Un premier tour de playoffs est passé, un second commence immédiatement. Forcément on veut tous savoir quelle sera la suite de cette fin de saison, avec toutes les questions qu’elle soulève qui vont trouver rapidement réponses sur le terrain. Mais alors que 8 équipes nous ont désormais quittées, avec honneur ou bien avec frustration, il est temps de proposer un petit bilan et un regard sur la saison prochaine.

Portland : Entourer Damian Lillard.

Malgré le départ de LaMarcus Aldridge, les Blazers restent une équipe compétitive, intéressante et cohérente, réunie autour de Lillard qui ne manque jamais de rappeler combien il est injuste de ne pas le voir au All Star Game chaque année. Mais Lillard ne peut pas tout faire à lui seul et Portland est annoncée comme une future grande équipe depuis trop longtemps. Les performances de Jusuf Nurkic montrent que malgré un sweep difficilement évitable, les Blazers ont encore une fois de belles cartes en main pour monter plus haut dans le classement de la conférence Ouest. Mais attention à ne pas retomber dans la malchance et les blessures.

Los Angeles Clippers : Et maintenant ?

Et voilà, Paul Pierce a joué son dernier match en carrière, une image difficile à voir. Mais il n’était peut être pas le seul à fouler le parquet des Clippers pour la dernière fois. Avec tout le respect qu’on porte à cette équipe, l’on se doit d’être franc : les Clippers, ça ne marche pas. Avec un coach expérimenté, des joueurs au talent incroyable, un collectif bien huilé, un style et une identité de jeu assumée, un propriétaire audacieux et volontaire, les Clippers, en 5 années ensemble, n’ont tout simplement rien réussi de mieux qu’une division remportée, le seul et unique « trophée » de la franchise. Rien n’y fait, entre les blessures, la malchance, les fautes de parcours, les mains qui tremblent, les blessures, les blessures, les blessures et encore les blessures…les Clippers n’y arrivent tout simplement pas. Que va-t-il se passer cet été ? Personne ne le sait, les spéculations sont trop fortes, et l’incertitude autour du retour de Blake Griffin brouille encore plus les potentiels pronostics. On sait que les cadres comme Paul ou Doc Rivers souhaiteraient continuer l’aventure…mais au bout d’un moment on se dit que quelque chose d’autre va se passer, que la pouasse va continuer à s’interposer. Los Angeles n’a pas forcément à rougir de ses playoffs et absolument pas de sa saison. Mais ce surplus de malchance commence à devenir pesant, tant sur les fans que pour les joueurs.

Oklahoma City : vendre Westbrook !

Ne vous méprenez pas, nous n’appelons pas à un trade de Russel « legend » Westbrook (oui, parce que quand on finit une saison en triple double, on est une légende, puisqu’on efface une autre légende des tableaux au passage d’ailleurs…). Mais il faut cependant vendre l’idée qu’on peut jouer avec lui. Russel à un potentiel immense et peut emmener une équipe loin, très loin. La seule condition est que OKC sache entourer correctement WB. Et ça, ça n’est pas chose facile. Kobe Bryant est souvent comparé à Russel et c’est très justement la carrière du Mamba qui devrait inspirer les dirigeant du Thunder. Entourer Kobe et son égo ne fut pas de tout repos, mais quant on voit le résultat, on sait que ça en vaut la peine. Jordan et Kobe avaient fait l’effort de cesser leurs obsessions de solistes pour se dévouer au bien de l’équipe. Aujourd’hui c’est au tour de Russel Westbrook d’accomplir ce destin. Avec les bons free agents et quelques trades habiles, Oklahoma pourrait très vite redevenir une place forte de la ligue. Cela signifierait au passage que Westbrook aurait passé un cap, un vrai.

Memphis : trouver un second souffle

Encore une fois les Grizzlies sont tombés sur les Spurs. Encore une fois la franchise du Tennessee a sur poser de gros soucis à San Antonio, mais encore une fois c’est raté et Memphis avec sa si belle équipe tombe encore trop rapidement. Le soucis c’est que l’effectif perd en efficacité. Durant les précédentes années, le groupe avait de sérieux arguments, notamment défensifs, pour aller loin en playoffs -et ils y sont allé. Toutefois, le temps passe, et le groupe ne franchis pas les étapes, il cale, il butte encore et encore, sur le même adversaire d’ailleurs, ce qui ne manque pas de témoigner l’incapacité à surmonter un obstacle. Gasol et Randolph voient les années passer, Conley est moins efficace, Carter fait le show mais reste limité. Il est grand temps à Memphis de trouver les trades adéquats pour revitaliser un groupe dont le potentiel n’est pas mis en relief à sa juste valeur.

Chicago : régler les problèmes avant de proposer un projet.

La saison des Bulls nous a offert du zig zag, du bon et du mauvais, du superbe, du surprenant, et du frustrant et parfois du lamentable…et ça n’est pas la série contre Boston qui nous contre-dira. Tensions dans le groupe, entre Rondo, Butler, Wade…tensions avec le coach, mort de Jerry Krause et une avance de 2-0 obtenue à l’extérieur contre le leader de la conférence pour finalement s’effondrer et perdre quatre matchs, dont trois à domicile. On a envie de se dire : qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez ces Bulls ? La saison prochaine sera sûrement l’occasion de mettre les choses sur la table, de régler les soucis, il le faut, à l’intérieur du groupe, développer une réelle identité de jeu et permettre à ceux qui se sont mis en valeur cette année de continuer à se rendre de plus en plus indispensables. Le banc à su montrer de bonne chose, et le back-court des Bulls a prouvé plus d’une fois qu’il était capable de battre n’importe qui en NBA. Mais sans stabilité à l’intérieur du groupe, Chicago va perdre en crédibilité et risque surtout de fâcher Jimmy Butler dont le nom commence peu à peu à s’entendre dans les rumeurs de trades.

Indiana : repartir à zéro.

Bird est parti, Paul George n’a pas digéré le comportement de ses coéquipiers et lui-même à beaucoup déçu. On imaginait les Pacers proposer un challenge aux Cavs, et au final, Lebron et sa bande sont passés sur Indiana aussi rapidement qu’à un dépose minute, décevant. On sait désormais que George a la tête ailleurs, que Monta Ellis ou Miles Turner et Lance Stephenson, malgré leur bonne foi, ne lui apporteront rien. Et maintenant que Bird à jeté l’éponge, Paul n’a plus de forte tête envers qui négocier un départ. Hélas il va falloir se mettre à l’évidence, nous sommes à la fin d’une grande période pour les Pacers qui avait commencé à la fin des années 2000 et avait failli aboutir à un retour en Finals NBA à plusieurs reprises. Indiana doit désormais accepter son sort et, hormis un surprenant trade, comprendre que son avenir proche est dans les fonds de la conférence, avec tout à recommencer.

Atlanta : trop d’interrogations.

La saison des Hawks semblait avoir bien commencé, avec un duo Millsap-Howard dans la raquette qui semblait prometteur, le développement de Schröder, l’équipe partait sur de bonnes bases et s’installait dans les hautes loges de l’Est. Et puis, tout s’est effondré : les défaites se sont enchaînées, Schröder a montré ses limites de temps à autres, Millsap ne peut tout faire et Dwight ne semble toujours pas concerné par le challenge qu’il peut apporter à ses adversaire. Avec un potentiel départ de Millsap, il est difficile de concevoir le futur d’Atlanta. Comme les Pacers, il faut probablement s’attendre à repartir de zéro et chercher à reconstruire en admettant que la belle période ou les Hawks se plaçaient en tête de la conférence est bel et bien terminée. Néanmoins, Atlanta n’a pas manqué de montrer qu’elle était capable de réagir, ce qui s’est bien vu après les départ de Horford, de Smith ou même de Joe Johnson. Le Hawks peuvent également compter sur un effectif plus cohérent et capable de proposer du bon jeu rapidement.

Milwaukee : prendre confiance, grandir et gagner.

Les Bucks sont l’équipe de l’avenir. Si ils continuent ainsi, Milwaukee sera en finales NBA dans les cinq ans à venir. Il faudra juste régler quelques soucis d’effectif et espérer ne pas sombrer dans la malédiction des blessures façon Clippers/Blazers etc. Mais le fait est là : les Bucks sont bons, très bons. Mené par the Greak Freak Giannis Antetokounmpo, entouré de joueurs bons gaillards et volontaires, menés par un Jason Kidd affreusement discret et néanmoins très efficace, les Bucks sortent des playoffs la tête haute après avoir sérieusement fait douter les Raptors de Toronto, au point que l’on se demandait si les canadiens n’en avaient pas les mains qui tremblaient. Pour Milwaukee, le prochain challenge est assez simple : continuer à progresser, à recruter intelligemment, ne pas se presser, et utiliser l’expérience engrangée pour évoluer dans le bon sens. Si les Bucks restent cohérents et stables, tout leur est promis. Une chose est sure, avec Giannis sur le terrain, on s’éclate et on sait que personne ne leurs font peur. En soi, nous aurions aimé voir ces Dears venir bousculer tonton Lebron encore trop à l’aise dans sa conférence plutôt que Toronto dont les agissements en playoffs font encore et toujours contraste avec leurs saisons régulières.