Si le Conseil de classe du premier semestre a déjà distribué les bons points et les félicitations aux bons élèves, il est désormais temps de s’attaquer aux cancres de la ligue. Ces joueurs qui, pour diverses raisons, nous ont déçus et doivent se reprendre très rapidement, sous peine d’être lourdement sanctionné en fin de saison. Aller, chacun son tour.

Le changement de section n’a pas fait du bien : blâme

Il est facile de taper sur Carmelo Anthony (17.6 pts, 5.9 rbds, 1.5 passes) à nouveau. Mais comment éviter de mentionner son cas dans les déceptions de la saison ? Arrivé à OKC pour devenir un homme nouveau, lieutenant de Russell Westbrook, Melo devait profiter d’un rôle défini, celui qu’il affectionne le plus : scorer, torturer les défenses, et laisser le jeu venir à lui. Pourtant, l’ancienne idole des Nuggets peine à trouver sa place, lui qui affiche des pourcentages tout à fait moyens (42%, sa plus mauvaise marque en carrière), et qui a rarement fourni des prestations convaincantes. Le Big Three du Thunder ne tourne pas rond comme il l’aurait dû, et nombreux sont ceux qui réclament une mise au banc de Carmelo, dans un rôle de 6ème homme leader de la 2nd unit. Son compère Paul George (20.4 pts, 5.5 rbds, 3 passes) mérite lui aussi sa place dans ce papier, en baisse dans toutes les catégories statistiques, mais qui compense heureusement par une défense toujours aussi asphyxiante pour les adversaires. Le débat éternel à OKC : « est-ce qu’il est difficile de jouer aux côtés de Westbrook? ». Chacun son avis sur la question, mais toujours est-il que les deux anciennes stars des Knicks et des Pacers ne semblent pas à l’aise en lieutenants du marsupial.

Parmi les autres joueurs ayant changé d’écurie et ne répondant pas aux attentes, prenons le cas Ricky Rubio (11.3 prs, 4 rbds, 4.8 passes). Souvent bon à Minnesota malgré ses problèmes de shoot, le meneur espagnol a rejoint le Jazz cet été dans le cadre d’un trade. Et si l’on prévoyait les faiblesses évidentes de Utah sur le plan offensif, Rubio n’apporte rien pour changer la donne. Sa moyenne de passes a lourdement chuté, et ses pourcentages sont encore plus mauvais qu’à l’habitude (39.1% dont 29.7% de loin…). Il traverse cette saison dans un anonymat total, alors que plusieurs observateurs lui accordait un certain crédit au sein de cette équipe d’Utah, fournie en snipers. Ricky a toujours fait partie des bons élèves, discrets et loin des cadors, mais de ceux qui rendent souvent des copies propres. Cette année, il est clairement à la traîne.

Et si Utah a jeté son dévolu sur l’espagnol, c’est pour compenser la perte de George Hill (10.5 pts, 3 rbds, 2.7 passes), parti chez les Kings cet été après une saison de bonne facture chez les Mormons. Une saison en trompe l’œil, probablement due à sa fin de contrat, car maintenant qu’il a signé un beau chèque du côté de Sacramento, le meneur est retombé dans ses travers. Moins de tirs, moins de passes, et bien sûr moins de points, la saison de Hill est tout simplement catastrophique. Et si sa présence était en partie responsable des « espoirs » placés en Sacramento en début de saison, il n’apporte aujourd’hui rien à l’équipe malgré ses 27 minutes de moyenne sur les parquets.

Les bons élèves en perdition : avertissements

John Wall (19.5 pts, 3.6 rbds, 9.3 passes) sera le premier à passer à la moulinette. Trop irrégulier, absent pendant plusieurs matchs, et dont l’impact sur les Wizards se fait moins ressentir, tout est réuni pour le placer dans les déceptions de ce premier semestre. Bradley Beal a beau prendre le relais, Washington plafonne lorsque Wall n’affiche pas son vrai niveau, démontré la saison passée notamment. Pour lui aussi, toutes les statistiques sont en baisse, avec plus de 3 pts de moyenne en moins, et presque 2 caviars de moins. Nombreux sont ceux qui ne l’envoient même pas au All-Star Game, lui préférant son compère des Wizards ou Victor Oladipo.

Dans le marasme des Hornets, nous sommes obligés de taper sur Kemba Walker (21.7 pts, 3.3 rbds, 5.8 passes) et malheureusement Nicolas Batum (10.4 pts, 4.2 rbds, 4.7 passes). Le meneur est loin de ses standards offensifs affichés la saison dernière, avec une moyenne de points inférieures, moins de cartons au scoring, et des pourcentages en nette baisse (42.4%, soit 2 points de moins, et une chute de 5% à 3pts, avec seulement 34.9% de loin). Moins régulier, moins décisif, il s’est montré incapable de sortir Charlotte de son mauvais semestre, et se retrouve même placé sur la liste des transferts depuis quelques heures. Nico Batum ne peut pas être épargné. Certes, l’ailier français est gêné par une blessure au coude qui l’a maintenu éloigné des terrains pendant plusieurs semaines, mais son impact est clairement en-deçà de ses habitudes. La chute statistiques est très lourde, et Nico ne tire qu’à 28% du parking… De fait, son apport offensif s’en trouve limité, et les Hornets en payent le prix.

A Toronto, tout va pour le mieux pour les Raptors, portés par un DeRozan en feu. Ce n’est pas le cas de leur meneur, Kyle Lowry (16.4 pts, 6.1 rbds, 6.8 passes), qui s’est vu offrir un énorme contrat cet été, et qui ne rend pas vraiment l’ascenseur à ses dirigeants. Irrégulier, inefficace, Lowry manque d’impact sur son équipe, bien loin de son meilleur niveau. 6 points de moins, des pourcentages en nette baisse (seulement 41.9%, soit une baisse de près de 5%), le meneur agace par sa nonchalance et l’impression qu’il donne de ne pas donner tout ce qu’il a. Il va falloir retrouver plus d’efficacité et mieux accompagner son copain du backcourt, car la promotion accordée cet été n’est aujourd’hui pas du tout justifiée !

Retour à l’Ouest, plus précisément à Memphis. Chez les Grizzlies, la mine est bien basse ces temps-ci, et le niveau de Marc Gasol (18.1 pts, 8.6 rbds, 4 passes) n’arrange pas les choses, bien au contraire. Certes, il n’est pas aidé par un effectif limité en talent, notamment offensif. Mais les polémiques autour de sa relation avec David Fizdale, qui ont d’ailleurs conduit au limogeage de ce dernier – alors qu’il était plutôt apprécié des fans et difficilement attaquable – ainsi que certaines déclarations dans les médias nous ont rendu mécontents à son sujet. Le pivot espagnol s’est dispersé pendant ce semestre, entre piques à ses coéquipiers concernant les fins de match ou insistance sur son « envie de gagner » (ailleurs, donc). Pourtant, Memphis a bien besoin de lui pour tenter de sortir du bourbier dans lequel la franchise est fourrée…

Le dernier cas est légèrement différent, car plus compliqué à traiter. Il se trouve dans le Colorado, du côté de Denver, et se nomme Nikola Jokic (16.2 pts, 10.2 rbds, 5.0 passes). Auteur d’une superbe saison 2016/2017, le pivot des Nuggets était attendu au tournant cette année, censée être celle de la confirmation. Et si l’on a aucun doute sur les qualités et le talent immense du garçon, le conseil est en droit d’espérer plus de Jokic. Pourtant, nous lui accordons une tolérance plus importante, car les facteurs pouvant expliquer cette méforme sont nombreux. Arrivée d’un intérieur dominant à ses côtés (Paul Millsap), mauvaise utilisation par Mike Malone, blessure en début de semestre… Nikola bénéficie d’un délai supplémentaire, mais doit vite se reprendre pour mener les siens en Playoffs, objectif affiché de la saison à Denver. Et améliorer ses pourcentages au tir, lui qui a perdu 10 points de réussite (47.6%).

Confirmation ratée, redoublement en vue

Plusieurs joueurs avaient montré de belles choses la saison dernière, mais peinent à confirmer les espoirs placés en eux. A commencer par Jusuf Nurkic (14.5 pts, 8 rbds, 1.8 passes). Oui, sa moyenne de points a augmenté, mais ses minutes aussi, lui qui a connu des mois de galère à Denver avant de rejoindre les Blazers. Surtout, le pivot a démontré tout son talent en fin de saison passée, notamment en attaque, et la franchise place beaucoup d’attentes sur lui. Pourtant, s’il est finalement très correct en défense, il n’apporte pas suffisamment en attaque, avec des pourcentages en baisse et une régularité qui laisse à désirer. Il a tous les atouts pour bien figurer parmi les intérieurs NBA, à lui d’utiliser ses qualités techniques pour y parvenir.

A Detroit, le cas de Stanley Johnson (7.2 pts, 3.6 rbds, 1.4 passes) interroge les fans. Propulsé titulaire en début de saison par Stan Van Gundy, le jeune ailier était destiné à remplir un rôle essentiel de défenseur apportant quelques points. Pourtant, Johnson semble se perdre au fil de cette saison, n’atteignant même pas les 30% derrière l’arc, et ayant perdu sa place de titulaire au profit de Reggie Bullock. Souvent pointé du doigt pour quelques écarts de comportement ou de concentration, il est même cité dans les rumeurs de trade, les fans ne lui prêtant plus vraiment un avenir à Detroit.

Dernier élève en difficultés, Dion Waiters (14.3 pts, 2.6 rbds, 3.8 passes) n’a plus du tout le même impact que la saison passée. Moins de points, pourcentages en baisse (39.8% soit près de 3% en moins, et 30.6% derrière l’arc contre 39.5% l’an dernier), l’arrière a certes été diminué par une blessure et absent une grosse dizaine de matchs, mais il est loin de son niveau affiché après le mois de janvier 2017. Pat Riley lui a fait confiance, en lui offrant 52 millions de dollars sur 4 ans cet été. A lui de retrouver ses qualités et de fournir à nouveau les prestations dont il est capable pour son retour d’opération.

C’est la fin de ce Conseil de classe. Les mauvais élèves ont un semestre pour se rattraper et fournir de meilleures copies, sous peine de se voir infliger un redoublement l’été prochain. Leurs camarades auront besoin d’eux pour accéder aux examens finaux d’avril, et il leur faudra redoubler d’efforts pour intégrer les bonnes mentions en fin de saison.