En tant que fan de basket, on passe notre temps à fantasmer sur les highlights de nos joueurs préférés, sur la destinée de nos équipes favorites et sur les nombreux divertissements qui composent notre ligue adorée. Mais on l’oublie bien trop souvent, tous ces événements se déroulent dans des lieux aussi mythiques que grandioses. Les salles NBA sont le théâtre de cette passion qui nous anime. Ce sont elles qui fournissent le premier frisson dans un NBATrip quand on découvre leurs silhouettes au détour d’un bloc en allant au match. C’est ici que le rêve commence.
Alors quelle est la plus titrée, la plus grande ou encore celle qui accueille des matchs NBA depuis le plus longtemps… ? On vous propose ici un tour d’horizon de ces fantastiques monuments.

CAPACITES

Démarrons par la caractéristique la plus basique, le nombre de places. Longtemps, la volonté des villes américaines a été de construire des salles immenses capables d’accueillir le plus de spectateurs dans un souci évidemment de faire un maximum de business aux cotés des franchises. La NBA profite donc d’un parc imposant et à la pointe d’un point de vue logistique, car elles ne servent pas qu’au basket mais aussi pour d’autres sports à commencer par le hockey. Qui n’a jamais halluciné en voyant ces vidéos sur le net avec le retrait du parquet pour laisser place à la patinoire (NHL to NBA) ? Le taux d’occupation des salles est donc très élevé puisqu’on pourra en somme y voir toutes sortes de manifestations allant du simple concert aux meetings politiques en passant par les grands rassemblements religieux. La plus fréquentée est le Staples Center de Los Angeles qui n’accueille pas moins de 250 événements par an pour 4 millions de visiteurs annuels. Il faut dire aussi que c’est la seule enceinte à héberger 4 franchises professionnelles (Lakers, Clippers, Sparks pour le basket et les Kings pour le Hockey). Pour autant, la salle la plus occupée n’est pas celle de Los Angeles mais bien la Quicken Loans Arena de Cleveland qui est occupée plus de 250 jours par an mais pour beaucoup moins de visiteurs que son équivalent californien. En somme, ces structures sont avant tout des lieux de rassemblement à l’échelle des villes où elles sont implantées, dont la population se compte souvent en millions.

Mais bon, revenons à ce qui nous intéresse le plus. Une configuration NBA fait en moyenne 19.000 places, la plus grande est celle du United Center de Chicago avec près de 21.000 places et la plus petite celle de la Smoothie King Arena de La Nouvelle-Orléans avec un peu moins de 17.000 places. Aujourd’hui, les franchises ne cherchent plus forcément à construire la plus grande arène possible mais souhaitent renforcer l’expérience client avec des offres diversifiées et notamment le segment premium, plus rémunérateur mais qui occupe plus de surface (loges, restaurants, bars et autres sections VIP). Le nombre de places a donc tendance à réduire au gré des rénovations et des nouveaux projets. Les Hawks d’Atlanta ont ainsi sacrifié 2500 places derrière un des paniers pour créer un fan bar.

Le United Center de Chicago

AFFLUENCES

Les méthodes de calcul sont trop complexes pour décerner le titre de numéro 1 (plus d’infos ici : NBA Attendance Report by ESPN). Avec la plus grande salle, les Bulls arrivent encore, même avec des résultats médiocres, à avoir le plus important volume de spectateurs cette saison. Dans un contexte similaire en terme de résultats, les Kings de Sacramento atteignent un taux de remplissage élevé grâce à leur salle flambant neuve, le Golden 1 Center, et à leur public très fidèle tout comme les Mavericks de Dallas qui grâce à une politique de prix très bas et à un volume de billets offerts important remplissent très souvent l’American Airlines Center. On retrouvera évidemment ensuite dans les premières places les franchises qui occupent les premiers rôles dans la ligue comme les Warriors et les Cavs mais aussi les Raptors et les Sixers dont la fidélité des fans n’est plus à démontrer. A l’inverse, les Pistons, revenus à Detroit pour participer à la redynamisation du centre-ville, éprouvent beaucoup de mal à remplir leur nouvelle salle et enchaînent les matchs avec l’affluence la plus faible de la ligue.

Le record d’affluence pour un match de saison régulière NBA a été réalisé lors du Atlanta Hawks-Chicago Bulls du 27 mars 1998 avec 62.046 spectateurs au Georgia Dome, détruit il y a quelques semaines, un stade de football américain utilisé par les Hawks entre 1997 et 1999 en attendant la fin des travaux de la Philips Arena. C’est d’ailleurs dans un autre stade de football américain qu’un autre record d’affluence NBA a été battu quand la ligue a décidé d’organiser le All Star Game dans le stade des Dallas Cowboys à Arlington sous les yeux de 108.713 spectateurs.

All Star Week-end au sein du stade des Cowboys

A ce propos,d’autres franchises ont carrément élu domicile dans ce type de salle omnisports immenses durant leur histoire. A commencer par les San Antonio Spurs, à l’Alamodome de 1993 à 2002, et les Detroit Pistons au Silverdome de 1978 à 1988. Très intéressant pour vendre un maximum de billets mais pas toujours optimal pour avoir la meilleure vue.

Au niveau du record de matchs consécutifs joués à guichet fermé, il revient aux Blazers de Portland soutenus par près de 13.000 personnes durant 18 saisons (de 1977 à 1995) au Memorial Coliseum.

A qui revient alors le pire record ? Eh bien comme un mauvais clin d’œil à la situation actuelle des Pistons, il aurait été enregistré contre les Warriors à Fort Wayne avec à peine 741 spectateurs le 4 mars 1965.

Sachez enfin que les équipes NBA n’ont pas la palme sur ces créneaux. En effet, pour la capacité comme pour l’affluence c’est dans le basket universitaire qu’il faut chercher. A commencer par le gigantesque et bien connu Carrier Dome de l’université de Syracuse et ces 33.000 places en configuration basket. Les enceintes, certes moins imposantes, de North Carolina, Kentuky ou Louisville sont tout aussi impressionnantes et pleine à craquer les soirs de matchs.

Le Carrier Dome de Syracuse

Et la G-League et la WNBA alors ?

Les joueurs de la ligue de développement de notre chère NBA évoluent évidemment dans des salles beaucoup moins prestigieuses et devant moins de spectateurs à une exception près, l’équipe affiliée aux Hornets, le Swarm qui est hébergé au Greensboro Coliseum Complex qui compte plus de 23.000 places et accueille d’ailleurs chaque saison des matchs de préparations des Hornets.

Quant à la WNBA, l’affluence ne cesse de croître de saison en saison avec une moyenne de 7.800 spectateurs, bien aidée par les deux derniers finalistes, les Sparks de L.A (plus de 11.000 en moyenne) et le Lynx de Minneapolis (plus de 10.000).

L’ENVIRONNEMENT

La plupart de salles NBA se situe en centre-ville ou en proche périphérie à l’inverse de beaucoup de franchises de NFL et MLB habituées à évoluer en banlieue un peu plus lointaines dans des stades immenses. Une seule exception existait encore récemment avec les Pistons de Detroit avant la construction de la Little Caesars Arena puisque le Palace d’Auburn Hills est situé à une quarantaine de kilomètres de Motown. Le basket est un sport indoor dont les structures sont encore facilement intégrables au paysage urbain pour permettre à tous les publics de venir assister au show et ça, beaucoup de stars l’ont compris dans les grandes mégalopoles. Les villes les plus sportives ont aussi parfois pris l’habitude de construire des zones où l’ensemble des stades est présent comme au South Philadephia Sports Complex où les 4 franchises de la ville évoluent (NBA, NHL, MLB, NFL). C’est juste incroyable à visiter… Un autre exemple existe à Oakland où les Warriors ont pour voisins les Raiders (NFL) et les A’s (MLB) qui partagent le Alameda County Coliseum. Une situation qui touchera à sa fin avec le déménagement des Dubs à San Francisco et des Raiders à Las Vegas dans quelques mois. Il faut avouer qu’il est temps pour les champions NBA d’évoluer dans une salle plus récente et aux abords plus agréables…

Dans un style 100% basket, baladez-vous dans le centre de Milwaukee et vous verrez dans la même rue l’ancienne salle des Bucks, la U.S Cellular Arena, l’actuelle, le BMO Harris Bradley Center et la future, le Wisconsin Entertainment Center (!)

Passé, présent, futur à Milwaukee

LA DOYENNE

Quand on pense aux salles les plus vieilles ou les plus mythiques, pour prendre un terme plus flatteur, on pense tout de suite au Madison Square Garden. En effet, chaque visiteur qui entre dans The Mecca ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour ceux qui y sont passés. Du pape à Mohammed Ali en passant par les plus grands sportifs et chanteurs comme Elvis, toutes les stars ont fréquenté ce temple en tant que performer et/ou spectateur. Pour autant, vous serez peut-être surpris d’apprendre que ce n’est pas la salle la plus vieille mais bien l’Oracle Arena d’Oakland ouverte deux ans avant le MSG. Mais à partir de la saison 2019-2020 et l’inauguration du Chase Center pour les Warriors, le Madison Square Garden deviendra donc la doyenne de la ligue et surtout la salle ayant connu le plus de matchs NBA.

Le Madison Square Garden de New-York

LES PLUS TITREE ET LES REGRETTEES

Dans les salles « actives » le Staples Center inauguré en 1999 cumule 5 titres pour la NBA juste devant le AT&T Center et les 4 titres des San Antonio Spurs entre 2003 et 2014. Même constat tous sports confondus avec 10 titres majeurs au plafond, 5 pour les Lakers (NBA), 3 pour les Sparks (WNBA) et 2 pour les Kings (NHL). Oui, il est temps pour les Clippers de se trouver un « chez eux »… Pour autant, le Staples Center n’est pour l’instant toujours pas au niveau de l’ancienne demeure des Lakers, le Forum d’Inglewood, qui a lui connu 6 titres NBA. Une ville justement qui pourrait voir revenir la NBA si l’autre franchise de la ville venait à déménager dans les années à venir…

On aura ici une pensée pour le regretté Boston Garden détruit en 1997 qui a vu 19 NBA Finals (et 16 Stanley Cup Finals en NHL) pour 16 titres ainsi que pour le Chicago Stadium, détruit en 1995, qui a vu naitre le meilleur joueur de l’histoire.

Le Boston Garden
Le Chicago Stadium.

LES PROJETS À VENIR

Après les Kings de Sacramento il y a 2 ans avec le superbe Golden 1 Center et plus récemment les Pistons de Detroit et leur Little Caesars Arena, ce sera bientôt au tour des Bucks de Milwaukee de s’installer dans une nouvelle structure le Wisconsin Entertainment Center. A partir de la saison 2019-2020 les Warriors intégreront quant à eux le très attendu Chase Center cette fois-ci de l’autre côté de la baie à San Francisco, non loin du AT&T Park, l’antre le la mythique franchise des Giants (MLB). Quand aux Clippers et un éventuel déménagement vers Inglewood, les discussions semblent toujours en cours.

Le futur Chase Center de San Francisco

On assiste aussi régulièrement à des rénovations comme pour le MSG de 2010 à 2013 ou la Philips Arena actuellement. La prochaine sur la liste étant la Quicken Loans Arena de Cleveland en vue de devenir une candidate sérieuse à la réception d’un All Star Weekend. Enfin, comment ne pas évoquer la récente validation de la rénovation de la Key Arena de Seattle, malheureusement plutôt destinée à la NHL dans un premier temps… (Bring Back Our Sonics !!!)

LES NOMS DE SALLE ET LA « TRADITION » DU NAMING

S’il est arrivé récemment en France pour les noms de stade de foot et de rugby notamment, le naming est pratiqué depuis bien plus longtemps Outre-Atlantique (ah ces ricains, ils sont vraiment trop forts !). Et toutes les franchises y ont cédé, à l’exception du MSG – dont le nom est tout de même accompagné du logo CHASE sur le parquet des New-York Knicks. Vous êtes plutôt CENTER ou ARENA (comme 90% des salles) ? Ou préférez-vous peut-être l’appellation GARDEN beaucoup plus bucolique comme à Boston ou NYC ? Seule l’enceinte des Pacers, le Bankers Life Fieldhouse fait exception. Pas évident en fait d’être original quand on est associé à une multinationale qui vous offre des millions de dollars en échanges d’une signalétique toute neuve. Moins évident encore quand vous changez souvent de nom. Sans surprise vu l’âge de la salle, c’est à Oakland que les changements de noms sont les plus nombreux (4 fois). Plusieurs n’ont jamais changé car très fidèles au partenaire du naming en question comme à Chicago lié à la compagnie aérienne UNITED depuis son inauguration en 1994. Une autre compagnie aérienne, American Airlines, a choisi de ne pas trancher dans le débat ARENA ou CENTER en s’offrant les deux à Miami et Dallas, signés pour respectivement 20 et 30 ans fin des années 90.

QUELQUES ANECDOTES

Les salles NBA font donc partie intégrante de l’organisation des franchises et se révèlent parfois être des acteurs majeurs de l’histoire. Dans les années 80 notamment, la vétusté voire l’insalubrité de certaines, à commencer par le Boston Garden, était très souvent utiliser à bon escient afin de mettre l’équipe adverse dans de mauvaises conditions. Vous trouverez quelques passages descriptifs de cette ambiance dans le livre de Magic Johnson « My life ». Encore aujourd’hui, Gregg Popovich, le head coach des Spurs, est réputé pour bien connaitre les entrailles et la chaufferie de l’AT&T Center… LeBron James en a largement fait les frais lors de sa visite pour le game 1 des NBA Finals à San Antonio, en constatant les gros problèmes de climatisation dans la salle.

Il peut aussi malheureusement arriver qu’une franchise soit carrément privée de salle pour une durée indéterminée. Rappelez-vous que l’actuelle Chesapeake Energy Arena avait déjà goûté aux plaisirs de la NBA entre 2005 et 2007 pour environ 70 matchs, bien avant le déménagement des Sonics à OKC, en accueillant les New Orleans Hornets dans l’impossibilité de jouer à la New Orleans Arena ravagée par l’ouragan Katrina durant l’été 2005.

Les salles réservent également d’autres surprises puisqu’on apprenait récemment lors de la dernière visite des Rockets chez les Clippers que le Staples Center comptait quelques passages secrets au point de permettre à Chris Paul, un ancien de la maison, d’emmener son nouveau crew jusqu’à l’intérieur des vestiaires adverses.

Enfin, sachez qu’une salle NBA peut également rentrer dans le Guiness Book des records comme ce fut le cas pour l’American Airlines Center à Dallas dont le ruban d’inauguration fut le plus long du monde à l’époque (sacré Mark Cuban!)

Nous n’avons pas parlé « ambiance » dans cet article car c’est une donnée bien trop subjective, même si l’on connaît la passion du public dans les petits marchés, mais nous vous invitons bien entendu à aller prendre directement la température sur place. A toutes fins utiles, vous trouverez un autre de nos articles sur ce site à ce sujet pour vous y aider 😉

NBAers

Pour plus de détails avec en plus les salles utilisées pour les NBA Global Games et l’AccorHôtels Arena de Paris pour le comparatif.