@STEUF76  /  CONTRIBUTEUR

Il existe plus d’une centaine d’adaptation vidéoludiques de notre sport favori : Le basket. Bien sur la grande majorité d’entre elles sont consacrées à la NBA même si on retrouve aussi des jeux qui ont préférées le street, le management, le mélange avec la baston (feat Bill Laimbeer bien entendu) ou encore le jeu d’aventure avec l’excellent Michael Jordan Chaos in the Windy City.

On a tous passé des heures à se taper des games avec des potes sur le canapé à se mettre des grosses claques sur les cuisses à chaque tomar mis dans la tronche des autres (En tous cas, chez moi c’était la règle) ou à râler sur la connexion, les ragequits des modes multi. On s’est tous fait sortir en PO ou perdu une finale contre LeBron en mode CPU intouchable en le maudissant lui et toute sa famille virtuelle.

Bref les jeux de basket, comme les jeux de foot, déchainent les passions, et chaque sortie de NBA 2K représente une semaine de certificat médical pour la plupart d’entre nous.

Mais avant de voir perler la sueur sur le front de Draymond Green dans NBA 2K17, il y a eu des heures moins glorieuses et d’autres réussies bien que différentes. C’est pourquoi aujourd’hui je vous propose un petit voyage dans le temps et je vous invite à me donner VOTRE jeu de basket ultime sur Twitter avec le #QIBasketBestGameEver + le titre du jeu (oui je sais le hashtag est très long)

Les débuts :

On dit souvent que les débuts sont difficiles et ce ne sont pas les jeux de basket qui vont changer la donne.

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En 1979 « Basketball » sur Atari 2600 est le 1er jeu consacré à la balle orange et bon Dieu même à jouer à l’époque c’est d’un ennui sans aucune commune mesure, un genre de Brooklyn Nets-Orlando Magic de fin de saison régulière. L’écran comporte 2 lignes, 2 T majuscules avec la barre du haut coupées en 2 en guise de paniers, 2 patineurs sur glace (un jaune et un mauve) avec un bras qui gigote pour faire les joueurs et quelques pixels collés en carré pour représenter la balle. Vous ajoutez à cela les si agréables bruitages (Bip, Bip, Bip, Truiiiit, Bip,…) de l’Atari 2600 et vous avez l’ancêtre de NBA 2K17 sous les yeux.

Alors je sais que vous allez me dire que pour l’époque c’est déjà pas mal et je vous répondrai que oui dans un sens mais que ça a du être une tannée pour tous les fans de ce sport de devoir assouvir leurs passions avec ce jeu et que même, tout fan que je suis, je n’aurais pas tenu plus de 2 games tant c’est moche, mal foutu et insupportable à l’oreille. Surtout que la même année, sur Atari 800 est sorti « Basketball » également mais dans une version nettement plus agréable avec un visuel plus complet (Filet de basket, les joueurs portent des vêtements, le terrain est dessiné entièrement, les joueurs ont des jambes qui bougent, la balle est vite fait ronde…). Y’a pas encore de quoi s’étrangler de bonheur mais c’est déjà pas mal.

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En 87 (en Europe), avec l’arrivée de la NES (Nintendo Entertainment System) on voit débarquer des jeux un poil mieux fait comme « Double dribble » et sa 1ère Slam Cam puisque lorsque votre joueur « faisait un dunk » le jeu basculait en mode cinématique et une succession de photo vous montrait votre joueur en plein écrasage d’arceau. On notera aussi l’apparition d’un public animé.

L’année suivante allait relancer un nouveau style de jeu de basket avec les 1v1 de légende avec le fameux Jordan vs Bird, un des pires jeux de la Mega Drive (il est également sorti sur d’autres consoles je vous rassure). Alors pourquoi Michael et pas Magic puisque la rivalité était bien entre ces 2 là et bien la réponse est dans la proposition du jeu. En effet, on peut choisir de jouer le 1v1 ou alors de faire un concours de tirs à 3 points avec Larry ou enfin un concours de dunk avec MJ (voilà pourquoi). Ce n’est pas le 1er jeu à proposer du 1v1 puisqu’on avait eu « One on one : Dr J vs Larry Bird » en 83.

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L’un des premiers jeux à adopter le 5v5 et à inclure la notion de « NBA » sort en 1992 « Tecmo NBA Basketball » Le jeu propose de choisir des véritables équipes de la ligue, les parquets (enfin plutôt des pages de cahier à lignes épaisses) sont floqués des logos des teams, le public est plus présent tout au détriment de la technique qui fait clignoter les joueurs (voir les coupent en 2 par intermittence) On sent que les machines aimeraient bien données de vrais sensations de jeu réaliste ou rapide comme l’est le basket mais elles n’y arrivent pas.

Heureusement, l’année suivante, tout va changer…

Après la pluie, le feu

“Heeeee’s on fire!” “No good!” “BOUMSHAKALAK!” Autant de phrases qui, je suis sur, vous rappelle de merveilleux souvenirs.

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On est en 1993 et la SNES a remplacé la NES en apportant la puissance qu’il manquait tant. Avec « NBA Jam » ce sont des équipes de 2v2 qui s’affrontent issues de toutes les franchises de NBA. Même si le choix des joueurs par équipe restent discutables (Certains joueurs ont peut-être refusés ou demandés trop cher) il n’en reste pas moins que le titre garde une place spéciale dans les cœurs de gamer tout court mais aussi dans les fans de basket. Le jeu est dynamique, fluide, impressionnant sur les dunks, intense au niveau du challenge du ladder (mode solo), sound & design de folie, bref c’est LE jeu de basket pour la génération des 90’s. Des heures à se ruiner les pouces pour obtenir les fameux mots de passe qui permettaient d’éteindre la console et de reprendre où on en était et bien sur les cheatcodes pour voir apparaitre, entre autre, les joueurs avec les énormes têtes ainsi que les personnages cachés (Benny The Bull, le Prince Charles, Hilary et Bill Clinton, Le Prince de Bel Air,…) Bref si vous devez refaire un jeu old school sur le basket, c’est probablement celui-là qu’il vous faut tant il est encore possible, même à l’heure actuelle, de se la donner avec des potos.

On passe aux choses sérieuses

Après cette bouffée d’air de gameplay arcade avec NBA Jam, Electronic Arts décide en 94 de ramener tout le monde à la réalité des parquets avec « NBA Live 95 »

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On revient au 5v5 avec une volonté de proposer un gameplay plus poussé afin de faire la transition entre arcade et simulation. Leur volonté avait déjà été démontré avec FIFA, un jeu de football qui, parait-il, est assez connu encore de nos jours 🙂

Pour apporter ce côté plus tactique/réaliste, EA importe depuis FIA sa vue isométrique (vue de ¾ arrière) pour mettre aux joueurs de voir le jeu se construire dans la largeur de la raquette.

Autre changement, la possibilité de modifier les équipes et ainsi réparer les injustices des transferts réalisés ou justement pas réalisés. Attention seuls les joueurs du 5 de départ peuvent bouger (en même temps ceux du banc…OSEF)

Le jeu est bien accueilli mais il manque un petit détail pour que le jeu soit vraiment bon… Ah oui Charles Barkley, David Robinson (qui a son propre jeu) et surtout Michael Jordan (pour changer) pour motif de conflit de licences. Alors un jeu de NBA où il te manque le meilleur joueur et 2 très bons joueurs, ça fait un peu con mais ça n’empêchera pas EA de devenir les rois des parquets pendant de nombreuses années, 10 pour être exact puisqu’en l’an de grâce 2000, 2K comme disent les Ricains, arrive 2K (Ah oui les gars se sont pas cassé les neurones sur celui-là) et sa suite NBA 2K mais on va y revenir après.

NBA Live va innover un peu plus chaque année rendant son titre toujours plus proche de la réalité et un sens du detail qui sera apprécié par les fans (Les cheveux de Rodman et les lunettes d’Horace Grant en 97). En 99, on peut même suivre son équipe sur plusieurs saisons, le futur mode franchise si cher aux joueurs (pas de draft toutefois)

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Mais le point d’orgue restera la version 2000 du jeu avec le fameux mode franchise qui contient la draft et les transferts qui sont gérés avec interaction de l’IA qui acceptent/refusent/proposent des transferts et même cela marque la fin des superdreamteam bricolées maison l’excitation des transferts n’en devient que plus belle. En 2000, Michael Jordan fait enfin son entrée dans le jeu, certes dans l’équipe All-Star 90’s mais ça reste tout de même un grand moment pour les fans.

La suite est moins orange pour la licence qui s’essouffle à trop vouloir complexifier son gameplay et finalement elle disparait du catalogue d’EA en 2011 avant de revenir pour tenter un come-back en 2014 en mode chanteur à succès des années 80 qui a passé trop de soirées dans le whisky. En 2016, Russell Westbrook est donc le dernier joueur a être apparu sur la jaquette de NBA Live.

Waaaah t’as vu comme c’est bien fait !

La saga des 2K n’a, en fait, pas été créée par 2K mais bien par Sega et développé par Visual Concepts et est apparue pour la 1ère fois en 1999. Elle repassera sous le giron de 2K Sports en 2005 et connaitra un essor constant d’année en année.

Peu d’entre vous ont joué au 1er  épisode et pour cause, il n’est sorti que sur Dreamcast (Qui finira par couler Sega et l’obliger à vendre ses licences dont NBA 2K). Sur le jaquette figure Allen Iverson qui restera 5 ans en place. Il faudra attendre NBA 2K2 pour voir la licence s’ouvrir à d’autres consoles comme la PS2, la Xbox et la Gamecube.

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En 2004, le jeu change même de nom suite à un contrat de licence signé avec ESPN et sort ESPN NBA Basketball (Avec l’apparition du mode carrière et en ligne) puis ESPN NBA 2K5 avant de revenir sur le bon vieux NBA 2K la chaine préférant signer avec NBA Live.

Pour NBA 2K6 a choisi le Shaq comme cover et participe aux premières motion capture. Kevin Harlan, Kenny Smith et feu Craig Sager font aussi leurs débuts (encore présent de nos jours)

NBA 2K10 proposera une refonte du mode carrière qui deviendra MyPlayer avant de devenir plus tard LE mode de NBA 2K MyCareer

En 2016, on s’est tous farci le scénario dégueulasse de Spike « cliché » Lee donc autant ne pas rouvrir la plaie.

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Mais là où NBA 2K a repoussé les limites c’est au niveau de son gameplay « easy to learn, hard to master » il existe en effet dans le jeu un nombre hallucinant de combinaisons de touches qui permettent mille et un move. Un défaut pour certains, un régal pour d’autres, il a toujours été difficile de vraiment savoir si 2K ne devrait pas plutôt revoir ses scripts cradingues, ses bugs, ses animations faciales datées au lieu de rajouter un DAB en célébration.

La réalisation a été soignée avec des détails toujours plus impressionnant et pointus (comme enregistrer les sons propre à chaque salle de NBA) mais on regrettera encore et toujours la paresse dans la variété des cinématiques du mode carrière (Toujours le même entraineur, vestiaire, couloir menant à la salle,…) et surtout qu’ils règlent les droits pour avoir enfin les vraies intro qui tabassent avec le show visuel qui va avec.

Buzzer beater

Alors que demander de plus ? A part la petite liste formulée plus haut ? Quel genre de jeu de basket ? Arcade ? Simulation ? Gestion ?

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C’est vrai qu’un vrai jeu de l’ampleur d’un football manager serait le bienvenu (Même s’il existe Basketball Pro Management) ça manque encore de finition. Un bon jeu bien ouf et bien fun typé arcade ce serait bien cool aussi. 2K qui écoute vraiment sa communauté au lieu d’essayer de lui vider les poches pour faire grimper les stats de son joueur ? Le débat est loin loin loin d’être fini et c’est quelque part rassurant de voir que notre sport ne s’arrête pas à mater du League pass ou des streams russes en 360p. On a besoin d’une dose de basket dans tous les aspects de notre temps libre et this is why we play !