Alors que l’essentiel de la conférence Est semble s’affaiblir, que les Cavaliers leaders incontestés ne semblent pas se renforcer, et que Toronto tente de sauver les meubles; médiatiquement on a l’impression que la conférence se partage entre 2 franchises. Les Celtics qui ont fait l’acquisition de Gordon Hayward, et la masse de jeunes prospects des Sixers qui va (enfin) jouer ensemble. Pourtant une autre équipe est en train de de fourbir ses armes dans l’ombre. En effet, les Hornets ont pointé le bout de leur nez avant même l’ouverture de la Free Agency, et ne souhaitent pas tomber dans la mode du tanking. Pour ce faire, la ruche a décidé de jouer la carte de la défense, et s’est jetée sur Dwight Howard, qu’elle a récupérée contre Miles Plumlee et Marco Belinelli. Autrement dit pas grand chose ! En outre, ils faisaient l’acquisition un peu miraculeuse le soir de la draft; celle de Malik Monk. L’arrière issuede Kentucky est un vrai pur scoreur, capable de prendre feu et de dynamiter un match. Mais il apporte surtout ce dont la franchise avait le plus cruellement besoin: de l’adresse extérieure. En sortie de banc, ce ne peut qu’être très positif.

Ces deux arrivées sont des renforts de choix pour une équipe qui après avoir démarré la saison sur des bases impressionnantes a coulé à pic suite à la blessure de Cody Zeller, qui a fait très mal car alternative crédible au poste 5 n’existait derrière lui. De plus, le manque de taille sous les panneaux ayant fait défaut cette saison, le débarquement de D12 à Charlotte a de quoi mettre du baume au coeur des fans, mais aussi des joueurs qui vont pouvoir monter une défense digne de ce nom. Parce qu’avec les qualités qu’on trouve à l’extérieur, notamment avec la paire Batum/MKG, il y a de quoi bosser. Howard en second rideau est donc du pain béni, car quoi qu’on dise sur le colosse, il n’a peut être plus la production de ses années aux Magic, mais il pèse encore 13 rebonds/2contres et prend toujours une place énorme près du cercle. Sa saison à Atlanta est d’ailleurs sous-estimée: les Hawks avaient l’une des meilleures défenses intérieures de la ligue avec leur paire Millsap/Howard !

Bref, ajoutez à cela le talent offensif de Kemba Walker, la polyvalence de Marvin Williams et Cody Zeller à l’intérieur, vous avez de quoi faire de belles rotations, et vous en imposez dans une conférence Est très modeste. L’arrivée de Michael Carter Williams peut laisser planer quelques doutes mais.. bien utilisé, il peut lui aussi avoir un apport intéressant.

Du coup, qu’attendre de ces Hornets, et surtout, peuvent-ils encore faire leur shopping pour se renforcer ?

 

Le roster, les finances

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Bon, que vous vous en doutiez ou pas, Charlotte a déjà passé amplement le salary cap qui était de 99M. De fait, la marge pour recruter est désormais quasi-nulle, et donc peu de mouvements sont en vue. L’effectif est plus ou moins complet, avec la paire Kemba/Carter-Williams et Briante Weber en troisième rotation. Sur les ailes, puisqu’il est de plus en plus difficile de ne pas assimiler certains arrières à ce poste, on aura aussi de quoi jouer puisque Nicolas Batum, MKG seront là pour assurer la défense, et le banc pourra s’appuyer sur Malik Monk, Jeremy Lamb. Treveon Graham est là pour faire le nombre, mais ne sera pas une option de poids. La faiblesse actuelle de l’effectif se situe bien sur les postes d’arrières/ailiers ou récupérer 1/2 vétérans à bas prix pourrait être intéressant. L’autre possibilité serait d’échanger 1 joueur pour se renforcer.

A ce titre, Jeremy Lamb et Frank Kamisky pourraient intéresser d’autres franchises et permettre d’obtenir des profils ciblés. Néanmoins, leurs contrats sont intéressants, particulièrement Kaminsky qui entre dans sa 3eme année. Mais sa seconde saison décevante pourrait pousser Charlotte à réfléchir sur son cas, et ce malgré un profil de pivot shooteur qui fait recette. Du moins potentiellement, puisqu’il tourne à 39% au tir, dont 32,3% à 3 points.

Il est d’autant plus possible d’effectuer ce choix, qu’à l’intérieur, entre Howard, Zeller, Williams, O’Bryant il y a déjà du monde, et amener un peu de viande supplémentaire ne serait pas forcément très coûteux.

En somme, il peut y avoir des changements mineurs pour blinder le banc, mais à priori le 5 de départ de l’équipe est déjà blindé, et Steve Clifford aura l’embarras du choix pour constituer ce dernier. En l’état, se retrouver avec Walker – Batum – MKG – Williams – Howard paraît très équilibré et complémentaire, tout en conservant des joueurs capables d’apporter du scoring en sortie de banc. Le duo Monk-Zeller pourrait tenir la baraque, surtout si MCW se décide à rejouer au basket.

Quelques coups sur le marché ?

Avant de parler des attentes, même s’il est encore un peu tôt vu que tous les rosters ne sont pas complétés, qui verrais-je à Charlotte ?

Je pense que le banc tel que je le vois aujourd’hui, aurait besoin de dureté, d’expérience, voire de méchanceté pour être dans la continuité du 5 de départ que je visualise, qui devrait pouvoir jouer dur et rugueux. Un vétéran qu’on sait encore en forme comme Matt Barnes serait pour moi idéal. Pas forcément enclin à signer pour cher, obtenir un rôle dans une bonne équipe devrait le séduire, surtout qu’il vient d’obtenir le titre avec les Warriors.

Si échec sur ce dossier, pourquoi ne pas tenter Gerald Green, proche de Minnesota et encore disponible, qui peut apporter quelques minutes en sortie de banc.

Si la franchise opte plutôt pour un arrière, Tony Allen pourrait être prêt à s’engager si le contrat s’étend sur plusieurs saisons, pourquoi ne pas lui donner une enveloppe pour s’attacher sa dureté défensive. Thabo Sefolosha pourrait aussi faire l’affaire, mais son prix sera probablement trop élevé. Arron Afflalo pourrait lui s’engager pour pas cher.

Bref, il y a des coups à jouer pour des joueurs dans le crépuscule de leur carrière, espérons que les Hornets puissent en profiter pour consolider un roster très sérieux.

Du coup, l’an prochain ?

Habituellement, je ne parle pas de la saison à venir dans ce genre d’article, en tout cas, pas concernant un objectif de classement, encore moins quand le marché n’est pas arrivé à son terme. Toutefois, l’arrivée de Dwight Howard peut et doit clairement faire passer un cap à cette équipe. En étant capable de profiter de son arrivée en défense et de sa présence au rebond offensif, le jeu de l’équipe devrait en sortir supérieure au crû de l’an passé. Dans une conférence qui s’ouvre, les Hornets doivent retrouver les Playoffs, et viser l’avantage du terrain pour se mettre en situation de jouer un premier tour de Playoffs à leur portée. L’équipe peut être excitante, et nul doute que Steve Clifford saura tirer parti de son roster. Ça bourdonne à Charlotte, let’s go.