A l’approche du ACC tournament, qui démarre dès ce soir, l’équipe des Miami Hurricanes arrive en forme et fait figure de potentiel trouble-fête. Bien heureux d’avoir accroché le seed #3 de l’ACC, les Hurricanes ont réalisé une saison universitaire très correcte et même au-dessus des attentes. Il était assez difficile de pronostiquer cette troisième place il y a deux semaines de cela alors que les Hurricanes avaient enchainé trois défaites de suite. Mais les joueurs de Jim Larranaga ont répondu présent, enchaînant quatre victoires de suite dont deux très importantes face à North Carolina et Virginia Tech.

L’absence des joueurs de Miami dans les récompenses individuelles, hormis la nomination de Lonnie Walker dans la All-Freshman Team, montre bien la force collective qui règne dans l’équipe. Il n’y a pas moins de sept joueurs qui scorent plus de huit points par match et Lonnie Walker, meilleur marqueur de l’équipe, ne pointe qu’à 11.6 points par match. A l’image du Heat en NBA, le scoring peut venir de n’importe quel joueur et la plupart du temps le meilleur marqueur de l’équipe change d’un match à l’autre.

C’est bien ce collectif soudé et complet qui permet à Jim Larranaga de s’adapter à l’adversaire, et il n’est pas rare de voir le cinq majeur modifié. Cette force collective est la principale chose qui leur a permis de surmonter l’absence de Bruce Brown depuis le 27 janvier avec un bilan de 7 victoires pour 3 défaites.

Cette blessure a eu pour effet positif la mise en lumière du meneur de poche Chris Lykes. Alors qu’il vivait une saison mitigée et irrégulière, il a répondu présent après la blessure de Brown. Larranaga a décidé de l’intégrer dans le cinq majeur et cette décision a été bénéfique pour l’attaque des Hurricanes. Le meneur freshman est tout simplement le meilleur marqueur de l’équipe sur la période avec 13.8 points en 27 minutes en moyenne et 3.2 passes. Sa petite taille (1m70), sa rapidité et sa fougue en font l’un des chouchous du Watsco Center et on a ici un joueur qui va sûrement effectuer plusieurs saisons à Miami et qui pourrait en devenir un joueur phare.

En plus de Chris Lykes, le coach Larranaga dispose de joueurs très talentueux dans le backcourt. Outre Lykes, Lonnie Walker, attendu dans le top 20 de la prochaine draft, et Ja’Quan Newton sont également capables de se créer leur tir. Les trois se partagent parfaitement le ballon et le rythme de l’attaque, en témoignent leurs usg rate respectifs aux alentours de 20%.

Pour continuer à surprendre et pourquoi pas réaliser une grosse fin de saison, les Hurricanes devront continuer à défendre comme ils l’ont fait cette saison même si l’absence de Brown est forcément préjudiciable dans ce domaine. L’équipe propose globalement un jeu assez lent par rapport à la moyenne en NCAA avec le 259ème PACE et un jeu équilibré entre pénétrations, jeu au poste bas et tirs à 3 pts.

Une carte à jouer dans l’ACC tournament

Grâce à leur seed #3, les Hurricanes seront au repos jusqu’à jeudi et observeront leurs adversaires potentiels se départager lors des deux premiers jours. Automatiquement qualifiés pour les quarts de finale, ils n’auront pas à jouer les deux premiers tours du tournoi.

Lors de ces quarts de finale, Miami affrontera le vainqueur du match entre North Carolina, décevant seed #6, et très certainement Syracuse qui devrait écarter Wake Forest lors du premier tour. Même si Syracuse pourrait l’emporter face aux Tar Heels, il est plus probable de voir North Carolina affronter Miami. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, affronter UNC est peut-être plus intéressant pour les Hurricanes, en effet, une nouvelle victoire face aux Tar Heels leur permettrait d’augmenter leur côte en vue de l’attribution des seeds pour la March Madness alors que Joe Lunardi leur prédit actuellement un seed #6.

En somme, les Hurricanes n’ont rien à perdre dans ce tournoi de conférence et ont tout à gagner. Des victoires face à des gros programmes pourraient leur être vraiment bénéfiques en vue de profiter d’un meilleur tableau lors de la March Madness. Dans le sens inverse, si jamais ils venaient à perdre, cela n’aurait pas vraiment d’impact sur leur probable place à la MM.

Dans tous les cas l’équipe de Miami fait clairement office d’outsider et de poil à gratter dans l’ACC et à la March Madness avec une équipe agréable à regarder et très surprenante. Voilà une équipe que certains cadors aimeront à coup sûr ne pas affronter en ce mois de mars. Petit cadeau, le petit buzzer beater de Ja’Quan Newton qui climatise toute la salle des Tar Heels la semaine dernière.