C’est fait ! Les bleus sont qualifiés pour la FIBA World Cup 2019 ! L’équipe de Vincent Collet se rendra en Chine dans huit mois pour tenter de renouveler l’exploit de 2014, où les bleus avaient obtenu une superbe médaille de bronze, sans Tony Parker et après avoir éliminé le pays hôte, l’Espagne, une époque bénie qu’il nous tarde de retrouver ! D’autant que ces éliminatoires ont été plutôt prometteurs pour la France. On a vu du jeu, on a vu du collectif, du sérieux. Surtout, on a su alterner entre effectif incomplet mais capable de tenir les matchs, et titulaires réunis pour devenir le rouleau compresseur que l’on sait être lorsque la confiance est présente. Les phases d’éliminations sont quasiment terminées pour la France à qui il reste deux matchs sans enjeux, c’est donc l’heure d’un bilan d’étape.

Une fin de qualification dans la sérénité

Il y a quelques mois, au début des éliminatoires, je présentais le parcours qui se dressait devant les bleus, avec une consigne : « le plus simple, c’est de tout gagner ». Mission -presque- accomplie puisque la France a commencé par un 6-0 dans la première phase, et n’a cédé qu’une seule fois dans la seconde, face à la Bulgarie. Une défaite très inattendue car Batum et De Colo étaient pourtant présents pour assurer le leadership.

Et quelques semaines plus tard, la NBA et l’Euroleague ayant repris leurs droits, il fallait recomposer avec un effectif plus limité pour Vincent Collet. Limité en terme de choix, mais pas de talents ! Car non seulement nous retrouvions Andrew Albicy, Mathias Lessort, Paul Lacombe, Alain Koffi ou Yakuba Ouattara qui avaient déjà été actifs dans la première phase, mais Amath M’Baye du Virtus Bologne, William Howard du CSP Limoge, ou Lahou Konate de Nanterre 92 sont venus aussi se joindre à l’équipe. Mais en revanche, plus de Moustapha Fall, qui pourtant avait brillé en première phase !

Face à la République Tchèque, il a donc fallu trouver des automatismes face à une équipe qui voulait également assurer sa place dans les qualifiés. Un match avec un fort enjeu donc, et qui a permis aux français de ne pas trop se reposer sur leur première place, puisqu’il faudra attendre le 3e quart pour que la France prenne l’avantage, sans que les tchèques ne les lâchent cependant. Au final, c’est l’adresse, la qualité des contre-attaques et la rapidité des transmissions qui permettront aux bleus d’arracher une victoire 79 à 65. M’baye, le limougeot Axel Bouteille et le monégasque Paul Lacombe mèneront les bleus au scoring, tandis que le meneur du BC Andorre Andrew Albicy fera un bon travail de rebond et de transmission.

La Bulgarie n’a pas fait long feu. Très investis dès le début du match, poussant les bulgares à plusieurs pertes de balles, la France a su prendre la tête rapidement. Ouattara se distingue par un contre autoritaire et un alley-hoop avec une récupération en hauteur. Ouattara terminera avec 17 points, la répartition de la marque sera extrêmement équilibrée pour le reste de l’équipe. Malgré un petit retour dans le troisième quart-temps, la France a fini par refaire l’écart pour une victoire 77 à 53 devant le public de Beaublanc à Limoges qui n’avait pas eu le luxe de voir notre équipe nationale dans sa salle depuis un moment déjà.

La tête du groupe K assurée

La France en est à 9-1 dans son groupe, les tchèques, juste derrière à 7-1, devront enchaîner deux blow out s’ils veulent nous prendre la première place à la différence de point. Mais l’essentiel est ailleurs : la France sera de toute manière qualifiée, tout comme la République tchèque d’ailleurs. La Russie, 3e du groupe, devra s’assurer de ne pas être rattrapée par la Finlande qui pourrait nous rappeler au bon souvenir de l’Eurobasket 2017. La Bulgarie et la Bosnie peuvent dire adieu à la Chine.

La zone européenne a presque rendu son verdict : dans le groupe I, l’Espagne reste en tête, suivie de prêt par la Turquie. Ces deux pays sont qualifiés. Le Monténégro est un surprenant 3e devant la Lettonie : sans Porzingis pour la Chine ? Le risque est réel, mais l’Ukraine est également bien placée pour une surprise. Parlant de surprise, on ne verra pas Doncic, Prepelic et Dragic au mondial. Comme annoncé dans mon dernier article, les champions d’Europe slovènes sont définitivement OUT ! Mais les dernières rencontres seront intéressantes à regarder, car le groupe est serré ! Dans le groupe J, les Lituaniens ont retrouvé leur efficacité perdue en 2017. Les deux autres spots de qualifications sont tenus par l’Italie et la Pologne, mais ils sont menacés par la Hongrie. La Croatie et les Pays-Bas sont déjà loin. Il n’y aura donc pas de France-Croatie en finale… . Enfin, le groupe L a presque rendu son verdict, puisque la Grèce et l’Allemagne sont qualifiés haut la main à 9-1 chacun. La Serbie tient bon son spot mais la Géorgie et Israël restent à portée. L’Estonie est éliminée.

En Afrique, dans le groupe E, la Tunisie et l’Angola ont validé leur ticket pour la Chine ! Tout comme le Nigéria invaincu dans le groupe F. La lutte pour les 2 derniers spots va se jouer d’abord pour obtenir la 2e place qualificative du groupe F, tenue par le Sénégal, et pour le match de barrage, pour l’instant entre la République Centrafricaine et le Cameroun. Si le Maroc et le Tchad peuvent nous dire adieu, dans le groupe F, il n’y a qu’un petit point qui réunit la République Centrafricaine, la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Mali !

En Amérique, autre surprise, les USA ne sont pas à la tête de leur groupe ! En effet, les Argentins dominent le groupe E avec un bilan de 9-1 contre 8-2 pour les américains. Qu’importe, puisque les deux nations sont cependant qualifiées. Il reste un dernier spot, actuellement tenu par l’Uruguay, mais à égalité avec Porto Rico. Le Panama et le Mexique sont éliminés. Mais Porto Rico pourra jouer un spot par un match de barrage, actuellement tenu dans l’autre groupe F par la République Dominicaine qui est quasiment certaine de jouer ce barrage, car distancée par le Venezuela et le Canada, qualifiés, et le Brésil, bien placé. Le Chili et les Iles vierges sont éliminées, on ne verra donc pas Tim Duncan en Chine…

En Asie-Océanie, même concept : trois spots par groupe, et un match de barrage pour les 4e. A ce stade, dans le groupe E, la Nouvelle-Zélande, la Chine et la Corée du Sud sont d’ores-et-déjà assurés d’aller en Chine…ce qui sera pratique pour l’équipe chinoise du coup… (l’équipe a participé aux éliminatoires bien qu’elle soit qualifiée d’office). Mais la question reste de savoir si la Chine terminera 3e ou 4e, car le Liban est à égalité de point, ce qui pourrait avoir un impact sur les barrages ! La Jordanie et la Syrie n’ont pas encore dit leur dernier mot, le groupe reste donc ouvert. Le groupe F l’est tout autant, car si l’Australie a validé sa place pour 2019, l’Iran et le Japon sont encore menacés de ne pas se qualifier, notamment par les Philippines en embuscade, et par le Kazakhstan. Le Qatar est en revanche déjà sorti.

2019 oui, mais avec quelle équipe ? 

Notre mission est donc accomplie. Le défi réel était pour nous de savoir jongler entre la présence des NBAers ou pas, entre les différentes phase de matchs. Autre soucis, la France a perdu un leader de terrain, Boris Diaw, mais pour le gagner sur le banc. Et pourtant, ce groupe instable, alors que d’autres pays n’avaient pas ce problème de disponibilité, a su percer et vaincre de bout en bout ! La tache n’était pas aussi facile qu’elle n’y paraissait. En revanche, on ne peut que frissonner lorsque l’on a pu voir les big names prendre un bref relais et transformer une équipe forte en équipe très, très, très forte, à l’image d’un Rudy Gobert qui s’est montré intraitable pendant le peu de matchs où il fut présent.

En 2017 j’admets avoir critiqué -sans être le seul- le manque d’investissement des cadres sur le volet présentiel. Mais ici, rien à dire, Rudy, Nico Batum, Nando et consorts se sont bougés pour venir jouer dans des salles de niveau district face à des adversaires qui, sans être ridicules, n’étaient pas de leur niveau quotidien. Et cette envie de venir, il faut la saluer et la souhaiter.

Aussi, avec cette vaste rotation, quel effectif aurons-nous en Chine ? Il est encore tôt pour se faire une idée. Mais on a aussi une vision idéale et une vision plus réaliste en imaginant que tout le monde ne sera peut-être pas forcément partant. Cependant, avec la présence de Boris Diaw aux côtés de Vincent Collet, on peut s’imaginer que l’envie de faire quelque chose de grand et surtout de rattraper l’échec en Finlande il y a deux ans, sera présent dans les esprits.

28 joueurs ont été appelés par Vincent Collet, il faudra donc faire des sacrifices.

On connaît les leaders : Rudy Gobert, Nicolas Batum, Evan Fournier, Nando de Colo.

On connaît aussi ceux qui sont souvent là : Thomas Heurtel, Edwin Jackson, Louis Labeyrie, Charles Kahudi.

Il y a ceux qui ont séduit durant les éliminatoires : Moustapha Fall, Vincent Poirier, Paul Lacombe, Alain Koffi, Fabien Causeur.

Et puis des « what if ? » : Paul Lacombe et Andrew Albicy sont ceux qui ont joué le plus de matchs, mais on a vu Axel Julien, Mam Jaiteh, Elie Okobo, Axel Bouteille et Mathias Lessort.

Enfin des espoirs : Noua, M’Baye, Invernizzi ou Howard.

Ce qui est sur, c’est que Vincent Collet pourra compter sur ce vivier baptisé #teamfrance l’an passé. Son but était de permettre un vaste inventaire de joueurs disponibles, et sur ce point, c’est un succès.

Qui sont nos adversaires pour l’instant ? 

Les phases de qualifications ne sont pas encore terminées, il restera des matchs à jouer en février. Mais sur le papier, la liste des participants nous laisse entrevoir quelques espoir, car dans cet amas de qualifiés, un effectif complet français pourrait tout à fait prétendre à un parcours réussi.

En Europe : Espagne – Turquie – Lituanie – France – République Tchèque – Grèce – Allemagne.

En Afrique : Nigéria – Tunisie – Angola.

En Amérique : Argentine – USA – Venezuela – Canada.

En Asie-Océanie : Australie – Nouvelle Zélande – Corée du Sud – Chine

Préparez vous pour la Chine

269 jours, c’est ce qui nous sépare du lancement de la coupe du monde de basket. 5 ans d’attente. A la dernière coupe du monde, la France était le champion d’Europe en titre, Tony Parker était champion NBA avec Boris Diaw, Lebron James était au Heat, Tim Duncan, Kevin Garnett et Kobe Bryant étaient encore sur les parquets, les Warriors étaient une équipe en progrès menés par Mark Jackson. On a donc eu un large temps pour construire quelque chose, mais ce quelque chose a été plutôt frustrant entre un Eurobasket 2015 inachevé, des jeux à Rio ratés, et un Eurobasket 2017 décevant. Mais cela a laissé un large moment pour préparer le travail, préparer l’équipe, faire des choix. Et ce moment, ce temps, est encore là.

Se préparer pour la Chine, c’est aussi pour les fans ! En 2017 en Finlande, l’équipe de France de basket a pu compter sur plusieurs centaines de supporters venus seuls, entre amis ou même en couple, et qui sont restés toute la période de premier tour, présents à chaque matchs pour encourager les bleus.

La Chine, bien que lointaine, reste accessible en terme d’offres et de prix d’avion et les billets proposeront surement des packages pour voir plusieurs matchs. La Cadillac Arena de Pékin, La Mercedez Benz Arena de Shanghaï, mais aussi la Guanghzou Arena, le Sport Centre de Shenzhen, de Foshan, de Wuhan et de Nanjing, auront de grandes capacités d’accueil (13 à 18 000) et rendront donc les places accessibles.

Aussi, n’hésitez pas à vous lancer dans l’aventure ! La NBA nous fait nous lever la nuit, ou voyager de longues heures, a nous alors de montrer notre passion du basket et notre fierté d’être bleus dans l’Empire du milieu !

Bleu blanc rouge – FRANCE !