Ça y est, on y est enfin à cette finale NBA, la 3ème consécutive entre les 2 franchises. 2015 avait consacré les hommes de la Baie (4-2) et en 2016 les Cavs prenaient leur revanche après une remontée historique. Toute l’année et surtout en fin de saison jusqu’aux finales de conférences, on a entendu les gens se plaindre de voir sans cesse les mêmes équipes en tête mais ne nous voilons pas la face, cette finale on sait qu’on va la kiffer comme il se doit.

Avant de passer aux match up clés, comme d’habitude on regarde ce qu’il s’est passé pour les 2 champions de conférence pendant leurs finales respectives.

Cleveland Cavaliers (bat Boston Celtics 4-1)

Les C’s n’auront tenu que 2 mi-temps face aux Cavs dont l’une leur permettait d’esquiver le coup de balai. Finalement l’absence d’Isaiah Thomas fût moins catastrophique que prévue puisque Boston récupérait en défense et en agressivité ce qu’il perdait au scoring. Alors même si cela reste une perte majeure dans une série, quand on voit le niveau de jeu des Cavs on peut se demander si in fine sa présence aurait fondamentalement changé la donne.

Malgré un LeBron en RTT lors du game 3 et la 1ère mi-temps du game 4, Cleveland était simplement trop fort pour les Celtics et il faudra se montrer malin lors de la période de trade estivale avec un 1er choix de draft et un IT4 qui arrivera fin de contrat lors de la prochaine saison. Pour le moment il est payé au niveau du SMIC NBA mais il sera surement plus gourmand pour la suite.

Pas grand chose à dire sur Cleveland qui a du s’adapter aux changements de Boston surtout en attaque avec des systèmes basés sur de la réaction en temps réel et de lecture de jeu ce qui n’est jamais facile à défendre, encore moins face à une équipe qui n’a rien à perdre.

Kevin Love a été l’auteur d’une belle série et Kyrie a fait le match à lui seul au game 4. Kevin, Kyrie, LeBron, tout le monde semble être prêt, place aux Finals 2017.

Golden State Warriors (bat San Antonio Spurs 4-0)

T’as sweepé San Antonio? T’as sweepé Popovich ? T’as sweepé Kaw… Ah non. Bon je taquine mais même s’il faut reconnaître la très belle maîtrise collective des Dubs il faut bien admettre que la blessure de Kawhi Leonard les a bien aidé tant le joueur porte son équipe sur ses épaules et d’ailleurs la physionomie du game 1 tend à le démontrer avec des Spurs à l’aise dans leur système, solides des 2 côtés du terrain et après la blessure un déséquilibre total et un écart qui a fondu comme neige au soleil. On ne va pas refaire un débat sur Zaza et son inaptitude à s’arrêter (Mmmh j’ai semé le doute dans ton esprit) mais il est temps que la ligue s’attaque à ce genre de geste qui, s’ils ne peuvent pas être prouvés, sont très très rarement involontaires et surtout dévastateurs. Il faut bien comprendre que même si on a pas l’intention de blesser, on instaure dans la tête du joueur opposé une peur sur chaque shoot et jouer au basket quand on se demande si on va finir à l’hosto, ce n’est tout simplement pas normal.

Mais quittons ce monde de MMA pour le basket, le vrai. Une fois le game 1 passé et malgré les ajustements de Pop the GOAT, Golden State n’a pas vraiment transpiré pour sa place en finale NBA finissant même avec un historique 12-0 en Playoffs. Ce dernier galop aura permis de se tester sur un morceau un peu plus solide tactiquement mais qui manquait d’agressivité à l’image de la raquette des Spurs avec des Aldridge et Gasol bien trop tendre avec leurs opposants directs.

Le manque de réel challenge, l’absence de Steve Kerr, le long repos avant le début des finales seront des paramètres qui pourraient jouer des mauvais tours aux Warriors qui pêchent parfois par excès de confiance.

Le calendrier:

Game 1 : Vendredi 02/06 3h à l’Oracle Arena de Golden State

Game 2 : Lundi 05/06 2h à l’Oracle Arena de Golden State

Game 3 : Jeudi 08/06 3h Quicken Loans Arena de Cleveland

Game 4 : Samedi 10/06 3h Quicken Loans Arena de Cleveland

Game 5 : A Golden State (date et heure à determiner)

Game 6 : A Cleveland (date et heure à déterminer)

Game 7 : A Golden State (date et heure à déterminer)

Les match up clés

Kyrie Irving vs Stephen Curry

Le double MVP sortant avait pris un solide coup sur la tronche lors du game 7 de 2016 en se prenant le 3pt décisif sur la musette après un petit step back de Kyrie. Beaucoup lui était tombé dessus au vue de son niveau et sa nonchalance lors des finales. L’heure de la revanche a sonné pour lui et il doit aborder les futures rencontres avec un état d’esprit de guerrier et surtout en alternant le shoot longue distance avec le drive pour aller chercher des lancers francs quand ça rentre moins bien derrière l’arc. Il devra également mettre sur orbite les copains même si Draymond Green peut aussi distribuer le jeu. Bref on attend de lui des finales complètes avec des lignes de stats plus denses et plus élevées qu’en 2016.

Kyrie de son côté a démarré ses PO pendant le game 4 contre les Celtics alors que LeBron était envoyé sur le banc avec 4 fautes au milieu du Q2. Il a su redevenir l’Uncle Drew comme aime tant avec son dribble vif et chaloupé, ses drives mains gauche et droite. Lui aussi devra arriver déterminé pour les finales et ne pas attendre les 3 derniers match pour briller. On sait cependant que Kyrie sait se révéler pour les grandes occasions, espérons que ce soit le cas.

LeBron James vs Kevin Durant

Voilà voilà que dire de plus? Ce qui se fait de mieux en attaque. Pas des références en terme de défense bien que quand LeBron a décidé que tu passerais pas il est plus chiant que Durant qui reste trop frêle.

Côté Durant, est ce que Cleveland osera un prise à 2 avec Tristan Thompson en jouant sur la vitesse de rotation défensive pour l’inciter à passer la balle, aussi dangereux soit-il de laisser un Warrior seul avec le ballon en main? Cela vaut aussi côté Cleveland même si le système de Golden State est basé sur des switch sans fin sans craindre le mismatch, il faudra peut-être choisir son poison comme on dit.

Kevin Love vs Draymond Green

Pas besoin de faire le CV de Green en défense, un rapide coup d’œil sur la ligne de stats et quelques vidéos highlights plus tard et vous n’aurez plus du tout envie d’être à la place de Kevin Love. Véritable soldat de l’ombre l’an passé, Kevin Amour semble moins effrayé à l’idée de rentrer dans le lard des adversaires pour aller jouer une balle proche de l’anneau. Green est un épouvantail défensif, robuste et qui a un excellent sens du timing pour le contre. Il faudra donc un Kevin incisif et sans peur face à Draymond qui devra apporter des solutions en attaque sans doute plus qu’à l’accoutumée. Pour la bataille des rebonds, les 7 cms de plus de Love seront à exploiter (les 2 faisant le même poids) et surtout il sera important pour le stretch 4 des Cavs d’assurer à 3 pts pour écarter au maximum Green de la protection de cercle. On pourra aussi peut-être faire switcher GS à outrance et attendre un glissement plus lent pour foncer dedans côté Cleveland. Bataille décisive au poste 4.

Klay Thompson et JR Smith

L’un est très (trop) discret depuis le début des PO, l’autre est solide en défense mais encore trop juste en apport offensif puisqu’il doit tourner à 8/12pts pour être rentable et avoir un petit moment où il prend feu dans un des matchs. Côté Warriors il s’agira de soit remettre Klay en confiance sur son shoot ou alors décider avec lui de le sacrifier à une défense tout terrain sur Irving par exemple. Gégé, de son côté, a pu enfin rentrer à la maison avec sa petite fille née grande prématurée et pourra donc se focaliser à 200% sur le basket.

Le banc

En sortie de banc Javale McGee peut vraiment ennuyer les Cavs car ils seront obligés de sortir Frye pour rivaliser avec lui. Channing devra, en plus de rentrer ses 3 pts en attaque, supporter l’impact physique et la vélocité de Javaaaaaaale. Iguodala avait fait la différence en 2015 au point d’être MVP des Finals et était sorti blessé et surtout traumatisé par The Block en 2016. A voir ce qu’il lui reste dans le réservoir. Shaun Livingtson a un profil qui embête les Cavs de part sa taille et son poste et même si les finales devraient être avant tout un combat des chefs, il pourrait avoir un rôle à jouer.

Côté Cavs, Korver est trop peu utilisé à sa juste valeur pour le moment surtout dans les matchs serrés et si on ne fait pas shooter Kyle, à quoi sert-il sur le terrain? Attention à ne pas sous-estimer tout de même le shooteur car s’il est en feu un soir c’est 7 ou 8 bombes indéfendables qui rentrent. Il reste Deron Williams doit se reprendre après quelques matchs brouillons même si son match 5 contre Boston était d’excellente facture. Il doit davantage créer et moins céder à une pression défensive adverse. Shumpert, comme d’habitude, prendra le relais défensif de JR Smith, il peut aussi dynamiter une défense sur ses rares drives très costauds et planter aussi une ou deux roses de loin.

Le coaching

Côté Cleveland, sauf malheur, Tyronn Lue arpentera la ligne de touche en quête de stratégie fine pour contrer l’armada des Warriors par contre de l’autre côté les probabilités de voir Steve Kerr sont minces, très minces même si on en croit l’intéressé lui-même. Ce sera donc Mike Brown qui assurera l’intérim comme Luke Walton l’avait fait avant lui. Bien sur Kerr dirigera en coulisse la stratégie globale et les ajustements ainsi que les discours aux joueurs mais ça reste fort différent et croire que Brown a pu se faire la main sur les tours précédents serait commettre une erreur tant l’adversité fût faible. Il ne faudra donc pas se tromper dans les ajustements à donner côté Warriors et pour les Cavs cela constitue une des cartes à jouer également. En allant là où on ne les attend pas, les Warriors ne pourront pas prendre un temps mort avec Kerr pour régler la machine et il faudra s’en remettre à Mike Brown.

Conclusion

Ce qu’on peut espérer des finales c’est avant tout de rattraper le niveau d’intensité et de suspens proposé jusqu’ici en Playoffs. Pas de blessure, pas de suspension, rien que du basket s’il vous plait. Pour le reste il existe un assez lourd passé entre les 2 équipes pour qu’on soit sur que tout le monde viennent sur le terrain pour gagner. Celle-là, plus qu’une autre, personne n’a envie de la paumer.

Niveau prono, je vois bien la série démarrer sur un 2-2 et connaitre un game 5 qui pourrait faire la différence et une finale finissant en 4-2 et puisque des pronos sans choisir une équipe c’est pas drôle, je vais partir sur Cleveland

Bonnes finales à toutes et à tous.