A quelques jours de l’annonce de sa décision concernant l’université pour laquelle il jouera la saison prochaine, le prospect phénomène Zion Williamson retrouvait la compétition il y a quelques jours, juste avant de montrer une dernière fois ses talents lors du Spalding Hoophall Classic le week-end dernier, avant l’annonce de sa décision ce samedi 20 janvier. L’occasion de revenir sur ces jours mouvementés pour le joueur, et d’analyser les différents choix qui s’offrent à lui.

Comme tous les ans, la ville de Springfield, dans le Massachusetts, là où se trouve le Basketball Hall of Fame, accueillait ce week-end le Spalding Hoophall Classic, un tournoi d’exhibition pour quelques uns des meilleurs programmes basket lycéens du pays, l’occasion de voir comme chaque année les prodiges de demain en action, comme Cameron Reddish, RJ Barrett, Bol Bol, Anfernee Simons ou encore Zion Williamson. Ce dernier qui après une blessure l’ayant éloigné des terrains pendant près de deux mois était revenu à la compétition quelques jours avant, juste à temps donc pour ce rendez-vous important du début d’année, et surtout juste avant l’annonce de son choix d’université samedi prochain.

Après une victoire jeudi dernier à domicile face à Asheville Christian Academy, l’occasion de se remettre en jambe avec 31 points, Zion Williamson et son équipe de la Spartanburg Day High School se déplaçaient donc à Springfield pour affronter les californiens de Chino Hills, l’histoire donc de retrouvailles ratées avec LaMelo Ball, puisque ce dernier a quitté le lycée pour aller jouer en Lituanie avec son frère LiAngelo. Pas assez pour décourager les fans, car Zion Williamson représente toujours une attraction à lui seule, avec ses dunks ravageurs qui ont déjà fait le tour du web et qui transforment même les échauffements en véritable show pour les spectateurs.

Classé deuxième prospect de la « Class of 2018 » par ESPN, Williamson est l’une des seules recrues majeures à ne pas avoir annoncé sa future destination, et ce match face à Chino Hills était donc aussi l’occasion d’affirmer une dernière fois son statut avant la décision. Et malgré la défaite, Zion Williamson a bien réussi à faire passer son message. Après quelques tentatives à l’extérieur, il revient à son « bread&butter », son pain et son beurre littéralement, et exploite son immense avantage physique et athlétique, en drivant et martelant la raquette adverse, pour finir avec 36 points et une réelle impression de domination.

Au programme de cette semaine maintenant : deux matchs à domicile, avant d’annoncer finalement samedi après-midi, dans le gymnase du lycée, sa décision.

Six programmes sont encore en lice pour accueillir le phénomène de Spartanburg :

Clemson Tigers

Si les Tigers de Clemson ont l’habitude de récupérer facilement les recrues 5 étoiles dans leur programme football, l’un des plus importants du pays (Champions NCAA en 2017 avec notamment le quarterback Deshaun Watson), la réalité est bien différente pour le programme basket, qui n’a jamais pu récupérer un prospect du calibre de Zion Williamson. Et pourtant, Clemson se présente aujourd’hui comme l’un des si ce n’est le favori pour obtenir la signature de la star de Spartanburg.

Et parmi les multiples raisons qui expliquent cela, il y a d’abord, évidemment, la proximité géographique. Clemson est une ville de Caroline du Sud, l’Etat d’origine de Williamson, dont le campus se trouve à une heure de voiture du domicile familial. Pouvoir rester près des siens, et représenter son État pendant son passage à la fac sont des perspectives qui enchantent le joueur et ses proches. Son beau-père, Lee Anderson, a joué dans l’équipe de basket des Tigers dans les années 70. Brad Brownell, le head coach actuel, a repéré Williamson quand il n’avait que 14 ans, et lui a immédiatement fait part de son intérêt, maintenant un contact permanent avec le joueur depuis lors.

Le contexte actuel est également favorable au programme, puisque Clemson est cette saison l’une des belles surprises du championnat, avec un collectif solide, et un départ à 15 victoires pour seulement 2 défaites, qui permet à l’équipe d’être classée 20ème dans le ranking d’Associated Press à ce jour. Williamson a donc l’opportunité de s’intégrer à un système qui marche, et dont il deviendrait la pièce centrale grâce à son talent supérieur.

Engagés dans l’ACC, la conférence la plus compétitive du pays au niveau basket, les Tigers proposeraient aussi une exposition très importante à Williamson, même si la hype qui l’entoure déjà depuis quelques temps le suivra inévitablement quelque soit son choix.

Duke Blue Devils

Comme toujours, depuis quelques années, lorsqu’une recrue d’élite est sur le marché, Mike Krzyzewski et ses assistants, Jeff Capel, Jon Scheyer et autres, sont toujours sur le qui-vive. Non contents d’avoir déjà signé deux ailiers 5 étoiles, RJ Barrett et Cameron Reddish, qui sont au passage classés respectivement #1 et #3 dans le Top 100 d’ESPN, les Devils veulent aussi récupérer le #2, Zion Williamson.

Duke a toujours représenté l’excellence au niveau sportif et académique. La tradition de cette université et la réputation de son coach sont connues de tous, et ont permis au programme basket d’attirer une immense quantité de top prospects, à la manière d’un John Calipari à Kentucky.

L’université se trouve à Durham, en Caroline du Nord, pas extrêmement loin de Spartanburg donc, même si ça reste une petite trotte en voiture.

Mais la candidature des Blue Devils présente quelques faiblesses. La cohabitation avec les deux autres membres du Top 3 de la classe 2018 pourrait être difficile, surtout que les trois ont tous des profils d’ailier. Abondance de bien ne nuirait pas à Coach K, mais elle pourrait brider ces jeunes joueurs.

Le fait d’attirer énormément de gros prospects est un avantage qui comporte lui même un inconvénient. Certains jeunes préfèrent s’orienter vers une fac dans laquelle ils seront plus responsabilisés, où ils seront plus mis en avant, et où ils pourraient écrire leur propre histoire, plutôt que rajouter un chapitre à celle des autres.

Kansas Jayhawks

Kansas est aussi un acteur important du recrutement de Top prospects, les dernières réussites notoires sont connues : Josh Jackson, Andrew Wiggins, Joel Embiid et bien d’autres encore, les Jayhawks finissent presque tous en NBA, aucun doute là dessus.

Le programme représente aussi l’excellence par ses résultats, avec une série en cours de 13 titres consécutifs de champion de la conférence Big 12. Mais cette série est sérieusement mise en danger cette année, puisque la conférence est historiquement forte cette année, avec des équipes de Texas Tech et TCU qui ne cessent d’impressionner, le phénomène Trae Young qui porte Oklahoma toujours plus haut semaine après semaine, et West Virginia qui reste le plus gros poison défensif du pays et qui garde sa régularité au très haut niveau.

La situation pourrait se corser encore plus l’année prochaine, avec un possible départ de l’intégralité du 5 de départ des Jayhawks. Devonte Graham et Svi Mykhailiuk sont en fin de cursus, et Malik Newman, Lagerald Vick et Udoka Azubuike sont tous les trois susceptibles de se présenter à la Draft NBA. Cette situation signifierait beaucoup d’espace pour Williamson, mais aussi des doutes face à une situation quasi inédite pour le programme dirigé par Bill Self.

Autre red flag, les passages difficiles de certaines recrues star à Kansas ces dernières années. Billy Preston, le dernier en date, n’a toujours pas joué cette saison, après avoir été impliqué dans un accident de la route juste avant le début de saison, à cause duquel il est soumis à une enquête. D’autres anciens gros prospects ne gardent pas un très bon souvenir de leur passage, comme Cheick Diallo, l’intérieur des New Orleans Pelicans, qui a connu des problèmes d’éligibilité auprès de la NCAA au début de sa saison freshman, avant d’être autorisé à jouer quelques semaines après le début de la saison. Malgré des débuts impressionnants, Bill Self ne lui a jamais vraiment donné sa chance, limitant toujours ses minutes, même quand ses passages étaient très bons. Finalement, le malien est parti au bout d’une saison, ne laissant pas un souvenir impérissable auprès des fans. Cliff Alexander a lui connu pire encore, puisqu’il est passé en un an du statut de star lycéenne à celui de bust absolu, quittant le campus après une saison pour rejoindre la NBA. Non drafté, il galère depuis plusieurs saisons en G League.

Kentucky Wildcats

Si ses qualités de tacticien sont souvent remises en question, les talents de recruteur de John Calipari sont eux bien réels et reconnus. Après avoir formé un certain Derrick Rose à Memphis, il a depuis son arrivée à Kentucky en 2009 toujours apporté des recrues de très haut calibre à Lexington et leur a proposé un accompagnement complet vers la NBA, formation express de « one&done » garantie. Depuis 2010, 31 (!!) Wildcats ont été draftés, la plupart après seulement une saison à la fac.

Le campus de Kentucky respire le basket, sa salle, la Rupp Arena, dans laquelle le record du monde de décibels dans une salle fermée a été battu la saison dernière, est une des plus chaudes du pays, son public est toujours bouillant et fait preuve d’une ferveur rare.

L’équipe est particulièrement jeune cette saison, composée comme à chaque fois de beaucoup de freshmen, des recrues 5 étoiles bien évidemment, mais manque cette fois-ci de quelques vétérans comme c’était le cas ces dernières années. Tous les jeunes joueurs de la classe 2017 n’ont pas forcément un profil de « one&done », et il est tout à fait envisageable de voir un joueur comme Quade Green revenir pour une deuxième saison. L’équipe aura probablement plus d’expérience l’an prochain, et profitera toujours de son injection annuelle de talent, puisque deux recrues 5 étoiles se sont déjà engagées : le meneur Immanuel Quickley (#12, ESPN) et l’ailier Keldon Johnson (#7, ESPN).

Le label Kentucky est toujours gage de garantie pour un potentiel one&done comme Zion Williamson. John Calipari voudra sûrement frapper fort, et il s’agit là de sa dernière chance pour le faire. Les commitments surprenants ne sont pas rares pour le gominé le plus célèbre du basket américain, celui de Kevin Knox, par exemple, il y a quelques mois, avait beaucoup surpris. Finalement, voir Zion Williamson brandir un maillot bleu foncé samedi prochain ne serait plus réellement surprenant.

North Carolina Tar Heels

Géographiquement, UNC présente forcément les mêmes avantages que son grand rival de Duke. Sportivement, la situation est là aussi similaire, avec la possibilité de briller dans une place forte de l’ACC et du basket universitaire. Avec Luke Maye, Williamson pourrait former l’un des duos les plus redoutables du pays et prétendre au titre national, dans une équipe qui est aujourd’hui tenante du titre.

Les Tar Heels auront logiquement une équipe très compétitive la saison prochaine, malgré la fin de cursus de leur leader Joel Berry II. En plus de Luke Maye, l’ailier Cameron Johnson et les jeunes intérieurs Sterling Manley et Garrison Brooks seront de retour avec une meilleure connaissance du système. L’arrière Kenny Williams sera encore éligible, et le meneur Jalek Felton, le neveu de Raymond Felton, qui est une recrue 5 étoiles, pourra reprendre la mène avec le départ de Berry. Zion Williamson viendrait apporter à ce collectif la dernière pièce nécéssaire pour en faire un grand favori à la victoire finale.

Comme à Duke et Kansas, il pourrait être coaché par un Hall of Famer en la personne de Roy Williams. Si UNC ne part pas favori, les Tar Heels ont cette semaine un dernier rendez-vous prévu avec Williamson, l’occasion peut être, de sortir un dernier argument pour convaincre le joueur.

South Carolina Gamecocks

La candidature de South Carolina est l’une des plus intéressantes. D’abord parce que, comme Clemson, c’est une fac locale, et qu’elle présente donc l’avantage de la proximité géographique et la possibilité de défendre des couleurs locales.

Si l’équipe connait quelques difficultés cette saison, après la perte de ses deux meilleurs joueurs, Sindarius Thornwell et PJ Dozier, elle reste néanmoins sur une surprenante participation au Final Four, une énième preuve du savoir-faire de son head coach Frank Martin.

SC a aussi apporté un ultime argument de poids à sa candidature, en annonçant l’inscription de l’ailier Brian Bowen à l’université. Son éligibilité pour la saison prochaine n’est pas garantie, puisque cette recrue 5 étoiles de la classe 2017 s’est retrouvée au centre du scandale et de l’enquête du FBI, qui a mené au limogeage de Rick Pitino à Louisville, l’université dans laquelle Bowen s’était engagé dans un premier temps. Mais d’après l’enquête fédérale, la famille du joueur aurait reçu un versement de 100 000 dollars par adidas pour l’inciter à rejoindre la fac.

La possibilité d’allier ces deux profils ultra talentueux et surtout complémentaires serait une formidable opportunité pour les Gamecocks, et c’est également une possibilité qui pourrait faire réfléchir Zion Williamson.