FAÏSSAL BERKANI /  RÉDACTEUR QI BASKET

C’est l’une des surprises de ces séries à l’est. A la fois c’est une surprise de retrouver Boston sur la première marche de la conférence Est, devant les Cavaliers, mais c’est aussi une surprise de retrouver les Bulls 8ème. Au début de la saison, les Celtics faisaient partie des outsiders pour terminer sur le podium ou le Top 4, sans jamais croire qu’ils pourraient prendre la première place à Lebron. De leur côté, les Bulls faisaient partie du ventre mou de la conférence Est, entre la 4 et la 7ème place. Mais, avec la physionomie de la saison, c’est un miracle de voir les Bulls qualifiés en playoffs. Leur saison est très moyenne voire médiocre. Quoi qu’il en soit, ils sont en playoffs et vont vouloir tout donner pour créer la surprise et battre les numéros 1 de la ligue.

Postes Extérieurs

Du côté du Massachussetts, les Celtics ont vu l’éclosion de leur meneur de jeu : Isaiah Thomas. Après un mois de Novembre déjà très bon a près de 26 points de moyenne, il prend une ampleur de MVP à partir du mois de décembre et de janvier avec des moyennes à plus de 31 points par match ! Il montre aux yeux du monde qu’il est l’un de meilleurs meneurs de la ligue et qu’il veut mener son équipe le plus loin possible. En fin de compte, il termine à 28,9 points, 5,9 passes décisives par match, soit le 3ème meilleur scoreur de la ligue, juste derrière les deux phénomènes de la saison James Harden et Russell Westbrook. Thomas a su d’une main de maître prendre cette jeune équipe des Celtics sous son aile, et la faire grandir. Il a pris de la confiance, s’est fait respecter de ses coéquipiers.

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Face à lui, il va retrouver un ancien celtic, champion en 2008 avec « Los Three Amigos », Rajon Rondo. Ce dernier, après avoir fait un début de saison catastrophique, s’est retrouvé individullement. Il enchaîne les bonnes performances et fait du bien à son équipe. Il sera normalement présent malgré une blessure au poignet qui le gêne sur cette fin de saison. Si Rondo se blesse plus gravement sur cette serie, cela sera un coup dur pour les Bulls qui devront faire avec Jerian Grant à la mène qui tourne à 6 points de moyenne et 2 passes. A 24 ans, le défi sera de taille pour Grant. Chicago croise donc les doigts pour que Rondo soit à 100% car son expérience en playoffs sera nécessaire pour les Bulls s’ils veulent espérer quelque chose contre Boston.

Concernant les arrières, Boston peut compter sur l’un des meilleurs défenseurs de la ligue sur les postes extérieurs, Avery Bradley. Après une saison entachée une blessure qui l’a écarté des terrains pendant plus d’une vingtaine de matchs.  Si son retour de blessure était un peu compliqué, il a pris son temps pour se refondre dans l’effectif, et depuis plusieurs semaines, il semble avoir retrouvé toutes ses sensations, aussi bien défensives qu’offensives. Lui qui n’avait pas de shoot extérieur au début de sa carrière est devenu un shooteur de qualité qui ne tremble pas avec un joli 39% à trois points et 47% au shoot, en prenant plus de 14 tirs par match. Il est toujours aussi impressionnant défensivement. Face à lui, il va retrouver un vétéran qui connaît les playoffs par cœur : Dwayne Wade. Flash, fraichement arrivé aux Bulls, n’imageait pas que cette saison serait si compliquée. A 35 ans, il réalise individuellement une saison plutôt correcte avec 18 points de moyenne et 4,5 rebonds. Ses genoux semblent tenir le coup. Mais, face à Bradley, il aura fort à faire. Le celtic ne lui laissera aucun répit. C’est donc le moment pour Wade de prouver que les playoffs c’est son rayon, et qu’il sera faire les bons choix, en laissant les balles à Butler par exemple plutôt que de croquer.

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Enfin, sur le poste 3, Boston joue encore la carte de la défense avec Jae Crowder. Fort défenseur, il n’en a pas oublier d’avoir un impact offensif avec ses 14 points par matchs. Il est présent aux rebonds avec 6 prises par match. Il aura fort à faire face à Jimmy Butler. Le leader des Bulls est l’un de seuls qui sort la tête de l’eau cette saison à Chicago avec 24 points, 6 rebonds et 5,5 passes. Il a su prendre le taureau par les cornes et se battre pour qualifier son équipe en playoffs. Le duel Crowder-Butler promet de belles séquences. De manière générale, les Celtics sont supérieurs sur ses postes extérieurs, avec le duo Thomas-Bradley qui sera la clé de la réussite pour Boston.

Postes Extérieurs : Avantage Boston

Postes Intérieurs

Le secteur intérieur est le petit point faible des Celtics. Sur le poste 4, on retrouve Amir Johnson qui fait le taff sans être foudroyant. Les stats (6,5 points, 4,6 rebonds) ne montrent pas tout le travail que Johnson réalise sur le terrain, à la fois défensivement avec de bons écrans, qu’offensivement avec sur certaines séquences le petit hook qui fait du bien, ou les trois points dans le corner. Il est sobre, assez juste, mais sans être exceptionnel. Côté Chicago, on voit le retour dans le cinq de Nikola Mirotic. Après avoir passé la quasi-totalité de la saison sur le banc, depuis le trade de Tag Gibson, il a fait son entrée dans le cinq et de plutôt belle manière. Après une période post All star moyenne (9 points, 5 rebonds en 22 minutes), il a retrouvé ses sensations depuis le trade de Taj Gibson avec plus de 14 points, et 6 rebonds en 27 minutes. Il passe surtout de 29% à trois points à 40% en prenant deux tirs de plus. Une belle prouesse de la part du monténégrin, naturalisé espagnol.  Le duel Johnson-Mirotic sera très important. Mirotic va forcer Johnson au large et laissera Robin Lopez et Al Hordford dans la raquette. Le celtic fraichement arrivé d’Atlanta doit jouer le rôle de pivot la plupart du temps, ce qui n’est pas son poste de prédilection. Il est bien meilleur au poste 4, au large, à mi-distance, plutôt que dos au panier dans la raquette. Toutefois, il reste un très bon joueur, même au poste de pivot. C’est un joueur intelligent, mature, tournant à plus 14 points et 7 rebonds par match. Son rendement n’est pas aussi élevé qu’on l’espérait quand il est arrivé cet été mais il reste un joueur important dans cette équipe et surtout dans la raquette des Celtics. Face à lui, il va rencontrer un vrai pivot, Robin Lopez. Le frère de Brook réalise une saison correcte, comme il a toujours à New York l’an passé ou à Portland.

Postes intérieurs : Egalité

Le banc

Le banc des Celtics est solide et de qualité. En 6ème homme, on retrouve le jeune Marcus Smart. A 22 ans, il grandit petit à petit et montre déjà qu’il fait partie des meilleurs défenseurs sur le poste de meneur. Avec 10,5 points et 4,5 passes, il tourne sur le poste 2 parfois pour défendre quand I.T prend chaud. Ensuite, on retrouve le rookie Jaylen Brown. Drafté à la troisième place, on attendait beaucoup de lui. Il a eu beaucoup de mal à s’adapter à la grande ligue. Jusqu’au All Star Game, il ne tournait qu’à 5,7 pts. Mais, après le break, il a pris en confiance, en aisance, et tourne à presque 9 points et 3,5 rebonds en 20 minutes. Il donne tout sur le terrain, un dynamisme qui est très plaisant quand il faut relancer le tempo pour revenir au score ou agrandir l’écart. Gerald Green est également là quand on part de dynamisme. A 31, il sort de moins de moins de gros dunks comme à l’époque lors de ses premières années déjà à Boston ou plus récemment aux Suns, mais il reste un rôle player convenable (5,5 points) même si son adresse laisse à désirer sur ses 11 minutes de jeu. A l’intérieur, Kelly Olynyk en poste 5 fait de son mieux pour apporter sa taille dans la raquette même s’il aime aussi s’écarter et shooter à trois points. Il manque un peu de puissance pour s’imposer face à des gros pivots mais il est bien aidé par Tyler Zeller pour cela. Vint ensuite Jonas Jerebko sur le poste 3,4 qui sort quelques bons matchs grâce à son adresse extérieure, et le jeune Terry Rozier qui, à la mène, n’est pas honteux lors de ses 17 minutes de jeu. On a donc un banc simple, varié, qui fait le boulot quand il faut.

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Côté Bulls, Jerian Grant semble remplacer Rondo dans le cinq majeur. Il est encore un peu juste pour une série de playoffs. On retrouve aussi sur le poste de meneur Michael Carter-Williams qui n’a pas le rendement escompté. En arrivant à Chicago, on attendait de lui qu’il s’impose comme un bon 6ème homme, voir piquer la place de Rondo. Il en est bien loin. Ensuite, sur le poste 3, en back-up de Butler, on retrouve le rookie Paul Zipser qui fait une première saison mitigée avec parfois de belles sorties comme le dernier match contre les Nets avec 21 points, mais aussi avec matchs à oublier. Son adresse est encore trop fragile (39% et 33% à trois points). Puis, on a Bobby Portis qui montre de belles choses de temps en temps sur le poste d’ailier fort (7 points, 4,5 rebonds). Il possède une belle vista aux rebonds. On aura aussi notre frenchie Joffrey Lauvergne qui n’a pas beaucoup de temps de jeu à l’intérieur, temps généralement consacré pour le brésilien Christiano Felicio. Le rookie Denzel Valentine sort aussi parfois quelques bons matchs. Le banc des Bulls n’est pas honteux mais la cohésion d’équipe à Boston est plus forte.

Le banc: Avantage Boston

Les coachs

Là, clairement, il n’y a pas photo. Brad Stevens réalise une saison exceptionnelle en ayant créé un collectif puissant autour d’Isaiah Thomas. Il a fait de cette équipe que personne n’attendait vraiment un sérieux candidat à la finale de conférence à l’Est. Brad Stevens sera dans la course pour le titre de coach de l’année voire le favori avec Mike d’Antoni. Terminer premier de la conférence Est devant le tenant du titre, c’est très fort. Quand à Fred Hoiberg, s’il y avait un prix pour le pire coach de l’année, il sera largement de la course. Alors par chance, les Bulls se sont qualifiés en playoffs, mais la saison de Hoiberg est horrible : des choix étrangers, des conflits avec ses joueurs, une difficulté à réagir et créer un effectif stable. Bref, le débat est plié.

Le coach : Avantage Boston

Le facteur X : La bataille du rebond

Les deux équipes ont beaucoup de mal aux rebonds, notamment défensifs pour les Bulls et offensifs pour les Celtics. Celle qui gagnera la bataille du rebond prendra un avantage certain dans la série. Si les Celtics dominent aux rebonds, ils seront intouchables. Par contre, si ce sont les Bulls qui dominent dans la peinture, Thomas et les extérieurs des Celtics devront être à 100% pour ne pas avoir peur et voir les Bulls prendre plus de deux matchs.

Résultats en saison régulière : Boston Celtics 2 – Chicago Bulls 2

Jeudi 27 Octobre 2016 : Boston Celtics 99 – Chicago Bulls 105

Mercredi 2 Novembre 2016 : Chicago Bulls 100 – Boston Celtics 107

Jeudi 16 Février 2017 : Boston Celtics 103 – Chicago Bulls 104

Dimanche 12 Mars 2017 : Chicago Bulls 80 – Boston Celtics 100

Calendrier

Match 1 (@ Boston) : Dimanche 16 Avril 2017 à 00h30

Match 2 (@ Boston) : Mardi 18 Avril à 02h00

Match 3 (@ Chicago) : Vendredi 21 Avril à 01h00

Match 4 (@ Chicago) : Dimanche 23 Avril à 00h30

Match 5 (@ Boston) : Mercredi 26 Avril (horaire à déterminer)

Match 6 (@ Chicago) : Vendredi 28 Avril (horaire à déterminer)

Match 7 (@ Boston) : Dimanche 30 Avril (horaire à déterminer)

Conclusion

Les Celtics sont clairement favoris en tant que tête de série numéro 1. Isaiah Thomas est sur un petit nuage. Il sera forcément primordial pour les Celtics. Boston devrait assez facilement s’en sortir mais attention aux Bulls. Ils finissent bien la saison et sont très imprévisibles. Ils peuvent à la fois faire des matchs de qualité et battre les Cavs ou même les Celtics comme perdre lamentablement contre les Nets. C’est pour cela que Boston devra se méfier de Chicago.

Pronostic : Boston 4 – Chicago 2