JÉRÉMY PEGLION  /  FONDATEUR QI BASKET

La saison régulière entre doucement dans ses 20 derniers matchs, et alors que certaines équipes cherchent à se renforcer pour les Playoffs, en vue d’un beau run ou du titre suprême, d’autres franchises regardent avec plus d’avidité le début de l’été, sainte-période en vu de se renforcer et préserver ses pièces majeures.

En parlant de conserver ses pièces majeures, la draft 2014 sera éligible dès le 1er juillet aux prolongations de contrats au sein de leurs franchises. Ainsi, dans les top prospects de cette draft, qui s’est confirmée comme extrêmement dense, on devrait assister à des resignatures à prix d’or de joueurs comme Andrew Wiggins, qui se sont affirmés comme des piliers leurs équipes. D’autres, comme Aaron Gordon, Marcus Smart, Julius Randle, Jusuf Nurkic, Gary Harris se sont imposés comme des role player titulaires ou sixième homme solides, et seront sûrement source de convoitises pour les autres franchises.

Toutefois, si conserver ces joueurs se fera sûrement contre moult émoluments, il existe 3 cas qui vont s’avérer beaucoup plus complexes à gérer. En effet, Joël Embiid, Jabari Parker & Zach LaVine, tous 3 parmi les talents les plus indiscutables de cette cuvée 2014, présentent des caractéristiques qui vont rendre les négociations extrêmement âpres, et capitales pour l’avenir de leurs franchises.

Pourquoi ? Parce que tous 3 sont soumis à des cas médicaux plus ou moins graves. Si leur talent est indéniable, leurs capacités à s’imposer comme franchise player plus ou moins avérée devraient leur permettre de toucher des contrats lucratifs. Mais voilà, en l’état, les conserver coûte que coûte (à hauteur de leur niveau & potentiel) pourrait bien être un risque incommensurable pour la compétitivité de leurs franchises. La raison est évidente, si ces blessures s’avéraient handicapantes pour la suite de leur carrière, les équipes devraient continuer à payer ces joueurs jusqu’à la fin de leur contrat. Les joueurs, quant à un auront à cœur de signer ce premier gros contrat, susceptible en 1 coup de stylo de les mettre à l’abris du besoin pour le restant de leurs jours – avec en tête le cas-Curry. En effet, le futur double MVP avait prolongé avec les Warriors pour seulement 44M sur 4 ans, un contrat en deçà de son apport sur le terrain, en raison de blessures à répétitions à la même cheville, le forçant à rester hors des parquets très régulièrement, et lui ayant valu une réputation de joueur fragile. Ce contrat modique compte tenu de l’apport futur du joueur, pourrait faire office de jurisprudence auprès des 3 blessés, désireux de toucher le pactole.

Qu’en est-il donc, au cas par cas ?

Zach LaVine 

Tout semblait sourire au double vainqueur du Slam Dunk Contest cette saison, il réalisait une véritable progression individuelle, et s’apprêtait à défendre ses couleurs pour une 3eme participation. Bien que les résultats collectifs se faisaient attendre, le combo-guard laissait fleurir les attentes placées en lui. Malheureusement, l’arrière-volant a été frappé en plein match, une blessure au genou diagnostiquée comme rupture des ligaments croisés. Un problème d’autant plus grave que le joueur est avant tout un potentiel physique hors-norme. Pour la franchise, qui enregistre de meilleurs résultats collectifs depuis sa blessure, il va convenir de décider à quel prix elle souhaite prendre le risque de parier sur son joueur, qui, s’il traverse une épreuve lourde, n’a jamais été fragile sur ses premières saisons. Il conviendra donc de décider quel montant la franchise souhaite lui accorder si les résultats collectifs continuaient à se confirmer autour du duo Wiggins-Towns qui vont devoir aussi être prolongés.

De fait, il ne serait pas étonnant de voir les Timberwolves prêts à laisser traîner les négociations jusqu’à l’été 2018.

Jabari Parker

En parlant de rupture des ligaments croisés… Jabari Parker avait déjà connu la foudre des blessures après une poignée de matchs lors de sa saison rookie. Revenu plus fort, il réalisait une troisième année tonitruante aux côtés de Giannis Antetokoumpo. Le duo semblait complémentaire en dépit de profils résolument tournés vers le cercle, et Parker paraît avoir toutes les qualités pour s’imposer comme le lieutenant de l’ailier Grec. Malheureusement, rebelote cette saison pour Jabari qui en plus de rechuter devient le premier joueur de l’histoire de la NBA à enregistrer cette blessure 2 fois… et au même genou. Une situation extrêmement épineuse pour la franchise qui doit d’une part gérer un cas unique dans la ligue, mais en plus autour d’un joueur qui a été capable de se montrer meilleur après sa première blessure, et mérite incontestablement un contrat en or massif pour ses qualités et son potentiel.

Il paraît compliqué à ce jour de négocier pour les 2 camps, mais si les managers des Bucks veulent tenter un coup osé, aborder la suite avec le camp Parker dès maintenant pourrait être synonyme d’une braderie long terme pour l’ailier fort de Milwaukee. Risqué mais tentable.

Joël Embiid

Annoncé comme un futur « franchise changer » après quelques matchs de NCAA, le pivot a atterri aux Sixers en 3eme position en raison d’inquiétudes quant à sa fragilité. Après 2 longues saisons blanches à assister aux défaites d’une indigeste équipe de Philadelphie, autant dire que toute la ligue était fébrile pour ses débuts en NBA. Résultat, en dépit de limitations sur ses minutes, et sur son nombre de matchs, il a ébloui son monde en l’espace d’une trentaine de matchs. Enchaînant les performances de haut vol, il a affiché des statistiques invraisemblables pour un débutant, qui plus est éloigné de la compétition pendant plus de 2 ans. Malgré cette euphorie, les fans n’auront pas pu se délecter de ces performances bien longtemps, puisqu’il a été contraint d’arrêter prématurément sa saison suite à une blessure aux genoux, cette fois.

Embiid est lui aussi un cas extrêmement épineux. Peut-être le joueur le plus talentueux de sa draft, il est aussi de toute évidence le plus fragile, enchaînant les blessures de tout ordre, et avec un profil qui rappelle Greg Oden. S’il a le talent pour porter une franchise, en forme, difficile d’anticiper ce que peuvent faire les Sixers, et ce alors que Ben Simmons, autre gros potentiel drafté l’an passé, a aussi débuté sa carrière par une saison blanche. Un gros casse-tête s’annonce du côté de Philadelphie.

Affaires à suivre.