Adrien @ThereIsAnEnd  / CONTRIBUTEUR

Avec un bilan à l’équilibre (10-10) à la fin du mois de novembre, les Los Angeles Lakers ont déjoué la plupart des pronostics qui les voyaient séjourner dans les bas-fonds de la conférence Ouest. Grâce à un allant retrouvé, les Angelinos bataillent encore pour une place de play-offable pour le plus grand bonheur d’une fanbase traumatisée par les trois précédentes saisons. Si la jeune garde sort grandie de ce bon début de saison, la plupart des louanges se concentrent sur Luke Walton, le prince des good vibrations, qui est passé en quelques semaines du statut de pari à celui de petit génie du coaching. Pour autant, est-ce que les chiffres plaident en sa faveur ?

Avant de vous présenter les quelques tableaux qui résument les performances globales des Lakers, il faudrait faire un petit détour sur les indicateurs que nous avons retenus. Comme vous le verrez, nous avons gardé des chiffres assez simples pour dégager les grandes tendances affichées par les Lakers cette année. Je renvoie les éventuels intéressés à un précédent article où j’ai été suffisamment bavard sur l’intérêt de recourir aux statistiques et aux statistiques avancées. Le fait est que j’ai décidé d’abandonner les données brutes pour me concentrer sur des indices qui prennent en compte le rythme sur lequel les Lakers jouent (étant donné que ce dernier est très élevé comme l’atteste le PACE). Les pts, pts encaissés, assists, rebounds, sont remplacés par des chiffres qui les ramènent sur 100 possessions, en l’occurrence les off rtg, def rtg, ast% et reb %. Selon la même logique, nous avons mis de côté le FG% et le 3pts FG% pour deux autres indicateurs : l’Efficient Field Goal Percentage (ou EFG%) qui comptabilise les tirs à 2pts et les lancers-francs (favorisant ainsi les joueurs/équipes capables d’aller sur la ligne) et le True Shooting Percentage (ou TS%) qui comptabilise tirs à 2 pts, lancers-francs et tirs à 3pts. Sur le troisième tableau qui détaille les types d’action, le PPP désigne le nombre de points par possession (il suffit donc de le multiplier par 100 pour retrouver l’off rtg sur ces mêmes types d’action). Nous avons également choisi d’indiquer à certains endroits les valeurs minimum et maximum pour donner un ordre de grandeur des écarts constatés dans la ligue et donc de situer un peu plus justement la performance des Lakers.

Saison 15/16 Rang 15/16 Saison 16/17 Rang 16/17 Min 16/17 Max 16/17
Off rtg 98,6 29 104,3 13 95,6 114,6
PACE 97,99 16 102,08 4 93,51 104,39
EFG% 46 30 50,7 12 45,7 57,2
TS% 50,9 30 54,7 10 49,1 60,7
AST % 51,3 28 55 21 46,6 71,7
%FGA 3PT 29 14 29,3 15 22,8 43
PTS OFF TO 13,6 28 17,9 5 12,9 20

 Il ne fallait pas être un génie du basket pour se rendre compte que l’attaque des Lakers s’était sensiblement améliorée. Alors que l’équipe était un irrécupérable cancre dans nombre de catégories offensives, elle truste désormais la première moitié du classement, voire les premières places. Luke Walton a décidé de coller un maximum à la physionomie de son roster en prônant un jeu rapide (le 4ème de la ligue). Ceci se traduit par la capacité de l’équipe à scorer de manière efficace à la récupération de la balle (5ème rang de la ligue) et impacte en grande partie l’amélioration du TS%, puisque  beaucoup de tirs à 3pts sont pris en première intention ou après la première passe en début de système. Malgré une progression au niveau du jeu de passes (du 28ème au 21ème), cet aspect reste encore largement perfectible, comme l’appelait récemment de ses vœux coach Walton. Malgré une nette amélioration du TS%, on constate que le volume de tirs à 3pts est similaire à celui de l’an passé. C’est donc la qualité des tirs pris derrière l’arc qu’il faudrait mettre en lumière.

FGA Rang FGA FG% Rang FG% Freq
Très contesté 0,6 12 38,5 9 0,70%
Contesté 6,1 3 32 11 7%
Ouvert 10,1 17 40,3 1 11,50%
Très ouvert 8,8 27 29,7 30 10,10%

En comparant l’efficacité et le volume des tirs à 3pts selon la position du défenseur, on obtient une image contrastée dans ce secteur. On ne s’attardera pas sur les tirs « très contestés » qui restent anecdotiques vu le nombre de tirs pris par match. En revanche on remarquera que l’efficacité aux 3 pts « contestés » laisse à désirer par rapport à la totalité des tirs pris. Et c’est l’inverse que l’on regrettera sur les tirs « ouverts » où les Lakers dominent quant à l’efficacité tout en s’en procurant un peu moins que la moyenne. Enfin, on conclura sur une petite anomalie, puisque non seulement les Lakers prennent relativement peu de tirs « très ouverts » tout en ayant les pourcentages les plus bas. Il y a indéniablement du progrès à faire dans cette catégorie.

PPP Rang PPP Min PPP Max PPP Freq Rang Freq EFG% Rang EFG% Percentile
Pick & Roll Ball Handler 0,78 20 0,68 0,94 21,50% 4 42 24 34,5      
Spot up 0,94 22 0,86 1,14 16% 29  46,9 28 27,6
Transition 1,13 11 0,91 1,32 13,50% 17 64,6 5 66,5
Isolation 0,99 5 0,62 1,01 8,20% 10 47,6 5 86,2
Cut 1,18 22 1,06 1,45 7% 12 63,2 12 27,6    
Hand-off 0,93 11           0,71 1,1 6,10% 3 45,8 15 65,5
Putbacks 0,51 15 0,27 0,66 5,90% 15 32 18 51,7
Pick & Roll Roll Man 1,03 12 0,76 1,19 5,60% 25 58,4 4     62,1   
Post up 0,79 23 0,62 1,01 5,60% 23 35,9 29 24,1
Off-Screen 1,05 6 0,77 1,31 5,20% 18 52,4 10 82,8

 Le détail des types d’action laissent le même goût mitigé que le tir à 3pts. On se réjouira que les Lakers aient sacrifié par exemple le jeu au poste, un secteur dans lequel l’équipe sous-performe. Par contre, on regrettera que les tirs du ball handler sur Pick & Roll ainsi qu’en spot-up soient si peu efficaces et so utilisés dans les schémas offensifs (presque 37,5% des actions pour un EFG% médiocre). A l’inverse, les Lakers s’en sortent bien mieux pour les tirs en sortie d’écran et le Roll Man (d’autant que ce sont des tirs potentiellement très rentables), mais ces actions représentent à peine 10,80% du jeu angelino. Il en va de même pour les cutters, où les Lakers auraient intérêt à intensifier leurs actions de ce type, ce qui ira de pair avec une progression sur les lectures et la passe. Les seuls motifs de satisfaction restent le jeu en transition (ce qui confirme ce qui a été dit plus haut) ainsi que le jeu en isolation (ce qui compense le faible nombre de passes décisives). En somme, maintenir le cap sur la transition, insister sur le roll-man, le tir en sortie d’écran et progresser sur le cut et le spot-up, voilà notre cahier des charges pour dupliquer le jeu des Warriors.

Saison 15/16 Rang 15/16 Saison 16/17 Rang 16/17 Min 16/17 Max 16/17
Def rtg 109,3 30 107,4 26 97,9 110,4
REB % 48 27 50,8       8 47,4 54
DFG% 47,3 29 47,5 30  42,3 47,5
3PT DFG% 34,8 12 33,9 7 31,7 40,9
OPP PTS PAINT 47,8 29 49             30      34,7 49
DFG% < 6ft 66,3 30 68,5       30 54,1 68,5

  Il fallait bien finir sur une mauvaise note : la défense. Au sortir d’une saison purement catastrophique dans ce secteur, Luke Walton et son staff peinent pour l’instant à faire mieux, ce que ne manque pas de dénoncer le head coach dans ses prises de paroles publiques. Les fans mettaient en avant le nombre de défaites disputées concédées par les Lakers en début de saison, mais depuis quelques temps, ces derniers enchaînent des revers aussi lourds qu’inquiétants (en particulier ceux contre les Wolves, les Pelicans ou les Raptors). Forcément cela se ressent dans les chiffres : le def rtg est à peine amélioré, et ces Lakers-là parviennent à faire pire sur le defended field goald, en particulier dans la peinture puisque la défense sur les tirs au périmètre reste correcte (dans la continuité de ce qu’on voyait l’an passé). Il faudra donc surveiller de près ce secteur de jeu et peut-être pointer les défaillances individuelles sur la concentration dans les rotations ou le manque d’efforts pour contenir les pénétrations.

On dira donc de ce début de saison qu’il n’est pas si étincelant que certains voudraient le faire croire. Comme nous l’avons détaillé, les points d’amélioration restent nombreux avant que cette équipe titille sérieusement les cadors de la ligue. A ce sujet, les pessimistes diront que les Lakers sont peut-être en surchauffe. Nous préférons penser que nous sommes seulement au début de l’ère Walton et qu’avec une telle marge de progression, le futur reste très alléchant pour cette équipe. Pour peu que les blessures cessent de pleuvoir sur un effectif déjà décimé, les play-offs ne sont plus un rêve, mais bien un objectif.