En voilà une d’équipe surprise de ce début de saison. Les Brooklyn Nets de Kenny Atkinson sont funs à voir jouer et on a donc décidé de se pencher sur leur cas. Bien évidemment, seulement huit matchs ont été joués et donc la vérité du début de saison ne sera pas forcément la vérité d’une saison. Enfin bref, revenons-en aux Nets.

Un jeu toujours plus porté sur l’attaque

La première raison de ce succès réside en la capacité de Kenny Atkinson à faire adhérer ses joueurs à sa philosophie. Une philosophie basée sur un jeu ultra rapide et une pluie de 3 pts. Sur les mêmes bases que l’an passé, les Nets possèdent le plus gros PACE de la ligue avec plus de 108 possessions offensives par match en moyenne et le 6ème volume de tirs à 3 pts. Mais ce qui change par rapport à l’an passé, c’est tout d’abord leur réussite à 3 pts. Les Nets shootent à 35,9% en ce début de saison, ce qui les place à la 12ème place de la ligue en termes d’adresse à 3 pts, alors que l’an dernier ils étaient 26ème. Toutes ces raisons expliquent pourquoi, avec les Nets, on a droit à de vraies orgies offensives.

Avec sept joueurs (sans compter Lin) à plus de 20 minutes et plus de 10 points de moyenne, tous les joueurs semblent impliqués par Atkinson. Le groupe vit bien et les joueurs se partagent parfaitement les minutes et le ballon. En témoignent les 21,4 passes décisives réalisées par les Nets par match, ce qui les placent à la 15ème place de la ligue dans cette catégorie. Le jeu offensif de Brooklyn est, en plus d’être fun, très fluide.

L’autre point fort des Nets est sans aucun doute le rebond offensif. Avec plus de 11 rebonds offensifs par match, Brooklyn est 6ème dans cette catégorie et obtient donc de nombreuses secondes chances en ce début de saison. Et le meilleur dans ce domaine aux Nets n’est autre que Trevor Booker, avec 3,1 rebonds offensifs en sortie de banc avec seulement 22 minutes de jeu, ce qui en fait le troisième meilleur dans la catégorie dans les joueurs ayant démarré plus de 2 matchs sur le banc cette saison. Malgré l’ultra small ball proposé par Atkinson, les Nets font figures de bons élèves au rebond avec des joueurs corrects dans le domaine pour leur poste.

Le jeu offensif des Nets est donc très alléchant mais leur médiocrité de l’autre côté du terrain va leur faire perdre énormément de matchs tout au long de la saison. Ils possèdent l’un des pires defensive rating de la ligue (seuls les Wolves et les Mavs font pire) avec plus de 109 points encaissés sur 100 possessions. Les Nets laissent leurs adversaires shooter à 46,9% : ici encore seuls les Wolves et les Mavs font pire dans la ligue. Autant vous dire que Kenny Atkinson et son staff doivent impérativement se pencher sur la question pour ne pas paraître ridicules tout au long de l’année.

Un collectif bourré de talent

Comment ne pas parler de D’Angelo Russell ? Bien qu’il n’ait pas été là pour participer à la victoire face aux Cavaliers, D-Lo est sans aucun doute le meilleur joueur des Nets en ce début de saison. Après deux saisons très mitigées à Los Angeles, Russell débarquait cet été à Brooklyn avec son lot d’interrogations. Beaucoup d’espoirs étaient placés en lui et il faut dire que son début de saison plaide en sa faveur. Avec un état d’esprit de revanchard, D-Lo réalise un début de saison sur les chapeaux de roue. Meilleur marqueur des Nets avec 21,7 ppg, il a clairement progressé dans ses prises de décisions et sa sélection de shoots, bien qu’il soit encore en manque d’adresse à 3 pts.

Malheureusement tout n’est pas si rose dans ce premier bilan pour D-Lo. Effectivement, il présente encore quelques difficultés quand il s’agit d’impliquer ses coéquipiers, comme on a pu le voir dans le derby new-yorkais où il a terminé le match avec une seule passe décisive. Défensivement, Russell est encore très juste, mais ce point-là est valable pour l’équipe entière. Mais D-Lo fait figure de flop ultime dans ce domaine avec le moins bon +/- de l’équipe à – 9,7…

Avec l’absence de Jeremy Lin, un autre joueur est en train de tirer son épingle du jeu : Spencer Dinwiddie. Il fait forte impression en ce début de saison et s’est même vu offrir un match dans le cinq majeur dans la victoire contre Cleveland. Dinwiddie s’est révélé être très bon dans la gestion du ballon et l’implication de ses coéquipiers sur ses premiers matchs. Lors des trois derniers matchs, il a réalisé 19 assists pour seulement 3 pertes de balles. Il réalise très peu de turnovers, ce qui en fait un back-up très précieux pour Atkinson.

En plus de cela, Spencer Dinwiddie shoote à un incroyable 46% à 3 pts depuis le début de saison et même à un sale 55% lors des 4 derniers matchs avec pourtant plus de 4 tentatives par match. Spencer est tout simplement très en forme sur ces 4 derniers matchs, il a notamment réalisé son carrer-high au scoring à deux reprises sur cette période avec 22 points marqués face aux Cavs puis face aux Nuggets. De plus, dans la plupart des matchs, Dinwiddie possède l’un des meilleurs +/- de l’équipe (2ème de l’équipe à + 3,3). Il possède donc sa part de responsabilités dans le bon des Nets. Le coach le dit lui-même : « S’il continue à jouer ainsi, on va devoir lui trouver plus de minutes ». Avec son salaire équivalent au minimum vétéran, le jeune meneur originaire de Los Angeles est l’un des joueurs les plus rentables de la ligue et ce pour encore deux saisons minimums.

Beaucoup de fans commencent petit à petit à envisager un back court titulaire Dinwiddie/Russell. Mais l’absence d’un troisième meneur potable réduit les chances de voir leur souhait se réaliser. On les verrait bien alignés ensemble mais la situation actuelle ne le permet pas vraiment. Mais le temps de jeu du meneur, qui s’est fait sur le tard, devrait augmenter s’il continue dans ce sens. Dans tous les cas, c’est déjà l’un des chouchous du Barclays Center.

A l’instar de D’Angelo Russell, on attendait de voir ce qu’allait donner DeMarre Carroll, un autre revanchard. Et le moins que l’on puisse dire c’est que son début de saison est assez surprenant. L’ancien pitbull des Hawks présente le plus gros temps de jeu de l’équipe (28,1 min) et le meilleur pourcentage de sa carrière à 3 pts après ces huit premiers matchs (42,4%). A voir néanmoins s’il est capable de garder ce rythme sur toute la saison.

Rondae Hollis-Jefferson apporte lui aussi son lot de satisfactions en ce début de saison. Il a encore progressé dans la lignée de sa fin de saison dernière. Son total de points a significativement augmenté et est désormais de 15 points par match, ce qui montre à quel point son poids est grandissant dans l’attaque des Nets. On attend plus de sa part en défense néanmoins.

D’autres individualités se démarquent dans ces premiers matchs. On pourrait aussi parler de l’intégration réussie du rookie Jarrett Allen, qui fit parfaitement avec la philosophie du coach et montre un potentiel défensif très encourageant pour les années à venir, mais aussi du travail dans l’ombre de Trevor Booker, de l’intégration progressive d’Allen Crabbe dans le jeu des Nets ou de la progression de Caris LeVert.

En somme, les Nets ont un bilan mitigé (3 victoires pour 5 défaites après huit matchs) dû notamment à une défense piteuse. Cependant, les joueurs de Kenny Atkinson montrent un engagement total et offrent aux fans NBA un jeu offensif fort sympathique et agréable à regarder. Les Nets ne sont pas en possession de leur choix de draft, on leur souhaite donc le plus de victoires possibles et que les jeunes progressent tout au long de la saison.