Pendant 82 matchs, l’essentiel des équipes NBA ont lutté pour arracher leur place en Playoffs. De manière à aller le plus loin possible, elles ont combattu dans l’optique de posséder l’avantage du terrain en cas d’un 7ème match décisif. Finalement, après avoir arraché une qualification avec plus ou moins de facilité, elles ont rendu les armes. Quel bilan tirer pour ces équipes ?

Tombés au second tour

Utah Jazz (1-4)

Nous étions beaucoup à voir le Jazz trop court, ne serait-ce que pour atteindre une qualification pour les Playoffs. Entre un collectif à toute épreuve, un coaching impeccable et une explosion inattendue d’un rookie pas plus attendu, ils ont réussi à terminer 5ème. Au premier tour, ils étaient opposés à l’armada de stars d’OKC. Si le jeu de l’opposant était loin d’être satisfaisant, il était possible que le surplus de talent adverse les mettent à terre dans les joutes de Playoffs. Il n’en fut rien : le Jazz a bousculé la bande de Wesbrook, derrière un beau travail en défense et l’hyperactivité de Rudy Gobert. De l’autre côté du terrain, l’équipe s’appuyait sur une belle circulation de balle, mais également sur Donovan Mitchell qui ne tremblait pas en post-saison et finissait tous les matchs de manière magistrale.

Une fois le Thunder terrassé, le Jazz, privé de Ricky Rubio puis de Dante Exum, n’a pas pu survivre à des Rockets en quête d’un titre, ni plus ni moins. Pas de quoi rougir, ils ont lutté mais n’étaient pas armés pour vraiment faire mieux dans ces conditions. La saison restera une immense satisfaction, pour une franchise qui aurait pu connaître les tréfonds après les départs de Gordon Hayward et George Hill. Il n’en fut rien, au contraire.

Quelle prochaine étape désormais ? Il faut confirmer, continuer de construire autour des cadres : Rubio, Mitchell, Ingles, Gobert. L’équipe devra prendre des décisions autour de certains cas. En tête de liste, il faudra se prononcer sur la situation de Derrick Favors. Est-il vraiment crucial pour cette équipe ? A quel prix le conserver si l’équipe veut continuer à se reposer sur lui ? La NBA aura peu d’argent cet été, il y a peut être des affaires à faire. Idem pour Dante Exum ! Lui est inquiétant en raison des blessures qui jalonnent sa progression. Utile, est-il en revanche nécessaire de le garder ? Il faudra trouver son prix. Quoi qu’il en soit, l’équipe est jeune et bien exploitée, il faut continuer à miser sur cette énergie.

New-Orleans Pelicans (1-4)

Tout comme le Jazz, on ne donnait pas cher de la peau des Pelicans. Alors qu’ils réalisaient une belle saison, avec ses Twin Towers version modernes, les blessures – et pas des moindres – sont venues changer les attentes. En effet, DeMarcus Cousins était fauché en plein envol par une rupture du tendon d’Achille. On ne pensait pas cette équipe suffisamment forte pour tenir dans une course effrénée pour la post-saison. Pourtant, ils s’en sont bien sortis et se sont présentés en challengers contre les Trail Blazers.

C’est à ce moment que la côte et la saison des Pels ont pris une trajectoire nouvelle. Face à la bande de Damian Lillard, ils n’ont juste rien laissé à Rip City, dont il ne restera que des cendres. Avec un 4-0 expéditif, les Pelicans ont fait, derrière le trio Holiday-Rondo-Davis, une véritable démonstration. De quoi les remettre sur la carte NBA à l’orée de l’été. Plein d’enthousiasmes, ils se sont ensuite présentés face aux Warriors, toujours, avec ce statut de challenger. Evidemment, l’histoire fut toute autre, même si arracher un match fut en soit, une consolation. Il faut désormais battre le fer tant qu’il est chaud.

Du côté de la Louisiane, il y a divers options à étudier. La première est de conserver DeMarcus Cousins et Rajon Rondo. Si cette stratégie prévaut, le montant et la durée du contrat de pivot va être un enjeu phénoménal. Si la franchise trouve des accords intéressants, cela risque de rendre le renfort tant nécessaire à l’aile compliqué à trouver, pourtant ils en ont besoin pour franchir un cap. S’ils décident de laisser le pivot partir, alors il faudra titulariser Nikola Mirotic pour les années à venir, essayer de faciliter de départ de Cousins, qui sait, pour évacuer du contrat ou obtenir une arrivée majeure à l’aile. Autour de la situation Cousins se joue dans tous les cas l’avenir du visage de la franchise, et de son style de jeu. Davis deviendra-t-il le pivot définitivement ? Repartagera-t-il les raquettes avec DeMarcus ? Si c’est le cas, espérons un retour en forme pour l’ex-King.

Toronto Raptors (0-4)

S’il y a bien une franchise qui va accuser le coup de cet échec au second tour, ce sont bien les canadiens. Une fois de plus, Toronto tombe face aux Cavaliers, une fois de plus LeBron James a utilisé le complexe dont ils semblent faire preuve face à lui. La nouvelle est d’autant plus triste qu’ils ont fait toute leur saison dans l’optique de proposer quelque chose de mieux réparti pour les Playoffs. Malgré leurs progrés, malgré leur première place à l’Est, c’est un nouveau sweep qui sanctionne la paire Lowry-DeRozan, qui déjoue à nouveau. Malgré un premier tour bien maîtrisé, contre un 8eme qui n’avait rien d’un cadeau (les Wizards), ils ont trouvé la sortie sans ne rien laisser d’encourageant en vu d’un été qui s’annonce délicat.

Nouvel été, et une fois de plus les mêmes questions. Dwyane Casey qui avait failli être écarté avait finalement été prolongé. Un choix qui semblait bienvenu il y a encore 2 semaines. Quid de la direction pour Masai Ujiri désormais ? Entre le moment où j’ai commencé l’article et où je l’ai fini, Casey était viré. Cela peut paraître dur compte tenu de sa saison et des échecs individuels de ses cadres. D’un autre côté, compte tenu de son historique et de l’incapacité à faire briller le moindre joueur durant les Playoffs, est-ce si injuste ? Est-il vraiment juste une victime ? Versant joueurs, le contrat de Kyle Lowry est maintenant très dur à bouger. Trop cher pour son impact à un âge qui avance. DeRozan pourrait partir, mais ce serait pour quoi ? Un virage graveleux ou une reconstruction ? L’option la plus viable est une dernière chance avec ce groupe. Mais après ce nouvel affront, difficile de voir Toronto faire beaucoup mieux pour l’année à venir. Bien malin est celui qui trouve le meilleur scénario pour cette franchise qui semble dans une impasse. Espérons qu’Ujiri, souvent clairvoyant dans ces mouvements, puisse trouver la solution.

Philadelphia Sixers (1-4)

Il y a un an, les Sixers n’étaient qu’un projet long terme. Désormais, ils sont l’avenir de cette ligue. Sans avoir encore gratté le potentiel de Markelle Fultz, nous avons désormais la certitude que Ben Simmons, et Joël Embiid feront de très grandes choses si la santé va. Désormais, nous savons que Dario Saric sera très précieux si conservé, et que Robert Covington n’était pas une erreur de casting même dans une bonne équipe. Les Sixers, pour leur première année sérieuse, ont accroché les Playoffs, mieux, une improbable 3ème place !

Grâce à cette place, ils héritaient d’un adversaire idéal pour se faire les dents et apprendre en post-saison. On peut dire que ce fut mieux que ça, puisqu’en plus de proposer une série intense, les Sixers ont triomphé de Miami 4-1. Les voyants étaient au vert, face à des verts de Boston privés d’Hayward et d’Irving. Ils étaient désormais vus comme les favoris dans ce second tour. C’est là que la saison peut laisser un goût amer. Malgré une équipe plus talentueuse sur le papier, ils ont goûté à une équipe pas plus âgée, mais beaucoup mieux organisée, plus solide. Si cela ne remet pas en cause leur statut, ce revers est un coup d’arrêt plus brutal qu’envisagé. Cela promet en tout cas une belle rivalité entre ces 2 franchises pour les années à venir !

Et maintenant ? Le dilemme est là. La franchise fait partie de celles qui auront le plus d’argent dans cette intersaison – deuxième, juste derrière les Lakers. Alors, quels choix faire ? On fait venir des role players à prix d’or pour un an, et on prépare la place pour prolonger Dario Saric ? Ou on tente la signature XXL en cherchant un top free agent ? De la réponse à cette question dépend l’été. Des noms comme Paul George et surtout LeBron James circulent. Mais est-ce bien le bon choix pour préparer l’avenir ? Cet été sera intense, même pour une franchise en plus « Process ».

Alors que les finales arrivent, de nouvelles équipes vont rejoindre la liste des déçus. Toujours est-il, que comme le montre cet article, une défaite peut déguiser une réussite, être un drame pour les autres. Une série de Playoffs peut changer votre histoire, en bien ou en mal, peu importe votre saison régulière. C’est le jeu des Playoffs.