Les dernières semaines de Phil Jackson aux Knicks n’ont pas été les plus sereines de son mandat, et 3 ans après sa prise de fonction, le coach multi-titré à finalement fait ses valises, viré par les dirigeants. Sur les réseaux sociaux, on lit partout que ce départ est une bonne chose, que ses 3 années sont une véritable catastrophe, que peu importe le moment, son départ est le meilleur choix possible. A écouter toutes ces réactions, on croirait que Jackson a plombé une équipe pleine d’avenir, qu’il n’a pris que des mauvaises décisions, qu’il a enchaîné erreurs de casting sur erreurs de casting. Alors oui, je veux bien entendre que des fans qui ont entendu parler il y a 1 semaine d’un échange autour de Porzingis soient soulagés, mais quand on résume son bilan à un certain de nombre de victoires en 3 saisons, faudrait voir à pas oublier d’où le projet partait.

Alors pour commencer, je vais vous concéder des erreurs dans son bilan évidemment. Sa plus grosse faute, selon moi, c’est sa gestion humaine. Vouloir imposer un système anachronique à un coach débutant, puis à un coach qui avait été engagé avec « la liberté de travailler sereinement », mais aussi à un roster pas qualifié pour s’épanouir dans ces conditions était effectivement une erreur. Le dirigeant Phil Jackson ne savait pas se détacher du coach qu’il était, du stratège qui avait fait sa renommée, et ainsi son manque de confiance en ses subordonnés n’a jamais donné à qui que ce soit l’espace pour vraiment être lui-même. C’est bien là, la plus grande erreur de son mandat. Car de cela, découle forcément des erreurs. Et des erreurs, évidemment il y en a eu. On peut citer quelques unes d’entre elles, plus ou moins grave : le refus de Jae Crowder dans l’échange de Tyson Chandler, l’envoie de Tim Hardaway Jr. à Atlanta, éventuellement les départs de J.R Smith et Schumpert contre des bouchées de pain. Mais au final, rien de tout cela n’est vraiment catastrophique. On parle de role player, et Jackson a su les remplacer, mais on y reviendra plus tard. Non, la seule vrai boulette de Jackson en termes de signature est celle de Joackim Noah. 18M/an pour plusieurs années à un joueur qu’on savait cramé physiquement, c’était de la folie, et pour cela, il mérite forcément d’être critiqué, car le risque était trop gros. Enfin, on peut aussi lui reprocher sa gestion catastrophique du cas Melo, à qui il donne un contrat max avec clause d’intransférabilité pour économiser quelques millions, puis à qui il pourrit la vie publiquement pour le pousser ) s’en aller. Mais là encore, était-ce pensable de ne pas conserver Anthony en 2014 ?

Mais sinon, honnêtement ? Doit-on rappeler qu’à son arrivée, les Knicks traînent toujours les débris d’Amar’e Stoudemire, que Tyson Chandler coûte cher et se blesse souvent, que J.R Smith s’amuse à délacer les shoes de ses adversaires, que le roster est un mix entre la maison de retraite du coin et la maison des fous d’Astérix et Obélix ? L’équipe n’allait nulle part, et il fallait reconstruire. Il fallait coûte que coûte que ce salary cap retombe à plat pour repartir de l’avant. Alors oui, certains échanges n’étaient pas optimaux, mais au bout de la course, même le contrat encombrant de José Caldéron a été refilé sans cracher des flopées de 1er TDD pour jouer les éboueurs. Il a réussi avec ces tours de drafts à faire un coup de maître (Porzingis, c’est pour toi), peut-être 2 avec Frank Ntilikina, tout en récupérant Willy Hernangomez. Il a peut-être balancé de solides role players, mais il a réussi à refaire un banc : Mindaugas Kuzminskas, Kyle O’Quinn, Lance Thomas, Justin Holiday… Autant de bonnes pioches qu’il a su réaliser à bas coûts. A posteriori, certains critiqueront le choix de récupérer Derrick Rose, mais l’enthousiasme était bien présent à son arrivée. Les Knicks n’avaient pas suffisamment de cap pour faire un gros coup sur le marché, ni la légitimité après 2 ans d’épuration de l’effectif pour attirer qui que ce soit, alors il est allé chercher du monde. Le choix de l’ex-MVP était cohérent, l’arrivée de Courtney Lee (12M) tout à fait rentable au vu des montants que certaines franchises payaient pour des joueurs de son calibre. Puis si on enlève l’hérésie Noah, tenter D-Rose était un pari court termes. Non, honnêtement, sur la seule année de véritable compétitivité qu’il a recherché sur ses 3 ans, ou qu’il a pu se permettre, sa situation ne lui donnait pas beaucoup de marge de manœuvre pour faire mieux. Même le fait de récupérer Brandon Jennings de retour de blessure avait tout d’une bonne opération. D’ailleurs, sa coopération avec Porzingis était plutôt honnête.

La réalité, c’est que c’est sa communication et son management paternaliste ont causé sa perte. Alors en tant que fan, on peut se réjouir de son départ, mais je ne pense pas qu’il ait mené New-York à une situation plus mauvaise qu’elle ne l’était à son arrivée, loin s’en faut. Bref, on peut se réjouir, mais nuançons un peu le propos. Et ne perdons pas de vu que Dolan le respectait assez pour le laisser travailler, et qu’avant c’était une misère sans nom. Son départ ne signifie pas un mieux à venir pour les Knicks. Point.