Je n’ai jamais retenu le nom des spécialistes, des commentateurs, des recruteurs en NBA. Aussi vrai que je peux reconnaître les voix de la plupart d’entre eux, je serai bien incapable de l’associer à un nom, à une image. Si la personne au micro’ n’a pas été un joueur de la grande ligue, autant dire que c’est peine perdue pour moi.

Si je fais cette introduction qui semble n’avoir aucun rapport avec le titre de l’article, c’est pour, justement, introduire l’idée suivante. J’ai basé mon analyse sur une série de tweets ou pour être plus précis, sur une querelle entre deux recruteurs (« scouts« ) NBA. Et autant dire que la réflexion qui va suivre m’étant venue presque 48h après la lecture des échanges, j’ai été bien incapable de retrouver la source d’origine. De fait, si à la lecture de l’article vous voyez de quoi je parle, je ne serai pas mécontent d’ajouter ladite discussion à la suite de ce texte.

Pour résumer brièvement d’où l’idée m’est venue, je le résumerai ainsi. Un recruteur citait une phrase du second qui disait, en substance, ceci :

On ne s’improvise pas recruteur en NBA. On ne peut pas se contenter de prendre le league pass, de suivre des rencontres NCAA pour se dire recruteur. Quelqu’un qui se donnerait ce titre, en se contentant de cela, pourrait au mieux atteindre 50 à 60% de diagnostics juste sur les joueurs. Une personne dont c’est le métier et qui a appris à observer les joueurs, à les suivre, peut prétendre à 95% de bons résultats sur ses analyses.

A la lecture de ceci, le premier moquait le manque d’humilité du second et arguait deux choses :

  • 95% semble un chiffre absolument irréel
  • Il suffisait de regarder le top 10 de draft annoncé par le second pour comprendre que cela ne tenait pas debout

Le monde des réseaux sociaux, dans toute sa cruauté ne peut que donner raison au premier. Une simple analyse mathématique suffirait à prouver que 95% des joueurs qui entrent dans la ligue ne restent pas en NBA, bien au contraire. On sait que la NBA abrite tous les ans 450 joueurs au lancement de la saison (je ne prends pas en compte les « 2-ways contracts »). Une partie ne jouera pas ou presque pas et ne sera présente que pour faire le nombre ou prendre des minutes en cas de blessures ou pour les garbage times.

Tous les ans, se sont 120 joueurs qui sont sélectionnés par les franchises. Or la durée moyenne d’une carrière NBA est de moins de 5 ans. Par ailleurs, un nombre restreint jouera, un encore plus grand nombre n’y passera pas plus de 2 ans.

Mathématiquement, on peut effectivement moquer la déclaration. Néanmoins, une question se pose : est-ce que les joueurs qui ne poursuivent pas leur carrière sont forcément le résultat d’une erreur sur la capacité du joueur à évoluer en NBA ? Est-ce que finalement une grande partie des joueurs draftés n’auraient pas pu y arriver, dans les bonnes conditions ?

Je vous propose de nous interroger sur la question dans cet article et de discuter des nombreuses raisons qui peuvent détourner un joueur qui a le talent pour faire une carrière de cette dernière.

Les talents arrachés

Une première cause évidente, du moins en apparence, concerne les joueurs qui disposaient du talent pour exploser en NBA ou jouer à un niveau très correct mais qui voient qui leur condition décliner lentement ou brutalement au point de ne pas toucher leur potentiel.

La première cause qui nous vient en tête ici, c’est la blessure lourde. Tout le scouting du monde ne vous permet pas d’anticiper la santé d’un joueur qui décline, surtout quand son historique de blessures n’était pas lourd ou particulièrement inquiétant. Il n’y a qu’à regarder les dernières drafts pour voir une palanquée de futurs talents de premier plan qui n’ont pas pu, en raison de leur santé, arriver ou rester en NBA comme ils l’auraient souhaité.

On pense immédiatement à deux joueurs sur les deux dernières promotions : d’un côté, Michael Porter Jr, qui s’il n’est pas encore condamné aurait dû arriver en NBA dans une bien meilleure situation que piuck 14, et de l’autre, on peut également évoquer le cas d’Harry Giles qui en raison de diverses blessures au genou est devenu un joueur à risque. Ces deux joueurs, bien qu’armés pour exploser dans la Ligue, pourraient très bien s’effondrer. Longtemps, on a aussi pensé que Joël Embiid ne pourrait pas faire preuve de son talent sur les parquets NBA. D’autres encore peuvent être regarder dans le rétroviseur comme étant de véritables gâchis : comment ne pas se rappeler le pivot des Trail Blazers, Greg Oden, qui en dépit d’une entrée fracassante dans la grande ligue n’aura jamais pu être ce qu’il aurait dû être ?

Si cela touche des joueurs de premier plan, que l’on savait capables de se faire une place en NBA, le phénomène touche aussi ceux dont on ne comprendra jamais la draft, mais qui auront dû lutter dans un certain anonymat avec le même type de problème. Ces joueurs auraient pu se faire un nom en NBA, trouver une bonne situation, un rôle même infime, mais resteront des énigmes pour les fans des équipes qui critiqueront alors potentiellement un joueur qui doit lutter avec son corps dans l’ombre.

A ce sujet, il faut aussi mettre en évidence une problématique réelle pour les jeunes lycéens ou universitaires qui ont mis dans les mains du sport leur avenir entier : la tendance à vouloir masquer une blessure. Pour tous ces jeunes, capables d’être des stars ou non, entrer en NBA signifie un accès à un rêve et une manne financière énorme. Le genre d’opportunités qu’il est difficile de refuser dans la société qui est la nôtre. A ce titre, une blessure peut être pire que de réaliser qu’on n’aura pas le talent pour évoluer à l’étape suivante, car elle tombe de manière aléatoire, elle peut frapper et briser n’importe qui. Il ne sera donc pas rare de voir des prospects masquer une blessure pour pouvoir, en état ou pas, être appelé le soir de la draft.

Tous les scénarios sont possibles et imaginables à ce niveau-là, et ce sont autant de variables avec lesquelles les recruteurs doivent jongler. D’autant qu’encore plus pernicieux que les blessures physiques, il y a les défaillances psychologiques, mentales.

Si on doit illustrer cette notion, on peut faire appel au cas incontournable de Royce White. Talent atypique et certain, l’intérieur drafté par les Rockets était plein de promesses. Mais voilà que ce dernier a un mal bien particulier : une anxiété exacerbée, qui lui rend impossible de se déplacer en avion. Si la NCAA donnait assez de temps entre les rencontres au joueur pour adapter ses trajets, le rythme infernal de la NBA ne le permet pas. Malgré le combat du joueur pour être entendu, force est de constater que la grande ligue n’est pas faite pour s’adapter à un cas aussi spécifique – et sa carrière ne verra jamais le jour.

Alors évidemment, une problématique comme celle-ci aurait pu être anticipée par les recruteurs et les dirigeants. Mais qu’en est-il pour des problématiques plus discrètes, plus gérables mais qui vont pour autant tourmenter la carrière du joueur ? Un mal difficilement pris en charge, mal accompagné, un stress, des problématiques d’images vont ainsi empêcher à des prospects, pourtant intrinsèquement capables d’évoluer en NBA, de le faire. Ces maux sont susceptibles d’être très nombreux, et bien souvent les joueurs qui en sont victimes vont se heurter à des murs d’incompréhension. Des talents inhibés par la pression, qu’elle soit médiatique, du terrain, de l’environnement, d’un entourage, ont propension à être légion.

Les recruteurs peuvent obtenir des conseils, consulter des experts mais ils n’ont pas la prétention d’être des médecins, des psychologues ou de lire dans la tête des joueurs. Ils sont là pour analyser le footwork d’un joueur, la mécanique de tir, la régularité, le ball-handling, la défense, les qualités athlétiques, le placement, le body-language, … Et même le meilleur diagnostic du monde peut trouver un nombre conséquent d’embûches.

Timing & préjugés

La situation dans laquelle on mettra les prospects, que ce soit à travers la soirée de la draft ou à travers les a priori sur ce dernier peuvent également réduire à néant un excellent travail de découverte des joueurs. Bien que certains soient suivis depuis 6, 7 ans lorsqu’ils sont sélectionnés en NBA, un recruteur n’empêchera jamais son « poulain » de subir les affres de la grande ligue.

Il existe des tas de joueurs dont le talent était certain, mais qui seront malmenés à cause d’une étiquette qui leur sera collée le soir de leur arrivée en NBA. Combien de joueurs ont souffert de ne pas avoir été considéré de la bonne manière ?

Prenons par exemple le cas de Darko Milicic. Il semble indéniable que le pivot avait le talent pour s’imposer en NBA. Grand, costaud, de bonnes mains, une vision de jeu correcte, des qualités athlétiques dans la moyenne d’une époque où les pivots ne défendaient pas des extérieurs… Tout semblait corroborer l’idée que le potentiel du joueur était tout ce qu’il y a de plus solide. Pourtant, le Serbe quitta la NBA à un âge où les joueurs atteignent leur sommet. Pourquoi ? Des raisons extrêmement nombreuses, mais un point de départ compliqué. Arrivé au sein de la mythique draft 2003, le pivot fut sélectionné dans la foulée de LeBron James, devant des joueurs tel que Carmelo Anthony, Chris Bosh ou Dwyane Wade. Un crime qui lui fut imputé. Car non seulement il n’était pas aussi abouti que ces stars en puissance, mais il arriva dans une équipe qui jouait le titre et ne pouvait lui accorder beaucoup de temps de jeu pour se mettre en confiance et se développer. Entre autres raisons, dont certaines à venir, il n’a jamais vraiment été en situation de réussir.

Et il ne fut pas le seul, dans les exemples récents de joueurs qui n’auraient pas dû hériter d’une telle pression. On peut citer l’indémodable Kwame Brown, qui fut contraint de gérer un statut de first pick, très jeune alors que rien sur le papier ne l’y prédestinait. Si les recruteurs avaient annoncé que son potentiel était solide, ce sont les dirigeants persuadés qu’on ne pouvait rater un jeune pivot mobile et athlétique qui le condamnèrent à une carrière maudite. Pour parler d’un cas encore plus contemporain, on peut aussi évoquer Anthony Bennett, malheureux first pick d’une promotion sans véritable prospect de premier plan qui fut jeté en pâture.

A l’inverse, des joueurs très bruts mais drafté de manière plus anonyme ont pu se développer à des sommets inattendus. On peut récemment citer Giannis Antetokoumpo, dont l’aspect frêle inquiétait les recruteurs. Aurait-il eu la même carrière dans un gros marché et avec un statut de « top pick » ?

Trop de lumière est une malédiction, surtout pour des talents non préparés. On pourrait trouver une multitude de joueurs dont l’analyse du parcours universitaire corroborerait les raisons de leur donner une place en NBA. Mais entre se faire une place, et être jeter sur le devant de la scène, seuls quelques uns résistent à un tel écart.

Il existe aussi tous les talents délaissés. Ceux qui avaient leur place en NBA, mais qui furent obligés de faire avec les préjugés « de ce que doit être un basketteur« , du physique attendu, voire des jurisprudences imposées par des échecs précédents. Combien de scouts ont dû dire qu’Isaiah Thomas était un joueur de premier plan, mais combien de dirigeants ont préféré passer leur tour en raison de sa petite taille ? Combien d’intérieurs sous-taillés ont glissé dans la draft et n’ont pas trouvé preneur parce qu’on les jugeait inadaptés au format NBA ? Probablement un grand nombre avant que des Paul Millsap ou Draymond Green ne prouvent que c’était possible.

Aujourd’hui, en dépit de qualité certaines, c’est l’absence de tir à 3pts qui risque de condamner des joueurs qui avaient le talent pour la grande ligue, mais ne sont pas dans la tendance. A quoi bon être un pivot capable de jouer l’isolation au poste aujourd’hui, quand bien même vous êtes le meilleur pour ça, si ce n’est pas ce qui est recherché ?

Le souci, c’est que les recruteurs doivent faire face à toutes ces contraintes et que leurs observations peuvent parfois être mal utilisées par les dirigeants. Or il est compliqué de construire un pont idéal pour une carrière lorsqu’on sélectionne des joueurs sans se soucier de leur donner l’environnement idéal. Quid de ces joueurs au profil particulier mais draftés par des franchises qui ne souhaitaient de toute façon pas les intégrer dans leur effectif, mais qui n’ont pas pris la peine d’échanger leur choix de draft ?

Les prospects ne sont pas des stars NBA. Rares sont ceux qui arrivent avec un statut. Souvent pas maîtres de leur destin entre toutes les parties prenantes intérieures et extérieures, ils devront s’accommoder de situations, d’idées reçues qui joueront contre eux. Dans certains cas, cela peut leur être fatal. Boris Diaw aurait-il fait son trou en NBA s’il était resté aux ordres de coachs comme Mike Woodson, incapable de comprendre son talent ? Sans un Mike D’antoni, apte à penser de manière décloisonnée, la NBA aurait-elle vu le français faire des ravages et imposer son basket unique ? Ici est un exemple parmi tant d’autres de problématiques qui ont pu boucher les chances de joueurs d’évoluer en NBA.

La culture, l’identité

C’est peut être la partie que je préfère. Car elle demande plus que les autres d’être capable de se mettre dans la tête des joueurs. Si la première partie était le plus souvent un état de fait plus qu’autre chose, si la suivante était le fruit de l’environnement, la troisième en est le parfait mélange.

Une fois encore, rappelons que le travail d’un recruteur est de juger des qualités basket d’un joueur. Potentiellement, ils pourront obtenir des informations, approcher son entourage et la personne pour se faire une idée de son état d’esprit. En revanche, difficile de juger comment il s’habituera à sa nouvelle vie, ses nouvelles habitudes et son nouveau monde.

Comment décrire toute cette complexité ?

Si vous êtes un jeune prospect américain, vous serez probablement déraciné successivement de votre ville natale, puis de votre université, vous devrez apprendre à gérer la vie de professionnel, toutes les tentations offertes par la reconnaissance et l’argent tout en intégrant une équipe composée de personnalités diverses. Au milieu de tout cela, l’objectif est de se réaliser en tant que joueur, sans se perdre.

Le challenge en tant qu’étranger est le même, mais vous changez alors de pays et devez faire ce saut, sans parfois maîtriser la langue – peut être de moins en moins désormais qu’au début des années 2000, c’est vrai. Le travail d’adaptation est tellement énorme que la notion de basketball arrive en bout de phrase, et ce sans ajouter les difficultés suivantes : blessures, soucis personnels, préjugés, pression.

Dans les deux cas, les jeunes joueurs peuvent avoir le talent, mais être incapables de s’adapter à cette nouvelle culture, ce nouveau statut et les conséquences que cela peut engendrer au quotidien peuvent parfois briser des talents. Combien se sont perdus en découvrant la vie nocturne d’un gros marché ? Combien de joueurs ont récemment avoué avoir vécu des périodes noires dans des situations qui ne leur convenait pas ? Une fois encore, si l’on se place des côtés des talents majeurs, le haut du panier, cela réduira peut être leur performance. En revanche, dans le cas d’un joueur plus faible, cela peut tout simplement barrer la route vers une carrière ou générer le déclin rapide d’un joueur qui semblait avoir fait le plus dur. L’exemple peut paraître caduque, mais le parcours d’un Ben Gordon reste une incompréhension totale. Une sorte de carrière à l’envers de quelqu’un qui paraît ne jamais s’être vraiment fait à ce milieu. Lamar Odom, dont la situation fut médiatisée, aurait également très bien pu éclater plus tôt.

Pour revenir au cas de Darko Milicic, aurait-il eu la même carrière dans un environnement où on lui aurait donné du temps de jeu, pris en compte ses difficultés à se faire à la vie aux Etats-Unis, à la culture du pays. Lui qui s’est plaint d’un isolement très fort au milieu des équipes ne semble avoir été proche que de peu de joueurs, dont Chauncey Billups. Au vu de ses qualités, difficile d’imaginer qu’il ne soit pas au moins devenu un bon role player. De fait, on peut se demander quel joueur il serait devenu s’il avait bénéficié d’un traitement à la hauteur de ses difficultés.

Compliqué de faire face à tout cela. Pourtant reste un nouvel aspect sur lesquels les joueurs sont à nouveau impuissants : correspondre à l’identité de l’équipe.

Pour faire simple, comment faire lorsque vous aimez courir, profiter des espaces pour tirer et que vous tombez dans le basketball lent et discipliné des Grizzlies ou des Pacers ? Comment faire pour s’imposer en tant qu’attaquant frustre, mais défenseur acharné dans une équipe qui joue tout pour l’attaque ? Tomber dans l’équipe qui nous correspond permet de se faire un nom et une carrière. Évidemment, dans ce cas, les recruteurs ont un rôle majeur à jouer. On observe cependant, que les dysfonctionnements sont susceptibles d’être nombreux :

  • Quid des recruteurs pas intégrés dans la franchise ?
  • Des dirigeants qui cherchent le meilleur joueur disponible avant la compatibilité ?
  • Des équipes qui ne savent pas prendre le temps de développer leurs joueurs ?
  • Des coachs qui ne savent pas utiliser leurs joueurs pour leurs qualités ?
  • De joueurs barrés par la concurrence ?
  • Des équipes à la dérive et justement, sans identité ?

Les Kings, cette saison, sont le parfait exemple de comment un groupe de joueur qui laissait perplexe peut soudainement prouver avoir une grande valeur ; tandis que d’autres franchises qui prennent le temps et savent utiliser les talents de leurs joueurs permettent de faire éclore des talents qui n’auraient peut être pas eu la chance de se faire une place ailleurs. Les Spurs arrivent tous les ans à révéler des joueurs, les Nuggets depuis quelques saisons sont aptes à faire émerger de nombreux role players issus de leur draft, y compris de nombreux 2nd tours.


Le nombre d’influences que subissent les joueurs est énorme, le nombre d’intervenants après le travail de scouting réalisé l’est tout autant et il est bien difficile de savoir quand on peut réellement dire que le travail d’observation a été défectueux ou non. Nous avons établi une liste non exhaustive de variables qui peuvent faire dérailler un joueur, tuer ses chances dans l’œuf. On dit que l’on est le fruit de son environnement : il est donc évident que l’environnement peut avoir raison de nous, et du travail de scouting. Le système NBA fait que tous les ans 60 joueurs seront sélectionnés par des franchises. Pas tous n’ont forcément été approuvés, pas tous n’auront la chance de se trouver dans les bonnes conditions pour réussir. D’autres, n’auront pas l’éthique de travail, l’hygiène de vie, des bases sociales assez solides pour se faire une place dans l’univers professionnelle. Tous ces éléments ne remettent pas en cause le travail de recrutement fourni. La vie en NBA est le reflet d’un monde où pas tout le monde ne peur réussir et trouver sa place, le tout dans une inversion accelérée, plus intense et probablement tout aussi imprévisible.