ESPN organise comme à chaque saison depuis quelques années des « challenges » entre conférences qui viennent pimenter le calendrier vers la fin janvier, et cette année, nous avons encore au menu un affrontement entre la SEC et la Big 12, deux des conférences les plus compétitives du championnat universitaire, avec comme point d’orgue, le choc des « blue bloods » (terme qui désigne les équipes historiquement dominantes du basket universitaire) entre Kansas et Kentucky.

Le dernier affrontement entre ces deux équipes date d’il y a maintenant deux ans, et si la BBN (Big Blue Nation) avait réussi à battre pour l’occasion le record du monde du nombre de décibels atteint dans une enceinte fermée et entrer dans le Livre Guinness des records, les Wildcats de De’Aaron Fox avaient été finalement surpris à domicile par les Jayhawks de Frank Mason III et Josh Jackson.

Il s’agira donc de laver cet affront pour Kentucky, mais aussi de maintenir la dynamique positive de cette équipe qui vient justement de dépasser son adversaire du week-end dans le Top 25, prenant le 8ème rang du classement alors que Kansas a glissé à la 9ème place, assurant donc définitivement, sur le papier, le statut de favori aux joueurs de John Calipari.

Sur le terrain, ces deux équipes se ressemblent beaucoup, avec des tractions arrières jeunes mais bourrées de talent qui entourent des intérieurs plus expérimentés, costauds mais tout aussi talentueux. Pour les locaux, Ashton Hagans, Tyler Herro et Keldon Johnson assurent ensemble une caution défensive pour le premier, de shooting pour le second et d’un peu de tout ça pour le dernier, Johnson étant possiblement le freshman le plus talentueux des Wildcats cette saison.

En face, Kansas viendra avec là aussi deux freshmen à l’arrière, le meneur mobylette Devon Dotson, qui dans le jeu ressemble énormément à son idole Derrick Rose, qu’il va jusqu’à imiter dans sa routine sur la ligne des lancers francs, et l’arrière Quentin Grimes, MVP du dernier championnat des Amériques U18, succédant à un autre américain, Markelle Fultz. Grimes était très attendu cette saison à Lawrence, arrivant avec la hype de son tournoi réussi en équipe nationale, et son coach Bill Self l’avait même comparé à Deron Williams, un joueur qu’il avait pu former lorsqu’il était encore head coach à Illinois. Mais malgré une excellente première sortie lors du Champions Classic face à Michigan State, la saison de Grimes a pris une tournure inattendue, le joueur décevant, la faute à une inconstance chronique qui se lit dans les stats mais aussi dans le langage corporel d’un joueur qui semble parfois perdu sur le terrain.

Pour aider ces deux freshmen talentueux mais inexpérimentés, Bill Self dispose de guards plus matures, comme Marcus Garrett, qui peut prétendre au titre de meilleur défenseur du basket universitaire, et Lagerald Vick, le senior qui représente la plus grosse menace extérieure de l’équipe, capable d’enchainer les tirs de loin dans des situations parfois improbables.

Penchant déjà beaucoup à l’extérieur la saison dernière avec Devonte’ Graham, Sviatoslav Mykhayliuk et Malik Newman, les Jayhawks devaient se présenter cette année avec un secteur intérieur plus fourni, mais l’énorme pivot Udoka Azubuike a vu sa saison s’arrêter dès la mi-janvier avec une nouvelle blessure. Point d’ancrage difficile à contenir pour les défenses universitaires, « Doke » avait déjà vu ses deux premières saisons à KU être perturbées par les blessures, et ce nouveau pépin pose forcément un point d’interrogation pour l’ensemble de sa carrière.

Mais Kansas dispose, contrairement à l’an dernier, d’une autre solution, et pas des moindres, puisque Dedric Lawson, l’ancien joueur de Memphis, est un des candidats au titre de joueur de l’année, et il est incontestablement le leader technique de cette équipe sur le terrain, capable de sanctionner au poste bas, de s’écarter à quelques mètres du panier, pour tirer ou passer, et c’est donc par lui que passent la plupart des systèmes et routines offensives de Bill Self.

Face à lui, il y aura un autre client, le « vétéran » Reid Travis, transféré depuis Stanford pour sa dernière année d’éligibilité en NCAA, qui donne à la fois la dose d’expérience nécéssaire dans une équipe et un système qui se repose avant tout sur des freshmen, et aussi une présence intérieure précieuse. Travis réalise « night in and night out » un chantier impressionnant dans les raquettes adverses, et ce joueur qui faisait partie des meilleurs dans la conférence PAC-12 avec Stanford est en train de rééditer avec Kentucky dans une SEC très compétitive.

Les freshmen seront scrutés, mais c’est donc à l’intérieur, chez les « vieux » qu’il faudra probablement regarder pour comprendre la dynamique de ce match, avec un affrontement entre vieux briscards du basket universitaire sous les panneaux, qui tenteront de porter toute la tradition d’excellence de leurs équipes dans cet affrontement de facs de légende.

Kentucky – Kansas ; 00:00 (heure française) ; ESPN