Depuis le 15 décembre, 90% des joueurs de la NBA sont éligibles à un échange. Cette date marque le début des hostilités sur le marché des transferts, ouvert jusqu’au 8 février 2018. Le point sur cinq équipes qui alimentent les rumeurs.

La saison des transferts est lancée en NBA. La date du 15 décembre est passée et la plupart des joueurs qui ont signé un nouveau contrat cet été deviennent éligibles à un échange, sauf quelques rares exceptions (Nikola Mirotic, JaMychal Green par exemple) qui doivent patienter jusqu’au 15 janvier.

Pour les équipes en quête de renforts ou cherchant à dégraisser, il faut agir vite. Après le 8 février prochain, date de la clôture du marché des transferts, il sera trop tard pour réaliser un échange. En attendant, les rumeurs, plus ou moins sérieuses, courent. Pour analyser les possibilités sur la table, j’ai choisi de me concentrer sur cinq équipes, classées selon leur pourcentage de victoires en date du 16 décembre.

Minnesota Timberwolves

 

Les Wolves sont un paradoxe ambulant. Minnesota se situe enfin sur la voie des Playoffs (4ème de la conférence Ouest, 17 victoires et 13 défaites), portés par la cinquième meilleure évaluation offensive de la ligue (111,5 points sur 100 possessions d’après Basketball-reference.com). Pourtant, la stratégie offensive suscite certaines inquiétudes. Il s’agit d’une attaque qui prend peu de tirs près du cercle (23ème de la NBA d’après Cleaningtheglass.com), encore moins de tirs à 3 points (28ème) et peine à faire de la place à Karl-Anthony Towns (3,5 tirs de moins que l’année dernière, moins qu’Andrew Wiggins et Jimmy Butler). De l’autre côté du parquet, Tom Thibodeau ne parvient toujours pas à installer une défense digne de ce nom. Sans oublier la pluie de critiques concernant ses rotations raccourcies et le temps de jeu des titulaires.

Après un peu plus d’un tiers de la saison régulière, l’équipe inspire un sentiment de « Jusqu’ici, tout va bien… » teinté d’anxiété. Le bilan à ce stade s’avère plutôt flatteur au vu des stats analytiques et les choix de coach Thibodeau pourraient coûter cher d’ici le printemps. Autrement dit, améliorer l’effectif autour du trio Butler-Towns-Wiggins ne serait certainement pas de trop pour solidifier la place des Wolves dans la hiérarchie de la conférence Ouest.

Au-delà du 5 titulaire, aucun basketteur ne joue plus de 18 minutes par match. Le syndrome Thibodeau, bien connu des fans des Bulls, frappe encore mais cela ne doit pas masquer l’indigence du banc de Minnesota. Coach Thibodeau a sans doute bien des reproches à formuler auprès de Président Thibodeau mais passons.

En termes de solutions potentielles, les Wolves ont des besoins clairs en matière de défense et de tir extérieur. Problème : les joueurs de qualité dans ces deux compartiments du jeu sont très prisés et peu échangés. Il faudra donc probablement choisir entre l’un ou l’autre. D’autant que Minnesota ne regorge pas de basketteurs particulièrement désirés en dehors de la rotation habituelle.

En défense, difficile de voir comment un sixième homme ou joueur de banc faire une différence notable. La solution viendra probablement davantage d’un développement en interne. Si Towns et Wiggins parvenaient enfin à prouver leur potentiel défensif (ce qui semble plus incertain chaque jour), le souci serait réglé.

Côté shoot, on peut plus facilement imaginer comment renforcer le banc. Une solution possible : Nikola Mirotic. L’ailier doit attendre jusqu’au 15 janvier pour enfin fuir les Chicago Bulls comme il l’espère (il doit valider l’échange, une formalité compte tenu de la situation). Les Wolves pourraient proposer Shabazz Muhammad et Cole Aldrich assortis d’un futur tour de draft pour faciliter l’échange.

Idéalement, Minnesota n’enverrait qu’un deuxième tour de draft car la franchise n’aura pas sa sélection au premier tour en 2018. Les Wolves doivent obtenir le choix du Thunder s’il tombe en dehors de la loterie et ne participeront pas au premier tour s’ils décident de s’en séparer. S’il faut absolument céder une sélection du premier tour 2019 ou 2020, cela compliquerait le renouvellement de l’effectif dans les années à venir, une fois le contrat max de Wiggins engagé ainsi que le très probable futur contrat max de Towns.

Si les Bulls se montrent réticents à cause de la durée des contrats de Muhammad (option de joueur pour l’année prochaine) et Aldrich (partiellement garanti la saison prochaine pour environ 2 millions de dollars), Minnesota pourrait proposer Nemanja Bjelica, sujet à une qualifying offer pour 2018-19, au lieu de Muhammad. Le style de jeu de Bjelica s’avère plutôt proche de celui de Mirotic mais il peine à gagner la confiance de son coach et n’a pas joué depuis le 22 novembre en raison d’un souci au pied. A l’inverse, Mirotic est établi aux yeux de Thibs et devrait a priori obtenir plus de 15 minutes par match.

Autre avantage du meilleur ami de Bobby Portis : son contrat comporte une option d’équipe pour l’année prochaine. Si la mayonnaise ne prend pas, Minnesota peut s’en séparer sans trop de mal… si ce n’est la perte potentielle d’un tour de draft. Mais est-ce vraiment un problème pour Thibodeau, traditionnellement réticent à faire jouer les rookies ?

Une alternative à noter : Jamal Crawford a évoqué sa déception vis à vis de son faible temps de jeu depuis le début de la saison. Une déclaration tombée le 15 décembre… Un transfert potentiel n’est pas à exclure, bien que son contrat (4,3 millions de dollars cette année) ne suffira pas à lui seul pour obtenir un contributeur solide en retour.

 

Milwaukee Bucks

 

Après le transfert d’Eric Bledsoe, les Bucks sont all in pour maximiser leur effectif cette saison. Sans surprise, Milwaukee est une destination privilégiée pour le transfert de DeAndre Jordan anticipé par la plupart des observateurs. Jordan pourrait atterrir ailleurs mais son échange semble acquis à ce stade.

Les Bucks font figure de favoris non officiels depuis que Jordan a choisi Jeff Schwartz comme agent, c’est à dire le représentant de Jason Kidd désigné par certains comme le General Manager non officiel de la franchise. Milwaukee devrait se débarrasser au passage d’au moins un contrat non désiré, probablement celui de John Henson. Avec le pivot, les Bucks pourraient proposer Jabari Parker. Une nouvelle fois blessé aux ligaments du genou, l’ailier pourrait devenir un problème car son contrat devient éligible à une extension en fin de saison. Et il ne compte pas accepter un rabais selon les dernières indications.

Pour les Clippers, ce transfert représenterait un pari risqué sur Parker pour l’année prochaine. Alternativement, ils pourraient demander à inclure Malcolm Brogdon ou Thon Maker (un autre pari risqué) dans l’échange, soit avec Parker et Henson, soit avec Henson et un autre mauvais contrat, comme Mirza Teletovic ou Matthew Dellavedova. Dans cette dernière configuration, les Bucks devraient certainement inclure un futur tour de draft, en sachant qu’ils en ont déjà envoyé un dans le transfert de Bledsoe.

Reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle pour Milwaukee. Jordan a vu son efficacité offensive chuter en l’absence de Chris Paul et rétrécirait l’espace dans la raquette pour Giannis Antetokounmpo et Bledsoe. En outre, DeAndre deviendra certainement un agent libre en fin de saison et il faudra alors décider de le resigner ou non. La connexion Jeff Schwartz pourrait « aider » Jordan à activer son option de joueur pour l’année prochaine et rendre le deal plus acceptable pour les Bucks.

Autre point à considérer : Milwaukee joue bien depuis l’arrivée de Bledsoe et pourrait se laisser convaincre de ne pas chambouler l’effectif d’ici la clôture du marché. L’équipe continue de donner un maximum de tirs près du cercle à ses adversaires (32,2% selon Basketball-reference.com) mais les défend plutôt bien (63,5% de réussite, 8ème rang de la NBA). Les Bucks ont également commencé à corriger le tir en matière de défense des tirs à 3 points. L’arrivée d’un spécialiste de la défense de la peinture dont l’intégration offensive peut devenir un challenge n’est peut-être pas si cruciale que cela, surtout si le prix à payer s’avère disproportionné (Parker + Brogdon).

 

Miami Heat

 

Aux portes des Playoffs avec un bilan proche de l’équilibre (15 victoires pour 14 défaites), le Heat n’est pas en bonne posture pour prendre des décisions drastiques. Les leçons de la saison dernière pourraient également inciter le Front Office à garder patience en attendant de voir si l’équipe décolle à nouveau sur la deuxième partie de saison.

Le problème de Miami se joue à plus long terme. La franchise n’a pas de marges de manœuvre financière pour se renforcer sur le marché des agents libres l’été prochain, la faute en particulier au contrat de Tyler Johnson (18,8 millions de dollars en 2018-19, 19,6 millions la saison suivante). La situation financière du Heat pourrait même rester compromise en 2019-20 si Hassan Whiteside et Goran Dragic choisissent d’activer leur option de joueur.

Reste à savoir qui accepterait de prendre le contrat de Tyler Johnson… Compte tenu de sa faible production en sortie de banc et du montant qui lui est dû sur les deux prochaines saisons, Miami devrait avoir toutes les peines du monde à trouver un partenaire. Même Brooklyn, qui a forcé la main du Heat originellement avec cette poison pill et qui n’a pas eu peur de récupérer de tels contrats pour glaner quelques tours de draft au passage, devrait avoir quelques réticences. De plus, si un tel échange était envisagé, cela coûterait certainement cher à Miami en termes de tours de draft et le Heat ne peut pas vraiment se le permettre : sa sélection du premier tour 2018 devrait revenir aux Suns (protégée top 7), de même que sa sélection de 2021 (non protégée). Gaspiller un nouveau tour de draft pour se débarrasser du contrat de Johnson paraît contre-indiqué.

Plus globalement, le Heat ne manque pas de « gros » contrats mais aura certainement du mal à trouver preneur. James Johnson (13,9 millions de dollars), Dion Waiters (11 millions) et Kelly Olynyk (10,6 millions) sont désormais éligibles à un transfert mais leurs contrats courent jusqu’en 2020 minimum. Obtenir des joueurs de valeur en échange semble compromis. En outre, il s’agit de pièces importantes de la rotation d’Erik Spoelstra : à moins que le Heat ne s’écroule d’ici le 8 février, ils ne seront pas échangés contre « rien » d’ici là.

Reste une alternative envisageable : le transfert d’Hassan Whiteside. Le pivot connaît des hauts et des bas cette saison. Les blessures ne l’ont pas aidé mais il a également donné des signes d’inquiétude sur le parquet, symbolisés par sa mise au ban à Golden State par exemple. Au-delà de l’anecdote, il a joué exactement au niveau d’un remplaçant moyen sur les quinze matchs auxquels il a participé d’après Basketball-reference.com et pénalise l’efficacité offensive du Heat lorsqu’il est présent. Il impacte positivement la défense mais Miami pourrait choisir de le transférer à un an et demi de la fin (potentielle) de son contrat pour obtenir le meilleur retour possible.

Dans ce cadre, il pourrait lui aussi être un candidat pour occuper la raquette des Bucks, en échange de John Henson, Jabari Parker et Rashad Vaughn par exemple. La flexibilité salariale du Heat n’en ressortirait pas grandement améliorée à cause des trois ans de contrat de Henson cela étant, sans compter sur ce qu’il adviendra de Parker. Miami pourrait également tenter la piste Washington avec Marcin Gortat et Markieff Morris (deux ans de contrat chacun). Le deal n’est cependant pas idéal pour l’un comme pour l’autre, d’autant qu’il ne règle pas le vrai problème des Wizards, à savoir le contrat de Ian Mahinmi.

Pat Riley pourrait éventuellement toquer à la porte des Clippers pour échanger Whiteside avec DeAndre Jordan. En partant du principe que Jordan testera le marché cet été, le Heat libérerait plus de 20 millions de dollars sur son cap salarial pour la saison prochaine sans mettre à mal sa chance de jouer les Playoffs cette année. Mais les Clippers ne devraient pas se montrer intéressés, à moins de vouloir doubler la mise sur leur effectif actuel.

En définitive, tout dépendra des résultats du Heat sur le parquet dans les semaines à venir. Si Miami s’installe durablement dans la course aux Playoffs, au-delà des deux dernières places promises à une rencontre contre les Cavaliers ou Celtics au premier tour, l’effectif pourrait très bien ne pas bouger. Dans le cas contraire, il sera peut-être déjà temps de prendre des décisions difficiles, sans attendre l’été prochain.

 

Charlotte Hornets

 

Les Hornets passent un peu inaperçus en général et cela leur va très bien pour le moment. En dehors du Tennessee, difficile de trouver pire catastrophe industrielle dans cette saison 2017-18. Charlotte devait consolider son rôle comme candidat sérieux pour atteindre le premier tour des Playoffs avec un peu (beaucoup) de réussite. Après 29 matchs et seulement dix victoires, la franchise de Michael Jordan est pour le moment promise à la loterie 2018.

Les blessures ne les ont pas épargné bien sûr. Nicolas Batum n’est pas véritablement remis de sa blessure au coude, et ça se voit. Cody Zeller sera encore absent un moment. Avec un peu plus de chance, les Hornets seraient probablement à leur place autour des Knicks, Heat et Sixers avec un bilan proche de l’équilibre.

Mais cet effectif aura du mal à aller plus loin. Kemba Walker est un All-Star mais peut difficilement porter son équipe à bout de bras. Dwight Howard soigne ses statistiques mais Charlotte en paye le prix : comme le rappelle Zach Lowe (en anglais), Howard inscrit 0,78 point par possession au poste avec 25% de pertes de balle et sans générer de passes décisives. Autour du duo, Marvin Williams, Michael Kidd-Gilchrist, Frank Kaminsky, Zeller, Batum ou même Jeremy Lamb, auteur d’une bonne saison, ne suffisent pas pour porter Charlotte à une place dans le top 4 et l’avantage du terrain au premier tour.

Bref, les Hornets devraient se montrer à l’écoute de tout échange potentiel ou presque d’ici début février. Ils n’ont malheureusement pas de joueurs en fin de contrat en mesure de leur rapporter gros. Bien malin qui pourra obtenir quelque chose de valeur contre Williams (13,1 millions de dollars) ou Kidd-Gilchrist (13 millions) par exemple, d’autant qu’ils disposent d’une option de joueur pour la saison 2019-20. Lamb (7 millions) devrait susciter davantage d’intérêt mais pas de quoi lancer une vraie rénovation de l’effectif. Même chose pour Kaminsky et son contrat de rookie, si ce n’est que les candidats à un transfert ne devraient pas se bousculer.

Par défaut, la vraie question est celle de l’avenir de Kemba Walker, le meneur devenant agent libre à la fin de la saison prochaine. Howard ne rapporte plus rien sur le marché des transferts (cf. son transfert d’Atlanta cet été) et Batum n’attirera personne à plus de 22 millions de dollars jusqu’en 2021 (option de joueur en dernière année) tant qu’il n’aura pas retrouvé son meilleur niveau.

Walker présente un double intérêt. D’une part, son talent est indéniable, comme l’illustre le niveau de Charlotte en son absence : l’équipe est moins bonne de 24,5 points sur 100 possessions d’après Basketball-reference.com, soit la plus grosse différence On/Off de la ligue. D’autre part, son contrat est attractif, à 12 millions de dollars cette saison et la suivante. On peut ainsi envisager un échange avec une équipe en manque de meneur, comme les Nuggets par exemple.

Charlotte pourrait ainsi envoyer Walker et Kidd-Gilchrist contre Kenneth Faried (pour que les salaires soient équivalents) et un paquet de jeunes composés de Jamal Murray, Juan Hernangomez et Malik Beasley. Pas de quoi faire rêver les fans des Hornets, certes. Mais le contrat de Faried dure une année de moins que celui de Kidd-Gilchrist et Charlotte récupère trois jeunes avec du potentiel, en particulier Murray, pour entourer Malik Monk en vue du futur.

D’autres possibilités plus complexes avec trois ou quatre équipes mériteraient d’être explorées, du moment que Charlotte peut céder un ou plusieurs gros contrats en plus de Walker et que la franchise parvient à mettre la main sur des atouts intéressants pour son futur. Ces derniers s’ajouteraient à une sélection dans le top 10 à la prochaine draft, voire mieux, compte tenu du tanking qui serait engagé sans Walker. Si les Hornets s’engagent dans cette voie, ils ne doivent pas se rater. Un échange populaire sur Twitter enverrait Walker aux Spurs en échange de Patty Mills (éligible à partir du 15 janvier) et Dejounte Murray. Le Front Office de Charlotte doit obtenir plus.

Un tel plan semble cohérent sur le papier pour engager une reconstruction intégrale de l’effectif mais certainement dur à avaler pour l’organisation et ses fans. Les Hornets pourraient alors choisir d’aller dans le sens inverse et se renforcer avant la fin du marché. Ils pourraient par exemple prospecter du côté de Sacramento pour savoir ce qu’il faudra mettre dans la balance pour obtenir George Hill, afin de limiter les dégâts lorsque Walker est sur le banc. L’arrière, qui connaît une saison difficile mais rentre 47% de ses 3 points, s’avérerait également précieux sur les fins de match. On peut même rêver à un 5 composé de Walker, Hill, Batum, Williams et Howard (ou Zeller) pour écarter les défenses un maximum autour de pick&rolls. Lou Williams, en fin de contrat chez les Clippers, pourrait lui aussi aider l’attaque indigente des Hornets (24ème évaluation offensive selon Basketball-reference.com) si Los Angeles décide d’abandonner tout espoir de qualification en Playoffs. Charlotte peut encore aller dans cette direction mais le temps presse pour sauver sa saison et convaincre Walker de rester en Caroline du Nord à la fin de son contrat.

 

Memphis Grizzlies

 

J’ai beaucoup abordé la situation des Grizzlies ces derniers temps (ici et ici). Je continue à croire que Memphis peut potentiellement échapper à la course au top 5 de la prochaine draft. Mais après 16 défaites en 17 matchs, une franchise qui s’appuie sur trois vétérans hautement rémunérés, dont au moins deux en difficulté à cause des blessures, et qui n’a pas les atouts en main pour reconstruire, qu’il s’agisse de jeune talent ou d’espace sous le cap salarial, doit forcément s’interroger sur les possibles transferts à mener pour repartir de l’avant.

Indéniablement, échanger Marc Gasol rapporterait bien davantage que Mike Conley, en raison de ses soucis au tendon d’Achille et d’un contrat énorme, ou Chandler Parsons. Pour autant, l’échange de Gasol ne paraît pas à même de redessiner à lui seul l’avenir des Grizzlies. Idéalement, Memphis devrait obtenir de brillants jeunes joueurs (ceux dont les franchises ne se séparent pas en général) ou un tour de draft bien placé. A cet égard, Cleveland, avec la sélection de Brooklyn, serait un partenaire privilégié pour négocier avec Memphis. Mais pour le moment, les Cavaliers souhaitent conserver le choix des Nets.

A défaut, Memphis devrait regarder d’autres possibilités. Dans l’absolu, la vraie deadline pour les Grizzlies est celle de 2019 car leur sélection du premier tour est protégée top 8 l’année prochaine : au-delà, elle bénéficiera aux Celtics. Cette protection se poursuit en 2020 (top 6) et expire en 2021. L’équipe doit soit se lancer dans le tanking et tout faire pour conserver ses futurs tours de draft avant 2021, soit maximiser sa reconstruction et jouer les Playoffs pour que la perte de la sélection 2019 ou 2020 fasse moins de dégâts.

Atteindre ce dernier objectif n’empêche pas Memphis de viser le fond du classement cette saison. On peut imaginer un scénario dans lequel Gasol reste en place, Conley prend du temps pour se remettre définitivement de ses soucis physiques et l’équipe termine avec un choix dans le top 5 pour repartir dès l’année prochaine autour du duo et du petit nouveau.

Dans ce scénario, les Grizzlies devraient sonder le marché pour Tyreke Evans. L’ancien rookie de l’année fait l’étalage de son talent cette saison, avec l’espoir de signer un futur contrat juteux. Memphis ne pourra pas s’aligner, car l’équipe ne détient pas ses Bird Rights, et manque de flexibilité financière.

On peut alors envisager un échange avec une équipe jouant ou souhaitant jouer les Playoffs à la recherche d’un renfort et prête à mettre le prix pour s’attacher ses services. Les Grizzlies pourraient par exemple obtenir la sélection du premier tour des Wizards, qui manquent de puissance de feu sur le banc, en 2018 ou 2019 avec de légères protections. Cela leur permettrait de renouveler l’effectif à moindre coût, un impératif si Gasol et Conley restent à quai.

D’autres échanges du même ordre peuvent être étudiés avec Green voire James Ennis. Mais l’idée demeure la même : plonger cette saison et liquider des actifs pour pouvoir obtenir de futurs sélections et avoir une chance de compléter l’équipe à moindre coût autour de Gasol, Conley, Parsons et la sélection de 2018.

Pour que la situation se décante, il faudra cependant attendre de savoir qui prendra les rênes de l’organisation. Celui ou ceux qui ressortiront vainqueurs de la bataille pour obtenir le contrôle de la franchise parmi les propriétaires actuels décideront certainement de l’avenir des Grizzlies et de leurs joueurs. Et cette situation ne sera peut-être pas davantage éclaircie d’ici le 8 février 2018.

 

Une version précédente de l’article indiquait à tort que le tour de draft du Thunder devait être transféré au Jazz par les Wolves dans le cadre de l’échange de Ricky Rubio. Cette erreur a été corrigée : le tour de draft du Thunder doit être envoyé par le Jazz aux Wolves si celui-ci tombe en dehors de la loterie. La sélection des Wolves reviendra quant à elle aux Hawks si elle ne figure pas dans le top 14.