En ce mois de mars la sphère basket est en ébullition et on entend parler de March Madness un peu partout. Ce dimanche avait lieu l’attribution des équipes qualifiées et des têtes de série. Depuis, beaucoup de fans partagent leur bracket. Pour un fan NBA lambda, ce n’est pas forcément évident pour s’y retrouver dans les tweets et articles qui parlent de la grande messe universitaire. Raison pour laquelle, un petit briefing sur son fonctionnement semble nécessaire.

Avant de parler de la March Madness, revenons tout d’abord sur la base du college basketball. Le championnat universitaire est composé de trois divisions dont la division I qui est la principale. Cette dernière est divisée en 32 conférences selon des critères géographiques, mais également sportifs et académiques. En plus de cela, elle comporte pas moins de 351 équipes dont les meilleures universités des États-Unis. La saison régulière débute en novembre pour se terminer en février et elle se divise en deux parties distinctes.

Tout d’abord, une première partie lors de laquelle les équipes organisent leur propre calendrier ou participent à des tournois. Tous ces matchs compteront bien évidemment dans le bilan final. Concernant le calendrier, il existe différentes stratégies, certaines équipes préfèrent affronter des équipes de niveau plus faible pour avoir un bon bilan et se mettre en confiance. D’autres vont plutôt se planifier un calendrier assez rude, c’est le cas par exemple de certaines universités moins réputées qui en profitent pour se montrer et se tester face à de grosses écuries. Ces petites universités jouent la plupart du temps à l’extérieur car les meilleures équipes préfèrent rester à domicile.

Mais les équipes font face à un dilemme quant à la difficulté de leur calendrier. En effet, tous les lundis, lors de la saison, un groupe d’experts se réunit pour fixer le classement des 25 meilleures universités du moment aux États-Unis. Mais, parfois une défaite face à une fac de bon niveau compte plus et marque plus qu’une  large victoire face à une petite fac. Voilà tout le dilemme, autrement dit, il n’est pas forcément utile d’être invaincu en ayant joué uniquement contre des petites facs. Il faut donc savoir switcher entre difficulté de l’adversaire, probabilité de victoire et exposition. La deuxième partie de la saison se compose, elle, des matchs dits de conférence. L’équipe ayant le meilleur pourcentage de victoires sur ces matchs remporte alors la saison régulière de sa conférence.

Ensuite, en guise d’apéro de la March Madness se déroulent la Champ Week. En fait, chaque conférence organise son propre tournoi à élimination directe pour déterminer son champion. Lors de ces tournois, on assiste très souvent à des matchs serrés et très relevés, mais aussi à des montées en puissance comme ce fut le cas cette saison pour Kentucky qui arrive en forme à la March Madness.

La grande danse

Les équipes qui remportent leur tournoi de conférence obtiennent automatiquement leur qualification à la March Madness. Cela fait donc 32 équipes qualifiées sur les 68 participants au tournoi final. Les 36 équipes restantes sont alors choisies par un comité spécial composé de 10 personnes mandatées par la NCAA. C’est lors du très connu Selection Sunday (le dimanche qui précède le début du tournoi) que le comité révèle les équipes sélectionnées et leur place dans la hiérarchie.

Cette sélection, ainsi que l’attribution des seeds (1 à 16), est un processus assez complexe, propice au débat. Le comité essaye néanmoins d’être le plus logique possible, en prenant en compte différents critères, notamment la renommée de la conférence, le parcours au tournoi de conférence, Michigan s’est retrouvé seed #3 notamment grâce à son titre lors de la Champ Week, les matchs hors-conférences de première partie de saison ou encore l’historique de l’équipe à la March Madness, Syracuse cette année en est un bon exemple.

Lors du tournoi, les matchs se disputent sur terrain neutre. Le comité répartit les équipes qualifiées en quatre régions (East, South, West, Midwest) et classe donc les équipes de 1 à 16 dans chaque zone. Parmi les 68 équipes qualifiées, huit participent à un premier tour, le First Four, pour n’avoir plus que 64 équipes dans le tableau final. Ces quatre matchs ont déjà eu lieu cette année et on connait désormais les 64 équipes qui vont se départager dans les semaines à venir. Le reste du tournoi fonctionne par élimination directe avec six tours, le Round of 64, le Round of 32, le Sweet 16, l’Elite-8, le Final Four et le NCG. Lors du Round of 64, le tableau s’organise de la manière suivante : 1-16, 2-15 etc jusqu’à 8-9. Le tableau est également établi pour les tours suivants en fonction de ces têtes de série.

Un véritable phénomène

Ce tournoi est un véritable main event aux USA, preuve en est le nombre de téléspectateurs réunis devant leur poste est tout simplement énorme. Lors de la finale de 2015 remportée par Duke, leur nombre était de 28,3 millions, plus que pour la finale NBA qui opposait Golden State à Cleveland. Cela explique donc le montant exorbitant des droits TV, cette année les grandes chaînes américaines vont dépenser 857 millions de dollars pour diffuser l’événement.

Il existe une vraie ferveur aux États-Unis pour ce tournoi, si spéciale par son scénario impossible à prévoir. Les cinq tours à élimination directe favorisent les surprises et les matchs couperets. Un peu comme avec la coupe de France en football, il est possible de voir une petite équipe déjouer totalement les pronostics.  Malgré la difficulté à pronostiquer l’issue de ce tournoi, les fans de basket essayent chaque année de déterminer le tableau parfait. En effet, il y a un réel engouement pour la bracketology, notamment Outre-Atlantique où des dizaines de millions de personnes réalisent leur propre bracket. ALLER À VOS JEUX !