Tout au long de ses 13 ans de carrière, Chris Bosh aura été un individu à part de l’Univers NBA. Sorte de geek dans un monde de sportif, on se souviendra d’un joueur cérébral, complet, dévoué, aux apparitions télévisuelles singulières et aux hobbies décalés.

Dès l’enfance, Chris est apparu comme un enfant à part, issu d’une famille très soudée. Ses parents ont rapidement été interloqués par ses questions existentielles, son besoin pathologique de comprendre le fonctionnement du monde qui l’entoure, et furent saisis par sa faculté d’apprentissage très rapide.

Très tôt Chris se met au basket, dans le jardin de ses parents, mais son amour pour la balle orange va prendre un autre tournant lorsqu’il rencontrera son joueur favori, membre des Detroit Pistons dont il est fan. Suite à un échange avec John Salley, qui lui accordera une discussion et un autographe, le jeune Bosh va alors se mettre à cumuler deux sports : le Baseball qui reste encore son sport favori, et le basket. Mais les choses vont rapidement changer.

Outre ses capacités intellectuelles faisant de lui un élève primé à plusieurs reprises, il possède déjà une coordination exceptionnelle qui en font un excellent basketteur du haut de ses 10/11 ans. Très tôt, néanmoins, il a tendance à chercher des assurances. Pas du genre à se lancer un défi si le résultat est vain, il souhaite savoir quelle taille il fera avant de se jeter à corps perdu dans le basket, et, afin d’être méthodique, il veut bosser en fonction de son futur poste. Les médecins lui annoncent qu’il devrait se situer autour des 2m02, ce qui devrait alors faire de lui un ailier.

Chris travaille donc sur son jeu en fonction de sa présumée future attribution. Passionné, comme sa mère, d’infographisme et de design, qu’il envisage comme son métier si le basket ne portait pas ses fruits, il demande à son coach de le faire travailler comme un ailier. A 13 ans, alors que ses progrès sont indéniables, il lance avec son mentor un programme de développement, qu’il met à jour avec avec son niveau d’avancement.

Lors de sa seconde saison au lycée Lincoln High School, il commence à grandir à vitesse grand V. Il atteint rapidement les 2m04 et pousse encore plus vite vers les 2m08. En revanche, sa pointure a cessé d’augmenter assez tôt, résultat ses appuis restent aussi rapides que lorsqu’il travaillait pour devenir un ailier. Cette croissance accélérée est une bénédiction pour Bosh pour deux raisons. D’abord, elle lui permet de rendre ses rêves de NBA plus concrets, mais surtout parce qu’elle lui permet de se transformer en Ailier Fort, un détail pour certains mais pas pour Chris qui admire Kevin Garnett et a toujours voulu se rapprocher de son idole. Dès sa seconde année, donc, il grandit et s’impose rapidement comme titulaire et meilleur joueur de son établissement. Admis par coach Bishop, ce dernier entend faire de Chris l’arme principale de l’équipe très tôt, et grand bien lui prit. Déterminé à imiter Kevin Garnett, il tente d’intérioriser tous ses moves au poste, en plus de sa faculté à faire face à son opposant et s’en débarrasser par des drives assassins. Il n’a que 15 ans, et fait déjà des ravages dans les raquettes adverses.

Pour l’aider à progresser coach Bishop lui transmet des fiches avec ses axes d’amélioration. Toujours grand passionné de design, il décide de faire une grande infographie de ses progrès, de son niveau d’avancement, de ses lacunes à combler qu’il va tenir à jour tout au long de son parcours en High School. Ce travail complice avec coach Bishop va lui permettre de garder un contrôle permanent sur les efforts à produire pour devenir, comme son idole, un joueur extrêmement complet.

Lors de son avant-dernière année, Chris et son équipe prennent un poids différent dans le Texas. Derrière leur ailier fort, les Max Preps se fraient un chemin vers les demi finales. Alors considéré comme un des prospects les plus prometteurs du pays, Chris va passer complètement à côté de l’évènement. Maladroit en attaque, il paie aussi le tribut en défense, passant l’essentiel de la seconde mi-temps sur le banc en foul trouble et assistant impuissant à la défaite de son équipe. Personnellement affecté par cet échec, prenant sur lui d’avoir failli ses coéquipiers, il va revenir plus fort la saison suivante. Complètement dévoué à son équipe, il aborde la saison 2001-2002 prêt à faire tout le sale boulot, tant que le « nous » peut l’emporter à la fin. Il les mène à un bilan de 40-0. Une impressionnante démonstration qui se fait sans vampiriser le jeu de son équipe, et il termine la saison champion, malgré un modeste 20pts/14rbds.

En 2002, Chris n’est pas la machine statistique qu’il aurait pu être, mais entre une tête bien faite et un statut de joueur collectif, Florida et Memphis lui font les yeux doux, et plus encore. Pourtant, c’est à Georgia Tech que le jeune champion ira poser ses valises. L’université lui offre la possibilité d’étudier le design, le graphisme informatique et le management, qui reste sa solution de repli dont il ne s’est pas détourné. La suite ? Sous les ordres de Paul Hewitt, dont il apprécie particulièrement le jeu très offensif et basé sur la transition, proche selon lui, de ce qu’il connaîtra en NBA s’il arrive à passer le cap, il réalise une première année surprenante, y compris pour l’intéressé. Il plante sur l’exercice 15,9pts par match, et y ajoute 9 rebonds, le tout avec le meilleur pourcentage au tir de l’ACC et la première place au nombre de contres sur la saison. Malheureusement, dans une équipe excellente à domicile mais piteuse à l’extérieur, il ne pourra pas aller plus loin dans la compétition que la saison ACC et un passage par la NIT, tournoi parallèle. L’exercice fini, un étrange dilemme s’est présenté à Chris. Il ne pensait jamais être « NBA ready » rapidement, et pour tout dire, il comptait finir son cursus Universitaire car pour lui, une bourse avait une valeur inestimable. Toutefois, curieux, il demande à Paul Hewitt où le situent les scouts s’il se présentait à la draft. Choqué, il s’entend répondre qu’il est dans la loterie, et on lui explique que malgré le niveau relevé de la draft, il a toutes ses chances pour intégrer le top 5.

Au terme de tergiversions inlassables, d’interrogatoires menés de tous bords, et de nombreux conciliabules familiaux, l’opportunité de réaliser son rêve dans une position idéale l’emporte. Chris Bosh se présente à la draft 2003 aux côtés de LeBron James, Dwyane Wade, Carmelo Anthony & co.

Après plusieurs semaines, les rumeurs voient les Raptors sélectionner Chris, désireux d’obtenir un intérieur, ils hésitent entre Nick Collison et lui. Au termes d’une journée de Workout, les recruteurs hésitent. Ils décident de les faire jouer en 1 contre 1 pour les mesurer. Le résultat de cet affrontement est sans appel, et ils déclarèrent au termes de l’affrontement

« Plusieurs classes les séparent, Bosh sera l’avenir de la franchise »

Et les prédictions se réalisèrent, derrière LeBron James, Darko Milicic et Carmelo Anthony, les Raptors sélectionnèrent Chris Bosh avec leur 4eme choix. L’heure du grand bain était arrivé, beaucoup plus tôt que prévu, un choix que Chris n’a jamais regretté.

En 2003-2004, il débarque dans une équipe des Raptors menée par Vince Carter. Au sortir d’une saison ruinée par les blessures, ils espèrent  retrouver des standards plus élevés. Toutefois, le roster manque d’équilibre et Chris Bosh doit débuter sa carrière au poste de pivot, face à des joueurs plus grands et surtout plus costauds. Il produit une saison très solide, dominant sa classe de draft aux rebonds et aux contres, mais Toronto s’enfonce dans la crise, n’empoche que 33 victoires et assiste impuissant aux envies d’ailleurs de Vinsanity, qui demande son transfert durant l’été.

Le transfuge de Carter se fait finalement dans l’hiver 2004, contre un Zo Mourning diminué puis coupé et 2 joueurs qui ne contribueront pas à l’équipe. Chris Bosh marque le pas, il souffre beaucoup trop face à des adversaires trop puissants pour lui et sa progression semble bloquée. Il s’accroche tout le début de saison, et commence à franchir un cap après le départ de l’arrière. Plus responsabilisé, il doit devenir le patron, et s’il ne souhaite pas sauter les étapes, il enchaine les doubles doubles et termine la saison à 16,8pts par match dans une équipe qui tente de réagir en groupe… pour finir avec le même bilan que la saison précédente : 33-49. A la fin de l’exercice, les progrès de la grand perche de 20 ans apparaissent très prometteurs pour Toronto, mais il semble évident qu’il faut lui rendre son poste 4 pour l’aider à dominer soir après soir. En outre, il s’agit de déterminer s’il doit devenir le seul maître à bord. En quelques années, les fans et dirigeants ont vu partir Tracy McGrady et Vince Carter, chevaliers du grand Nord Canadien, ils représentaient les 2 icônes d’une franchise jeune et en quête d’identité. Bosh se dit prêt à écoper de ce rôle à plein temps, et la franchise va se résoudre à abonder dans son sens.

L’exercice qui suit débute l’ère Bosh, et les dirigeants recrutent José Caldéron, Mike James, draftent Charlie Villanueva et une poignée de joueurs qui ne feront pas leur marque. L’arrivée de Charlie est controversée, mais celui-ci produit une belle saison qui étonne tous les observateurs. De son côté, Chris établit un nouveau standard en termes d’impact et de statistiques, une production qui deviendra régulière pour les 3 ans à venir. Avec 22,8pts et 10,7rbds il montre qu’il peut être la première option d’une équipe, grâce à un bagage offensif qui n’est pas sans rappelé dans une moindre mesure celui de Kevin Garnett. En revanche, sur le plan collectif, la franchise ne s’est pas assez renforcée, et le roster subit des raclées régulières, notamment en raison d’une défenseur poreuse. Avec seulement 27 victoires, l’addition est salée pour ce début de reconstruction 2005-2006, qui voit notamment la bande de Bosh encaisser 81pts d’un certain Kobe Bryant. Un désastre collectif donc, mais une première sélection au All-Star Game pour Bosh qui va en devenir un désigné habituel les années à venir.

En 2006-2007, Chris est le leader indéboulonnable de l’effectif, cette fois plus aucun doute ne plane sur sa capacité à porter cet effectif, mais il s’agit de lui donner le soutien nécessaire pour arriver à ses fins. En premier lieu, avec le 1er choix de draft, les Raptors sélectionnent Andrea Bargnani pour l’accompagner dans la raquette. T.J Ford débarque en échange de Villanueva, et Anthony Parker pose ses valises sur les lignes arrières. Malgré un début de saison coton, Toronto se reprend, mené par le paire Bosh-Parker au scoring, et Andrea Bargnani qui monte en puissance pour les épauler, Toronto commence à progresser. Bosh sécurise ses statistiques de l’année précédente, bat le record franchise de double-double sur une saison, et voit son équipe terminer avec 20 victoires supplémentaires (47-35), leur permettant de remporter sa division. A domicile au premier tour, ils retrouvent les Nets d’un certain Vince Carter, conspué à chaque touche de balles durant les 2 premiers matchs. Bosh lui, se retrouve opposé tantôt à Mikki Moore, tantôt à Jason Collins. Il s’en sort bien dans les 2 premiers matchs, mais n’empêche pas les Nets d’arracher un match sur leur terrain. En déplacement à l’extérieur, face à une foule hostile, Chris découvre une nouvelle pression de la NBA, et il souffre particulièrement dans les 2 défaites de son équipe avec seulement 12pts de moyenne contre 23,5 à domicile. Toutefois, reboostés sur leurs terres, les Raptors n’abdiquent pas, et lancent une charge pour l’emporter, malgré un Bosh encore en dedans. Consterné de ces performances, il aborde le match 6 avec l’intention de se rattraper. A une minute de la fin, Toronto est devant, Bosh réalise un match digne de ses standards donnant de l’air à ses coéquipiers puisqu’il compile 23pts, 7rbds, 9asts. Après un panier de Richard Jefferson tout en puissance, Toronto se retrouve derrière. Un système est dessiné pour Chris, mais la balle n’arrivera pas dans ses mains. Les Nets l’emportent 4-2, la défaite est amère pour Bosh qui se sent très responsable en raison de piteuses sorties dans les Game 3 & 4.

Désireux de se rattraper, il revient revanchard l’année suivante, malheureusement, le vestiaire n’est pas aussi soudé que durant l’exercice précédent. L’arrivée de Jason Kapono doit aider le spacing de l’équipe, et l’échange de position entre Bosh et Bargnani, qui permet au premier d’enfin revenir au poste d’Ailier Fort doit lui permettre de dominer plus aisément ses vis-à-vis – mais la relation Ford/Calderon se dégrade en bataille pour le poste de meneur titulaire, et l’équipe semble moins combattive en défense. Si Chris fait son 3eme ASG, il est gêné par des blessures qui lui font rater une douzaine de rencontres, en plus d’un début de saison poussif, désireux de bien faire – il en vient à manquer de lucidité. En fin d’exercice, dans une conférence faiblarde, les Raptors terminent 6eme malgré un bilan tout juste équilibré (41V-41D). Au premier tour des Playoffs, Chris Bosh est plus à l’aise qu’en 2007, et il compile 21,7pts, 12rbds et 4,8asts sur la série, mais opposé au Magic de Dwight Howard, l’effectif prend complètement l’eau et tombe 4-1 face à un D12 dominant à souhait. Malgré un Game 4 où il compile 39pts et 15rbds, les efforts de Chris Bosh sont insuffisants pour espérer exister dans cette série.

Pour se remotiver, Chris part aux Jeux Olympiques de Beijing pour glaner une médaille d’or. Désireux avec la sélection de se rattraper après l’échec collectif du championnat du monde 2006 où la sélection était revenu avec une inexcusable médaille de Bronze. Aux côtés de Team USA, il s’éclate et revient auréolé d’une médaille qui lui redonne du baume au cœur, avant de s’en retourner dans la jungle de la NBA.

La saison 2008-2009 pointait son nez lorsque Jermaine O’neal débarquait à Toronto. Enfin ! Les Raptors avaient ce pivot de métier complémentaire de Chris. Avec ce duo, la franchise entendait passer un véritable cap, en utilisant le jeu à distance de leur leader à son plein potentiel. Mais une fois de plus, rien ne se passa comme prévu. En dépit d’un début de saison dévastateur de leur nouvelle raquette, l’équipe est toujours trop faible sur les ailes. Pour ne rien arranger, le genou douloureux de Jermaine ne lui permet pas de bien poursuivre sa saison, et sur le terrain, il n’évolue plus à son véritable niveau. Bargnani déçoit de plus en plus, et malgré le potentiel de la raquette, seul Bosh joue dans ses standards, même s’il rechigne toujours à se battre face à des pivots plus massifs que lui. Voyant la saison leur échapper, les Raptors échangent O’neal contre Shawn Marion, mais son impact n’est pas aussi bon qu’attendu. La star des Raptors pour qui rien ne va depuis sa médaille d’or, rate le All-Star Game auquel il était à nouveau sélectionné pour cause de blessures, et l’équipe laisse filer la fin de saison alors que les Playoffs sont déjà trop loin. A seulement 24 ans, il peut toutefois se targuer d’une régularité sans pareille, et aborde l’été suivant espérant que son équipe fasse les bons mouvements avec la large masse salariale disponible. Compétiteur, Chris ne voit pas d’un très bon œil la direction de l’équipe, et alors qu’on lui propose une prolongation de contrat, il refuse cette dernière pour pouvoir observer la tournure que prend le roster.

L’été 2009 est très agressif pour convaincre Bosh de la volonté de la franchise, entre l’arrivée de Reggie Evans contre Kapono, la draft de DeMar DeRozan, les signatures d’Hedo Turkoglu, Antoine Wright, Devean George ou encore Amir Johnson. Malgré ces efforts pour progresser sur les ailes, la franchise se fait toujours largement dominer au rebond, et reste trop fragile en défense pour espérer quelque chose. Chris pose sa plus grosse saison statistique, il tente de propulser son équipe avec un départ canon sur lequel l’effectif n’arrive pas à capitaliser. Résultat, la franchise rate un exercice Ô combien important dans sa jeune histoire, et Chris se dirige vers le statut d’agent libre, avec la ferme intention d’étudier ses possibilités.

2010, en NBA, marque le début d’un vent nouveau – pas celui d’une nouvelle décennie, mais un été marqué par les troubles de The Decision émission télévisée au cours de laquelle LeBron James fit trembler la planète NBA en annonçant son départ de Cleveland. Avant l’évènement, Chris avait déjà commencé à tester le marché, et il réalise un court documentaire dans lequel il donne sa volonté pour l’avenir. Dans ce dernier, il met les choses au clair :

« 2010 est important pour moi, vous savez on me mentionne beaucoup, mais je ne veux pas être mentionné comme une addition… Je veux être la pièce centrale, le gars autour de qui on bâtit un équipe[…] Je veux entendre…hé… on va gagner un titre, et tu vas nous y emmener »

https://www.youtube.com/watch?v=KUXZheh5OD4

Pourtant, les tractations prennent rapidement un tournant différent. On dit souvent que les étés avec la sélection nationale permettent aux joueurs de préparer l’avenir, et il semble que les contacts établis à Beijing aient perduré. Alors que les Celtics dominent la conférence Est, LeBron James souhaite trouver un armada capable de défier celui de Boston. Pourtant, Chris n’attend pas sa décision, et il rejoint le Heat, sans prendre le maximum. Le choix étonne, d’autant que dans la foulée Dwyane Wade prolonge son contrat, lui aussi sans toucher ce dernier à son plein montant. Finalement, le soir de The Decision, LeBron James annonce qu’il débarque à Miami, pour créer un « Big Three » effrayant, levant le voile sur la générosité de Wade et Bosh. Chris passe donc d’un roster faiblard à une véritable machine de guerre, mais a complètement revu son ambition d’être le leader en acceptant de devenir le 3eme larron du trio.

Leur arrivée se fait en grand pompe, l’objectif est clair, dominer la ligue sans partage, et même si l’entourage autour de ce qui se feront appeler les « Three Amigos » n’est pas encore transcendant, les possibilités offertes par leur combinaison de talent sont effrayantes. Pour Chris, cela marque également un tournant certain. La NBA le connaissait jusqu’ici en leader dévoué mais vain d’une équipe légère, ici, il va devoir devenir cette addition qu’il ne semblait pas souhaiter être quelques jours avant sa signature. Outre l’adaptation énorme que cela va lui requérir sur son jeu, la ligue découvre donc ce Bosh travailleur, capable de passer des heures à étudier comment défendre sur son vis-à-vis, pour déceler sur quel côté il semble le plus faible, mais aussi ses coéquipiers, pour découvrir où se positionner pour être servi idéalement. Lui qui n’aimait pas le poste de pivot, va à nouveau être le seul intérieur dominant, même si Udonis Haslem fera le gros du sale boulot, il accepte également de laisser l’essentiel des ballons offensifs à James & Wade, ainsi qu’une majeure partie de la couverture médiatique. Il devient le numéro 3, accepte l’ombre après des années de leadership, dans l’espoir de gagner.

De ce point de vu là, il a touché le jackpot, malgré un début inquiétant, le Heat version James commence tel un diesel à chauffer, et quand le moteur se met à ronronner, la domination devient très vite écrasante. Malgré un départ à 9-8, la franchise termine la saison avec 58 victoires et se prépare pour les Playoffs. Dans ce Big Three, seul Dwyane Wade a goûté au titre, et la pression autour du groupe est terrible. Attendu comme favoris, conspués par une bonne partie des fans NBA, ils arrivent en post-saison avec l’étiquette de parias. Chris sort d’une saison à 18,7pts et 8,3 rebonds, une baisse significative de ses chiffres, et s’apprête à disputer la première série dans sa nouvelle équipe. D’abord, ils doivent affronter les Sixers d’Iguodala, qui ne font pas le poids, en demi-finale ce sont les Celtics de son idole Kevin Garnett qu’ils affrontent, mais ces derniers ne font pas un pli non plus. Idem pour les Bulls de Derrick Rose, balayés en 5 matchs, tout comme les 2 précédentes équipes. Le Heat apparaît comme une machine inarrêtable alors qu’ils arrivent en finales NBA, face à de véritables challengers : les Dallas Mavericks. Pour Wade, cette finale à un air de déjà-vu puisque c’est le remake de celle de 2006 remportée par le Heat. Pour James en revanche, c’est l’heure de la rédemption. Bosh quant à lui est en confiance, il a réalisé des Playoffs solides avec 2 pointes à 30 et 34 points contre les Bulls en finales de conférence.

Dans le premier match, le Heat l’emporte à domicile, mais la machine s’enraye au match retour, et les Mavs portés par un Dirk Nowitzki intenable arrachent le match 2. Bosh joue les tâches de l’ombre pour aider son équipe, comme il sait le faire, mais offensivement, il souffre avec 15,5pts de moyenne à moins de 30% au tir. Alors qu’il se dirige vers son Texas natal, il sait qu’il va devoir élever son niveau de jeu pour reprendre l’avantage du terrain. Chez lui, la production offensive augmente mais reste décevante dans le match 3, alors qu’il se fait malmener au rebond par Tyson Chandler et Dirk Nowitzki. Mais le Heat encaisse, et à 86-86 et 40 secondes à jouer, Chris profite d’une prise à 2 sur le King pour se démarquer à mi-distance. Sans hésiter il décoche un tir qui rend l’avantage du terrain à son équipe.

A partir de ce tir, Bosh monte en puissance, il retrouve la mire et aide son équipe dans tous les compartiments du jeu pour les matchs suivants. Malheureusement, mis en difficulté par un collectif Texan affamé de victoires, et lâché par un LeBron James méconnaissable, tétanisé par l’enjeu. Une nouvelle baffe en Playoffs pour Bosh qui sort à nouveau dépité et abattu.

Durant l’été, le lockout frappe la NBA, et la saison est raccourcie de 16 matchs. Le Heat revient avec une pression supplémentaire après cet échec retentissant, mais cela ne l’empêche pas de prendre 46 des 66 matchs de la saison, ni Chris de faire sa 7eme apparition au All-Star Game. Durant l’été, le Heat adopte une stratégie Small Ball le repoussant au poste de pivot, qu’il affectionne si peu. Mais il accepte, prend du poids et se prépare à devenir le principal intérieur de l’équipe. Il continue à abattre un travail de l’ombre sans briller autant qu’à Toronto, ce qui ne l’empêche pas de produire un match tonitruant face à Atlanta, avec 33pts/14rbds/5asts avec le tir de l’égalisation pour filer en prolongation alors qu’il restait moins d’une seconde à jouer. 2eme à l’Est, le Heat affronte les Knicks de Carmelo Anthony au premier tour, qu’ils éliminent en 5 matchs, une série dans laquelle Chris ne brille pas, mais maîtrise son sujet avant de retrouver les Indiana Pacers. Le travail de Bosh est très attendu dans cette série pour lutter contre la paire West/Hibbert. Malheureusement, après 15min dans le Game 1 il sort sur blessure, laissant le tandem LBJ/Wade seul à bord. Vainqueurs dans le G1 ils perdent les 2 suivants, et on peut voir un Chris agité de tics nerveux sur le banc, alors qu’il a des fourmis dans les jambes. Finalement, le Heat se reprend et emporte les 3 rencontres suivantes pour retrouver les Celtics en finale de conférence.

Toujours sur le banc, Bosh voit le Heat démarrer pied au plancher face à une équipe de Boston âgée mais toujours en maîtrise de son basket. Une maîtrise qu’ils affichent devant le pivot désolé de devoir assister à 2 revers consécutifs de ses coéquipiers. C’est le moment auquel il obtient le feu vert pour revenir en jeu, pour venir faire la différence dans une série pesante. Il ne joue que 14 minutes et produit bien sur son temps de jeu (9pts, 7rbds), mais son entrée est insuffisante pour faire la différence escomptée alors qu’il semble encore un peu ralenti. Le Heat doit lutter pour sa survie afin d’éviter une nouvelle désillusion. Enfin réuni à plein temps, le Heat retrouve de l’allant dans le match suivant, et voit son pivot retrouver son rythme dans un match 7 où il compile 19pts/8rbds pour filer pour ses secondes finales et une rédemption. En finale, ils retrouve le Thunder d’un quatuor Westbrook-Harden-Durant-Ibaka encore très jeune, mais qui a de quoi inquiéter tant le talent est palpable. Le trio de Miami semble moins complet, mais est constitué de joueurs plus aboutis. Le problème, c’est que le Heat semble fatigué de sa série en 7 matchs, et Bosh est toujours gêné par sa blessure l’obligeant à démarrer le G1 sur le banc. Un match qui va échapper à Miami, et renvoyer les Amigos à des heures sombres de leur récent rassemblement. Toutefois, cette fois ils sont plus aguerris, y compris mentalement, Chris réintègre le 5 de départ dès le match suivant. A nouveau au complet, ils peuvent dérouler leur jeu, enchaînant 4 victoires consécutives pour chercher le Graal, Bosh joue encore l’addition au tandem d’extérieur, mais brille dans le Game 5 avec 24pts et 7rbds synonymes de titre et première bague.

A ce point, Bosh exulte, il sait qu’il a sacrifié de la production, et une partie de son statut de Star pour en arriver à ce point, mais il apprécie l’obtention d’un titre, la domination sur les parquets, lui qui n’avait connu que la défaite en NBA jusqu’à son arrivée au Heat. Cela a pris un an de plus qu’ils ne le pensaient, mais le trio est fin prêt à accomplir sa destinée à a dominer, alors que l’aube se lève sur la saison 2012-2013. Pat Riley, GM de la franchise, sait que garder un effectif intact pour réaliser le doublé n’est pas nécessairement une bonne idée. Il cherche à renforcer l’équipe et obtient la signature de l’ancien ennemi vert, Ray Allen, pour renforcer le banc de son équipe, et continuer à  faire de la place à LeBron James dans les raquettes. Rashard Lewis débarque également pour perpétuer le style de jeu de l’équipe. Chris, continue à jouer le pivot fuyant en décochant des flèches à mi-distance et à 3 points. Le Heat domine de la tête et des épaules cette saison, et on assiste à une baisse statistique de Bosh, qui ne fait l’ASG que sur la blessure de Rajon Rondo et sa sélection par son coach Erik Spoelstra, à la tête de l’équipe de l’Est. Il partage toujours la raquette avec Shane Battier, et le groupe est rejoint en cours de saison par Chris Andersen, venu apporter de la taille et de la dissuasion sur le banc.

Bosh est au sommet de sa carrière malgré sa baisse statistique, il possède un footwork du niveau d’une superstar, une panoplie offensive impressionnante pour un intérieur. Capable de chercher ses points dans la raquette, il peut aussi les prendre face à l’adversaire, en dribble ou au shoot peu importe sa position sur le terrain. Il ressort bien mieux des prises à 2 que la plupart des intérieurs, et sait trouver ses coéquipiers. Un talent qui le rend assassin en transition. En parallèle, il continue d’être un véritable bourreau des salles de vidéo pour appréhender ses matchs dans les meilleures conditions. Un travail qui lui permet de progresser significativement en défense, d’autant qu’avec les années dans la ligue, le jeu s’est ralenti pour lui, et il commence à connaître les faiblesses des intérieurs les plus redoutables de la ligue.  La victoire est une récompense à la hauteur de l’engagement, et le groupe marche sur la ligue avec 27 victoires consécutives cette saison, s’approchant dangereusement du record des Lakers à 33. L’ambiance semble idyllique, et les sabotages d’interview de Chris attestent de la bonne ambiance dans le vestiaire.

En Playoffs, le Heat écrase une équipe des Bucks bien trop faibles pour rivaliser, et fait à nouveau tomber les Bulls en 5 rencontres. Bosh les aborde tranquillement, mais sort le grand jeu dans le G3 face à Chicago, en prenant 19 rebonds et y ajoutant 20 points. De quoi s’échauffer pour les choses sérieuses en finale de conférence, face à des Pacers revanchards et confiants alors que Paul George semble exploser, et, que Roy Hibbert est décrit comme l’arme anti-Heat. En effet, tout l’effectif d’Indiana défend très dur, et Paul George peut limiter LeBron, tandis que Miami évoluant sans pivot de métier, est embêté par le jeu au poste du géant Hibbert. Miami prend le premier match, et les 2 équipes vont s’échanger les coups jusqu’au match 7. Si Bosh est essentiel dans les 2 premières victoires, il est extrêmement gêné par la taille de Roy, et le jeu rugueux des Pacers dans leur globalité. La tension est énorme, et Bosh rate complètement ses matchs 4,5 et 6. Toujours important en défense, et dans les tâches de l’ombre, il se mue en role player alors qu’il n’arrive plus à dépasser les 7 points. Finalement, le Heat arrache un game 7 épique, au cours duquel il livre une nouvelle fois une prestation timorée offensivement.

Sur la route du titre, c’est un troisième challenger qui vient s’opposer au Heat, puisque ce sont les San Antonio Spurs qui posent leurs valises. Le respect est immense entre 2 des franchises les plus dominantes de ces dernières années. Les Spurs sont dit vieillissants, mais possède un armada pléthorique. A peine sorti d’une série épuisante face à Indiana, le Heat va entrer dans une nouvelle bataille. Face aux Spurs, Bosh est plus à l’aise offensivement, et il contribue plus aisément pour son équipe, mais Miami subit les assauts de San Antonio et voit la première rencontre lui échapper. La réponse vient immédiatement dans le second match, mais derrière un Danny Green en feu, les Texans reprennent l’avantage dans le Game 3.

Chris et son équipe le savent, il faut répondre dans la 4eme rencontre. Le Big Three est survolté, et derrière les 32 & 33pts de Wade et James, Bosh répond aussi présent avec 20pts et 13rbds, une véritable démonstration probablement amenée à peser dans les esprits. Ou peut-être pas. Les Spurs infligent un violent retour de bâton à un Heat qui doit désormais lutter pour sa survie. Le match 6 est serré, mais Miami voit l’adversaire se détacher à quelques minutes du terme. Toutefois, James n’a pas dit son dernier mot, alors que San Antonio se met à balbutier son jeu tout proche du but, il orchestre le retour de son équipe. Il reste 18 secondes à jouer lorsque le Heat remonte le ballon, avec un déficit de 3 points. Le come-back est en route, mais il s’agit d’avoir de la glace dans les veines pour ne pas craquer. Mario Chalmers part côté gauche, se retourne et trouve LeBron James derrière les 7m. Raté. Chris, a pris 558 rebonds offensifs en carrière, mais lorsqu’il s’élance, il s’apprête à réaliser l’action la plus importante de celle-ci, il arrache la balle, ressort immédiatement pour Ray Allen dans le corner droit, qui décoche une flèche assassine pour aller en prolongation. L’intérieur s’offre l’action la plus clutch de sa carrière, et répond à toutes les critiques sur son manque d’impact au rebond et sa tendance présumée à fuir le combat. Qualifié de joueur « soft », depuis son arrivée au Heat, critique qu’il accepte avec sang-froid, il offre une réponse à la hauteur de la pugnacité de cette nouvelle réputation. En 1 action, la volonté des Spurs est brisée, et la prolongation leur échappe complètement.

Dans le match 7, Chris est plus discret en attaque que lors des dernières rencontres, mais il réalise des actions importantes, notamment une défense exemplaire sur un bras roulé de Tim Duncan, qui permet à Miami de prendre le large, et de réaliser le doublé. La ville répond à l’unisson au bonheur de l’équipe, y compris celui de Chris qui réalise des statistiques faméliques comparées à son apport, et laisse la gloire à d’autres.

 

Après une fin de campagne éprouvante, toutes les têtes sont tournées vers le threepeat, la pression médiatique est toujours là, même si le Big 3 a appris à vivre avec. L’émergence d’une équipe d’Indiana dont le seul objectif semble de faire tomber les champions ne semble pas inquiéter la sérénité du groupe, même si, en saison régulière, ils apparaissent comme moins saignants que les saisons précédentes. Les blessures de Wade deviennent de plus en plus récurrentes, et la franchise termine 2eme, finissant l’exercice par un hideux 11-14. Les Pacers sont bien là, mais leur mécanique semble aussi s’être enrayée en cours de saison, au point que l’Est apparaît très apathique à l’orée des Playoffs. Dans tout ça, Chris reste sur ses standards de la saison précédente, ne cherchant pas à profiter des absences de Dwyane Wade pour tirer la couverture sur lui, alors que les Three Amigos arrivent tous dans leur dernière année de contrat.

Une fois en Playoffs, Miami retrouve pourtant de son allant. Ils infligent un 4-0 autoritaire aux feux-Bobcats, avant de corriger 4-1 les vétérans de Brooklyn. Chris se met une fois de plus en jambes dans les demi finales, dominant son sujet, avant de retrouver des Pacers qui ont attendu ce moment toute l’année. Indiana saute à la gorge du Heat dans le G1, et le pivot-improvisé est à nouveau dans l’œil du cyclone face à la raquette des Pacers, malgré un Roy Hibbert méconnaissable (et sur une pente qu’il ne remontera jamais). En dépit de la gabegie offensive de Chris, il profite des matchs en dedans de son vis-à-vis, et, les extérieurs du Heat forcent pour reprendre l’ascendant avant d’attaquer le match 4. C’est alors que le réveil de l’intérieur à lieu, puisqu’il plante 25,20 et 25pts dans les 3 rencontres suivantes, avec une influence indéniable sous les panneaux qui permet au Heat de retourner affronter les Spurs, pour une revanche attendue.

Toutefois, si l’Est semblait moribond, les taiseux-Spurs arrivent en finale fringuant, jouant une attaque parmi les plus belles qu’a connu la NBA. Chris entre dans ses finales comme il a terminé celles de conférence, en plantant 18 points en en pesant lourdement sur la raquette Texane. Ses efforts ne sont pas récompensés dans la première rencontre, mais sa détermination accouche d’une victoire rassurante pour le retour et une contribution équivalente. Mais à partir de là, le train de San Antonio semble instopable, LeBron et Bosh se démènent, mais le groupe semble subir sans réactions pour entourer ses leaders. Wade apparaît diminué, et émoussé à l’image de la détermination de l’essentiel du roster.

Les rencontres suivantes, dans ce contexte virent vite à la correction, alors que le jeu de passe de San Antonio déborde complètement une équipe du Heat déboussolée, certaines séquences font peine, à l’image d’un LeBron James cherchant du soutien, ou d’un Chris Bosh bataillant souvent trop seul dans la raquette. Le symbole de cette lutte, un poster sauvage de Manu Ginobili sur le malheureux pivot, décidé à protéger l’arceau.

San Antonio va finir la série 4-1, arrachant une revanche au goût de correction. Au termes de ces finales, quelque chose apparaît brisé à Miami, et on se demande si la glorieuse aventure n’arrive pas à sa fin, plus vite que prévu. LeBron James donne raison à ces inquiétudes en retournant à Cleveland. Aux côtés d’un Wade sur la pente descendante, Bosh voit la possibilité de retrouver un statut de patron qu’il a abandonné, mais auquel il aimerait bien à nouveau prétendre. Il étudie tout de même le marché, et des sources affirment qu’il serait proche d’un deal avec Houston, pour rejoindre Harden & Howard. Mais en fin de compte, une entrevue avec Pat Riley s’avère assez convaincante. Il obtient la statut de leader, et l’équipe sera désormais construite pour lui, les schémas tactiques aussi. Il obtient un salaire maximum, récompense de ce nouveau rôle, mais aussi de 4 ans de sacrifices pour faire briller son équipe.

Le départ de LeBron James marque indubitablement la fin d’une ère à Miami, et l’effectif vieillissant destiné à entourer le système de cette ère révolue doit être remplacé, les rotations repensées. Une partie du groupe est conservée, notamment Mario Chalmers, Chris Andersen, Udonis Haslem et Norris Cole. Pat Riley va chercher Luol Deng pour suppléer numériquement à James et fait l’acquisition à la trade deadline de Goran Dragic qui hérite de la mène.

Avant l’arrivée du Slovène, Miami démarre sa saison en dents de scie, pourtant Bosh honore son nouveau statut, et il rappelle que ses années dans l’ombre n’ont rien pris de son talent. Son impact est évident tant le +/- lorsqu’il est sur le terrain est favorable. Mieux, il reprend de l’impact offensivement avec des systèmes dessinés pour lui. Après 23 matchs, il affiche des moyennes de 21,6pts, 8,2rbds et 2,1 passes. Après un élongation du mollet, il revient et une semaine plus tard, il égalise son record de saison avec 34 points contre les Clippers. Barre qu’il atteindra encore dans l’année, cette fois face aux Pistons, inscrivant 21 pions dans le seul 3eme QT. Cette année, sa sélection au ASG est une évidence, même si l’équipe tousse, il la maintient à flot sur ses épaules. Il est cette fois incontournable au ASG.

A ce moment, la démonstration de force de Chris s’arrête soudain, un caillot sanguin est trouvé dans sa jambe. Dans certains cas, ces caillots se dissolvent d’eux-même, mais s’ils entrent dans une veine, et remontent jusqu’aux poumons, ils peuvent déclencher une embolie pulmonaire. Entre un Wade sur courant alternatif, et Bosh sommé d’arrêter sa saison, ils manquent les Playoffs. Durant l’été, Chris semble avoir réglé son problème, et la franchise a drafté Justice Winslow pour jouer aux côtés de Luol Deng à l’aile.

Il est de retour pour la rentrée 2015, et marque 21 points, ajoute 10 rebonds pour prouver que tout va bien. Avec un retour en forme de Josh McRoberts, l’intégration de Dragic présent pour le training camp, l’effectif est redoutable, d’autant que Winslow apporte son écot très tôt dans la saison. Bosh produit un exercice très solide, sa contribution est plus faible, car la balle est mieux partagée et l’effectif en bonne santé. En conséquence, ses pourcentages au tir son très élevés, et derrière un travail collectif qu’il orchestre, Miami est une des meilleures défenses du pays. En février, il tourne à 19,8pts et 8,5rbds lorsqu’il obtient sa 11eme sélection pour l’ASG, avec en prime le tournoi à 3pts, récompensant ses nombreuses soirées à 100% derrière l’arc. Malheureusement, quelques jours avant l’évènement, il est obligé de céder sa place pour ce dernier. Un nouveau caillot de sang est décelé, et il ne reviendra pas avant un moment. Son équipe finit tout de même la saison vaillamment, et retrouve les Playoffs manquées l’an passé. L’émergence d’un pivot très solide en la personne d’Hassan Whiteside a aussi grandement aidé l’équipe. Sa force de dissuasion un temps combinée à la très bonne défense au sol de Bosh étaient complémentaires.

En Playoffs, Chris espère revenir, on refuse de le faire entrer durant un premier tour très disputé face aux Hornets, remporté dans le match 7. Au second tour, Miami retrouve Toronto, et les deux raquettes se voient amputées de leurs pivots, c’est alors Bismack Biyombo, rotation de Valanciunas qui aide les Raptors à tenir bon. Chris est en costume, chaque soir, et s’impatiente sur le banc. Il sait qu’il pourrait faire basculer cette série. Sa défense et ses points à l’intérieur seraient précieux dans une bataille entre arrières et ailiers. D’autant que sa faculté à écarter Biyombo du cercle sans lui céder 10 cm serait tactiquement énorme. Il fait le forcing auprès du staff médical, mais la réponse reste la même, son état de santé est trop préoccupant, et aucun risque de le voir tomber raide sur le terrain ne sera pris. Aucun. Son insistance n’y peut rien, pas non plus l’autorisation de jouer que lui a donné un médecin externe. Il assiste impuissant à une bataille qu’il pourrait changer, on lui dit que c’est pour le mieux, pour revenir sans accrocs, mais il n’y aura pas de retour. Pas cette saison, pas les suivantes. L’ex-Raptor voit son équipe, valeureuse chuter dans le Game 7, et se prépare pour une nouvelle bataille.

Toute la saison 2016/2017, il met pression pour obtenir autorisation de rejouer, mais son staff reste inflexible, son traitement fluidifie son sang, et une entrée sur le terrain est trop risquée. De plus, ses problèmes sont appelés à revenir, et les déplacements en avion ne facilitent pas la récupération – Chris doit commencer selon son entourage à accepter que c’est la fin du voyage. Mais il ne compte pas en démordre, il n’a pas fait son dernier tour de piste, il est trop jeune pour sortir des parquets, alors qu’il tient le rôle de leader souhaité. Il a vécu, respiré basket durant 20 ans, et on n’abandonne pas son travail et sa passion d’un même bloc, surtout pas aussi jeune. Il rencontre plusieurs médecins pour lui proposer des traitements, et il est même prêt à prendre des médications risquées pour pouvoir entrer en jeu, même avec un temps limité. Le Front Office fait barrage à ses propositions, et ses anciens coéquipiers commencent à se joindre aux efforts du Heat pour le pousser à penser à sa famille en priorité. Alors que la saison avance, il est clair qu’il ne reviendra pas, d’autant que Miami a intérêt à ce qu’il ne rejoue pas, puisque si c’est le cas, ils pourront sortir son salaire maximum du salary cap. A l’été 2016, Wade avait quitté Miami, fin d’une collaboration qui a menée Bosh vers la Floride, et Chris voyant son contrat expulsé des finances de l’équipe l’année suivante, n’omet pas de profiter de cet argent pour revenir en NBA, même à bas coût.

A ce jour, le discours du joueur s’est assagit, même s’il espère toujours trouver un contrat en 2018 dans une équipe de la grande ligue, il a calmement accepté que sa carrière avait pris un triste tournant, et que risquer sa vie sur un terrain n’était pas la plus belle sortie. Il a lentement intégré que, des choix judicieux l’ont mené à faire parti d’une aventure unique, dont il fut un rouage majeur, qui a laissé une empreinte certaine dans l’histoire de la NBA, et que c’était déjà une belle épopée en NBA. Peu à peu, le joueur a revu sa copie, et même vanté les joies d’être un jeune retraité, et, s’il est certainement encore capable de contribuer au succès d’une équipe, refusant d’officialiser ce statut de retraité, il y a de fortes chances que sa bataille contre un staff médical fut la dernière en tant que basketteur professionnel. Néanmoins, on ose espérer un dernier chapitre à la carrière de Chris Bosh, un épilogue fort dans lequel un des intérieurs les plus complets de sa génération, reviendrait une dernière fois choisir sa fin.