C’est notre rêve américain à nous. Jouer en NBA, être un prospect, c’est peut-être pour ça qu’on est tous si intéressés par les jeunes talents du basket. Quand j’ai entendu parlé d’Eddy Kayouloud, j’y ai vu l’occasion de découvrir ce que c’est que d’être un jeune rêvant comme nous d’aller en NBA, mais qui en plus a le talent nécessaire pour atteindre ces sommets-là. C’est donc pour partager avec vous une partie de son aventure que je vous propose de suivre Eddy Kayouloud durant différentes interviews au cours de sa première saison NCAA, au sein de l’équipe universitaire de Central Arkansas. Rencontre.

Tout au long de la saison, nous allons vous proposer de suivre Eddy dans son aventure NCAA. Suivi des matchs, interviews, de quoi se faire une idée avec plus de précision de ce qui se passe dans la tête d’un jeune prospect, de ce à quoi ressemble l’aventure, et des histoires qui remplissent une saison de basketball universitaire.


« Le physique, ça a été très dur. Surtout par rapport au niveau général athlétique des autres joueurs là-bas. Il y a de sacrés phénomènes. »

Bonjour Eddy. Peux tu te présenter aux lecteurs de QI Basket?

« Bien sûr. Je m’appelle Eddy Kayouloud, j’ai 18 ans et je suis né en Île-de-France. »

Comment en es-tu venu à faire du basket ?

« J’ai commencé le basket très tôt. Avant d’en arriver là, ma mère m’emmenait faire de la natation.

C’est vers mes 6 ans que j’ai commencé le basket-ball à Rungis. J’ai été rapidement surclassé, ce qui m’a permis de jouer avec mon frère Ludy Kayouloud qui a 3 ans de plus que moi. C’était d’ailleurs mon père qui nous coachait ! »

Comment s’est passé ton évolution à partir de ses débuts en famille ?

« En fait, j’ai souvent joué avec des joueurs plus âgés que moi. Depuis mes débuts au basket, des catégories poussins à cadets, cela à toujours été le cas, je jouais avec des joueurs qui avaient de 1 jusqu’à 3 ans de plus que moi. Je pense vraiment que ça m’a permis d’évoluer beaucoup plus vite. »

Qu’est ce qu’un joueur de ton calibre fait dans un petit club essonnien en ce moment ?

« (Sourires) Brétigny est le club le plus proche de chez moi. En plus, ça me permet de jouer avec mes amis pendant l’été. »

Quel est ton bilan de ton passage au sein des équipes de jeunes de grands clubs français?

« C’est très positif. Cela m’a forgé en partie et m’a enseigné certaines valeurs du basket. J’ai aussi appris que chaque joueur est important dans une équipe, même si ce n’est pas le meilleur scoreur ou le meilleur défenseur. Mon coach au pôle espoir Dominique Allard nous parlait d’un groupe d’oiseaux volant en V. « Ils ont la même direction et le même objectif. Quand le leader est fatigué, un autre prend la place devant et le groupe continue d’avancer. »

Qu’est ce qui t’a motivé à tenter l’expérience américaine?

« Ma mère, c’est ma plus grande motivation. Elle pensait que c’était une bonne chose que j’aille aux États-Unis. Au début j’étais réticent, puis par la suite elle a su me convaincre et j’ai tenté l’expérience. »

Comment es tu arrivé à Oak Hill? Comment s’est passé le recrutement?

« Après mon championnat du monde avec l’équipe de France (NDLR: en Espagne en 2016, Eddy a participé aux championnats du monde U17 avec la France en compagnie de Jaylen Hoard. Les matchs sont d’ailleurs disponible sur la chaîne YouTube de la FIBA), ma mère s’est occupée de toutes les démarches nécessaires pour mon recrutement à Oak Hill. »

C’était ta première expérience aux Etats-Unis ?

« Non pas vraiment, j’ai de la famille qui habite dans le Maryland, donc j’y passe souvent mes vacances et j’en ai souvent profité pour jouer au basket. »

Comment s’est passée ton intégration à Oak Hill ?

« Ça a été très vite. C’est une petite communauté qui te traite comme un membre de la famille à la seconde où tu arrives. Tout s’est très bien passé, de l’arrivée à l’aéroport avec mon assistant-coach Tbone, à la rencontre avec les joueurs, jusqu’à la rencontre avec les élèves. Les professeurs prennent vraiment le temps de s’assurer que chaque élève à tout ce qu’il faut, et si tu as besoin d’aide supplémentaire, ils sont là. »

Qu’est-ce qui a été le plus dur en arrivant ? Le physique ?

« Oui, le physique ça a été très dur. Surtout par rapport au niveau général athlétique des autres joueurs là-bas. Il y a de sacrés phénomènes. Mais franchement, le plus difficile a été la séparation avec ma famille. »

Comment ça se passe au niveau nutrition là-bas ? Tu as déjà eu accès à des programmes spécifiques ?

« Pas vraiment non. Par contre on avait un préparateur physique qui nous accompagnait sur les séances de musculation et qui nous donnait quelques conseils pour nous préparer à être dans les meilleures conditions pour les matchs bien sûr, mais surtout à plus long terme pour l’université. »

Sur ce point-là, tu avais un programme spécifique ?

« Je m’entraînais avec toute l’équipe dans la salle de musculation où Brock (le préparateur physique) écrivait le programme du jour pour l’équipe sur le tableau. D’un point de vue personnel, j’ai beaucoup travaillé sur ma résistance, mon endurance et sur mon gainage. »

Si tu devais comparer tes expériences en France et aux Etats-Unis, quelles seraient les différences?

« Il n’y a pas énormément de différences niveau basket. Je dirais que la seule chose qui diffère, c’est la façon dont les journées sont planifiées. À Oak Hill, dès 15 h on sortait déjà des cours, les élèves peuvent aller socialiser au campus store ou ils peuvent faire des activités.

En France tu finis les cours beaucoup plus tard, parfois vers 18 h, et c’est seulement après ça que tu peux pratiquer un loisir ou une activité sportive. Je pense que tu es plus fatigué, et mentalement moins apte à enchaîner avec ce que tu veux faire. »

Des regrets après ton expérience américaine?

« Aucun, j’ai satisfait toutes mes attentes ! »

« Mon principal objectif est d’être un bon coéquipier, de répondre aux attentes du coach, et d’améliorer mon jeu.  Je n’intègre pas cette équipe pour remplacer un joueur mais pour y avoir ma propre place.« 

 

Comment s’est passé le recrutement pour Central Arkansas ? J’ai pu lire que l’assistant coach Matt Scherbenske a joué un grand rôle dans celui-ci.

« Oui, il a tout mis en œuvre pour m’avoir dans son équipe. Depuis l’année dernière, Il a pris le temps de venir me parler, de me voir jouer et de m’exposer  ce que leur université pourrait m’apporter. »

En tant que prospect 3 étoiles, tu as reçu beaucoup d’offres ?

« J’ai reçu 4 offres en fait : Central Arkansas, Campbell, Appalachian State et San Francisco. »

Tu intègres un programme en pleine progression, on peut même parler de résurrection (de 2-27 en 2014-15, à 18-17 cette année, première saison positive de l’histoire) aujourd’hui. Les Bears sortent peut-être de la meilleure saison de leur histoire, avec une participation au CBI, et une première victoire au Southland Tournament, mais perdent leur meilleur joueur Jordan Howard, en partance pour la NBA (il fait partie de l’équipe de Summer League des Warriors), ainsi que deux autres seniors, Mathieu Kamba et Ethan Lee.

Quelles sont tes ambitions collectives ?

« De créer une famille, un groupe soudé, c’est très important pour qu’on puisse tous progresser. »

A un niveau personnel, quelles sont tes ambition s? Tu vas essayer de remplir le vide laissé par Howard ?

« Mon principal objectif est d’être un bon coéquipier, de répondre aux attentes du coach, et d’améliorer mon jeu.  Je n’intègre pas cette équipe pour remplacer un joueur mais pour y avoir ma propre place. Maintenant si ça compense ce départ tant mieux. »

Justement, sur quel points techniques veut te faire travailler Russ Pennel, le coach ?

« Sur tout ce qu’un poste 2 a besoin de savoir faire : dribbler, shooter, driver etc. Aussi, je dois travailler sur mon jeu dos au panier. »

Sur un plan physique, sur quels points penses-tu devoir progresser ?

« Sur mon explosivité et mon physique en général pour pouvoir être constant et faire de la compétition à ce niveau-là. »

Il y a t-il des éléments que tu appréhendes pour ce nouveau défi ? Es-tu déjà en totale confiance ?

« Je suis assez confiant. Les joueurs ont bien pris le temps de communiquer avec moi. Ils m’ont expliqué comment était l’université, comment le staff fonctionnait et m’ont dit tout ce dont j’avais besoin de savoir. Il y a peu de zones d’ombres donc peu de raisons d’angoisser. »

Ton objectif final, c’est la NBA ?

« Dans un premier temps oui! Il faut viser la lune pour atteindre les étoiles. (Sourire) Mais en même temps je veux réussir scolairement, en obtenant un master, voir un MBA dans le secteur que je choisirai. »

Dans le cas où cela ne se fait pas, tu souhaiterais jouer au basket en Europe ?

« Oui, jouer en Europe serait un grand plaisir ! »

Sur qui à tu modeler ton jeu ? Quel est ton joueur préféré ?

« Je n’ai pas vraiment modelé mon jeu à partir d’un joueur en particulier. J’ai observé (et le fait toujours) différents joueurs, ce qu’ils faisaient de bien et me suis inspiré de leurs jeu. Difficile de dire qui est mon joueur préféré. »

En dehors de tes heures d’entrainement et de match, tu regardes beaucoup de basket ou tu as d’autres passions ?

« Oui je regarde du basket mais j’ai d’autres passion. J’aime la musique, que ce soit l’écouter ou la jouer. À mes heures perdues, je joue de la guitare. »

Tu étudieras quoi cette année à Central Arkansas, tu as déjà une idée du major que tu choisiras ? Tu bénificies d’un programme aménagé pour pouvoir pratiquer le basket à côté ?

« Ce sera ma freshman year donc j’étudierais toutes les matières générales qui pourront me permettre d’étudier dans le business. Après je continue les cours comme tous les étudiants d’Amérique. Mais bien sûr, avec les déplacements je risque d’en louper certains. Je prendrais surement des summer schools en juillet, en anticipation des cours que je raterai. »

Il est encore un peu tôt, mais tu as un pronostic sur la saison à venir en NBA ?

« Je m’y risquerais pas (rires), mais j’aime suivre Evan Fournier et les jeunes talents dans le monde entier ! »


Je vous donne rendez-vous fin octobre pour faire un point avec Eddy avant le début de la saison NCAA !

Je tiens à remercie Eddy pour sa disponibilité, ainsi que le club de Brétigny qui m’a permis d’utiliser des photos prises dans leur gymnase. Si vous cherchez un club en Essonne, ils seront ravis de vous accueillir (ici) !