@STEUF76  /  CONTRIBUTEUR

Une chanson d’Iron Maiden en guise de titre mais qui est tellement d’actualité tant la course pour être au sommet des récompenses individuelles est âprement disputée.

4 candidats, 4 styles différents et ça nous prouve aussi qu’en NBA pour être le meilleur, on peut l’être de bien des façons.

Nos 4 prétendants ont tous un point commun : Ils survolent leur sujet et la concurrence est bien souvent prise en flagrant délit d’admiration devant les performances des 4 fantastiques. On va, dans cet article, faire un petit état des lieux des plus/minus et enfin je donnerai mon vote personnel et je vous inviterai à le faire à votre tour sur Twitter en utilisant le hashtag #QIBasketMVP + nom du joueur.

MVP défensif : Kawhi Leonard 

Bien sur je résume en disant « défensif » mais il faut reconnaitre que des 4 il est celui qu’on a pas envie du tout de voir en face de soi en défense. Cette saison en 59 matchs il en est à 26.3 ppm (points par match) 5.9 rpm (rebonds par match) 3.4 ast (assists) à 48% à 2pts, 38% à 3pts et 89% aux LF (lancer franc) Il a été monstrueux face à ses rivaux en tête de la conférence Ouest et en a planté 41 sur la tronche de Cleveland lors de leur seule rencontre à ce jour.

Par rapport à ces stats de carrière, The Klaw perd un poil de précision et en rebonds mais joue plus, marque plus et passe plus. On l’a vu aussi bien clutch dans des gros matchs avec entre autre une fin épique dans le dernier match face à Houston où il donne 2pts d’avance aux Spurs en plantant un gros 3pt compliqué avant d’aller scotcher Harden sur la planche en défense.

On parle aussi de lui dans la course au défenseur de l’année (DOY) et on se retrouve donc devant un candidat qui, sans faire de bruit, est arrivé dans la discussion pour la course au MVP de manière assez logique finalement puisque son équipe s’est même offerte la tête de la conférence Ouest en détrônant les Warriors de Golden State.

Mais, puisque dans chaque candidat on verra qu’il y a un « mais », Kawhi a un souci majeur : Ses stats. Pourtant quand on les regarde elles claquent mais celles des 3 prétendants sont supérieures voire dans certains cas bien supérieures à celle du franchise player de San Antonio. De plus, Kawhi ne brille pas vraiment pas une particularité spécifique pour défendre sa cause (Défendre n’étant plus la priorité de la NBA depuis un moment). Il ne fait pas de bruit dans et en dehors du parquet, il ne porte pas vraiment son équipe qui est plus basé sur un système que d’individualités, son équipe n’est pas en reconstruction ou n’a pas perdu un gros joueur (On parle ici en terme statistique pas d’affect)

On voit donc mal Kawhi s’imposer pour le titre de MVP et le pire c’est qu’il risque de manquer aussi celui de DOY (ou alors donner en compensation) puisqu’il doit faire face à des gros clients comme Draymond Green ou encore Rudy Gobert.

MVP all around : LeBron James

Que dire que dire ? Oui all around puisque de nos 4 gars c’est celui qui noircit le plus souvent et le plus régulièrement sa ligne de stat. Ce qui est fou c’est que ses stats : 26.1ppm, 8.3 rpm et 8.9 ast en shootant à 54% à 2pt, 39% à 3pt et 68% aux LF c’est vraiment sa moyenne par match. J’entends par là que vous pouvez avoir des joueurs qui vont avoir des grosses flambées sur 6/7 matchs puis ne plus faire grand-chose pendant 3 ou 4 matchs derrière, ils auront malgré tout une moyenne correcte. LeBron ne fait pas 3 matchs à 40pts pour en faire 3 à 15 derrière et avoir son 26 de moyenne. C’est clairement le plus régulier et le plus fiable des 4. S’il est sur le parquet vous pouvez être sur qu’il sera sur sa ligne de stat ou pas bien loin. Il est aussi celui qui a le plus de kilomètres au compteur avec 13 saisons à son actif et 32 ans donc le plus vieux. Quand il est mis au repos par les Cavs l’équipe bégaye son basket dans le meilleur des cas et cela se solde par une défaite. On parle souvent du Big 3 des Cavs et c’est à prendre en compte aussi pour apprécier les stats du King puisqu’il n’est pas seul à marquer, prendre des rebonds et passer.

Mais… LeBron fait du LeBron et ce genre de nombres, il en a fait toute sa carrière. Il a augmenté ses stats aux rebonds et à la passe en perdant en points. On a donc affaire à un candidat qui n’est pas à un level supérieur à ses capacités. Pour que James puisse remporter un titre de MVP haut la main il aurait, par exemple, fallu qu’il score à 29/30ppm pour qu’on soit un peu attiré par sa perf. Même si on le sent libéré sur le terrain, gardant beaucoup plus son calme, rentrant ses stats sans forcer, on cherche ici un vainqueur étincelant. Le fait qu’il évolue aussi dans un big 3 tourne aussi d’une certaine façon à son avantage, l’attention des défenses n’étant pas focalisée uniquement sur lui. Enfin les Cavs sont certes 1er à l’Est mais 4ème sur la ligue.

MVP MIP : James Harden

J’avais déjà écrit un petit article sur les systèmes de base offensifs des Rockets en début de saison en mettant en lumière le fait qu’Harden était placé au cœur même de ceux-ci. Celui qui est devenu meneur a enfin réussi complètement sa métamorphose.

29.1 ppm, 7.9 rpm et 11.9 ast à 44% à 2pts, 35% à 3 pts et 84% aux LFs. C’est surtout par rapport à sa carrière qu’il faut regarder pour comprendre l’évolution profonde du Barbu et à son sous-titre de MIP (Most Improved Player) Il vient de 22 ppm, 4.9 rpm et 5.6 ast. C’est énorme ! En plus de cela il évolue au sein d’une équipe des Rockets qui a du se faire à une nouvelle philosophie de jeu personnifiée par son coach Mike d’Antoni et même si c’est plus sympa d’attaquer à tout va au lieu de défendre sur tout, la greffe n’a pas toujours réussie ailleurs. L’attitude d’Harden a aussi changée et s’il n’est toujours pas un leader vocal, on ne retrouve plus The Beard dans les Shaqtin a fool aussi souvent qu’avant. Il fait briller ses coéquipiers si bien qu’à un moment donné de la saison tout le monde voyait Eric Gordon SMOY (Sixth Man Of the Year) et Clint Capela passait pour un pivot d’exception. C’est aussi une qualité de MVP qu’Harden a su ajouter dans sa liste de plus.

Mais… Harden n’est pas toujours régulier et se troue de temps en temps en passant à côté de son match, si les autres candidats remplissent des minimas en défense le Rocket Man en est encore assez éloigné (ça va mieux mais quand on vient de zéro…) Sa manie d’attraper le bras des défenseurs quand il part en drive ou de sauter parfois de manière ridicule dans le bras d’un adversaire qui prend juste la distance. Le management des Rockets a aussi une part belle (un peu trop peut-être) dans ses stats, dans les choix de joueur qu’on a placé à côté de lui avec Anderson, Capela et Gordon qui lui permettent de monter sa stat en assist. Beverley qui sert de pitbull et qui défend pour 2. Bref le système joue pour Harden mais sans ces éléments, aurait-on assisté à ce renouveau ou une prolongation de la saison passée. Ces questions sont légitimes même si elles peuvent paraître injustes. Dans la tête de certains l’ancien Harden est peut-être encore un peu trop là pour voter pour lui cette année.

MVP historique : Russell Westbrook

Historique, le mot prendra peut-être tout son sens dans 9 triples doubles à date du 15/03 et il restera 15 matchs à Russell pour rayer des tablettes Oscar Robertson en tenant non seulement un triple double en stat mais en nombre de triple double dans la même saison. 32 ppm, 10 rpm et 10 ast à 42% à 2pt, 33% à 3pt et 84% aux LF. C’est chaud, c’est bouillant même tout autant que le meneur du Thunder sur les parquets cette saison. Un ouragan d’énergie hyperactif, un genre de Marsupilami sous coke. Malgré la grosse perte de Kevin Durant, il a maintenu OKC dans les Play-Offs alors que les analystes prédisaient une année douloureuse à la bande d’Oklahoma. Record + capitaine courage ça pourrait être la recette gagnante pour cette cuvée MVP 2016-2017. Un titre en guise de dédommagement justifié par une ligne de stat de fou furieux.

Mais… Russell a aussi joué pour son compte lâchant parfois ses coéquipiers pour finaliser ses triples doubles. Croquant le ballon, volant des rebonds sur la tête de ses intérieurs, passant une fois de trop ou trop vite causant des pertes de balle inutile. Il a affiché aussi des pourcentages bien loin des 3 autres qui luttent avec lui pour le titre. Le fait que bilan de son équipe soit moins glorieux que les autres et les MVP ne sont jamais choisis hors top 3 de leurs conférences.

Mais du mais…  SI Russell casse un record, la NBA ne devrait elle pas en faire autant en transgressant sa « loi » en allant chercher au-delà de la 3ème place ? Et Russell ? Il a pas eu raison certains soirs de jouer sa carte sachant que la perte de Durant sera de toute façon trop lourde dans la course finale pour le titre ? Est-ce qu’il n’y a pas eu des soirs aussi où il avait simplement envie de se faire plaisir lui qui est resté au plus fort de la tempête ? A chaque fois qu’on demande à quelqu’un « Est-ce que Westbrook doit tenter de battre le record » 9 fois sur 10 la personne dit oui alors que faire ?

Selon moi de tous les points négatifs des autres candidats, ceux de Westbrook, sont ceux que je « pardonne » le plus par empathie. Imaginez comme il a du se sentir en été 2016, cocu de la décennie, puis toute l’année avec les même questions sur Durant avec en point d’orgue la venue de Golden State à la Chesapeake Arena et le All Star Game et malgré tout ça, son équipe est en PO, il est à 2 doigts d’un record vieux de 40 ans (et y’en a eu des joueurs entre temps) et on voudrait lui enlever tout ça parce qu’il croque certains soirs ?

Un autre grand croqueur spectaculaire a justement posé sa voix pour Westbrook récemment : Allen Iverson. Il a dit de lui « C’est mon gars » et bien pour moi aussi, Russell, c’est mon gars.