8 mars 2017. Mavericks – Lakers au American Airlines Center. début du 2e quart-temps. Devin Harris envoie la gonfle à Dirk Nowitzki dos au panier, défendu par Larry Nance Jr. Fadeaway, ficelle. Le Wunderkind vient de passer la barre mythique des 30 000 points en carrière. Ovationné par des fans en transe devant leur idole, il fait un petit tour pour recueillir les acclamations avant de rejoindre son banc. Il inscrira 25 points dans ce match, une victoire tranquille face à des Lakers en perdition. Recap en vidéo ci dessous (fans du Wunderkind avouez que vous avez eu votre petite larmichette).

Cette ovation fut un bien bel hommage à l’immense carrière de Dirk, mais malheureusement, ce fut un des seuls moments de bonheur pour les fans des Mavericks cette saison, la faute aux blessures, à un début de saison catastrophique et à un roster trop pauvre pour espérer mieux que 33 victoires et une 11e place à l’Ouest.

Cette 11e place leur a permis d’hériter du 9e choix de la draft, avec lequel ils ont sélectionné Dennis Smith Jr. Formé à North Carolina State, il s’agit d’un meneur de jeu hyper athlétique qui n’est pas sans rappeler Damian Lillard. Il devrait vraisemblablement être titulaire et redonner une dimension athlétique à des Mavericks qui en avaient cruellement besoin. Si ce manque de qualités physiques avaient été en partie comblées par l’arrivée de Nerlens Noel en cours de saison, l’arrivée de Smith Jr, favori des rookies pour le titre de ROY, pourrait bien permettre à une équipe en pleine mutation de rebondir et de pourquoi pas viser les playoffs.

En attendant, jetons un œil à cet effectif et à ce qu’il peut donner !

1- Un roster encore trop pauvre pour exister ?

Dure loi que celle de la Conférence Ouest. Malheureusement, inutile d’avoir de grands espoirs avec cette équipe des Mavs qui même si elle a belle allure risque cette fois encore d’être pas mal secouée dans tous les sens par les monstres de la Conférence Ouest.

Voici la rotation qui devrait être celle des Mavs:

Meneurs : Dennis Smith Jr – J.J Barea – Yogi Ferrell

Arrières : Wesley Matthews – Seth Curry – Devin Harris

Ailiers : Harrison Barnes – Dorian Finney-Smith

Ailiers forts : Dirk Nowitzki – Dwight Powell – Josh McRoberts

Pivots : Nerlens Noel – Salah Mejri – Jeff Withey

Deux questions se posent: embouteillage au poste de meneur ? Pas de problème, Curry, Harris et Barea savent bien jouer en tant que 2e arrière et se partageront les minutes en relais de Wes Matthews sur le poste 2. Ensuite, quid du titulaire sur le poste de meneur ?

La question mérite d’être posée, cependant il est assez peu probable que Smith Jr n’hérite pas rapidement du poste si d’aventure il devait débuter sur le banc. De plus, Dallas n’a pas grand chose à jouer cette saison, autant faire progresser son jeune meneur d’autant que l’apprentissage des rookies sur le poste de meneur est réputé beaucoup plus compliqué que sur les autres postes avec des ajustements bien plus nombreux à faire.

Pour le reste, même si Dirk est éternel, malheureusement ça sent le sapin pour les Mavs, même si Nerlens Noel apporte une protection d’arceau et des qualités athlétiques qui étaient un besoin criant depuis plusieurs années à Dallas, il sera là pour cette saison mais.. ce n’est pas une solution très pérenne puisqu’il a signé la qualifying offer d’un montant de 4,2M et sera donc free agent non protégé l’année prochaine. Sur cette saison cela n’a pas d’impact direct sur le terrain mais cela fragilise quand même pas mal le vestiaire. Car oui, en général, quand un joueur prend la QO, malheureusement pour Dallas, à la fin de l’année il s’en va.

Cela peut sembler être une pure hypothèse cependant si l’on se penche sur la situation contractuelle de la globalité du roster des Mavs, on s’aperçoit que seulement 5 joueurs seront là selon toute vraisemblance l’année prochaine. Deux scénarii sont donc possibles: soit cela donne un roster qui surperforme car chargé de joueurs en contract year et ayant globalement des choses à prouver, auquel cas on pourrait avoir un très beau run, soit ça s’écroule parce que l’équipe n’arrive pas à trouver de véritable cohésion.

La première option est la plus probable mais le risque n’est pas négligeable pour autant. Cependant la présence d’un leader comme Dirk Nowitzki ne peut qu’aider à mettre les Mavs sur les bons rails.

Que peut donner cette équipe de Dallas sur le terrain ?

2 – Une équipe pas assez forte sur ses points forts ?

Prenons ce tableau très intéressant réalisé par Duncan Smith.

On y voit très clairement que si Dallas possède une belle diversité, elle n’a pas de réel point fort et c’est pourquoi elle n’arrive pas à enchaîner les victoires car elle a beaucoup de mal à outscorer, sachant que c’est une équipe moyenne défensivement parlant (15e au defensive rating l’an dernier). Néanmoins, ces statistiques sont la marque d’un très très bon jeu collectif où la balle tourne bien. Et quand la balle tourne bien, tout est possible.

Attardons nous un peu sur le cas Dennis Smith Jr. Le 9e choix de la dernière draft bénéficie d’une hype assez impressionnante pour ses belles performances en Summer League, et, la démonstration de ses qualités athlétiques lors de cette compétition. Mais.. ce n’est jamais que ce qu’il faisait en NCAA ! Très clairement, une très grande partie de cette hype est le fruit d’une mauvaise préparation du côté des journalistes américains, dont on a eu l’impression qu’ils découvraient le joueur lors de la Summer League. Juste pour rappel, la Summer League, ce sont des protecteurs de cercle très moyens voire carrément douteux, très peu de forts défenseurs et clairement une bouillie de basket. Voir un jeune prospect avec des qualités athlétiques postérizer 2-3 gros et mettre tout le monde dans le vent sur son premier pas n’a rien d’étonnant, vraiment.

Smith Jr a été comparé à Lillard. Dans le style la comparaison se tient à peu près, cependant à l’époque de sa draft, clairement, la star des Blazers était déjà un joueur beaucoup plus « fini » que ne l’est le rookie des Mavs pour le moment. Bien qu’ils ne soient pas du tout dans le même style, par rapport au 1er choix de la draft (Markelle Fultz), il y a là une vraie différence de maturité, Fultz est un joueur déjà beaucoup plus abouti et complet que Smith Jr. Pour autant, le garçon a du potentiel plein les mains, cela ne fait absolument aucun doute. Physiquement, il est NBA ready, cependant il s’agit d’un diamant brut qu’il va falloir développer en faisant preuve de beaucoup de patience: son tir est bourré de défauts et très perfectible, il avait une fâcheuse tendance à NC State à enchaîner les mauvaises décisions et les pertes de balle, à se précipiter un peu voire carrément à jeter la balle… Bref, un très beau prospect, mais encore trop impulsif et ne disposant en aucun cas de la maîtrise qui est l’apanage des top prospects et qui fait que certains dominent directement en NBA. A titre de comparaison, si on attend encore pour Fultz, Karl-Anthony Towns, lors de sa saison à Kentucky avait fait preuve d’une maîtrise et d’un calme tout simplement hallucinant… Et on a très vite vu le résultat.

Petit recadrage tout de même: Dennis Smith Jr n’a absolument rien d’un Russell Westbrook. Même s’il s’agit d’un meneur athlétique doté d’un fort premier pas, ce n’est en aucun cas le genre à vouloir tout le temps jouer sur un rythme démoniaque et à mettre l’intensité la plus folle possible. Le up tempo lui va bien, le faire jouer super-up tempo serait tout bonnement suicidaire vu son manque de maturité et aussi pour la simple raison qu’il n’y a au fond qu’un seul joueur vraiment capable de faire ça et de porter son équipe là dessus. Commencer par faire jouer un rookie sur ses forces semble être la prudence la plus élémentaire

Passé ce zoom sur le probable futur meneur des Mavs, finissons avec le reste de l’effectif. Clairement, quand Dirk n’est pas sur le terrain, il va falloir courir, courir à toute vitesse. Même si Wes Matthews n’est que l’ombre du joueur qu’il a été à cause de sa rupture du tendon d’Achille et n’a plus l’impact athlétique qu’il a pu avoir, il peut encore tout à fait suivre une cadence élevée. L’axe Smith-Jr Noel est lui aussi fait pour la course. A la limite, si Ezekiel Elliott venait à être suspendu à cause de ses soucis judiciaires, que Mark Cuban n’hésite pas à le faire signer ! L’objectif pour les prochaines années étant clairement un joueur taillé comme un running back sur le poste 3 pour compléter ce roster new look et donner une vraie supériorité athlétique aux Mavs, cela ne serait pas de trop.

Blague à part, le défi pour Dallas sera justement de courir, d’être appliqués sur transition en défense comme en attaque (chose extrêmement difficile, a fortiori avec un rookie avec le profil de Smith Jr pour ce qui est de l’attaque) et plus globalement avoir une défense correcte tout en essayant de marquer plus de points que l’adversaire. Sachant qu’ils n’ont pas vraiment les moyens d’avoir une grosse défense car ils n’ont pas le personnel pour, le tout sera d’être appliqués au maximum pour avoir un niveau moyen le plus haut possible.

Malheureusement, sans avoir de réel point fort ni une identité vraiment marquée, Dallas risque fort de ne rien pouvoir faire contre les grosses équipes de l’Est comme de l’Ouest et d’avoir beaucoup de mal à enchaîner contre les équipes de milieu de tableau qui auront faim de Playoffs.

Car malgré tout, quand ton propriétaire s’appelle Mark Cuban, l’objectif affiché, ce sont bien les Playoffs.

3 – Pas assez de balles dans le revolver ?

Ce qui faisait autrefois la force des Mavs c’était de dominer sans aucun problème les équipes faibles et ce avec quasiment aucun raté. Maintenant c’est bien le problème qui s’est posé l’an dernier : les Mavericks n’arrivent plus à enquiller les victoires faciles contre des équipes comme les Lakers. Or on sait qu’en saison régulière, cela rapporte beaucoup plus de battre tous les petits que de tenter de tomber tous les gros, ce pour un succès sans doute mitigé et une grosse débauche d’énergie à coup sûr.

La voie de la reconquête passe par là pour les coéquipiers de Dirk Nowitzki : retrouver de l’assurance contre les équipes faibles pour se remettre sur les bons rails. Car oui, malheureusement, contre les grosses armadas qui croisent dans la Conférence Ouest, si ça ne devait pas être le cas, les défaites risquent fortement de pleuvoir de toutes parts.

Si le haut du panier de la conférence semble verrouillé, la lutte pour les derniers spots de Playoffs pourraient voir les Mavericks dans la discussion… Sauf si on prend en compte le fait que cette lutte devrait compter les Clippers, les Grizzlies, les Blazers, les Pelicans et pourquoi pas des équipes qui viendraient à créer la surprise comme les Kings et les Lakers (oui faut pas abuser quand même). Pour autant, l’hypothèse d’un tanking assumé ne servirait pas vraiment les intérêts des Mavs : dans le haut de la prochaine draft on trouve 2 intérieurs au profil futuriste que sont Mo Bamba et DeAndre Ayton (hyper athlétiques, avec une envergure démesurée, hyper mobiles et dotés d’un bon shoot), Luka Doncic, qui même s’il faisait déjà rêver au Real explose sur la scène européenne en éclaboussant l’Eurobasket de son talent en ce moment même et Marvin Bagley III, un poste 4 doté d’un physique assez ahurissant, un véritable taureau. Il reste Michael Porter Jr qui pourrait intéresser les Mavs. A la limite, tous ces profils pourraient intéresser Mark Cuban, cependant il y a beaucoup trop d’équipes qui sont assurées de finir derrière les Mavs quoi qu’il arrive pour que ces joueurs soient atteignables à la draft.

Le souci des Mavericks c’est qu’ils sont dans cette fameuse zone grise entre la course au premier choix de la draft et la course au titre. L’une comme l’autre étant bouchées, la meilleure option semble être de profiter à fond des dernières années de Dirk Nowitzki et de faire progresser les jeunes au maximum.

Pronostic: 11ème place (35-39 victoires) : Dans la conférence Ouest, on voit mal les Mavs accrocher le wagon des playoffs, mais plus être dans le ventre mou de la conférence.

Allez un petit P.S pour ceux qui comme l’auteur de ces lignes vouent une admiration sans bornes à Dirk Nowitzki: même si la saison prochaine LeBron James le fera chuter d’une place, le Wunderkind deviendra cette année le 5e meilleur marqueur de l’histoire NBA, délogeant ainsi Wilt Chamberlain. Pas mal pour un grand allemand au physique de plombier non ?

L’avis de @DallasMavsFr

 

Quelles étaient vos attentes cet été ?

On le sait les Mavericks sont dans une période de reconstruction (sans réellement passer par du tanking). Un bon groupe de jeunes est en train de se construire. On sait pertinemment qu’on ne peut pas attirer des gros agents-libres aujourd’hui surtout dans cette conférence où beaucoup d’autres équipes sont plus alléchantes. Les questions qu’on se posait pour l’intersaison étaient plutôt simple :

– Quel rookie aura-t-on après la draft – Comment Dirk va-t-il resigner ? 1 ou 2 ans ? Et surtout – Le cas Nerlens Noel. Pour le rookie, cela s’est très bien passé avec Dennis Smith Jr. Pour Dirk on a eu le droit à un beau cadeau de sa part avec un contrat à 5 millions à la saison. Il reste le cas Noel. On souhaite reconstruire avec ce noyau de jeunes : Dennis Smith ; Harrison Barnes ; Nerlens Noel (avec de jolies pièces à côté comme Yogi Ferrell ou Seth Curry), mais il faut encore signer NN et c’est là que les choses bloquent avec son statut d’agent libre restreint. Il veut le max, on pense qu’il ne le mérite pas (10 points et 7,5 rebonds de moyenne en carrière …) et la situation est bloquée là depuis le début de l’été. Donc pour répondre à la question, nos attentes de l’été : Avoir un super rookie : CHECK ; Dirk resigne (pour 2 ans en plus génial) pour très peu d’argent : CHECK ; resigner Nerlens Noel avec un contrat raisonnable aux alentours de 60-65 millions sur 4 ans : On attend toujours…

NDLR : Depuis, Nerlens Noël a accepté sa qualifying offer et sera un agent libre non restreint l’été prochain.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

On sait que les Mavericks ne seront pas des prétendants au titre, je n’apprends rien à personne. Pour la saison prochaine je souhaite donc simplement prendre du plaisir à travers 3 éléments :

– Profiter 1 année de plus de Dirk Nowitzki.

– Découvrir le potentiel phénoménal de Dennis Smith Jr.

-Voir une équipe soudée qui se bat, ne tank pas, et je fais confiance à Carlisle/Dirk pour cela.

Au cours de l’année on pourra surement kiffer la présence de DSJ au Slam Dunk Contest et au rookie game. On aura aussi notre dose d’émotion le 11 Avril pour l’éventuel dernier match de Dirk face aux Suns. Les play-offs ? La question posée est qu’attendez-vous pour la saison prochaine ? Et honnêtement on ne les attend pas avec une telle conférence. A l’Est ça serait une autre histoire.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence ?

(Ce qui va suivre n’est que mon humble avis) GSW, Houston, SAS, OKC… impossible d’être dans les 4 premiers. Minnesota, Clippers, Nuggets, Pelicans, Blazers, Grizzlies, Jazz : toutes des équipes qui vont être dures à battre et qui font que je ne nous vois pas en play-offs. Honnêtement, au vu du renforcement de la conférence Ouest cette intersaison, je pense que les Mavs auront comme l’an dernier une place autour de la 11ème de la conférence Ouest.