La saison dernière a été marquée d’un grand événement du côté des Lakers : la première saison depuis la retraite de Kobe Bryant. Une vraie page a été tournée, tant la carrière de Kobe fut brillante, et même si la saison 2015-2016 fut plutôt office de tournée d’adieu pour la superstar (et terminée de quelle manière contre le Jazz !), elle sonna le renouveau chez les Lakers.

Pour démarrer cette ère post Mamba, un nouveau coach fut désigné : Luke Walton. Ancien joueur des Lakers, il connaît donc bien la maison. Rôle player mais jamais plus, l’ailier joua pour les Lakers de 2003 à 2012, avant de finir sa carrière à Cleveland en 2013. Même s’il n’eut pas des rôles primordiaux dans sa carrière, il connaît le chemin pour aller au titre, qu’il remporta en 2009 et 2010. De plus, il sort grandi de deux ans d’expérience au côtés de Steve Kerr, avec un titre et une finale NBA, ainsi qu’un titre de Coach of the Year pour Kerr (qui peut donner beaucoup de crédit à Walton qui réalisa un bilan de 39 victoires pour 4 défaites en l’absence du head coach). C’est d’ailleurs lors de cette saison que les Warriors réalisèrent le meilleur bilan de l’histoire de la saison régulière, 73 victoires pour 9 défaites, record qui semblait pourtant appartenir à jamais aux Bulls.

Malgré son inexpérience, Walton est déjà reconnu comme un bon coach parmi ses pairs, mais aussi par ses joueurs. L’effectif de cette ère post-Bryant est jeune, et le front office Angeleno décida donc de l’entourer de joueurs d’expérience que sont Luol Deng et Timofey Mozgov, mais au prix fort : 72 millions de dollars sur 4 ans pour le premier, et 64 millions de dollars sur 4 ans pour le second ! Un tarif défiant toute concurrence, que les deux joueurs s’empressèrent donc de signer. De véritables contrats boulets proposés par Mitch Kupchak, le désormais ex-GM de la franchise, mais ça on en reparlera plus tard. Car en effet, ces deux joueurs n’ont pas vraiment répondu aux attentes.

Deng semble désormais sentir le poids des années et de ses nombreuses batailles disputées avec les Bulls, et a sorti une ligne de stats loin d’être exceptionnelle : 7,6 points, 5,3 rebonds et 1,3 passes en 26,5 minutes de jeu. Il en va de même pour Mozgov qui, avec ses 7,4 ponts et 4,9 rebonds en 20,4 minutes, n’a pas eu le rendement escompté. En ajoutant leur nombre de matchs joués (56 et 54 rencontres), on ne peut pas dire que ses signatures resteront dans les annales.

Les Lakers se sont donc appuyés sur des talents plus jeunes, comme par exemple D’Angelo Russell. Auteur d’une belle année rookie à 13,2 points, 3,4 rebonds et 3,4 passes, nommé dans la All NBA Rookie Team, il a su franchir un palier cette saison en augmentant sa production statistique dans toutes les catégories, avec un temps de jeu équivalent. Et même s’il n’est pas reconnu pour son altruisme, c’est un joueur qui est à l’écoute de son coach et totalement ravi de l’éviction de Byron Scott, avec qui il ne nouait pas des relations particulièrement saines.

Julius Randle, qui tout comme Russell fut dans sa seconde saison NBA (si on excepte la saison 2014-2015 où il ne disputa qu’un match), s’est montré également un peu plus, même si son rendement au rebond a baissé. Auteur d’une saison 2016-2017 à 13,2 points, 8,6 rebonds et 3,6 passes en 28,8 minutes, Randle poursuit son développement tranquillement.

Le rookie Brandon Ingram, second de la draft 2016, a par contre été en difficulté. Encore trop frêle pour se frotter aux monstres du poste 3, il a beaucoup à apprendre. Il réalisera tout de même une saison correcte à 9,4 points, 4 rebonds et 2,1 passes en 28,8 minutes de jeu. Jordan Clarkson (seul Laker à avoir disputé les 82 rencontres) fut auteur d’une saison correcte (14,7 points, 3 rebonds et 2,6 passes), tout comme Nick Young (13,2 points, 2,3 rebonds, 1 passe). Avant d’être transféré aux Houston Rockets, Lou Williams apportait de précieux points (18,6) en sortie de banc, accompagnés de 3,2 rebonds et 1,1 passe par match.

Malgré cela, les hommes de Luke Walton ne feront pas mieux que 14èmes de la conférence Ouest avec un bilan de 26 victoires pour 56 défaites, et bilan meilleur cela dit que celui de la saison précédente. Une telle situation ne correspond pas aux attentes du public des Lakers, habitué aux victoires et aux titres (60 apparitions en playoffs en 69 saisons, 31 finales NBA, 16 titres…). Il fallait donc réagir. C’est ce qu’a fait la propriétaire Jeanie Buss en éjectant Jim Buss (son frère) de son poste de vice-président exécutif et Mitch Kupchak du poste de General Manager, pour mettre en place Magic Johnson, véritable icône de la franchise, au poste de président des opérations basket, ainsi que nommer Rob Pelinka (ancien agent de Kobe Bryant) nouveau General Manager.

Le nouveau front office mis en place commence à effectuer des changements dès cette intersaison : tout commence par la draft de Lonzo Ball, véritable prodige dont le père ne tarit pas d’éloges. Un meneur complet avec une bonne qualité de passe. Un choix qui pousse Johnson et Pelinka à se séparer de D’Angelo Russell, mais accompagné du lourd contrat de Timofey Mozgov, les deux joueurs prenant la direction de Brooklyn, en échange de Brook Lopez. Une opération avant tout financière, puisque le contrat de Lopez se termine à la fin de la saison 2017-2018. Le nouveau duo Johnson-Pelinka fait le ménage, et cherche à se dégager un maximum de cap space pour l’intersaison 2018, où de nombreux free agents (LeBron James, Paul George pour ne citer qu’eux) pourraient bien changer de franchise…

Seconde bonne opération lors de la free agency avec la signature de Kentavious Caldwell-Pope, que Detroit a décidé de ne pas protéger suite à l’arrivée de Avery Bradley. Une recrue très intéressante, capable de mettre de grosses pressions défensives, mais qui a aussi su étoffer son jeu en attaque au cours des années. Il touchera 18 millions de dollars pour une seule année de contrat. Marcelinho Huertas a également fait sa valise, en direction des Houston Rockets, tandis que le jeune Tyler Ennis prit le chemin inverse. Pas mal de mouvements donc au cours de cette intersaison : assainissement des finances, rajeunissement de l’effectif, c’est opération reconstruction chez les Lakers !

1- Roster / Etat des finances

 PG : Lonzo Ball – Jordan Clarkson – Tyler Ennis

SG : Kentavious Caldwell-Pope – Josh Hart – Vander Blue

SF : Brandon Ingram – Luol Deng – Corey Brewer

PF : Julius Randle – Larry Nance Jr – Kyle Kuzma

C : Brook Lopez – Ivica Zubac – Thomas Bryant

Two-way contract : Alex Caruso (PG)

Masse salariale : 103 410 298 $

Étant donné que les Lakers dépassent le Salary Cap, ils ne peuvent proposer de gros contrats. Ils détiennent cependant encore des exceptions (MLE et BAE), donc de quoi attirer un bon free-agent pour combler de probables lacunes.

Points forts

Le coach. En effet, Luke Walton a montré de belles choses lors de son passage aux Warriors. Alors s’il ne possède pas de Curry, de Thompson ou de Green dans son roster, on le sait capable de créer des plans de jeu. Son effectif est à l’écoute, satisfait de son travail, et même si les résultats ne sont pas au rendez-vous, il a réussi à regagner la confiance des joueurs envers le coaching staff, perdue lors du passage de Byron Scott.

Avec Walton, les joueurs des Lakers auront la chance de pouvoir tous s’exprimer, le coach ayant l’habitude de faire beaucoup tourner son effectif (aucun joueur à plus de 30 minutes par match, 13 joueurs à 16 minutes ou plus lors de la saison 2016-2017). Une confiance aveugle en la totalité de son effectif, c’est ce qui attend les joueurs Angelenos. Chacun aura donc les minutes nécessaires pour pouvoir s’exprimer.

Mais pour appliquer les consignes du coach sur le terrain, il faut un joueur qui sache mettre en place les systèmes.

Avec un playmaker tel que Lonzo Ball, tout est possible. Ce n’est qu’un rookie, mais auteur d’une très bonne Summer League à Las Vegas (16,3 points, 9,3 passes, 7,7 rebonds et 2,5 interceptions, élu MVP de la compétition), le meneur semble pouvoir répondre à la hype qui s’est créée autour de lui. Dans une ligue où les meneurs se tournent de plus en plus vers le scoring, son profil plus « à l’ancienne » pourrait lui permettre de se démarquer.

Points faibles

Ils sont bien plus nombreux. Commençons par la jeunesse de l’effectif. On peut le décrire en deux points :

Avec 11 joueurs à 3 ans d’expérience NBA ou moins, difficile d’espérer les sommets dès cette saison, même avec un talent intrinsèque certain.

Mais on peut aussi parler du vécu collectif : en effet, entre les rookies et les recrues obtenues via la free agency ou les transferts, 8 joueurs ne faisaient pas partie de l’effectif au début de la saison précédente ! Il faudra un certain temps pour huiler correctement les automatismes entre tous ces joueurs. Les défaites devraient donc aller bon train en début de saison.

Autre point faible, et de taille : la défense. La saison dernière, les Lakers pointaient à la dernière place au defensive rating (113,0). Cela ne devrait pas beaucoup changer cette année, car si l’arrivée de Caldwell-Pope devrait apporter une progression dans ce domaine sur les lignes extérieures, celle de Brook Lopez devrait accentuer cette défaillance à l’intérieur. Julius Randle devra travailler dur pour compenser les lacunes de Lopez au rebond, alors que lui-même n’est pas solide de ce côté du terrain. Le Staples Center sera donc une nouvelle fois le théâtre de moissons de points lors de cette édition 2017-2018.

Enfin, un autre point faible, mais qui sera vite corrigé au cours de la saison : le scoring. Les départs de Nick Young et Lou Williams, qui pesaient 32 points par match la saison précédente, ne seront pas remplacés immédiatement. Les responsabilités offensives seront redistribuées entre les joueurs, mais l’adaptation ne sera pas simple. Brandon Ingram, Julius Randle et Jordan Clarkson devront être beaucoup plus productifs que la saison précédente pour compenser cette perte offensive, car Lonzo Ball, plus tourné vers le playmaking, et KCP, missionné de tâches défensives, ne pourront pas trop donner dans cet aspect du jeu, d’autant que l’arrière manque de régularité en attaque. Un temps d’adaptation sera nécessaire à ces joueurs pour s’habituer à ces changements de responsabilités, les Lakers devraient donc avoir un retard à l’allumage aussi de ce côté du terrain.

Age de l’effectif

Avec 24 ans de moyenne d’âge, les Lakers aligneront un des plus jeunes rosters de la NBA. Sans compter que cette moyenne d’âge sera encore plus faible pour le starting five : 23 ans seulement ! Une telle inexpérience, vous n’en retrouverez pas beaucoup cette saison.

Difficile du coup de statuer sur la santé de cette effectif, même si la plupart des joueurs montrent des garanties de ce côté là : Brook Lopez a disputé les 82 rencontres de ces 3 dernières saisons, KCP n’est jamais descendu en dessous des 76 matchs en 4 saisons, et Julius Randle ne semble pas porter de séquelles de sa grave blessure au début de sa saison rookie. Brandon Ingram, malgré son physique frêle, a participé à quasiment tous les matchs de la saison 2016-2017.

En prenant en compte les rotations nombreuses de Luke Walton lors des matchs, on peut donc conclure que l’infirmerie des Lakers ne devrait, sauf accident, pas être trop bousculée cette saison.

Possibilités d’évolution

L’effectif est très talentueux, et une évolution par rapport à la saison précédente semble totalement possible. Mais les Lakers, qui devront dans un premier temps régler tous les ajustements au sein d’un effectif largement remanié, auront face à eux une conférence Ouest toujours plus forte, et la concurrence semble telle qu’il sera difficile de se faire une place dans cette jungle.

Cette saison devrait donc faire office de transition pour les Los Angeles Lakers, et avec un roster si jeune et plein de potentiel, l’avenir est devant eux.

2- Coaching/Style de jeu

Luke Walton l’a annoncé la saison précédente, il aimerait bien remettre au goût du jour le « Showtime » à Los Angeles. Le jeu sera donc tourné up-tempo, et les joueurs semblent adaptés à cela. De la jeunesse, de la vivacité, des joueurs athlétiques, tout est fait pour courir à LA ! Avec Lonzo Ball en rampe de lancement, et Larry Nance Jr, Julius Randle, Brandon Ingram et même Jordan Clarkson à la finition, on peut effectivement espérer voir des actions estampillées Top 10 à chaque rencontre.

3- Perspectives

Si tout va bien

Le jeu ne tarde pas à se mettre en place chez les Lakers, et même si la défense n’est toujours pas au rendez-vous, le « showtime » est de retour ! Les hommes de Luke Walton pratiquent un basket rapide, efficace, menée de main de fer par Lonzo Ball, qui répond parfaitement à la hype qui lui avait été attribuée, et qui est élu Rookie of the Year. Chacun prend ses responsabilités en attaque, notamment Brandon Ingram dont la moyenne de points explose. Magic Johnson himself l’avait défié d’atteindre les 20 points par match cette saison, ce qu’il réalise avec brio. Kentavious Caldwell-Pope se charge des missions défensives face aux meilleurs attaquants adverses, et est capable de quelques cartons offensifs à l’occasion. Son profil de féroce défenseur permet à Ball et Ingram de se reposer un peu plus en défense, pour vraiment se concentrer sur l’attaque.

A l’intérieur, un vrai duo complémentaire se découvre : Julius Randle comble avec brio les lacunes défensives de Brook Lopez et empile les doubles-doubles, alors que ce dernier, comme à l’accoutumée, est un parfait point de fixation dans la raquette. Il est même capable de s’écarter du cercle lorsqu’il en a l’opportunité.

Malgré ces efforts, les Lakers ne peuvent se qualifier, mais terminent à une plus qu’inespérée 9ème place de la conférence Ouest. 

Si tout va mal

La jeunesse fait vraiment trop défaut, et les Lakers enchaînent les défaites. Lonzo Ball n’est pas à la hauteur des attentes, et Brandon Ingram tarde à éclore. Le premier récolte d’ailleurs les moqueries des fans, fruit de la campagne de promotion sans relâche de la part de LaVar Ball.

Brook Lopez fait le travail en attaque, mais ses lacunes défensives ne sont pas masquées par un Julius Randle qui donne tout, mais en vain. La raquette prend l’eau et les équipes adverses font des moissons de rebonds offensifs.

L’équipe est toujours dernière au defensive rating, et l’attaque est à la peine. Les départs de Lou Williams et Nick Young ne sont pas compensés au niveau du scoring, cette saison marque le pas dans la progression de la seconde franchise la plus titrée de la NBA. Pas de « showtime » non plus à LA, manque d’automatismes entre les joueurs oblige. Les violets et or terminent cette saison à la dernière place de la ligue, et alors que leurs meilleurs ennemis, les Celtics, trustent le haut du classement, les Lakers sont la risée de la ligue.

Pronostic : 14ème place (24-29 victoires) : Comme lors des deux dernières saisons, les Lakers devraient squatter le bas de la conférence Ouest.

L’avis de @LALakersFr :

 

Quelles étaient vos attentes cet été ?

Après une saison une nouvelle fois décevante, les attentes se résumaient à:

  • Une bonne draft, notamment prendre Lonzo Ball et plusieurs joueurs capable de shooter et défendre, ce qui manquait cruellement.
  • Ne pas faire de conneries en se dépouillant pour Paul George et sa seule année de contrat restante.
  • Recruter intelligemment en gardant une flexibilité financière pour l’été 2018.

En soi, le cahier des charges est respecté avec l’arrivée de Lonzo, Kyle Kuzma, Josh Hart (et Bryant). On espérait George Hill mais les différents moves des franchises nous ont offert Kentavious Cadwell Pope. On a quand même été pas mal surpris par le trade de D’Lo mais bon, l’ensemble reste cohérent.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

Pour les objectifs, les mêmes que les saisons précédentes. Voir du progrès chez les jeunes déjà présents et qui doivent passer un cap (Randle, Ingram notamment), des victoires bien entendu et aussi un Lonzo Ball ROY. Juste pour pouvoir saloper Twitter pendant 3 mois.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence ?

Le titre sinon rien. Plus sérieusement, on espère être entre 10 et 12 mais ce ne sera pas chose aisée tant la Conférence Ouest reste concurrentielle et sur le papier, bon nombre de franchises nous sont supérieures.