Sur le grand campus de Vanderbilt, Darius Garland a parfois du mal à se repérer, il vit les galères typiques d’un freshman. Les allées et venues sont souvent difficiles pour un étudiant de première année, et il faut parfois arrêter les passants pour retrouver son chemin entre les entrainements au Memorial Gym, les salles de cours et le dortoir qui se trouve entre les deux.

Garland n’est pourtant pas un étudiant tout à fait comme les autres. Fort de trois titres de Mr. Basketball (meilleur joueur) et de quatre titres de champion de l’Etat du Tennessee durant ses années à la Brentwood Academy, il a acquis le statut de star locale de la même manière que son compère Romeo Langford à Indiana, qu’il avait d’ailleurs tenté de faire venir avec lui à Nashville.

Il aurait pu choisir un chemin plus traditionnel, profiter de son statut de recrue 5 étoiles pour être la pièce centrale d’une des usines à « one&done » comme Kentucky, Duke, Kansas, ou à moindre mesure, UCLA. Mais avant d’envisager son passage vers la grande ligue, Garland veut, comme Langford avec Indiana, écrire sa propre page d’histoire, chez lui, à Vanderbilt.

A la tête de la meilleure classe de freshmen de l’histoire du programme avec l’autre recrue 5 étoiles Simisola Shittu, le jeune meneur fils de l’ex-NBAer Winston Garland veut devenir le visage du renouveau pour un programme qui n’a jamais vu une de ses équipes atteindre le Final Four.

C’est en tout cas le plan pour son coach, Bryce Drew. Si le dernier carré du tournoi national semble encore utopique à l’heure actuelle pour les Commodores, leur head coach sait que Garland, même en ne restant qu’une saison, peut contribuer à la mise en place de nouveaux standards de réussite pour le programme basket masculin de la fac. C’est en grande partie pour cela que Drew, qui a découvert Garland dans un camp d’entrainement alors ce dernier n’avait que 10 ans, a tout misé sur ce recrutement, investissant tout son staff dans la construction d’une relation avec le joueur en espérant pouvoir l’attirer vers eux, et le garder à Nashville.

Mission accomplie le 13 novembre 2017, quand Darius Garland pose avec le noir et or de Vanderbilt, et annonce son engagement.

L’éternelle recherche du « nouveau X » est un phénomène inévitable dans la plupart des discussions entourant la balle orange ou même n’importe quel autre sport. Trae Young était le nouveau Stephen Curry (sans vraiment être le premier ni le dernier), et les suiveurs du championnat universitaire sont maintenant déjà à la recherche de leur nouveau Trae Young. Forcément, difficile de rapidement tourner la page quand un joueur n’a eu besoin que d’une saison pour devenir le seul joueur de l’histoire à mener le pays au nombre de points et de passes décisives. Dans ce débat qui ne mène finalement à rien d’autre qu’une comparaison relative, Darius Garland est un nom qui revient beaucoup.

Apprécié pour son naturel jovial en dehors du terrain, Garland est encore plus apprécié par ceux qui partagent le court avec lui, car son talent le mène toujours à trouver son coéquipier ouvert. Si vous n’êtes pas meneur, vous voulez jouer avec le meilleur meneur, celui qui va vous trouver quand il faut vous trouver. Mais Garland est avant tout un scoreur, un meneur qui correspond parfaitement à la tendance actuelle, une triple-menace permanente qui peut dégainer derrière l’arc, et bien derrière au niveau universitaire, mais aussi partir en dribble et utiliser ses moves pour faire perdre l’équilibre à son défenseur, qu’il s’agisse de son in&out inspiré de D’Angelo Russell, ou son side step dévastateur qu’il tente de copier sur Damian Lillard, des moves qu’il a pu mettre en évidence lors de ses deux premières sorties face à Winthrop et South California, avec à la clé déjà deux victoires.

Mener le pays aux points et aux passes n’est pas un objectif raisonnable pour le déjà très mature Darius Garland. Sa mission est bien plus importante que cela : il doit poser les premières pierres d’un nouveau programme à Nashville, et aider son coach Bryce Drew à élever les standards d’excellence d’une équipe qui en aura inévitablement besoin pour survivre dans une Southeastern Conference en très forte progression ces dernières saisons.