui leur permettant de flirter avec les 75% de victoires. En outre, ils arrivent, avec force de motivation et d’énergie, à lutter avec les meilleures équipes de leur côté, tout comme celles de l’Ouest.

S’ils doivent encore prouver que la formule marche en ayant pour noms les plus clinquants autour du Greek Freak que Khris Middleton et Eric Bledsoe, les Bucks comptent bien de tenter crânement leur chance.

Ainsi, dans la dernière ligne droite de la « trade deadline », ils se tournaient vers des New-Orleans Pelicans en pleine déconfiture pour acquérir un nouveau joueur correspondant à leur plan d’un jeu. Vous l’aurez peut-être compris, il s’agit de Nikola Mirotic. L’intérieur a un profil très prisé dans la NBA actuelle : celui de « stretch-4 ». Pas forcément le plus régulier des tireurs longue distance, il n’en reste pas moins une véritable option qu’il est nécessaire de surveiller, puisqu’il est capable de prendre feu. Dans un groupe qui profite largement de la force d’attraction de Giannis Antetokoumpo, Mirotic aura tout le loisir de tirer à volonté. Sans l’ombre d’un doute, on peut imaginer qu’il sera un parfait relais de Brook Lopez, qui s’est transformé en shooteur longue distance à Milwaukee.

Les Bucks qui se sont séparés de Thon Maker hier en échange de Stanley Johnson ont utilisé ce même joueur (et 4 2nd TDD) pour obtenir l’ailier fort. Une somme modique pour un renfort de choix en contrat expirant.

Que retenir ?

Les Bucks ajoutent un bon joueur supplémentaire au profil complémentaire à son franchise player. Si la franchise prend un certain risque, puisqu’elle obtient un nouveau joueur susceptible de partir cet été (à l’instar de Malcolm Brogdon, Eric Bledsoe et Khris Middleton), toujours est-il qu’ils vont tout faire pour conserver leur première place à l’Est.

La question désormais est de savoir si cette équipe a les armes pour se frayer un chemin jusqu’aux finales NBA ? Si c’est le cas la raison sera une réussite majeure. Surtout si l’équipe se donne une réelle chance pour remporter le titre.

Néanmoins, la concurrence, déjà forte, n’a pas chômé et les Bucks ne sont pas nécessairement l’équipe la plus armée des têtes d’affiches. Un argument majeur une fois les Playoffs enclenchées. A voir désormais si bien coachés, les Bucks sont prêts à passer les bouchées double durant les joutes printanière.


Quand les Philadelphie Sixers comblent les manques

Il y a quelques mois, les Sixers inquiétaient. Au sortir d’une sublime saison, la franchise espérait attirer un joueur majeur et former un trio d’élite aux côtés de Ben Simmons et Joël Embiid afin de prétendre au titre.

Incapables de réussir le plan A, les dirigeants avaient pour mission d’enclencher un plan B pour conserver une partie de l’entourage mis en place au cours de l’exercice précédent et y ajouter quelques bonnes pioches. Là encore, tout ne se passait pas comme prévu et le groupe ne débutait pas la saison en donnant l’impression d’avoir franchi un cap.

En outre, le début de saison un tantinet timide de Ben Simmons et un problème certain de compatibilité naturelle avec Embiid, donnait la sensation que les Sixers ne s’étaient pas spécialement améliorés et allaient se retrouver dans l’ombre des Bucks, des Raptors, voire de Boston après plusieurs semaines de compétition.

Néanmoins, Elton Brand mis à la tête de la franchise frappait un grand coup en trouvant une solution pour attirer Jimmy Butler en provenance de Minnesota. L’équipe venait d’acquérir une menace balle en main capable de proposer autre chose lors des fins de matchs serrées. Philadelphie commençait à faire peur, mais possédait encore quelques lacunes.

Peut être que la franchise a su en combler une partie durant cette trade deadline. Tout d’abord, c’est à une autre équipe de l’Ouest qu’elle récupérait un renfort de choix : Tobias Harris. L’ailier fort, flirtant avec le statut de All-Star apporte une véritable polyvalence et un shoot longue distance qui fera beaucoup de bien autour d’un trio Butler – Simmons – Embiid en cruel manque d’adresse. Si le banc des Sixers représente probablement sa plus grande faiblesse, notamment au regard des pertes, la franchise a aussi confirmé que la patience n’était plus de mise.

Markelle Fultz était de fait échangé sur le gong de la soirée au Orlando Magic contre Jonathon Simmons et quelques tours de draft. Une preuve supplémentaire que la franchise préfère désormais un arrière fiable physiquement à un jeune prospect potentiellement de grand talent.

Que retenir ?

Les Sixers se pensent capables d’aller chercher les finales dans une stratégie assez opposée à celle des Bucks. Alors qu’une équipe se monte un effectif extensible, l’autre amasse les têtes d’affiches avec leur 5 majeur de premier plan : Ben Simmons – JJ Redick – Jimmy Butler – Tobias Harris – Joël Embiid.

Autour, il y a des joueurs de devoir et il sera crucial pour Brett Brown de trouver les bonnes rotations au cours des 28 rencontres restantes. Il y a de fortes chances pour que la clé soit de ne pas aligner le 5 majeur ensemble durant une bonne partie de la rencontre. Au coach et son staff, désormais, de trouver la meilleure manière de faire tourner ce groupe. L’objectif était d’avoir moins de faiblesses que la saison passée, à voir si Brown trouve le moyen d’exploiter ses stars sans les diminuer.


Quand les Toronto Raptors frappent à nouveau

Après une saison précédente de haut vol, les Raptors en avaient définitivement assez. Assez de tomber tous les ans face aux Cavaliers de LeBron James, assez de renouveler inlassablement leur confiance en 1 coach et 1 leader qui, de toute évidence n’avaient pas, ensemble, les épaules pour tenir leur rang en post-saison.

Cet été, la franchise canadienne faisait un tollé en envoyant DeMar DeRozan et Jakob Poetl contre Kawhi Leonard et Danny Green en provenance de San Antonio. Alors que tout le monde pensait que cette nouvelle défaite avait potentiellement brisé le groupe, cet échange faisait office d’électrochoc. Leonard, parmi les meilleurs défenseurs NBA avait déjà prouvé sa faculté à se transcender en post-saison et l’arrivée supplémentaire donnait une allure pléthorique à l’effectif déjà très profond des Raptors.

Le début de saison donna raison à Masai Ujiri. Les nouveaux arrivants s’intégrèrent à merveille dans une troupe déjà bien rodée et Leonard redevenait rapidement la très bonne version de lui-même. De plus en plus incisif physiquement, l’ailier est désormais le joyau d’une franchise qui s’est donné pour objectif de séduire l’ailier à tout prix, lui qui sera agent libre cet et semblait rêver de Los Angeles, bien loin du grand nord canadien.

Dans ce contexte, difficile d’imaginer le groupe ne pas viser comme le jeune trident Celtics – Sixers – Bucks. Dès lors, on peut facilement imaginer les Raptors voir d’un mauvais œil les renforts obtenus par Philadelphie et Milwaukee, alors que les Celtes commencent tranquillement à remonter au classement. Il fallait frapper un grand coup, et c’est chose faite en montant le plus gros échange de cette « trade deadline ».

Dans la dernière heure de l’événement, c’est à nouveau vers une franchise de l’Ouest que Toronto faisait son marché en attirant Marc Gasol, franchise Player des Grizzlies. En ce faisant, la franchise abandonnait Delon Wright, Jonas Valanciunas et un lointain 2nd TDD pour acquérir un joueur majeur de la grande ligue.

Les Raptors ont donc désormais un axe Meneur – Ailier – Pivot de premier plan avec Lowry, Leonard et Gasol. Ceci, en gardant une large palette de rotations, à la fois talentueuses, jeunes et physiques.

Que retenir ?

L’opération séduction est désormais à son paroxysme ici. Les Raptors obtiennent deux joueurs qui ont fait leurs preuves en post-saison dans un effectif qui avait probablement besoin de ça pour se rassurer. Avec ce groupe, il y a de quoi monter une défense absolument étouffante si les automatismes se créent.

Offensivement, les Raptors seront également une équipe difficile à cerner, en espérant que Kyle Lowry soit à la hauteur de l’événement pour driver l’équipe. Là encore, les Playoffs seront un test ultime qui pourrait influer sur la décision finale de Kawhi Leonard.

Il est donc décisif de viser les finales NBA et de démontrer un enthousiasme digne d’un marché majeur autour de cette équipe.


La guerre est déclarée

Les Boston Celtics sont restés calmes durant cette free agency, pourtant, Danny Ainge a remporté une victoire importante. En effet, le stratège des Celtes avait pour mission de faire valoir ses atouts pour attirer Anthony Davis cet été. Mission accomplie puisque les New-Orleans Pelicans n’ont pas cédé aux avances des Lakers et la maison verte pourra tenter sa chance durant l’été. Boston, qui semblait avoir une longue d’avance pour les finales NBA cette saison, a peut-être pris un coup dans l’aile durant la première partie de celle-ci. Toujours est-il qu’il faudra compter sur eux dans une bataille qui s’annonce hautement intéressante.

Comme leurs 3 adversaires principaux, les Celtics tenteront de retenir un de leurs joueurs majeurs. De leur côté, c’est Kyrie Irving qui pourrait faire ces valises. Le message est clair : les Sixers doivent convaincre Jimmy Butler et Tobias Harris, les Bucks conserver Eric Bledsoe, Malcolm Brogdon et Mirotic sans se mettre dans le rouge, tandis que les Raptors doivent séduire Kawhi Leonard.

Autrement dit ? Cette saison vaut très gros dans une conférence Est qui n’a pas été aussi ouverte et disputée depuis bien longtemps. Une mauvaise prestation pourrait coûter cher à des franchises qui ont parié énormément pour monter dans la hiérarchie et être de solides prétendants. En conséquence, ils joueront tous très gros en cette saison 2019 pour notre plus grand plaisir.

Quoi qu’il en soit, les franchises de l’Est sorties du joug de LeBron James ont retrouvé de l’appétit et si, à l’instar des Pacers, d’autres équipes commencent à voir leurs projets décoller, alors la NBA pourrait trouver de nouveaux visages et regagner en équilibre.

La guerre est déclarée à l’Est et nous aurons des Playoffs avec de forts enjeux. Cette trade deadline fut une bien belle nouvelle pour la NBA.