Ces playoffs n’auront pas été de tout repos pour les équipes engagées dans cet affrontement. Au final, il n’en reste plus que deux dans le « Wild Wild West »pour se disputer une place en finale NBA. Cela se jouera entre les champions en titre, triomphant de son rival, et les Portland Trail Blazers vainqueurs des très jeunes Nuggets.

Le bilan du 2eme tour

Les Warriors avaient dominé la saison régulière, mais leurs principaux points faibles auront été exposés lors des deux premiers tours de playoffs. Les Clippers représentaient un challenge dans la mesure où ils n’abandonnaient jamais une rencontre (ou la série), tant que le match n’était pas terminé. Résultat, malgré leur domination, les champions en titre s’enlisaient dans une série inutilement longue, avant de retrouver les Houston Rockets. Seule équipe de la ligue à pouvoir se targuer d’avoir poussé Golden State dans ses retranchements l’an passé, la série fut à nouveau propice à divers rebondissements.

Comme l’an dernier, c’est une série accrochée qui eut lieu. Tout d’abord, affronter les Rockets fut synonyme de scores très bas pour les joueurs de la baie. L’intensité défensive imposée par les texans offrait à nouveau des rencontres serrées, qui se décidèrent toutes dans les ultimes secondes de la rencontre. Derrière un duo James Harden-Eric Gordon en verve, les Rockets sont parvenus, par deux fois, à faire tomber des Warriors loin de leurs terres. A domicile, en revanche, les champions en titre retrouvaient l’assise qui leur avait fait défaut face à Los Angeles. Résultat, 3 victoires de rang pour les hommes de Steve Kerr qui ne cédaient pas aux assauts d’Houston. Golden State profitait notamment de plusieurs joueurs clés adverses, qui évoluaient à un niveau inférieur que celui attendu. Dans cette catégorie, nous retrouvons Clint Capela, dont le temps de jeu a été limité tant il était malmené par les Dubs. Nous retrouvons aussi Chris Paul, flamboyant la saison passée qui n’arrivait pas à se défaire de ses adversaires.

Finalement, lors du Game 5, qui aurait pu presque définitivement sceller du sort de la série, un nouvel élément venait tout remettre en cause. Dans le 3eme quart temps, Kevin Durant sortait pour une blessure au mollet et était annoncé « out » pour le reste de la série. De quoi redonner espoir aux opposants et leur offrir une chance équivalente à celle obtenue par Golden State un an plus tôt, lors de la blessure de Chris Paul. Malgré cette nouvelle perte, les Warriors ne craquaient pas et arrachaient la victoire dans les dernières minutes de la rencontre. Stephen Curry, en difficulté sur l’ensemble de la série, reprenait ses responsabilités, avant de se déplacer à Houston pour un match 6 sous tension.

Moins denses que par le passé et privés de Kevin Durant, DeMarcus Cousins et dans une moindre mesure de Damion Jones, les Dubs tenaient pourtant Houston en dépit d’un Curry dépassé (0 point à la mi-temps). C’est Klay Thompson et André Iguodala qui portaient l’équipe face à des Rockets en manque de mordant. Finalement, dans un match étouffant, Curry se réveillait en marquant 33pts en seconde mi-temps, permettant aux « Splash Brothers » de recouvrer leurs habitudes en assassinant James Harden et son équipe. Au final, malgré un Chris Paul retrouvé, la 6eme rencontre sonnait le glas de la série, ouvrant la route aux Warriors pour un 5eme finale de conférence consécutive.

Côté Portland, la série avait commencé de la meilleure des manières, en reprenant dès le Game 2 un avantage du terrain durement gagné par Denver. Si cette série ne fut pas marquée par une domination de Damian Lillard, pourtant impérial au premier tour face au Thunder, c’est l’ensemble de l’équipe qui répondait présente pour conserver l’avantage. Cela passait par un Game 3 historique, où toute l’intégralité de l’effectif des Blazers s’est mis en avant, dans un match à 4 prolongations. Portland avait, en effet, terriblement besoin de son banc. Denver, porté par un Nikola Jokic magistral pour ses premiers Playoffs, représentait un match-up cauchemar. D’autant que Paul Millsap, pour la première fois opposé à une raquette très légère, pouvait seconder le serbe et faire des tranchées dans la peinture de l’Oregon. Dans des confrontations très disputées, c’est CJ McCollum qui empoignait le statut de leader, tandis que les sauveurs s’appelaient tantôt Seth Curry, tantôt Zach Collins, mais surtout Rodney Hood, auteur du Game Winner dans cette 3eme opposition.

Mais la victoire de Portland est cette fois mentale. Vaincus à domiciles dans un 4eme match étouffant, écrasés à l’extérieur dans un match 5 qui aurait pu faire pencher la balance de la victoire finale vers les Nuggets, l’équipe trouvait les ressources mentales pour continuer à se battre. D’abord dans un Game 6 dominés par une paire Damian Lillard – CJ McCollum retrouvée, alors que le meneur nous fournissait une de ses performances les plus impérieuses de la série.

Mais le véritable challenge se trouvait dans le Game 7. L’égalisation acquise, il fallait désormais arracher la qualification à l’extérieur, dans l’air asphyxiant d’un Pepsi Center perché dans les montagnes. Un match qui aura été le théâtre de multiples rebondissements. Un Damian Lillard fantômatique, une équipe des Nuggets toujours portée par un Nikola Jokic intenable et un écart de +17 en faveur des locaux en début de 2eme quart temps. Mais Portland a désormais 2 visages, et CJ McCollum semblait intenable malgré les adaptations de la défense des Nuggets. Alors que le système défensif a été pensé pour limiter Lillard au maximum, son compère prend feu et maintient les siens en vie en 1ere mi-temps. D’ailleurs, il fera mieux que ça, en enclenchant le retour au score des Blazers et leur prise de pouvoir dans la seconde période. Finalement, galvanisé par la blessure de Rodney Hood, le banc des Trail Blazers trouvera d’autres hommes providentiels pour épauler leur arrière : Zach Collins et Evan Turner, qui feront leur office pour vaincre des Nuggets d’un Jokic, héroïque, mais trop seul.

Damian Lillard sera donc en finale de conférence (ses premières !), pour le dernier tour de piste de l’Oracle Arena, lui, l’enfant de la région.

 

Les match-ups clés

Backcourt Vs Backcourt

Tout les espoirs de l’Oregon repose sur le duo Lillard-McCollum. On le sait, leurs adversaires le savent et eux-même en sont conscients. Si d’autres forces viendront arbitrer le combat, c’est pourtant du côté des arrières que nous aurons la bataille la plus intéressante de cette finale de conférence.

Chacun leurs tours, les deux leaders offensifs de Portland se sont levés pour amener leur équipe au tour suivant. Toutefois, c’est désormais un adversaire d’un tout autre calibre qui va se dresser sur leur route : les Warriors. Et qui dit Warriors, dit nécessairement les « Splash Brothers », autrement dit : Stephen Curry & Klay Thompson.

Ces derniers, qui viennent de triompher du duo Paul-Harden risquent d’avoir à faire face à une tactique équivalente. En effet, tout comme les Rockets, les Trail Blazers passent majoritairement par des actions en isolation. Il faudra donc compter sur des écrans dans le but de provoquer le switch… sur Stephen Curry. Cela présenterait un double avantage : éviter, dans un premier temps, de jouer en défense sur Klay Thompson, Iguodala, et autres défenseurs, pour attaquer un défenseur plus faible. Dans un second temps, cette tactique permettrait de cribler de fautes celui qui détient les clés du jeu offensif de son équipe.

Une tactique qui n’imitera certainement pas Golden State, qui préférera jouer sur sa circulation de balle beaucoup plus aboutie pour ouvrir un maximum d’options et trouver facilement l’aspect crucial de leur jeu : le rythme.

Banc Vs Banc

Le banc de Golden State apparaît moins fort que par le passé, même si les remplaçants ont joué un rôle majeur dans la victoire lors du Game 6 contre les Rockets. Celui de Portland, dont la contribution inquiétait avant la série contre Denver, a prouvé non seulement qu’il pouvait jouer un rôle clé, mais aussi dominer le banc adverse. Ainsi, Rodney Hood (s’il est jugé apte à jouer), Seth Curry, Zach Collins et Evan Turner peuvent devenir des contributeurs clés au relais ou en complément des titulaires.

Les Warriors étant diminués par les blessures, ils auront besoin des bonnes minutes de quiconque sera appelé, car disons-le, s’ils ne présentent pas de multiples options offensives, ils seront attendus en défense.

Kevin Durant Vs Blessure

Oui, cela peut sembler complètement improbable, d’autant que ce n’est pas un match-up. Mais le fait de savoir si Kevin Durant va rejouer ou pas durant ces finales de conférences est forcément une question clé. On sait que sa blessure au mollet n’est pas grave, mais comme toute blessure, elle risque de s’aggraver si Durant revient trop tôt sur les parquets. Dès lors, que savons-nous ? Qu’il sera rééevalué avant chaque match, que des médecins ont parlé de sa blessure (sans l’avoir évalué) et pensent, en raison des éléments obtenus, que KD pourrait revenir autour du Game 4, en prenant le risque d’aller trop vite. Auquel cas, il serait diminué, mais pourrait aussi faire une rechute.

D’autres sources affirment que le joueur pourrait être jugé apte dès le Game 3. Mais la gestion apparaît très flou. La franchise prendra tel un risque, avisera-t-elle selon le tournant que prend la série, ou cherchera-t-elle à la protéger coûte que coûte dans l’optique des finales ?

A quoi s’attendre ?

Une nouvelle fois, les Warriors seront opposés à une équipe adepte de l’isolation. S’ils sont peut être moins craints par les Dubs que la paire des Rockets, il faudra tout de même se méfier de ce backcourt aux dents longues. Car si Houston s’appuyait sur un duo intrinsèquement plus fort, celui-ci pouvait aussi paraître usé par moment. Cet aspect devrait être moins visible pour le duo Lillard-McCollum, plus jeune et qui, une fois arrivé à ce stade de la compétition, n’a désormais plus rien à perdre .

Pour tenter d’enrayer cette double menace, on devrait opter pour un plan simple côté Warriors. Attribuer Klay Thompson et André Iguodala à ce duo pour les freiner. La défense en switch démocratisée par l’équipe sera toujours au cœur du dispositif, avec la volonté d’agresser le porteur de balle sur Pick&Roll pour éviter de laisser de l’espace pour des pull-up en sortie d’écran. La réussite du duo à remis en évidence, si besoin était, la faculté de ces deux joueurs à tirer de distance très lointaine. Il s’agira donc, comme les Nuggets ont réussi à le faire avec Lillard, de forcer leurs adversaires à ne pas s’installer dans leur zone de confort. Obliger les joueurs à pénétrer, ne pas leur laisser trop d’options pour forcer des tirs bien couverts à mi-distance, vers la raquette, ou encore mieux, à ressortir. Car derrière le duo, Portland possède peu d’excellents créateurs. En conséquence, les faire repartir vers les lignes extérieures signifiera, bien souvent, relancer une nouvelle action. Grâce à la bonne mobilité des intérieurs de Golden State, il y a matière à monter une défense très gênante et donc couper la tête de l’attaque de Portland.

Malgré le talent de ses joueurs, le Thunder n’a pas constitué une menace pour les Blazers. Malgré leur bonne circulation de balle, les Nuggets n’ont pas su triompher non plus. Sauf que la défense de Portland va connaître la double peine ici. En effet, le talent offensif des Warriors s’élève à un tout autre niveau que ce qu’ils ont eu à affronter lors des deux premiers tours. Le ballon circule, les shooteurs n’ont aucun équivalent au sein de la Ligue et leur intelligence de jeu collective ouvre de multiples positions pour tout le monde. Quand bien même Cousins et Durant ne joueraient pas, difficile d’imaginer la défense de Portland éteindre un incendie à chaque prise de feu. Moyenne toute la saison, cette défense va beaucoup dépendre des ajustements au fil des matchs pour limiter les dégâts.

Alors que faire ? Compter sur les contributions défensives d’Harkless et Aminu, essayer de responsabiliser en défense McCollum et Lillard par séquences. L’avantage, c’est que les absences limitent le travail à effectuer et peuvent permettre, dans de bonnes dispositions offensives, de compenser les coups encaissés, d’autant que Stephen Curry n’a montré son meilleur visage que par séquences sur cette campagne.

En dehors du duel de backcourt, la bataille sera plus floue, en revanche. La polyvalence d’un Draymond Green, excellent dans ces Playoffs sera inégalable et il faudra éviter de multiplier les prises à deux sur Curry pour éviter qu’il ne punisse la défense grâce à sa faculté à constamment trouver des joueurs ouverts.

Par ailleurs, Portland ne pourra pas profiter de ses grands plus que de raison. Kevon Looney peut très bien faire le travail sur les intérieurs adverses, d’autant que Kanter, vaillant au demeurant, semble freiné offensivement par sa blessure à l’épaule. Les ailes ne peuvent pas réellement jouer un rôle majeur non plus, malgré l’absence de KD. Frustre en attaque, les ailiers des Blazers devront surtout apporter leur défense sur les extérieurs adverses.

Dès lors, nous pourrions assister à une bataille de small ball. Imaginer des séquences avec Green en pivot et 4 extérieurs est désormais un classique de cette équipe de Golden State. Portland a aussi trouvé sa propre mouture avec Evan Turner positionné en ailier fort avec Zach Collins en pivot. Forcer ce genre de duel pourrait être la meilleure chance des Blazers pour faire la différence, en espérant que leur duo parvienne à prendre le dessus sur celui des Warriors. Le Game 7 contre Denver a prouvé que de nombreux joueurs pouvaient sortir de leur boîte pour apporter un précieux écot. A eux désormais de les mettre dans les bonnes conditions pour faire douter le double champion en titre.

Calendrier

Game 1 : Portland Trail Blazers @ Golden State Warriors – Le 15 mai à 3h00

Game 2 : Portland Trail Blazers @ Golden State Warriors –  Le 17 mai à 3h00

Game 3 : Golden State Warriors @ Portland Trail Blazers – Le 18 mai à 3h00

Game 4 : Golden State Warriors @ Portland Trail Blazers – Le 20 mai à 3h00

Game 5 : Portland Trail Blazers @ Golden State Warriors – Le 22 mai à 3h00 (si nécessaire)

Game 6 : Golden State Warriors @ Portland Trail Blazers – Le 24 mai à 3h00 (si nécessaire)

Game 7 : Portland Trail Blazers @ Golden State Warriors – Le 26 mai à 3h00 (si nécessaire)

Pronostic

Golden State Warriors 4-2 Portland Trail Blazers

Un sweep n’est pas à exclure. Mais l’absence de Kevin Durant pouvant se prolonger, Portland aura une chance de titiller des Warriors qui n’ontjamais paru si fragiles. Fragiles, néanmoins, ne veut pas dire facile à cerner ou à affronter, les Rockets l’ayant appris à leurs dépends dans les Game 5 et 6. Même avec moins d’options, cette équipe de Golden State continue de trouver des positions ouvertes, de proposer une des meilleures défenses NBA et peut, en sus, compter sur l’immense talent de ses leaders.

De fait, si Porland s’est qualifié contre toute attente pour ces finales de conférence, ses joueurs ne paraissent pas encore à la hauteur de leurs adversaires. Ces derniers seront plus créatifs offensivement, plus expérimentés [que leur adversaire du tour précédent] et sans grandes faiblesses défensives majeures. La série ne devrait pour autant pas être facile pour Golden State, ou tout du moins, moins que les forces de départ pourraient le laisser envisager, tant les matchs-ups forts sont les mêmes de parts et d’autres. De quoi imaginer des rencontre serrées même en cas d’un 4-1 ou 4-0 ? Possible.

Ce sera donc une victoire Warriors pronostiquée. Le retour potentiel de KD pouvant, par ailleurs, changer complètement les ôdes : les Blazers ayant comme la plupart des équipes NBA, peu d’armes pour stopper un Durant en forme.

Le tout pour Portland sera de rester à porté de tir, pour jouer la décision dans les fins de matchs. Trouver les bonnes contributions en sortie de banc soir après soir, en espérant que Seth Curry puisse pour une fois, damer le pion à son grand frère.