Le CBA, accord collectif régissant la NBA est complexe. Le lire n’est pas toujours suffisant pour comprendre toutes ses subtilités, son vocabulaire riche et ses nuances. Beaucoup d’interprétations qui sont réalisées par l’environnement constitué des fans et des médias tendent à le rendre d’autant plus opaque que de fausses informations circulent et que de nombreuses approximations voire inventions se répandent. Dans cette série d’articles « CBA Rules », nous allons essayer de revoir et démêler des règles les plus simples aux plus alambiquées. C’est parti !

Les années optionnelles

Ce type de contrat est devenu extrêmement prisé car il offre une souplesse très intéressante :c’est un moyen pour certains joueurs (Duncan, Nowitzki ou plus récemment Kevin Durant) de donner de la souplesse financière à leur franchise, la possibilité de sortir de son contrat actuel plus tôt afin d’en signer un nouveau plus intéressant financièrement, passer un seuil d’ancienneté, etc.. Le tout en assurant ses arrières en cas de grave blessure. Car oui, c’est un point très souvent négligé, mais une carrière peut s’arrêter du jour au lendemain. Lorsqu’il signe son premier gros contrat, un joueur cherche toujours à assurer ses arrières au maximum. La bise à ceux qui ont eu le toupet de reprocher à Nico Batum de ne pas jouer l’euro l’été dernier.

Les derniers exemples connus en date sont LeBron James, Kevin Durant et Paul Millsap. Le joueur signe pour X années (deux pour LeBron et Millsap, une pour Durant) et la dernière est en option. Le titulaire de l’option peut être le joueur comme la franchise.

Attention : une option sur une dernière année de contrat ne doit pas être confondue avec un contrat non garanti.

Une option est soumise à une date butoir (le 30 juin) pour être levée ou déclinée. Un contrat non garanti prévoit cette date, généralement fixée au début de la saison régulière. De plus, le contrat non garanti ne peut prévoir une rémunération dégressive, au contraire de l’option.

L’Early Termination Option

Cette clause ressemble à s’y méprendre à la player option. Pourtant, elle n’a en réalité pas grand chose à voir et ce à tout point de vue, qu’il s’agisse de la technique contractuelle comme des effets.

Comprenez bien ici la nuance: dans le cadre d’une player option le joueur a mettons 3 ans fermes et une année supplémentaire selon son bon vouloir. Ici, le joueur a 4 ans fermes et la possibilité de sortir de son contrat de manière anticipée. Subséquemment, il est impossible pour la franchise concernée de proposer une extension au joueur par la suite.

Outre cela, les principales différences sont les suivantes: En premier lieu cette clause ne peut être stipulée que par un contrat d’une durée de 5 ans et ne peut être accordée qu’au joueur. Ensuite, contrairement à la player option, si le joueur décide de sortir de son contrat, il ne peut pas resigner pour plus cher avec son ancienne équipe: son ancienne équipe peut théoriquement le resigner, mais que si et seulement si elle a du cap space et elle ne peut pas lui proposer l’augmentation afférente aux joueurs resignés grâce aux droits Bird, qu’elle perd dès lors que le joueur active cette clause et devient agent libre.

Ce type de cas est assez similaire à celui du cap hold: théoriquement une équipe qui a libéré un cap hold peut toujours resigner le joueur concerné, mais pas aux mêmes conditions. La date à laquelle le joueur pourra sortir du contrat est fixée librement, généralement 2 ans avant l’expiration.

Pour plus de détails, se reporter plus bas, dans les sections où je traite justement des cap holds et des Bird rights.

On en arrive à LA clause qui a fait couler de l’encre ces derniers temps: la no-trade clause.

Le trade kicker

Le trade kicker consiste simplement en une clause qui stipule que si un joueur est échangé, il verra sa rémunération augmentée d’un montant de 15% maximum, tarif qui en pratique est quasi systématiquement appliqué. Attention : il ne s’agit pas d’un mécanisme à répétition: cette clause ne vaut que pour un seul échange.

Cette somme est inclue dans le salary cap mais lissée sur la durée du contrat. Elle est également prise en compte dans un échange, à ceci près que le joueur peut y renoncer, souvent dans une optique de faisabilité du transfert (cf le deal où Kyrie Irving avait renoncé à son trade kicker pour que son transfert à Boston puisse se faire).

La poison pill

La poison pill ressemble à s’y méprendre au back loaded contract (cf plus bas). Elle porte généralement sur un joueur qui est resté en Europe ou un free agent protégé qui a été drafté au second tour.

L’idée est d’offrir un contrat qui paie peu ou prou autant qu’un contrat rookie pendant 2 ans avant d’exploser sur les deux dernières années pour atteindre des montants max à ce seuil d’expérience.

Prenons exemple avec le contrat de Tyler Johnson : A l’été 2016, il était free agent protégé. Miami a matché l’offre des Nets, qui comprenait à la fois un trade kicker et une poison pill. L’an dernier et cette année, il n’aura touché que 5,6 et 5,8M. C’est l’an prochain que ça se complique, car il touchera alors près de 19M.. et 19,6M l’année d’après. Autant dire que sans la flexibilité qui caractérise les contrats NFL, ce type de contrat peut devenir extrêmement handicapant pour qui doit en assumer les conséquences.

Il est toutefois possible de moduler le contrat pour le rendre plus flexible et permettre aux parties d’en sortir suivant des conditions déterminées. Voyons quelles sont les options offertes par le CBA.

La no-trade clause

Cette clause, qui n’en finira décidément jamais de faire parler, permet à un joueur de refuser tout transfert dans une autre franchise.

Les bénéficiaires se comptent sur les doigts d’une seule main: LeBron James, Dirk Nowitzki.. et Carmelo Anthony. L’exemple de ce dernier suffit à lui seul à expliquer tous les risques qui vont avec cette clause, que même Stephen Curry n’a pas réussi à arracher aux Warriors.