Alors que tout était calme, que l’actualité basket se faisait rarissime, encore plus venant de chez l’Oncle Sam, Shams Charania devance pour une fois son acolyte Adrian Wojnarowski pour lâcher une énorme bombe: Boston et Cleveland seraient en discussions très avancées pour un échange entre Kyrie Irving et Isaiah Thomas + un package. Peu après, dans un concert de tweets entre Charania et le Woj, on apprend que les dirigeants des deux franchises en sont à discuter de comment matcher les salaires pour que le deal soit faisable, puis pour finir, qu’un accord a été trouvé. Ce.. en une petite demi-heure.

Flashback: 21 juillet 2017: A la surprise générale, Kyrie Irving demande son transfert, disant qu’il veut avoir SON équipe. On suspecte un problème relationnel avec LeBron James mais le joueur est formel: il veut avoir seul la maîtrise de son destin et écrire sa propre histoire dans une franchise qui serait à lui. Il donne même une liste d’équipes parmi lesquelles San Antonio, New York, Miami et Minnesota.

A l’époque, Twitter avait déjà explosé. Une fois encore, ça n’a pas coupé, la nouvelle faisant l’effet d’une bombe nucléaire sur les réseaux sociaux. Ah oui au fait, quel est l’affiche de l’opening game cette année ? Ah.. oui, Cavaliers-Celtics à Cleveland.

Un échange d’une telle ampleur nécessite une analyse longue et poussée. Pour cela, commençons d’abord par décortiquer ce deal.

1- What a blockbuster trade !

Le titre de blockbuster trade est mérité haut la main, aucun souci là dessus. Celui de trade de l’année ? Il y a de la concurrence avec ceux de Paul, Cousins et George mais vu qu’il y a deux stars dans la balance on peut le lui décerner sans trop de soucis.

Nous avons donc Uncle Drew qui atterrit à Boston en échange d’Isaiah Thomas, de Jae Crowder, d’Ante Zizic et du 1er tour de draft des Nets en 2018.

Pourquoi un package aussi important en plus de leur star côté Celtics ?

Tout simplement parce qu’Isaiah Thomas est en contract year, qu’il a déclaré à plusieurs reprises que pour lui ce serait max ou rien, qu’il en avait marre d’être sous-payé et que la perspective de payer une énorme luxury tax tout en annihilant toute flexibilité financière pour les années à venir en donnant environ 35M à un joueur qui aura la trentaine cette année fait énormément chuter la côte du joueur sur le marché. Sa valeur était donc nettement inférieure à celle d’Irving à qui il reste 2 ans de contrat (ainsi qu’une player option sur une 3e qu’il déclinera à coup sûr pour toucher le pactole) et qui est sous-payé par rapport à ce qu’ont perçu les derniers All-Stars sur le marché. De plus, la dernière année du minuscule contrat d’IT (6M par an…) ne suffisait pas à matcher les salaires. En conséquence il fallait que Boston ajoute deux joueurs dans la balance pour que le trade soit validé.

Du point de vue des salaires, d’abord il faut savoir que Kyrie a accepté de renoncer à son trade kicker (une revalorisation salariale en cas d’échange) pour que le trade soit faisable.

Nous avons donc 18 868 626$ vs 6 261 394$ + 6 796 117$ + 1 645 200$ soit 14 702 711$.

Les Celtics absorbent donc environ 4M avec du cap space. Pour les Cavaliers, sur le plan purement financier, ce deal fait du bien puisque cela fait baisser leur luxury tax de 78,4M à 59,2M, soit 20M de dollars que Dan Gilbert n’aura pas à sortir de sa poche, chose absolument pas négligeable.

Un petit update des deux formations s’impose. Nous avons donc, côté Cavaliers:

IT- Smith – LeBron – Love – TT

Rose – Shumpert – Crowder – Frye – Zizic

Les Cavaliers obtiennent donc évidemment une star pour remplacer Kyrie sur le poste de meneur, un 2 way player très intéressant en Jae Crowder, un rookie qui devrait faire un back-up correct à Tristan Thompson et un futur choix probablement dans le top 3 de la draft, du moins s’ils le gardent mais cet aspect du trade sera traité plus loin.

On enchaîne côté Celtics, où cette fois on ne peut que supposer une lineup:

Irving – Hayward – Tatum – Morris – Horford

Rozier – Smart – Brown – Yabusele – Baynes

On pourrait tout aussi bien voir Brown dans le 5 sur le poste 2 pour pouvoir utiliser Hayward au poste 3, mais le choix de l’auteur de ces lignes est d’aligner la lineup la plus équilibrée possible et avec le plus de talent offensif. Évidemment, cela dépendra des séquences, de comment l’effectif marche, etc.. A voir donc comment Stevens décidera d’utiliser son effectif.

Après avoir exposé les détails du trade, on en arrive au cœur du sujet: quid des répercussions ?

2- Quelles conséquences sur l’avenir des deux franchises ?

Maintenant que le trade est officiel, la question est de savoir comment on s’organise, et ce des deux côtés.

a- Côté Cavaliers: Un jeu d’enfant ?

Très rapidement, sur les deux joueurs arrivés en plus de Thomas, Jae Crowder est le type de joueur qui n’a aucun mal à s’intégrer à peu près partout, il est parmi les meilleurs 3&D depuis déjà un petit moment et il s’agit d’un role player très apprécié, dont la cote est montée en flèche depuis qu’il est à Boston. En prime, quand on cite les plus gros cheaps contracts, son nom vient dans les premiers: en effet, il n’est payé que 7M la saison et son contrat court jusqu’en 2020 !

Ante Zizic est quant à lui un pivot croate de 2m13, fort rebondeur et pouvant devenir un bon protecteur de cercle. Il a été drafté l’an dernier par les Celtics et a bossé en Europe au Darussafaka. Petit clin d’oeil du destin, son désormais ex coach n’était autre que… David Blatt.

Au moment de sa draft, Zizic était vu comme un des meilleurs prospects européens, faisant partie d’une belle génération croate avec Bender et Zubac pour ne citer qu’eux. Il s’était surtout fait remarquer pour avoir envoyé un gros 43 d’éval avec le Cibona l’année précédant sa draft. Évidemment le combo joueur européen + diamant très brut + joueur très jeune ont fait qu’il a été sélectionné assez bas et laissé un an en Europe pour s’aguerrir. Dans un rôle de back-up de Tristan Thompson, bien que ce ne soit jamais qu’un rookie, cela devrait largement faire l’affaire.

Pour finir, analysons le cas Thomas. Le gnome doit encore se remettre d’une blessure à la hanche qui lui a fait rater la fin de la série contre… Ses nouveaux coéquipiers. Là aussi le destin est particulièrement taquin. A priori, cela ne devrait pas poser trop de souci, la blessure étant apparemment sans gravité mais il faudra quand même la soigner et dans le pire des cas le nouveau meneur des Cavs loupera quelques matchs au début de la saison, l’essentiel étant qu’il soit complètement guéri.

Quid de l’intégration d’IT dans le jeu des Cavs ? Trois choses sautent aux yeux quand on examine la situation: d’une part, Thomas ne trouvera certainement pas à Cleveland un jeu de passes aussi léché qu’à Boston. Mais, deuxième élément, il se retrouve au sein d’une véritable armada qui compte beaucoup plus de menaces offensives, notamment à 3pts, qu’il n’en avait chez les Celtics où il était le seul à pouvoir véritablement créer son tir et même d’un point de vue plus général apporter de la création offensive. Enfin, dernier élément, il n’aura plus autant la balle dans les mains vu que le véritable meneur de jeu de sa nouvelle équipe n’est autre que LeBron James himself.

On a souvent reproché à Thomas de n’être qu’un scoreur et d’être un faible playmaker. C’est en partie vrai, mais pour autant ses stats relatives aux assists restaient honorables même si dans la moyenne basse des meneurs. Lui aussi a un profil de soliste, mais quand même nettement moins qu’Irving, et pour le coup la conséquence directe est que si LeBron sera évidemment le principal créateur en attaque, la création qu’apportera Thomas sera clairement la bienvenue, surtout quand le King ira se reposer sur le banc.

D’un point de vue plus global, si on inclut Crowder dans les débats on s’aperçoit que ce roster a un énorme potentiel offensif. Pas étonnant vu la présence de LeBron James dans le roster mais quand même, on tient là une attaque qui sera très vraisemblablement dans le top 5 de la ligue en fin d’année.

En revanche, et c’est là que ça risque de coincer, l’aspect défensif laisse à désirer. On l’a vu lors des dernières Finales NBA, les Cavs ont cruellement manqué de two way players pour tenter de contenir un peu les psychopathes de la Baie tout en restant efficaces offensivement. En cela, l’arrivée de Crowder est une super nouvelle, clairement il fera énormément de bien à la bande à LeBron de ce côté du terrain. Par contre, si on met en perspective par rapport à la free agency, Cleveland se retrouve avec Isaiah Thomas et Derrick Rose sur le poste de meneur. Défensivement, ça fait mal, vraiment très mal.

La défense sur les meneurs est un des aspects les plus cruciaux de la défense dans la NBA moderne. Évidemment, on ne peut s’arrêter à ces deux noms. En effet, la plupart des meneurs de la ligue sont actuellement des stars voire des superstars et beaucoup ont en commun ce goût immodéré pour la glande en défense, de préférence dans un transat avec un cocktail. Et puis sous l’arceau évidemment, histoire d’ajouter un rebond à sa ligne de stats, non mais. Mike Conley et John Wall font vraiment figure de derniers des Mohicans quand on place « meneur » et « fort défenseur » dans la même phrase en 2017. Isaiah Thomas est clairement de ceux qui glandent en défense, il faut bien le dire. Derrick Rose n’en parlons même pas. Dans le cas du gnome, il a une circonstance atténuante du fait de sa taille mais… c’est une fausse excuse, Isiah Thomas était lui aussi petit, pourtant il fait partie des pires pestes à avoir écumé la ligue. On peut toujours rétorquer que c’est plus facile quand on joue au sein d’un groupe para-militaire mais passons. Dans le roster, Iman Shumpert est le seul à vraiment pouvoir assumer ce type de mission défensive, sauf que.. de l’autre côté il peine à rentrer des shoots grands ouverts.

Pour terminer, prenons un peu de hauteur: qu’en est-il de l’intégration des nouveaux venus ?

Ce n’est jamais que de la spéculation, on ne saura pas ce que ça va donner avant de pouvoir juger sur pièce, mais on peut affirmer sans trop se mouiller que l’intégration de Crowder et Thomas se fera sans mal et ce pour deux raisons: la première c’est que le premier est un 3&D donc pas vraiment besoin d’adaptation et le second n’est jamais meilleur que dans du jeu rapide avec beaucoup de transitions à jouer. Sur jeu placé, le pick and roll, le horn et le drive and kick sur lesquels reposent la majeure partie du système offensif des Cavaliers correspond plutôt bien aux qualités du gnome et là aussi l’intégration devrait se faire sans problème.

b- Côté Celtics: Reculer pour mieux sauter ?

Boston l’a donc enfin, cette superstar tant désirée. Le meilleur joueur de 1v1 de la ligue, déjà multiple All-Star, qui a fait ses preuves en playoffs et surtout en Finales NBA, un des meilleurs attaquants de la ligue… Oui c’est vrai, les Celtics ont récupéré un formidable joueur.

Cependant, il y a une très grosse inconnue: sa capacité à être le seul franchise player, le visage d’une franchise. Jusqu’à présent, avant que LeBron James ne revienne dans l’Ohio, on ne peut pas dire que ce fut brillant… Sauf qu’il faut remettre les choses dans leur contexte: Kyrie était un très jeune joueur, avec une équipe vraiment mauvaise autour de lui et surtout… C’est clairement LeBron James qui a fait de lui le joueur qu’il est aujourd’hui, qui l’a aidé à devenir une Star en puissance et un All-Star quasi indiscutable. Wait and see en attendant, mais il est clair qu’Irving devra prouver sur le terrain qu’il est plus qu’un super lieutenant.

Pour terminer sur Uncle Drew, un autre problème se pose: l’aspect défensif…

Alors oui Irving est un meneur dominant offensivement mais de l’autre côté du terrain… Le moins qu’on puisse dire c’est que Brad Stevens va avoir du boulot… Aussi dominant soit-il offensivement, défensivement Kyrie est une vraie plaie, qui ne fait qu’empirer la situation en voulant rattraper ses erreurs. On s’est souvent moqué de lui là dessus mais c’était à juste titre: posez lui un écran et il est perdu… La défense sur pick and roll des Cavaliers depuis plusieurs saisons a donné lieu à bon nombre de séquences assez savoureuses avec un Irving complètement perdu. Pour Boston, obtenir un meneur star pire qu’Isaiah Thomas dans ce domaine est quand même un sacré tour de force.

Regardons l’ensemble: si on se focalise sur l’aspect défensif, l’été a été assez cauchemardesque pour Boston: Avery Bradley a dû être sacrifié pour sauvegarder l’équilibre financier et Jae Crowder a été inclus dans le deal pour faire venir Irving… Heureusement que Gordon Hayward, arrivé à grand frais du Jazz est un défenseur correct voire très correct… La conclusion de tout ça est que globalement le système défensif des Celtics doit être en partie repensé pour pouvoir fonctionner avec un effectif qui compte beaucoup moins de 2 way players et de bons défenseurs… De plus, l’éternel problème de protection d’arceau des Celtics n’a toujours pas été résolu, chose qui va encore poser de gros problèmes en playoffs.

Passons à l’aspect offensif maintenant. Avec les arrivées d’Hayward, d’Irving, de Morris et la draft de Tatum en 3e position, c’est une équipe radicalement différente de celle qui a disputé les dernières finales de conférence Est que nous avons là. Une chose est sûre: les Celtics ne souffriront plus du manque de menaces offensives en dehors de Thomas: avec Hayward, Irving, Tatum et Horford qui n’est pas totalement en reste, ils auront à disposition un bon nombre de menaces différentes.

Néanmoins, comme dit plus haut, c’est une équipe toute neuve. Or qui dit équipe neuve dit automatismes à trouver, ajustements à faire, et dans le cas où ce sont des stars qui arrivent: système offensif à totalement repenser. A voir comment Brad Stevens compte s’organiser, mais il devra composer avec un meneur au profil beaucoup plus soliste qu’IT, au qualités de passeur et de playmaker bien moindres. C’est d’ailleurs le principal défi du jeune coach des Celtics: faire de Kyrie Irving plus qu’un soliste. Lui faire développer des facultés de playmaker, chose qu’il n’a jamais eu besoin de faire vu qu’il avait à côté de lui rien de moins que le meilleur playmaker de la ligue et un des meilleurs de l’histoire en la matière.

A lui de faire d’adapter son système offensif pour faire perdurer son jeu de passes bien léché tout en exploitant à fond les qualités des joueurs à sa disposition. Wait and see donc une fois de plus mais il est indéniable que Boston a considérablement relevé son plafond en termes de potentiel offensif cet été.

Cet échange a des répercussions énormes sur le destin des deux franchises. Cependant, bien que la NBA soit un business, un trade, a fortiori entre stars a quand même un aspect humain très fort, notamment en termes de legacy.

3- Kyrie Irving et Isaiah Thomas: Destins croisés

Par une belle soirée de juin au Neward Center, le commissionner David Stern monta sur l’estrade et annonça:

« With the 1st pick of the 2011 NBA Draft… The Cleveland Cavaliers select… Kyrie Irving ! From Duke University !!! »

L’effervescence fut comme chaque année énorme autour du premier choix de la draft, qui à l’époque devait incarner le renouveau des Cavaliers après le départ de LeBron James. Mais quelques heures plus tard, cette fois quasiment dans l’indifférence générale, David Stern annonça ce qui allait être un des plus gros steals de l’histoire de la draft:

« With the 60th pick of the 2011 NBA Draft… The Sacramento Kings select… Isaiah Thomas ! From Washington !!!

Au fil des ans, les deux sont passés par de sacrées galères, entre années dans le fond du classement avec Cleveland pour Irving et errance entre Sacramento et Phoenix pour Thomas.

Pour l’un comme pour l’autre, un événement va changer radicalement le cours de leur carrière et les faire exploser aux yeux de tous en tant que superstars NBA: pour Thomas, ce fut ce trade à Boston contre quasiment rien (Phoenix souhaitait à tout prix se débarrasser d’un de ses 3 meneurs parmi lesquels se trouvaient Dragic, Bledsoe et Thomas lui-même). Pour Kyrie Irving, ce fut évidemment le retour de LeBron James à Cleveland.

Malgré l’ombre immense du King, Kyrie Irving a su se forger une belle legacy du côté de Cleveland quand Thomas est devenu l’idole de la fanbase de Boston et même le protégé d’Allen Iverson en personne !  Sauf que… Sauf que voilà, la NBA est un business, et même au delà de ça, le destin a toujours son mot à dire et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’a pas manqué de piquant cette fois-ci.

Côté Cavs, il est évident qu’une page se tourne: Kyrie Irving restera pour toujours celui qui a mis ce tir de légende sur la tête de Stephen Curry et scellé l’obtention du premier titre de l’histoire de la franchise. Tout aussi évident est le fait qu’il aura son maillot au plafond de la Q Arena lorsque sa carrière sera finie.

Côté Celtics, le départ de Thomas est un véritable crève-cœur, de l’aveu de Danny Ainge lui-même:

C’était une journée très, très difficile. Ça a coûté cher, nous laissons partir une grande valeur. Nous aimons Isaiah et nous aimons Jae Crowder. Acquérir un joueur de 25 ans All-Star tous les ans, qui rentre dans un projet pour nous, formidable attaquant, l’un des meilleurs de la ligue, champion NBA, champion du monde, champion olympique… c’est logique de payer le prix fort. Isaiah a démontré ce que cela signifiait d’être un Celtic. Il a capturé le cœur des fans. La dureté de Jae était contagieuse pour notre équipe. Il a progressé chaque année. Nous leur souhaitons à eux et à leurs familles le meilleur

Lui n’aura sans doute pas son maillot retiré, car son passage à Boston fut trop court. Mais quel passage !

Les deux joueurs sont désormais à la croisée des chemins: Isaiah Thomas va devoir prouver que son titre de « King in the 4th » n’est pas qu’un titre de saison régulière et confirmer son statut de All-Star indiscutable. En plus, sachant que la probabilité de revoir les Cavaliers en finale pour la 4e année consécutive est extrêmement élevée, il devra aussi faire ses preuves au plus haut niveau qui soit et aider LeBron James à obtenir une 4e bague, décrochant sa première par la même occasion.

Quant à Irving, comme dit plus haut il devra prouver qu’il n’est pas qu’un super lieutenant et qu’il peut assumer le statut de franchise player et de leader incontesté d’une équipe. Sauf qu’à Boston il est dans une situation similaire à celle de son nouveau coach: Brad Stevens. Jusqu’ici, l’ex coach de Butler n’a eu à coacher que des role players, des joueurs avec des choses à prouver, etc… Jamais il n’a eu à gérer de Stars avec de gros egos comme son nouveau poulain. Le destin fait ici bien les choses: Stevens apprendra à gérer un joueur de calibre quand la Star en question devra apprendre à être le visage d’une franchise et à se comporter comme tel que ce soit sur le terrain ou en dehors. Car jusqu’ici, et c’est quelque chose de caractéristique du King, il était toujours protégé par LeBron James quand quelque chose n’allait pas. Jamais James n’a laissé ses coéquipiers prendre dans ce genre de situation, au contraire, à chaque fois que ce genre de situation se présentait, il prenait tout sur son dos pour protéger ses coéquipiers au maximum ainsi que l’équilibre et la cohésion de l’équipe. Maintenant Irving est seul, et l’avenir nous dira s’il est capable de gérer ce type de pression.

Pour finir, et c’est là la nouvelle la plus excitante pour l’avenir: Boston et Cleveland sont désormais nettement au dessus de la mêlée à l’Est. Or si tout se passe bien, nous aurons donc droit à une confrontation au sommet entre le maître et l’élève en finales de conférence Est ! De là à y voir un scénario à la Star Wars ?

On termine par le dernier élément du trade, le plus curieux pour certains: le choix de draft des Brooklyn Nets 2018.

4- Le pick des Nets: Vers un potentiel second trade ?

Tiens tiens, un pick qui sera de manière quasi sûre dans le top 5 de la prochaine draft atterrit chez la 2e meilleure équipe de la ligue ? Dans le trade entre stars ?

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’un asset énorme, pouvant intéresser nombre de franchises. Autant prévenir de suite: les lignes qui vont suivre ne sont qu’une hypothèse de la part de l’auteur de ces lignes.

Il est extrêmement rare qu’une équipe aussi bien classée récupère un choix de draft aussi haut: avant l’anomalie Celtics, qui ont pu choisir 2 fois dans le top 3 lors des deux dernières années, les exemples sont rarissimes, le plus marquant étant les Lakers qui, en 1982 ont pu sélectionner James Worthy en première position de la draft alors même qu’ils venaient de remporter une bague !

Pour revenir à Cleveland, la situation est extrêmement délicate: les dernières Finales ont laissé des traces et la demande de transfert puis le transfert de Kyrie Irving n’ont rien arrangé. De plus, et c’est là le dossier le plus compliqué à gérer pour Koby Altman (le GM des Cavs), LeBron James est free agent en fin d’année et absolument rien ne garantit qu’il va rester, le joueur entretenant un silence radio des plus troublants. Et ce n’est pas tout, car comme évoqué plus haut Isaiah Thomas est lui aussi free agent l’été prochain ! Le scénario catastrophe pourrait être une véritable apocalypse pour les Cavaliers, qui perdraient leurs deux meilleurs joueurs et tout espoir d’accrocher ne serait-ce que les playoffs !

Oui, ce pick est une chance inespérée de pouvoir reconstruire en cas de départ de LeBron James. En l’état, les Cavaliers n’ont que faire d’un rookie, aussi fort soit-il. LeBron James n’a pas le temps d’attendre le prime du jeune en question. Pour finir, si on regarde les principaux prospects pour la draft 2018, on a donc un poste 3 (Porter Jr) donc pas intéressant, un arrière/meneur déjà professionnel mais très jeune (Luka Doncic) et deux intérieurs au profil futuriste (DeAndre Ayton et Mo Bamba). Rien d’intéressant pour une équipe en mode « win now ». Ce pick n’aura d’intérêt qu’en cas de reconstruction totale. Mais là où ça devient très intéressant, c’est que ce pick devient une arme de négociation pour Altman vis à vis de… LeBron James lui-même ! De toute évidence, la seule chance d’Altman de convaincre le King de rester est de lui donner une vraie chance de remporter le titre. Or seule une star supplémentaire peut la lui donner, l’effectif de maintenant n’étant pas suffisant pour espérer vaincre les Warriors.

Regardons la situation contractuelle des stars de la ligue. Un seul joueur est susceptible de cocher toutes les cases: DeMarcus Cousins. Free agent cet été lui aussi, ce serait prendre un énorme risque que de le faire venir. Même en obtenant le pick des Pelicans dans l’échange.

Le deal avec les Pelicans serait donc le suivant: Frye + Shumpert + TDD Nets 2018 vs Cousins + TDD Pelicans 2018 dans le meilleur des cas. Et celui avec James serait Cousins contre la promesse de rester. On pourrait même étendre le deal à Isaiah Thomas pourquoi pas ! Il s’agit d’une vraie possibilité et il est possible que l’été ne soit toujours pas fini en termes d’actu transferts.

Rendez vous en finales de conférence Est en mai pour un duel qui s’annonce explosif entre le maître et l’élève.