18 juin 2017, la situation amoureuse Facebook de Paul George passe de « en couple » à « c’est compliqué ». Treize jours plus tard, il est échangé à OKC contre Victor Oladipo et Domantas Sabonis, emportant dans son sillage les espoirs de compétitivité des Indiana Pacers.

Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraitre, la greffe a fonctionné. Les départs de PG, Jeff Teague et autre CJ Miles n’ont en rien altéré à l’équipe d’Indianapolis qui a su trouver un second souffle avec un gros collectif. Mieux, Victor Oladipo a enfin dévoilé l’étendue de ses talents, en devenant un franchise player dominant. Dès la fin octobre, il est élu joueur de la semaine à l’Est, avec une ligne de statistiques LeBronesque semi-LeBronesque : 28.7 points, 4 rebonds et 2.7 assists. Véritable energizer de l’équipe, il permet aux jeunes pousses de se sublimer. Myles Turner progresse ainsi plus rapidement, et Domantas Sabonis devient une arme redoutable de la 2nd unit. Au fur et à mesure, Vicky prend confiance, et fait de la Bankers Life Fieldhouse Arena sa maison. Ceux qui s’en sont rendu compte les premiers sont les Nuggets, qui se sont pris 47 points dans une défaite achevée en prolongations. Record en carrière pour Pipo qui élève en même temps le bilan des Pacers à 16-11. Logiquement, il est réélu joueurs de la semaine avec cette fois-ci une production statistique digne de BronBron : 30.8 points, 7 rebonds et 4.3 assists.

Stabilisés à 19 victoires pour 19 défaites au soir du Nouvel An, les Pacers ne vont cesser d’engranger des victoires. Sans faire de bruit, la franchise campagnarde se fait une place dans les 8 à l’Est en accumulant les petites séries de win. Trois par ici, quatre par là, la force de cette équipe, c’est de ne laisser passer aucun match à sa portée. Très logiquement, Victor Oladipo est récompensé à la trêve hivernale par une sélection au All-Star Game. S’il est éliminé au premier tour du Dunk Contest, il restera plus que digne au match des étoiles, avec 7 points, 2 rebonds et 3 assists en 15 minutes.

Dès le retour de LA, les hommes de Nate McMillan retrouvent leur sérieux, enquillant 13 victoires pour 6 défaites en un mois et demi. Le pire ? C’est que le calendrier des Pacers était chargé sur cette période ! Ils ont donc battu Milwaukee (deux fois), Washington, Boston, Philly, Miami et Golden State, rien que ça. Vous allez me dire que la franchise californienne était décimée par les blessures ? Je vous réponds qu’une semaine plus tard, les vrais Warriors (toutefois privés de Curry) sont battus de 20 points par Oladipo et consorts. La raison de ces victoires est toute simple : une diversité offensive folle. C’est pas compliqué, à peu près tous les joueurs de l’effectif sont capables de coller 15 pions, bonjour le casse-tête pour les défenses adverses.

Avec un bilan de 48-34, Indiana accroche une cinquième place dans la conférence Est, synonyme de premier tour face aux Cavs de LeBron James. Malgré l’élimination en sept matchs, Indiana occupera une place médiatique centrale grâce à sa capacité à mettre en difficulté ses adversaires. Victor Oladipo MIP, All-Defensive 1st Team et All-NBA 3rd Team, Bojan Bogdanovic impressionant, Sabonis et Turner en constante progression, des rôle players qui se donnent à fond et une des meilleures 2nd unit de la Ligue, Indiana a surpris tout le monde. En quelque mois, la franchise est passée de condamnée au tanking à l’une des plus intéressantes de la Ligue.

Un changement de statut qui fait de la saison à venir une année charnière. Maintenant, la concurrence a un œil sur les Pacers, qui vont devoir assumer. Drake disait « Started from the bottom now we here, started from the bottom now my whole team fuckin’ here », et bien espérons que leur équipe réponde présent.

Résumé de l’été

Mais c’est bien connu, pour tenir la barre sportivement, il faut bien négocier l’intersaison. Attendu, le général manager Kevin Pritchard a fait un travail plus que sérieux. Certes, il a essuyé les départs de Lance Stephenson, Glenn Robinson III, Trevor Booker et Big AL, mais il a su dénicher des bons coups lors de la Free Agency. Du coup, Born Ready est remplacé par Tyreke Evans, de retour à un très bon niveau. L’ex de Memphis a signé pour 12 millions sur un an. C’est un pari intéressant, puisqu’il peut apporter dès maintenant, que ce soit dans le cinq ou sur le banc. Doug McDermott succède à Glenn Robinson sur le poste 3, pour 22 millions sur trois ans. 8 points et 3 rebonds à 43% à 3-pts l’an passé, c’est le genre de rôle player qui fait du bien dans n’importe quel effectif. Enfin, Kyle O’Quinn vient renforcer la rotation intérieure pour un an et 4,5 millions de dollars. Mais ce n’est pas tout. A la Draft, Indy avait deux picks, qui leur ont permis de sélectionner Aaron Holiday (petit frère de Jrue et Justin) et Alize Johnson. Incontestablement, les Pacers se sont renforcés (sans pour autant se mettre dans le rouge financièrement), et leur rester contient pléthore de talents :

Meneurs : Darren Collison, Cory Joseph, Aaron Holiday

Arrières : Victor Oladipo, Tyreke Evans, C.J Wilcox

Ailiers : Bojan Bogdanovic, Doug McDermott, Alize Johnson 

Ailiers Forts : Thaddeus Young, Domantas Sabonis, TJ Leaf

Pivots : Myles Turner, Kyle O’Quinn, Ike Anigbogu

Le point faible de cet effectif, c’est également son point fort. Certes, il manque peut-être un second go-to-guy en plus de Victor Oladipo, mais la profondeur du rester compense ce manque. Il n’y a qu’à voir comment la 2nd unit a fait du mal aux Cavaliers l’an dernier pour se rendre compte de son impact. Finie l’époque où Paul George régnait sur l’équipe, désormais, ce sont les individualités qui sont au service du collectif.

Jeu & Coaching

L’effectif n’ayant quasiment pas changé durant l’été (des joueurs ont changé mais les profils et l’utilisation restent les mêmes), le coaching de Nate McMillan sera sensiblement le même que l’an passé. 12ème aux deux ratings (Offensive et Defensive) la saison dernière, Indiana faisait office de poil à gratter polyvalent. Chiant en défense et capable de sanctionner en attaque, c’est le schéma qui va perdurer cette année.

Le seul point qui mérite un peu d’attention, c’est la gestion des rotations. Avec seulement 54,4% de passes décisives la saison dernière, Indiana était une équipe qui faisait le moins tourner le ballon. Ce qui n’est pas si étonnant quand le meneur titulaire est Darren Collison. Nate McMillan va avoir un vrai challenge à relever avec Tyreke Evans, dont le temps de jeu pourrait bien être un casse-tête. Il pourrait être tenté de le faire jouer avec Oladipo, mais cela affaiblirait considérablement la 2nd Unit. Un juste milieu est à trouver, logique pour une équipe qui mise sur sa polyvalence.

Quel 5 majeur ?

Darren Collison – Victor Oladipo – Bojan Bogdanovic – Thaddeus Young – Myles Turner

Comme dit l’adage, on ne change pas une équipe qui gagne. L’an passé, ce cinq majeur a bien fonctionné grâce à la complémentarité des joueurs. Les deux seules interrogations qui peuvent exister concernent Domantas Sabonis et Tyreke Evans. Pas sûr que Nate McMillan ait un cinq totalement défini dans sa tête. Il se peut que celui-ci change en fonction de l’adversaire, et des carences de l’équipe. Pour l’instant, je pense que les repères des joueurs ne doivent pas être changés, et que garder ces deux joueurs dans la 2nd unit ne peut être que bénéfique. Peu d’équipes ont un banc capable de rivaliser, et sur un match, la différence peut vite se faire.

Forces du roster

Comme évoqué plus haut, la véritable force des Pacers, c’est d’être un collectif huilé, très complet et capable de faire du mal tout le temps des deux côtés du terrain. Les meilleurs joueurs sont capables de prendre feu très vite (Oladipo, Evans, Bogdanovic, Turner, Collison), tandis que les rôle players peuvent sortir de leur boite très souvent. Au final, cette équipe fait mal à la concurrence car sa force de frappe n’est pas localisée. On ne peut pas choisir de défendre sur un joueur car un autre peut sanctionner. Faire reposer les meilleurs joueurs pendant que les bancs jouent ? Pas aussi simple, puisque le banc d’Indy est un des meilleurs. Cela ressemble à une équation insoluble n’est-ce pas ? Pourtant ce n’est pas vraiment le cas.

Faiblesses du roster

Le problème, quand est bon partout, c’est qu’on est très bon nulle part. Ainsi, l’an passé, quand tout le monde était à son niveau sans spécialement être excellent, les matchs n’étaient pas simples à gagner. A plusieurs reprises, Victor Oladipo a surpris tout le monde et sorti d’énormes matchs facilitant la tâche de ses coéquipiers. Seulement voilà, désormais il sera attendu et ce ne sera pas aussi simple pour lui. L’autre point noir, c’est la raquette. Young-Turner c’est loin d’être mauvais, mais ce n’est pas suffisant pour viser les premières places de la conférence Est, surtout au vu du potentiel qu’on prête à Myles Turner. A un moment donné, il faudra l’exploiter.

Le joueur clé : Victor Oladipo

Cela n’étonnera personne, la saison des Pacers dépend beaucoup des performances de Victor Oladipo. Certes, c’est un très bon collectif, mais une équipe où seuls les rôle players sont performants ne peut pas aller bien loin. Indiana ayant des ambitions de Playoffs logiques, il va falloir que Pipo assume son rôle de franchise player. En réalité, la question n’est pas de savoir s’il va réussir à l’assumer, mais plutôt s’il va y arriver. Son talent et son tempérament sont tels qu’il n’y a pas de raison à ce qu’il échoue. Le vrai problème, ce sont les défenses adverses. Leur regard a changé pendant la saison. Il y a un an, les 29 autres franchises voyaient les Pacers comme une équipe pas très compliquée à jouer. Mais durant la saison ils ont vite compris qu’Oladipo avait pris une dimension supplémentaire et pouvait propulser Indy sur orbite à tout moment.

Qui a défendu sur Victor Oladipo pendant sept matchs en playoffs ? Un certain LeBron James, ni plus ni moins. Attendu, Totor devra varié son jeu pour réussir à surprendre les équipes adverse. Sans cela, la saison des Pacers pourrait prendre une toute autre tournure…

La problématique de l’équipe :  Comment aborder le long terme ?

Le problème en NBA, c’est que même quand une équipe est compétitive, elle doit prévoir son avenir pour ne pas tomber de haut. Les Spurs ont très bien su le faire en misant sur la continuité avec Popovich, tandis que d’autres franchises comme les Suns ont eu beaucoup de mal à passer les années 2010. Il ne faut négliger aucune saison, car chacune d’entre elle peut être charnière. Justement, la saison 2018-2019 des Pacers s’avère être un tournant. Seuls trois joueurs ont un contrat garanti pour la saison prochaine (Oladipo, McDermott, Holiday). Myles Turner arrivera en fin de contrat et il faudra donc le prolonger, ou pas, car son niveau est jusque-là décevant. Le cas des rôle players devra être étudié, puisque certains sont importants dans l’effectif (Bogdanovic, Collison, Joseph, Young). Enfin, Tyreke Evans voudra peut-être rester, lui qui n’a signé que pour un an.

Oui mais voilà, la condition sine qua none pour que l’été prochain se passe bien, c’est que la saison se déroule sans pépin. Avec 67 millions de dollars à dépenser l’été prochain, les Pacers auront un choix à faire : soit conserver la philosophie collective, soit jeter son dévolu sur un top joueur compatible avec Victor Oladipo. Toutefois, si des blessures s’invitent à la fête cette saison, ou que d’autres variables jouent des tours à Indy, faisant que la saison soit une déception sportivement parlant, les plans pourraient être chamboulés. Le pouvoir attractif de la franchise serait considérablement réduit, et l’avenir assombri.

Vous l’aurez compris, pour que le futur des Pacers soit radieux, ou au moins compétitif, cela passe par une saison réussie, point barre.

Pronostic

6eme à l’Est, entre 45 et 51 victoires.

L’an passé, les Pacers ont compilé 48 victoires, un bilan excellent, mais pas facile a rééditer. Pour se faire, il faudra allier sérieux et variation de jeu pour pouvoir surprendre les équipes adverses. Si la conférence Est est devenue plus compétitive cet été, il ne faut pas oublier que les concurrents directs d’Indiana se sont également renforcés. Les Raptors ont désormais Kawhi Leonard, les Wizards ont signé Dwight Howard, les Celtics vont retrouver Gordon Hayward, la jeunesse des Sixers va encore progresser, les Bucks sont désormais coachés par Mike Budenholzer et les Pistons par Dwane Casey, COY 2017. Seuls les Cavs se sont affaiblis en perdant LeBron James. Pas facile donc d’aligner autant de victoires que l’an dernier, d’autant plus que les changements n’ont pas été si importants dans l’effectif d’Indy.

Cette stabilité assure aussi (en principe) une fourchette de victoires assez élevée. Plus de victoires ? Pourquoi pas. Moins de victoires ? Pas surprenant non plus. Attention tout de même à ne pas se reposer sur ses lauriers, la victoire est éphémère en NBA…

Avis du Compte FR (@PacersFRA)

Que penses-tu de l’été de la franchise et quelles sont tes attentes pour la saison à venir ?

Bon évidemment il va falloir s’habituer aux nouvelles têtes alors je vois bien les Pacers gagner 2/3 matchs de plus que cette saison, il sera également important de surmonter le départ de Born Ready notamment à domicile où c’était lui le joueur le plus adulé. Et ça va faire 2 saisons que je le répète mais on attend ENFIN la confirmation pour Myles Turner, on veut voir du progrès, en espérant qu’il soit mieux utilisé par McMillan, sa reconduction à la tête de l’équipe est donc pour surfer sur la vague de la continuité, mais je suis toujours mitigé à son sujet. Enfin j’espère que la philosophie de jeu sera toujours la même, un jeu simple et efficace, avec des guerriers qui n’hésitent pas à se salir les mains. Indiana Pacers style.

Alors en ce qui concerne la saison à venir, j’ai des grandes attentes et je pense que tous les fans des Pacers, et même tous les observateurs sont comme moi. En effet la direction a eu un souhait assez simple, miser sur la continuité, que ce soit Thad Young, Bojan Bogdanovic, Nate McMillan, … Le groupe n’est pas bouleversé loin de là, au contraire il s’est même amélioré avec les arrivées de Doug McDermott, Kyle O’Quinn et surtout Tyreke Evans, aucune prise de risque et pas trop d’argent jeté par les fenêtres, c’est du très bon. Je veux l’avantage du terrain en Playoffs, voilà on reste sur un objectif simple sans s’emballer, on sera plus fort en PO et à ce moment là, il faudra au minimum passer un tour !