Les Boston Celtics déçoivent depuis le début de la saison avec un bilan certes convenable (25-17), mais qui est bien loin des attentes du début de saison. Alors que Toronto et Milwaukee prouvent jour après jour leur consistance et leur régularité, les hommes de Brad Stevens eux jonglent entre les victoires et les défaites. L’électrocardiogramme des Celtics ne fait que monter et descendre sans arrêt, au point même que des complications montrent le bout de leur nez. La moitié de saison est déjà passée mais les Celtics ne rassurent personne. Ainsi, la date préférée de l’année pour Danny Ainge, celle du 7 février 2019, synonyme de trade deadline, commence à trotter dans toutes les têtes. Et si le GM de la ville verte montait un trade pour apaiser les tensions et relancer l’équipe sur une nouvelle base, peut-être plus saine, pour la fin de saison et la préparation des playoffs ?

Des soucis à répétition

Les Boston Celtics avaient montré de très belles choses depuis le Christmas Day. Une victoire de qualité contre Philly et une série de 5 victoires en 6 matchs – entre le 30 décembre et le 10 janvier – qui laissait penser que Brad Stevens avait trouvé un équilibre et la bonne formule pour lancer son équipe et ainsi enchaîner les victoires. En effet, Kyrie Irving et sa bande empilaient les cartons offensifs (135 points marqués contre Indiana, 115 contre les Wolves ou encore 116 contre les Nets) et conservaient leur défense de fer (93 points encaissés contre Dallas, 95 contre Brooklyn, 103 contre Memphis). Tout semblait rouler pour le mieux depuis le début de 2019.

Mais une nouvelle fois, les problèmes vinrent prendre place chez les Verts : une vilaine défaite sur le parquet du Heat avec en prime une altercation entre Jaylen Brown et Marcus Morris, vite désamorcée par le plus jeune des deux. Un petit accrochage qui souligne toutefois une ambiance qui n’est pas au beau fixe : « Oui, nous en avons parlé, nous sommes passés à autre chose. Nous sommes juste concentrés sur Orlando, concentrés à continuer à jouer du bon basket. Nous avons joué un bon basket avant Miami. Nous devons y revenir » rappelle Jaylen Brown.

Concentrés, ils ne l’étaient pas du tout face à Orlando samedi soir (qui s’offre en back-to-back Boston et Houston). Alors que les Celtics menaient, sans trop de difficulté, de 12 points à la mi-temps, le Magic a réussi à rattraper son retard et l’a emporté 105-103 malgré une tentative d’égalisation de Jayson Tatum au buzzer. Un tir qui a énervé Kyrie Irving, qui est vite venu échanger quelques mots de manière appuyée avec Gordon Hayward, lui reprochant d’avoir passer le ballon à Tatum et non pas à lui. De la frustration plus qu’autre chose pour Kyrie Irving qui n’a pas hésité à souligner à la fin du match le manque d’expérience des Celtics qui n’auraient pas dû laisser échapper leurs 12 points d’avance, surtout contre le Magic qui n’est pas au mieux actuellement.

Toutes ces petites choses, qui paraissent anodines sont finalement révélatrices d’un mal-être collectif qui existe depuis le début de saison. Nous étions restés sur une note presque parfaite en playoffs 2017-18, avec une équipe pleine d’envie et de bonne volonté. Mais cette année, les Celtics n’arrivent pas à retrouver cette parfaite alchimie. Entre le retour de Gordon Hayward, qui n’est clairement plus le même joueur depuis sa terrible blessure, un Al Horford qui n’est plus aussi clinquant et maître de la raquette que l’an passé (surtout offensivement), un Jaylen Brown bourré de talent certes mais qui est décevant et bien trop irrégulier, ou encore un Terry Rozier qui n’est plus que l’ombre que lui-même, il se pourrait bien que les problèmes de Celtics soient plus graves que prévu et que Brad Stevens a finalement du pain sur la planche. Mais le temps passe. La moitié de la saison est déjà passée et la solution ne semble toujours pas là. 

Dès lors, la trade deadline approchant (7 février), il se pourrait bien que Danny Ainge fasse un choix fort et active son téléphone pour effectuer des échanges. Il ne s’agit pas là de casser l’effectif entier, loin de là, mais peut-être de se séparer de quelques éléments qui n’arrivent pas à trouver leur place ou qui ne sont plus aussi fringants que l’année dernièrement ainsi insuffler une nouvelle dynamique, quelque chose de plus régulier, car les victoires doivent s’enchaîner pour les Celtics. On répète sans cesse que cet effectif est pléthorique et talentueux, ce qui indéniable, mais ne serait-il pas justement trop pléthorique ? N’y aurait-il pas un bouchon sur les postes 2/3/4 entre Tatum, Hayward, Brown, Morris, Smart, et même Rozier (quand ce dernier joue 2) ? Un trade est loin d’être dénué de sens. 

Quels départs probables ?

Que toutes les personnes qui pensent à Anthony Davis oublient tout de suite cette idée pour l’instant. Il est nécessaire de rappeler que les Celtics ne peuvent avoir dans leur effectif 2 « Designated Players ». Or, Kyrie Irving et Anthony Davis sont tous les deux des Designated Players car ils ont signé leurs contrats en tant qu’extension de leurs contrats rookies. Ainsi l’idée Anthony Davis est exclue pour cette trade deadline.

Evidemment, Kyrie Irving est intouchable, tout comme aujourd’hui Jayson Tatum, Marcus Morris – qui est un élément clé dans cet effectif cette saison (et 3è meilleur marqueur de l’équipe avec 15,6 points) -, Marcus Smart et vraisemblablement Al Horford – qui paraît indispensable défensivement tout en apportant maturité et expérience, ce qui manque encore à Boston. Dès lors, les autres joueurs sont potentiellement tradable, surtout trois d’entre eux : Terry Rozier, Jaylen Brown et Gordon Hayward. Toutefois, ce dernier semble presque intransférable au vu de ce qu’il a vécu avec sa blessure au tibia et à la cheville, le privant de la saison 2017-18, mais aussi en prenant compte de son exorbitant contrat (31,2 M$ cette saison) qui peut freiner bon nombre d’équipe.

Reste donc deux hommes : Terry Rozier et Jaylen Brown, les deux joueurs qui déçoivent le plus mais qui ont une belle valeur marchande. Alors s’agira-t-il d’un package avec les deux ensemble, deux trades distincts ? Rien n’est  encore sûr. De plus, aucune rumeur n’a encore fuité chez les observateurs et insiders.

Toutefois, certains aimerait voir par exemple un échange Terry Rozier – Dennis Smith Jr, qui a du mal à Dallas avec l’explosion de Luka Doncic, ou encore un trade entre Jaylen Brown et un jeune intérieur talentueux (Jonathan Isaac, Bam Adebayo, John Collins…). On sait que Boston manque de puissance à l’intérieur depuis des années et connaît un bouchon à l’aile. Il serait donc intéressant de lâcher un ailier ou même un meneur contre un intérieur qui viendrait enfin aider Al Horford qui peut de moins en moins tenir seul la baraque, car sans manquer de respect à Daniel Theis et Aron Baynes, la raquette des Celtics reste le point faible du système Brad Stevens. On pourrait même évoquer le cas Marc Gasol, dont les rumeurs de départ à la trade deadline deviennent de plus en plus plausibles. Un échange Hayward – Gasol pourrait marquer la volonté des Celtics d’enfin prendre un grand 5 et du côté de Memphis d’avoir un ailier de qualité. 

Trop souvent Horford sauve son équipe en défendant d’une main de maître contre des pivots dominants (Embiid, Jokic, …) mais cette année, le dominicain semble un peu fatigué, laissant trop énergie défensivement et étant logiquement beaucoup moins efficace offensivement. Il ne serait donc pas contre un renfort de poids. À moins bien sûr que les Celtics soient focalisés sur Anthony Davis et préfèrent attendre l’été prochain ou l’été 2020 pour l’attirer le Pelican et ainsi casser l’effectif en se séparant de Hayward, Horford ou Tatum et d’autres. Enfin, les Celtics peuvent posséder jusqu’à 4 premiers tours de draft pour 2019, de quoi se permettre d’en placer un ou deux dans un trade pour attirer un joueur plus intéressant.

L’avenir reste encore ensoleillée à Boston mais attention, les nuages commencent à devenir de plus en plus menaçants et noirs. La douche serait très froide si les Celtics venaient à se faire sortir par Philadelphie ou même Indiana au premier tour des playoffs.  Dans toute épopée collective, des petits changements s’imposent parfois pour que le bateau avance mieux et plus loin.