#Poste : Arrière

#Naissance : 24 Août 1965 (52 ans)

#Taille : 2m00

#Poids : 88kg

#Carrière : Indiana Pacers (1987-2005)

#Distinctions :

  • 5x All Star (1990-1995-1996-1998-2000)
  • 3x All-NBA Third Team (1995-1996-1998)
  • Hall of Fame (2012)

#Palmarès :

  • Champion du Monde 1994
  • Champion Olympique 1996
  • Finalistes NBA 2000

#Stats en carrière :

GP Min Pts FG% 3P% FT% Rebs Asts Stls Blks Tov
1389 34.3 18.2 47.1% 39.5% 88.8% 3.0 3.0 1.1 0.2 1.7

Une enfance difficile déterminante

A sa naissance, les parents de Reggie apprennent que leur fils ne pourra, certainement, jamais marcher de façon correcte à cause de problèmes osseux à la hanche. Le petit Miller voit donc passer tout type d’attelles et de prothèses. Il est encore loin d’être la légende que l’on connaît. Courir, faire du sport, sauter, tout cela lui est interdit. Or après des années galères à marcher avec ses prothèses, ses jambes se renforcent et Reggie est de plus en plus capable de sortir pour jouer avec ses frères et sœurs. Cette victoire contre le corps médical montre déjà le caractère du garçon.

Reggie Miller est un gamin de Riverside en Californie et a grandi dans une famille pour laquelle le sport était une religion. Outre le premier de la fratrie, Saul Jr, les quatre autres enfants ont fait de la famille Miller une famille reconnue aux Etats-Unis pour leurs nombreux exploits sportifs. Darell eut une carrière correcte en MLB, Tammy représentait l’avenir du volley-ball américain et Cheryl avait un don pour le basket. Reggie dira, notamment, d’elle qu’il n’a « jamais vu une femme capable de faire ce qu’elle faisait avec un ballon« .

D’abord tenté par le baseball, Reggie tomba dans le basket grâce à sa sœur, Cheryl, qui le réquisitionnait pour pallier les absences lors des petits matchs qu’elle organisait. Cette rivalité frère/sœur permis à Reggie de développer son mental et ses qualités de basketteur. Il apprend donc le basket à la dure. Sa sœur était sans pitié et ne l’épargnait pas. Les nombreux 1 contre 1 avec Cheryl, lui permirent de développer son shoot si peu académique, car il fallait bien faire passer la balle au-dessus de sa sœur pour éviter des contres ravageurs.

Féru de travail, le Reggie tombe tout de suite amoureux du basket. Chaque jour, en rentrant de l’école, il mitraille le panier à coup de 300, 400, voire, 500 shoots. Il veut devenir un grand basketteur. Ses parents sont effectivement impressionnés par la force de travail de leur garçon et son père doit même le calmer par moment.

La rivalité familiale qu’il exerçait avec sa sœur apporta à Miller cet esprit de compétition et de revanche, tant souligné durant sa carrière. De plus, il a dû faire face aux moqueries des autres gamins du quartier qui n’hésitaient pas à le charrier parce qu’il jouait avec des filles. Cela lui aura au moins servi de motivation durant toute son enfance.

Après avoir longtemps joués l’un contre l’autre, Cheryl et Reggie se mirent à partir à la recherche d’adversaires. Ils possédaient une méthode bien rodée pour mettre leurs adversaires en confiance. En effet, Reggie débarquait seul sur le terrain et leurs demandait s’il était possible de jouer et s’il pouvait ramener sa sœur pour faire un 2 contre 2. Ne se doutant de rien et voyant un jeune gringalet débarquer, les adversaires acceptaient de parier 10$ sur un match à 10 pts. A chaque fois, Reggie et Cheryl leurs laissaient quelques points d’avance avant d’enfiler les points pour remporter la mise.

Ses débuts en pro

Suite à une carrière honorable au lycée de Riverside (Californie), Reggie attire les regards des recruteurs. Et c’est à UCLA qu’il décide de s’engager pour quatre années, durant lesquelles il obtiendra un diplôme d’histoire et deviendra le deuxième meilleur marqueur de l’histoire de l’université derrière Kareem Abdul-Jabbar. Il mena son équipe à un titre de champion du Pac 10 et au tournoi NCAA.

Ce qui impressionnait le plus ses coéquipiers et coachs de l’époque, c’était son impressionnante force de travail et son acharnement aux entraînements. Magic Johnson dira même de lui qu’il n’a jamais vu quelqu’un travailler aussi dur que Reggie.

Après ces quatre années, Reggie Miller se présente à la draft en 1987 et il est sélectionné en 11ème position par les Indiana Pacers. Cheryl révèlera, plus tard dans une interview, que Reggie n’était même pas au courant qu’il y avait une équipe NBA là-bas. Et les habitants de l’Indiana n’étaient visiblement pas très enthousiastes à l’idée de l’accueillir. En effet, tout l’Indiana souhaitait voir Steve Alford aux Pacers. Et pour cause, la star des Indiana Hoosiers était un natif de l’état et venait de remporter le titre NCAA avec ses Hoosiers. Au final, ce choix aura été une excellente chose pour les Pacers, Alford ayant réalisé une carrière NBA modeste. Ce dernier déclara même plus tard que le choix des Pacers lors de la draft 1987 avait été bénéfique pour tout l’état de l’Indiana.

Après avoir essayé de se défaire de sa sœur durant toute son enfance pour être reconnu comme Reggie Miller et non plus le frère de Cheryl Miller, il faisait donc face à un nouveau défi. Prouver aux fans des Pacers que leurs dirigeants avaient fait le bon choix et faire oublier Steve Alford. Reggie Miller choisira, plus tard, une expression pour décrire cette anecdote, « I’m on the road again« .

Reggie Miller arrivait donc en NBA avec beaucoup de pression. A son arrivée, Indiana sort d’une saison encourageante ponctuée par leur première victoire de leur histoire dans une série de playoffs, suivie d’une élimination au tour suivant par les Hawks. A ses débuts, Miller évolue dans un rôle de doublure de John Long et le coach lui offre en moyenne 22 minutes de jeu. Durant sa première saison, il bat notamment le record de trois points marqués par un rookie. Cependant, l’apprentissage se fait à la dure et il commet parfois quelques erreurs. Comme celle de trash talker Michael Jordan, récit :

« J’ai commencé à parler dès mon arrivée au sein de la ligue, mais j’ai eu une mauvaise expérience. Lors de mon année rookie, nous avons joué les Chicago Bulls et c’était la 3ème ou 4ème année de Michael Jordan. C’était un match exhibition dans une petite salle et la plupart des vétérans n’aiment pas jouer les matchs de pré-saison parce qu’ils veulent de vrais matchs. Moi j’étais un rookie plein d’énergie et nous avons joué ce match. Mais pour Michael Jordan c’était une promenade de santé. Chuck Person, mon coéquipier, et qui était un trash talker, m’a dit ‘Tu y crois que c’est Michael Jordan, le gars dont tout le monde parle, qui est supposé pouvoir marcher sur l’eau. Tu es en train de le tuer Reg’. C’était la première mi-temps et il m’a dit ‘Tu devrais lui parler’. J’étais genre ‘tu sais quoi ? Tu as raison. Michael ! Qui crois-tu être ? Le grand Michael Jordan ? Ok, mais il y a un nouveau gamin en ville’. Il m’a regardé et a hoché la tête. À la mi-temps j’avais 10 points et il était à 4. Je lui ai fait tout ce trash talk et il était genre ‘Ok’. A la fin du match il a fini avec 44 points et moi avec 12. Il m’a mis un 40-2. Et il est reparti en disant ‘Fais attention à ne plus jamais parler au Jésus noir ainsi. Ok ?’ J’ai fait ‘Ok, je suis désolé Jésus noir, je suis désolé’. Je n’ai plus jamais refait de trash talk avec Michael. » Reggie Miller

Lors de sa saison sophomore, Reggie s’améliore dans tous les domaines et s’impose petit à petit comme un titulaire indiscutable. Son temps de jeu est le deuxième de l’équipe et son poids en attaque devient de plus en plus important (16 pts/m).

La révélation

Toutefois, c’est lors de sa troisième saison que Reggie Miller explose littéralement, devenant le meilleur marqueur de son équipe et le 8ème meilleur marqueur de la ligue (24,6 pts/m à 51%). Sa progression lui offre une première sélection au all-star game et une seconde place au vote du MIP. Il goûte pour la première fois aux playoffs mais les Pacers seront malheureusement sweepés par les Detroit Pistons, champions en titre, dès le premier tour. Malgré tout, Miller s’en sort bien avec 20,7 points par match shootant à 57% face à une des meilleures défenses de la ligue.

Lors des trois saisons suivantes, les Pacers atteindront les playoffs mais échoueront à chaque fois au premier tour. Reggie Miller devient alors un adversaire que plus personne ne prend à la légère, en raison de sa moyenne de points toujours supérieure à 20 points par match et de ses pourcentages toujours excellents. Mais c’est bien lors des playoffs 1993 que la rivalité entre Reggie Miller et les Knicks trouve ses prémices. Lors du Game 3, à Indiana, les Knicks sont à 2-0, mais lors du match la tension monte entre les deux arrières titulaires, Reggie Miller et John Starks. Ce dernier ne pouvant plus se contrôler, il envoie un coup de tête dans la poitrine de Miller. Résultat : exclusion, retour d’Indiana à 2-1 grâce à 36 points de The Killer. Malheureusement pour Indiana, la série se terminera par une élimination au Game 4 malgré les 33 points de Reggie Miller.

L’ère Larry Brown

La saison 1993-1994 est une étape clé dans la carrière de Reggie Miller. Tout d’abord, pour commencer cette saison, Indiana embauche Larry Brown pour coacher l’équipe. Le front office se démène et se débrouille pour améliorer le roster. Grâce à un cinq Richardson-Miller-Davis-McKey-Smits les Pacers finissent la saison avec le meilleur bilan de leur histoire (47V-35D). Les voilà de nouveau en playoffs mais cette fois, ils arrivent avec la ferme intention de passer le maximum de tours. Grâce à un Reggie Miller à 29 pts/m, les Pacers écartent assez facilement le Magic du Shaq 3-0 et Miller remporte sa toute première série de playoffs. S’en suit une victoire 4-2 face aux Hawks, pourtant leader de la conférence. Pour la finale de conférence, l’adversaire ne pouvait être une autre équipe que les New York Knicks. Reggie Miller croise donc les Knicks pour la deuxième année consécutive en playoffs et meurt d’envie de se venger. Pourtant, la série commence mal pour Reggie, avec deux défaites, dans lesquelles il ne plante que 18,5 points de moyenne shootant à un piètre 28% à 3 pts. Une fois de retour à la maison, les Pacers enchaînent et reviennent à 2-2. Place au Game 5, qui porte l’empreinte de Reggie Miller. Tout se déroule parfaitement pour les Knicks qui mènent largement à l’entame du quatrième QT et pensent filer tranquillement vers une victoire. Mais à la surprise générale, un homme vient refroidir le Madison Square Garden à coup de 3 points. Cet homme c’est Reggie Miller. Surmotivé par les hurlements de Spike Lee, fan numéro 1 des Knicks, au premier rang, Miller enfile les paniers et lance un regard assassin en direction de Spike Lee à chaque panier. Alors que les Pacers reviennent à seulement deux points, Miller se tourne vers Spike Lee et lui mime un étranglement. C’est lui qui se charge ensuite de donner l’avantage aux Pacers, d’un tir à 3 pts sur John Starks. Indiana remporte finalement le match 93-86 grâce au dernier QT surréaliste de Reggie Miller conclu par 25 points.

Malgré cet exploit historique, les Pacers perdront les deux matchs suivants et laisseront les Knicks aller en finale. Toutefois, Reggie Miller aura réussi à mettre Indiana sur la carte des équipes NBA grâce, notamment, à son duel de légende face à Spike Lee. Le Pacer n’a qu’une seule hâte, prendre sa revanche.

La saison n’est pourtant pas terminée pour Miller, lors de l’été 1994, il participe et remporte le championnat du monde FIBA avec Team USA. Premier titre pour « Mr. Clutch » qui terminera deuxième meilleur marqueur de Team USA avec 17 pts de moyenne, juste derrière Shaquille O’Neal.

La saison suivante, Miller est sélectionné par les fans dans le cinq majeur du All-star game. L’équipe bat pour la deuxième année consécutive le record de victoires sur une saison avec un bilan historique de 52 victoires pour 30 défaites. Lors des playoffs 1995, Reggie Miller démarre sur les chapeaux de roues en marquant 31,7 points par match pour disposer des Hawks 3-0. Les voilà encore une fois au deuxième tour et pour la troisième année consécutive, les Pacers affronteront les Knicks en playoffs. Reggie veut sa revanche. Dans la continuité de sa folle série face aux Hawks, il réalisa un Game 1 d’anthologie. Alors que New York mène 105-99 à 18 secondes de la fin, Miller rentre un panier à 3 pts, intercepte la remise en jeu et plante une nouvelle banderille à 3 pts : 105-105. Le match est totalement relancé. Balle aux Knicks. Faute, deux lancers pour John Starks. Le premier est loupé et le deuxième également. Miller se précipite et gobbe le rebond. Faute sur Reggie Miller. Reggie rentre ses deux lancers et offre la victoire aux Pacers 107-105. Le Madison Square Garden est bouche-bé, le Knicks-killer vient de frapper un grand coup. L’arrière confirme qu’il se sent comme chez lui au MSG. Pour la première fois c’est les Pacers qui remportent la série en 7 manches et ils se dirigent vers la finale de conférence. Malheureusement, Indiana échouera face au leader de la saison régulière, le Magic de Shaquille O’Neal (28pts/m) en 7 manches malgré un Reggie Miller de haut niveau (25,9 pts/m shootant à 51,7% et à 45,5% à 3 pts).

Lors de la saison 1995-1996, les Pacers obtiennent le même bilan de 52V-30D. Mais le 13 avril Miller se fracture l’œil, handicapant fortement l’équipe. Le retour de Reggie aura lieu pour le Game 5 du premier tour face aux Hawks. Malgré 29 points, Atlanta remporte le match, mettant fin à la saison d’Indiana. Néanmoins, à l’été 1996, Miller est retenu dans la Dream Team II et remporte la médaille d’or aux Jeux Olympiques d’Atlanta.

Indiana Pacers – New York Knicks : Game 1

La saison suivante marquera un coup d’arrêt pour les Pacers. En effet, Indiana loupera les playoffs pour la première fois depuis 1990 et terminera la saison avec un bilan négatif de 39 victoires pour 43 défaites. Cette saison marque la fin de Larry Brown à la tête de l’équipe.

Si près du but

L’été 1997 est marqué par l’arrivée aux commandes de Larry Bird et le recrutement de Chris Mullins, véritable gâchette. Avec son cinq Miller-Smits-Davis-Jackson-Mullin les Pacers finissent la saison à 58 victoires, soit 19 de plus que la saison précédente. En plus de cela, Reggie Miller retrouve le All-Star Game et est accompagné par Rik Smits qui vivra sa première et dernière sélection cette saison-là. Indiana finit donc la saison à la deuxième place de la conférence. Au premier tour, les Pacers écartent facilement les Cavaliers 3-1 avec un Miller assurant le minimum syndical avec 18,5 points par match. En demi-finale de conférence les Pacers retrouvent une nouvelle fois les Knicks. Les deux premiers matchs se soldent par deux victoires d’Indiana à domicile mais les Knicks n’abandonnent pas et reviennent à 1-2 avant le deuxième match au Madison Square Garden. Ce match sera marqué par une performance majuscule de la part de Reggie Miller. Et pour cause, Reggie va confirmer une fois de plus que le MSG est sa maison. A cinq secondes de la fin du match, le Knicks-Killer va prolonger la soirée avec une banderille à 3 pts pour revenir à 102 partout. Les Pacers remporteront ce match après un over time avec un Reggie Miller finissant avec 38 points au compteur.

Trois ans après, Indiana accède une nouvelle fois aux finales de conférence mais cette fois l’adversaire n’est nulle autre que les Bulls de Micheal Jordan himself. Les Bulls et les Pacers vont nous offrir une série dantesque. Pour commencer, les deux premiers matchs se soldent par deux victoires logiques des Bulls. On se dit alors que le sort des Pacers est inévitable. Mais c’était sans compter sur les hommes de Larry Bird. A la MT du game 3 Indiana est alors menée de 4 points et malheureusement Miller se tord la cheville au milieu du troisième QT. Mais Reggie est un guerrier. Il va revenir sur le terrain malgré la douleur pour sortir de sa boîte, planter 13 points en cinq minutes et mener les Pacers à la victoire. 107-105 pour Indiana, 2-1 pour les Bulls. Place désormais à un game 4 d’anthologie. Alors que l’ailier d’Indiana est en train de passer à côté de son match (seulement 12 points à 4/10), les Bulls mènent 94-93 à 2,9 secondes de la fin du match. Coach Bird demande alors un temps mort pour mettre en place un système de la dernière chance. C’est alors Derrick McKey qui est à la remise en jeu. Reggie Miller se libère du pressing de sa majesté pour réceptionner le ballon et rentrer le tir de la gagne au nez et à la barbe des Bulls de Phil Jackson. Les Pacers reviennent du coup à 2-2 grâce à un Reggie Miller plus clutch que jamais.

Le retour à Chicago pour le game 5 est sans appel, avec victoire de 19 points des Bulls d’un Michael Jordan impérial. Les Pacers retournent donc à la maison avec une très grosse pression sur les épaules. A 20 secondes de la fin, Michael Jordan, auteur d’un énorme match, ramène ses Bulls à 89 partout. Mais les Pacers remporteront le match 92-89 dans une salle en délire complet. Dans une série où aucune équipe n’a pour l’instant réussi à remporter un match à l’extérieur, les Bulls partent favoris pour accéder aux finales NBA. Pourtant, le match commence de la plus belle des manières pour les Pacers qui mènent de 8 points à la fin du premier QT. Malheureusement, le trio Jordan-Kukoc-Kerr va opérer un come-back impressionnant pour donner l’avantage 48-45 aux Bulls à la pause. On pense alors que les joueurs de Phil Jackson vont dérouler pour rejoindre Utah en finale. Mais, par rapport aux autres matchs de la série, les Pacers tiennent bon dans le troisième QT en encaissant qu’un seul point de plus. L’espoir est donc toujours présent dans leurs têtes sachant que sur la série Indiana a su marquer en moyenne 5 points de plus que Chicago dans le dernier quart. Malheureusement, les Pacers tiendront la dragée haute aux Bulls lors des huits premières minutes avant de subir la foudre de Scottie Pippen et Michael Jordan dans les quatre dernières minutes du match.

L’intersaison 98 sera marquée par le départ à la retraite de Michael Jordan après le titre obtenu face au Jazz. La conférence Est se retrouve donc « libérer » de la domination Jordan. Après une campagne de playoffs très encourageante, les Pacers de Reggie Miller apparaissent comme les grands favoris à l’Est. Pour cette saison 98-99, l’objectif n’est autre que le titre NBA. C’est avec un roster inchangé qu’Indiana attaque la saison régulière. Cette saison, perturbée par le lock-out, voit les Pacers finir à la seconde place de la conférence Est avec un bilan de 33 victoires pour 17 défaites.

C’est face aux inexpérimentés Milwaukee Bucks de Ray Allen que les Pacers feront face au premier tour qui se soldera par un 3-0 sans réelle difficulté avec un Reggie Miller à 26,6 points de moyenne. Au deuxième tour, là encore les Pacers affrontent une équipe en manque d’expérience. Ce sont les Sixers d’Allen Iverson qui subiront le même sort que les Bucks avec un 4-0 simple et efficace. Les Pacers arrivent donc en finale de conférence invaincus et avec la ferme intention de participer à leurs premières finales NBA. Indiana semble favori au vu de leur dernier affrontement en playoffs et de la saison des Knicks. Et pourtant, c’est bien les Knicks qui viennent s’imposer à la Market Square Arena dans laquelle les Pacers étaient invaincus en playoffs depuis 1996. Cette défaite est extrêmement surprenante pour les observateurs NBA. Mais ils sont loin d’imaginer que le game 2 va être remporter sur le fil par Indiana après un shoot au buzzer raté de Pat Ewing. Le score est donc de 1-1 et on se dirige vers un déplacement bouillant au Madison Square Garden. Mais coup de tonnerre ! Pat Ewing n’est plus apte à continuer la série à cause d’une déchirure du tendon d’Achille. Cette absence aura pour conséquence l’intronisation dans le cinq majeur de Marcus Camby. C’est alors tout le jeu des Knicks qui va se modifier pour un jeu rapide et explosif. Le game 3 est alors très serré et les Pacers se retrouvent devant 91-88 à 12 secondes du terme. Les Knicks doivent alors marquer obligatoirement un 3 pts pour arracher une prolongation. Mais va survenir l’une des plus grandes actions de Larry Johnson dans sa carrière. Ce dernier hérite alors du ballon, déclenche son tir à 3 pts mais Antonio Davis a le malheur de faire faute, et en plus de cela, le panier est réussi. Larry Johnson se présente sur la ligne des LF pour donner la victoire à New York et le rentre. Les Knicks passent devant, 2-1.

Le game 4, quant à lui, verra les Pacers revenir à 2-2 malgré un Reggie Miller timoré mais grâce à un banc très efficace par l’intermédiaire de Rose et Davis. Le retour à Indiana sera bénéfique pour les Knicks. Johnson, Sprewell et Camby seront les grands artisans de la victoire 101-94. A ce moment-là et menés 3-2, les Pacers sont dans l’obligation de remporter le game 6 à New York. Mais, malheureusement, Reggie Miller passera complètement à côté (8 points à 3/18), réalisant l’un de ses pires matchs en playoffs, et Indiana sera éliminé. Cette saison reste l’un des plus gros regrets pour les fans d’Indianapolis tant l’occasion était belle.

Aucun changement notable n’est opéré lors de l’été 99 et les Pacers repartent pour une saison de la dernière chance. L’objectif ne change pas, c’est le titre suprême que veulent Miller & co. La saison sera marquée par la cinquième sélection au ASG de Reggie Miller et du titre de MIP de Jalen Rose. La saison sera bouclée à la première place de la conférence avec un bilan de 56 victoires pour 26 défaites. Lors des playoffs 2000, les Pacers se débarrassent des Bucks difficilement en cinq manches avec un game 5 remporté d’un seul petit point. Comme l’an passé ils retrouvent les Sixers d’Allen Iverson en demi-finale de conf. La série démarre sur les chapeaux de roue avec trois victoires grâce notamment à un Miller à près de 30 points marqués par match. Philadelphie évite alors l’élimination de justesse lors du game 4 et profite de l’absence de Miller au game 5 pour revenir à 3-2. Mais ils seront finalement éliminés par les Pacers. Ces derniers se présentent alors une nouvelle fois en finale de conférence, stade qu’ils n’ont alors jamais dépassé. C’est les Knicks que les Pacers affronteront en finale de conf et ils comptent bien prendre leur revanche. Les game 1 et 2 se soldent par des victoires nettes des Pacers. Le voyage à New York se révèle malheureusement être malchanceux. Deux défaites sur le fil de 3 et 2 points verront les Knicks revenir à 2-2. Suite à un game 5 remporté facilement, Indiana se déplace au Madison Square Garden pour accéder aux finales pour la première fois de leur histoire. Le match démarre de la plus belle des manières pour Indiana qui rallie les vestiaires avec une avance de 9 points à la pause. Toutefois, comme ils en ont l’habitude, les Pacers s’écroulent lors du troisième QT laissant les Knicks revenir à 62 partout avant le début du quatrième quart. Miller va alors marquer la moitié de ses points (34) dans le dernier quart pour qualifier son équipe en finale NBA.

Ils sont alors opposés aux Lakers de Shaquille O’neal et Kobe Bryant dans ces finales. Malheureusement, ils ne feront pas le poids face au monstre que représente O’neal à l’époque. Le pivot angelenos portera les Lakers au titre et terminera la série à 38 pts et 16 rebonds, le tout accompagné de plus de 3 blocks par match.

Une fin de carrière mitigée

Cette défaite face aux Lakers marque alors la fin d’une ère dans l’Indiana. Larry Bird et Rik Smits prennent leur retraite et Mark Jackson, Dale Davis et Chris Mullin s’en vont vers d’autres horizons. La saison 2000-2001 correspond à une année de transition pour les Pacers qui seront éliminés dès le premier tour des playoffs par les Sixers d’Allen Iverson après une saison terminée avec seulement 41 victoires. Lors de la série face aux Sixers, Miller donnera son maximum arrachant le game 1 au buzzer et bouclant la série avec 31 pts de moyenne.

Lors de la saison 2001-2002, le poids de Jermaine O’neal se fait de plus en plus pesant. Reggie Miller n’est plus que le troisième marqueur de l’équipe mais son influence dans le vestiaire reste identique, ainsi que sa clutchitude. Cependant, la route des Pacers sera stoppée par les New Jersey Nets de Jason Kidd avec une défaite 3-2. Pourtant, le game 5 aurait pu tourner à l’avantage des Pacers tant Miller aura sorti un match stratosphérique. D’abord, alors que les Pacers sont menés, « Mr. Clutch » va sortir de l’ombre et planter un buzzer beater pour prolonger le match de cinq minutes. Le deuxième exploit intervient alors qu’Indiana est mené de deux points à quelques secondes du terme, Miller décide alors de prendre ses responsabilités et d’attaquer le cercler pour envoyer les équipes dans une nouvelle prolongation. Malheureusement, les Nets finiront par l’emporter largement 120 à 109.

Les saisons suivantes verront Reggie Miller laisser petit à petit la place aux jeunes et seront anecdotiques pour le meilleur joueur de l’histoire des Pacers.

Le 19 mai 2005, lors du game 6 des demi-finales de conférence face à Detroit, alors que les Pistons se dirigent vers une victoire aisée, Reggie Miller joue ses dernières minutes sous le maillot des Pacers. A 15 secondes du terme, Rick Carlisle, le coach d’Indiana, décide de prendre un temps mort pour laisser le public offrir une dernière ovation magnifique à Reggie Miller. Larry Brown, alors coach des Pistons, décide à son tour de prendre un temps mort pour prolonger ce moment émouvant durant lequel on voit des personnes émues aux larmes et un Miller bouche bée par tant d’amour. Personne ne peut rien ressentir devant une telle ovation.

Reggie Miller a donc su marquer la NBA de son empreinte tout au long de sa carrière passée dans les rangs des Pacers. Ses 18 saisons passées en NBA resteront à jamais gravée dans la mémoire des fans. Cet acharné de travail, toujours le premier arrivé au gymnase, a gagné le respect de tous ses pairs grâce à un sérieux de tous les instants et des performances historiques. « Mr. Clutch » a offert des fins de matchs épiques aux fans NBA grâce à un sang-froid à tout épreuve.

On retiendra donc de lui son incroyable sang-froid dans le money time que les commentateurs aimaient appeler le « Miller Time ». Déterminant dans les fins de match par son incroyable précision à 3 points qui fit de lui une véritable gâchette, en témoignent ses 2560 paniers à 3 points en carrière qui représentaient un record avant d’être battus par Ray Allen en 2011.

Au-delà de ses qualités offensives évidentes, Reggie Miller sera éternellement reconnu pour son comportement sur le terrain digne des plus grands trash talkers de NBA. En effet, lors d’une interview récemment accordée à nos amis de Trashtalk, Gary Paryton a cité son nom en premier quand Bastien lui a demandé les meilleurs trash talkers de l’histoire selon lui. Ce penchant pour le trash talking lui aura valu quelques interventions musclées mais il nous aura permis d’assister à des duels tout simplement fantastiques.

Son maillot fut retiré le 30 mars 2006 à la Bankers Life Fieldhouse. Il confiera plus tard : « Je n’ai pas pu apporter aux fans d’Indiana ce qu’ils attendaient. Mais j’ai vécu une aventure incroyable, c’était les 18 meilleures années de ma vie ». De plus, Reggie Miller fera son entrée au Hall of Fame en 2012 et dédiera ses derniers mots au trois meilleurs basketteurs de tous les temps, Magic Johnson, Michael Jordan et sa sœur Cheryl Miller.

PS : C’est cadeau un petit top 10 en carrière de Reggie Miller.