Les qualifications pour la coupe du monde sont de retour ! Après une première phase assez intéressante, voici la seconde fenêtre qui s’est ouverte ce week end. Pour ceux qui avaient lu mon article sur la qualification pour cette coupe du monde, vous savez qu’on peut se mettre en tête qu’il suffit de tout gagner pour ne pas trop se prendre la tête dans ce sac de nœud de qualifications.

FRANCE-RUSSIE : LA FRANCE SURMONTE ENFIN L’ADVERSITE

La Russie n’est pas venue les main vides, abordant leur très beau maillot de l’Euro précédent, les Russes opposent aux bleus les Kulagin (Lokomotiv Kuban), Zubkov (Khimki, qui avait raté la draft de 2013), Baburin (Kuban) et Karasev, tout droit sorti du All Star Game russe et avec le bon background NBA que l’on lui connaît (passage aux Cavs et aux Nets avant de revenir au Zenith Saint Saint-Pétersbourg). Les russes ont le même avantage que la plupart de nos adversaires : leur effectif est globalement situé en Europe et le groupe ne souffre pas autant d’un besoin de cohérence que nos bleus, puisque plusieurs joueurs russes étaient dans le groupe de l’Eurobasket.

Côté français, Boris Diaw est là en leader et quelques visages familiers comme Kahudi, Albicy et Moustafa Fall sont présents. Quelques noms moins connus sont présents, comme le monégasque Paul Lacombe, Axel Julien, Okobo, Invernizzi. Toutefois, Labeyrie n’est pas présent, ni Edwin Jackson. Collet utilise donc le vivier TeamFrance et mine de rien…ça marche !

Surtout que la France a un atout de choix : le public strasbourgeois, désormais public chouchou des Bleus, non sans justification, puisque les alsaciens jouent le jeu, mettent l’ambiance et apprécient les multiples animations. Surtout que plusieurs de nos boys sont passés par cette charmante ville durant leur carrière.

It’s Diaw-time

Très vite Babac va faciliter la circulation, faire parler ses fondamentaux et l’intensité défensive est au rendez-vous, ce qui fait franchement plaisir à voir ! On attaque le cercle, ça prend des rebonds, on a une équipe libérée qui joue son basket correctement. Mais les russes s’accrochent et reviennent petit à petit dans le premier quart, notamment en retrouvant leur adresse à mi-distance. La Russie prend les devant mais le score est très serré. Boris revient sur le parquet et continue son travail de liaison et de rebond. Le champion NBA ne semble ne rien craindre et attaque même le cercle en prenant la mène !

Jaiteh vient prendre le relai dans la raquette avant la mi-temps et propose un bon gros mur à ses vis-à-vis, et les Bleus restent collés aux fesses des blancs et rouges. D’autant que les pourcentages aux lancers sont assez vilains (43% pour les Bleus et 67% pour les russes avant la mi-temps). Mais là encore, c’est Boris qui fait le service, et à l’image de sa 4e passe pour Okobo qui coupe dans la raquette pour un easy layup égalisateur, le service chez Monsieur Diaw sont toujours d’une qualité 5 étoiles. Mi-temps à 29-28 pour les russes, c’est pas mal mais ça manque d’adresse des deux côtés.

Bataille de briques

A la reprise, c’est encore Boris, Boris, Boris. Mais aux lancers ça reste bien dégueu, et il y a assez de briques pour faire un mur au Mexique, des deux côtés. Dans cette bataille de tranchées aux mains carrées, c’est à l’intérieur qu’on tente de passer. Fall se met en valeur et les bleus forcent les russes aux fautes, défensives comme offensives. Un léger break pour la France se refait dans le 3e quart temps (+3). Mais la maladresse est bien assise sur le terrain et les deux équipes arrivent en foul-trouble très rapidement. Karasev arrive alors et plante un bon gros vilain trois points aux Bleus… puis un deuxième : +5 pour la Russie. Collet remet ses gars sur pied rapidement, et les bleus pars Invernizzi shootent à trois points eux aussi. Et les Bleus s’arrachent devant le public qui monte en énergie pour repasser devant !

Le quatrième quart reste sur le même esprit de grosse défense et de petites avancées au scoring. On passe encore par l’intérieur qui semble être une route plus sure. Moustapha Fall tente de faire la différence des deux côtés du terrain, mais c’est encore Boris, puis Lacombe qui parviennent à mettre un +4 décisif pour la France, devant le public qui se lève de nouveau ! A 3 minutes de la fin, Okobo plante un 3 et donne +6 aux bleus, ça sent bon ! On se dit qu’on va jouer la valeur sure : Boris. Mais cela se solde par deux pertes de balle, et les russes recollent petit à petit encore, puis égalisent sur un trois point de l’inénarrable Kara, Kara, Karasev. 60 secondes, Koffi plante, mais Khvostov met un trois ! +1 pour les Russes ! Sauf que Lacombe obtient la faute. On serre les fesses, il reste 27 secondes. Lacombe viande le premier, mais met le second. 61 partout. Balle aux russes, la rotation défensive des bleus est impeccable, les russes envoient une belle banane, mais Lacombe zappe de partir avec le ballon qui arrive…dans les mains de Karasev ! Sauf que Kara’ double le score banane : prolongation !

Patron Babac au rapport

Boris commence l’overtime avec un trois, mais la raquette se libère un peu pour les russes avec la 5e faute de Koffi ! Le soucis pour les russes est que Karasev continue de remplir sa réserve à bananes et ne parvient pas à scorer. Et au rebond, qui recroise-t-on ? Boris, comme toujours, même si on sent le sourire crispé du capitaine fatigué. Mais quand Khvostov remet un trois point, Boris lui répond sur le champ. A 24 secondes les russes peuvent prendre l’avantage aux lancers ! Karasev met les deux. A 4 secondes, remise en jeu ! Et qui trouve-t-on à la 4e seconde de remise en jeu ligne de fond ? Boris. Layup direct, 3 secondes pour les russes : banane suprême. It’s over ladies and gentlemen, on chante Rouget de Lisle dans la Rhenus, Lacombe harangue la foule en délire. Strato-Boris termine à 23-7-7, bam, dans ta face.

FRANCE-BELGIQUE : PLUS DE MAÎTRISE

On change de salle : Palais des Sports de Nancy pour retrouver l’équipe de la Belgique pour le premier match retour. Evidemment, les bleus s’attendaient à un défis différent, sachant que les belges sont une équipe déjà affrontée et vaincue au match aller. Mais il fallait appréhender la fatigue et ne pas trop se reposer sur Boris. Encore une fois, la France a donc une possibilité de montrer qu’elle sait enchaîner les matchs. Cette partie ne verra cependant pas autant d’intensité et de suspense que la précédente.

Prise de relais dans la raquette

Avec le même groupe qu’au précédent match, mais avec plus de temps de jeu pour Jonathan Rousselle, le joueur de Cholet, les français vont commencer en bonne forme et à la place de Diaw, c’est très vite Moustapha Fall qui va montrer qu’il est capable de peser sur le match, surtout que le bougre se permet de faire du 100% ! Non seulement il s’impose, mais il enchaîne ally-hoop et dunk coup sur coup ! Sans forcément briller, les belges vont restés collés aux bottes des français, et le premier quart, plus propre que celui contre la Russie, ne permet d’avoir qu’un petit point d’avance.

Un instant de doute

Et si les français retombaient dans leurs travers ? Les belges ne se contentent pas de coller les bleus, mais avec l’aide de Gillet et Obasohan, il passent même devant ! Le doute s’installe, alors que la fin de mi-temps va dans le sens des blancs et rouges. Surtout que la maladresse revient et que Fall rate deux lancers de nouveau. Fort heureusement, et comme contre la Russie, l’adversaire envoie des briques identiques de l’autre côté de la ligne, à l’image d’Obasohan qui ne parvient pas à donner un petit avantage à son équipe. 30 à 32 pour la Belgique, pas de quoi s’affoler mais pas folichon non-plus.

Remettre la machine en route

Dans le 3e quart, commence dans la tension, les deux groupes se rendent coup pour coup et avancent à pas de fourmis. Mais ce sont bien Paul Lacombe et Andrew Albicy qui amorcent le déblocage, alors que les deux hommes plantent chacun et successivement un panier derrière l’arc : +3 ! Fall revient au centre des débat et les bleus parviennent tant bien que mal à garder un petit avantage, notamment en enchaînant les passages sur la ligne, avec enfin bien plus de réussite. Cela permet aux bleus d’être à +6 pour le dernier quart.

Conclure en maîtrise

Collet comprend qu’il doit malgré tout remobiliser les gars. Rousselle cherche à se mettre en valeur à la mène et distribue les ballons notamment à Fall. La France s’applique, notamment défensivement, ce qui lui vaut un bon break à +13. Les belges sont dans le dur à l’image de Gillet qui sort frustré et des transmissions de balles qui sont de moins en moins faciles. Fall reçoit les cadeaux à l’intérieur et monte à 23 points, à 10 sur 10 ! Peu de chose à ajouter, les bleus vont gérer les bananes belges et conclure sans pression en maintenant l’écart. Le coach belge tente de lancer une ultime offensive en encourageant ses joueurs en anglais (pour avoir joué en Belgique, j’ai compris que ça restait le meilleur moyen de communiquer entre flamands et wallon, paradoxal…) mais sans succès alors que Rousselle nous fait une Curry from downtown pour son seul et unique panier du match. Rouget de Lisle résonne dans la salle encore une fois, score final 64-49 et la fenêtre s’achève sur un back-to-back !

OU EN EST-ON DANS LES QUALIFICATIONS ?

Avec cette victoire contre la Russie et celle contre la Belgique, nos bleus sont dans le bon, le très bon ! Premiers de leur groupe avec un bilan de 4-0 pour 8 points, la France est suivie par la Bosnie et la Russie qui se neutralisent à 2-2, parfait !

Meilleure attaque, 2e défense, la première place du groupe est à nous, et la qualification pour le second tour de qualification est assurée. A noter que pour les autres groupes, hormis une surprenante seconde place derrière l’Allemagne pour les Serbes, la hiérarchie semble assez respectée : Espagne, Italie, Turquie, Lituanie, sont tous en tête de leur groupe. Les Slovènes suivent les espagnols dans le groupe A. Le second tour s’annonce donc très fort.

Sur le plan du jeu, on a vu tout ce qu’on ne voyait pas à l’Eurobasket et que l’on voit depuis le début des qualifications : une équipe de France sérieuse, concentrée qui avance, qui n’a pas peur, qui défend, qui met de l’intensité et de la dureté. On voit aussi une équipe qui sait gérer les rotations de joueurs, les absences. Mais le match contre la Russie montre que les bleus sont enfin capable de surmonter l’adversité. Idem dans une moindre mesure avec celui de la Belgique. Dans les moments serrés, nombreux sont les matchs ou le mental à failli, alors qu’ici, nous n’avons pas baissé les bras et avons montré du courage face aux russes, et ce courage s’est traduit par une victoire.

Côté effectif, pas de grosse révélation, sinon Moustapha Fall qui ne manque plus de se montrer en valeur, notamment avec sa performance du 2e match. Le reste se résumant à un travail d’équipe assez cohérent et équilibré, et c’est tout ce dont nous avons besoin.

Enfin, et au bout d’un moment il faut aussi dire les choses : Boris Diaw est encore en train d’emmener ce groupe, son jeu est un vrai régal à observer, sa finesse, sa rapidité, son adresse s’ajoutent à ces capacités physiques et sa dévotion envers le groupe. Depuis des années Boris donne tout aux bleus, et il faut savoir reconnaître une légende quand on en voit une (on n’oublie pas le parcours NBA avec la bague au doigt obtenue face au trio Lebron-Wade-Bosh). Comme je le dis, c’est vraiment l’aspect de joueur dévoué au groupe qu’il s’agit de saluer, car ce genre de leader dans ces qualifications, c’est exactement ce qu’il nous fallait. Attention par contre, sombrer dans une dépendance à Diaw casserait les efforts fait jusque là, mais pour l’instant, on n’en voit pas le signe, notamment avec le match contre les belges.

Les feux sont au vert donc et rendez-vous l’été prochain pour la troisième fenêtre des 29 juin et 2 juillet avec une nouvelle problématique : quel effectif ?