Les New Orleans Pelicans avaient réussi quelque chose de décisif lors de la draft 2012. Dans un exercice qui n’est pas exempt de mauvaises surprises, ils avaient trouvé le futur de la franchise. Avec le 1er choix de la draft, l’équipe qui avait vu quelques mois plus tôt le leader historique de la ville, Chris Paul, s’en aller, avait trouvé son nouveau futur. S’il ne fut pas auréolé d’un titre de rookie de l’année, il s’affirma rapidement comme un talent parmi les plus bruts que la ligue ait connu, devenant également celui par qui tout brillerait ou ternirait en ses terres.

Sauf que voilà, presque 7 ans après sa draft, Unibrow en a marre. Englué dans une équipe visiblement incapable d’enchaîner deux bonnes saisons, le leader a fait part de sa volonté : il veut être transféré. Souvent ce genre de demande choque, mais la sienne a généré plus d’excitation de la part des fans que de contestations. Pourquoi ? Parce qu’il est difficile de ne pas comprendre le ras-le-bol de l’intérieur. Les dirigeants des Pelicans ont multiplié coups de malchance et erreurs grossières dans leur stratégie pour entourer leur franchise player. Signature long terme de joueurs souvent blessés et contrats exorbitants accordés à des joueurs qui ne devaient pas prétendre à de tels salaires ont ruiné la compétitivité de la Nouvelle-Orléans américaine. La liste est longue : Alexis Ajinça, Omer Asik, Tyreke Evans, Eric Gordon ou Solomon Hill ont tous reçu les faveurs de l’équipe tour à tour.

En parallèle de ces signatures souvent compliquées, la franchise a dû faire avec les lourdes blessures de Jrue Holiday et DeMarcus Cousins qui ont tour à tour mis à sac les chances de l’équipe, tandis qu’Anthony Davis enchaînait les allers-retours à l’infirmerie. Il y avait comme là un message à lire, comme une main invisible qui s’amusait à se jouer des chances d’AD et ses coéquipiers. Jusqu’à ce que l’impression arrive, inéluctable : il était temps de partir.

Aujourd’hui, le joueur a fait savoir sa volonté d’avoir ses chances, de jouer le titre, de ne pas gâcher ses plus belles années à courir après les Playoffs. Le joueur veut le titre. Il veut des épopées en post-saison. On ne peut pas lui en vouloir.

Mais penchons-nous sur l’avenir. Que peuvent-faire les Pelicans désormais pour préparer un nouveau cycle ?

La situation d’Anthony Davis

Avant de se jeter à corps perdu sur les possibles destinations pour l’ailier fort, il convient de faire un point sur sa situation.

Anthony Davis est sous contrat jusqu’à l’été 2020. C’est à dire que n’importe quelle équipe qui reçoit le joueur profitera de ses services jusqu’à cette date-là. En plus de cette saison et demi, le joueur possède une option sur son contrat. Celui-ci peut choisir de l’exercer ou non. A ce sujet soyons clairs, à moins que le joueur soit dans une situation qui justifie de risquer une saison supplémentaire sans obtenir la maximum pour le long terme, il choisira de devenir agent libre.

Même dans une position idéale, le joueur devrait de toute façon chercher à obtenir un nouveau contrat de 5 ans au plus vite.

Par ailleurs, le joueur a fait savoir son intérêt pour des équipes compétitives. Autrement dit, si la franchise peut le transférer où elle veut, faire savoir que toutes les destinations ne se valent pas, signifie qu’il ne prolongera à la fin de son contrat que s’il pense être dans une bonne situation. Il y a fort à parier que si une équipe cherche à l’obtenir et ne reçoit pas sa bénédiction, elle s’exposera à un départ à l’été 2020.

Dès lors, il faut être sûr de sa compétitivité pour prendre le risque de donner plusieurs joueurs, d’éventuels tours de draft pour obtenir ses services.

Reste désormais à savoir comment procéder.

Trade deadline ou pas ?

La première question qu’il faut se poser est la suivante : Anthony Davis sera-t-il échangé à la trade deadline ou pas ?

Concrètement, c’est ce que le joueur semble désirer en choisissant ce timing pour demander son transfert. Actuellement blessé, il ne devrait pas reprendre tout de suite – et on imagine qu’il aimerait connaître ses nouvelles couleurs à la période du All-Star Game. Demander un échange complique en général la relation d’un joueur avec le staff, les coéquipiers et nul doute que ce dernier aimerait s’éviter ça et découvrir une situation positive dès cette saison. Dans ce cas, nul doute que plusieurs équipes se positionneront agressivement sur le joueur.

Néanmoins, plusieurs points à prendre en compte.

Tout d’abord, les Pelicans vont transférer un des tous meilleurs joueurs NBA. La franchise avait parié sur ce joueur, le positionnant en seule pièce centrale de son effectif. L’échanger signifie donc de débuter un nouveau cycle et la contre-partie de cet échange définira la durée de la reconstruction et la qualité de cette dernière. Ce sera une décision à haut stress pour les dirigeants, mis sous pression par Rich Paul, agent du joueur, mais qui devront certainement se sentir sûrs d’eux-mêmes pour enclencher l’échange. Une contre-partie trop faible pourrait faire perdre plusieurs saisons à l’équipe et la valeur de Davis est énorme. Candidat MVP, All NBA Team, intérieur ultra dominant, il peut changer le visage d’une franchise, il faut donc traiter son échange comme tel.

Second aspect : les deux équipes qui sont ouvertement concentrées sur le joueur depuis plusieurs saisons sont les Lakers et les Celtics. Danny Ainge avait à moult reprises fait part de son intérêt pour le joueur. Or si les Lakers sont sur les starting blocks, les Celtics n’ont pas le droit de récupérer l’ailier fort avant cet été.

Pourquoi ? Car en 2017, les Celtics ont déjà réalisé un échange pour un joueur signé selon la Rose rule*, il faudra donc attendre que ce dernier ait terminé son contrat (cet été), pour pouvoir avoir un joueur avec un contrat équivalent dans l’effectif.

Malheureusement pour les Pelicans, les Celtics sont probablement les plus susceptibles de leur offrir un bon package en échange de leur joueur. La pièce centrale annoncée ne serait autre que Jayson Tatum. Si rien d’officiel n’est sorti, on pourrait facilement envisager un deal tel que celui-ci :

Gordon Hayward + Jayson Tatum + 1er TDD (Grizzlies 2021) Vs Anthony Davis + Solomon Hill

Les deux partis sont gagnants puisque les Pelicans obtiennent une première pièce pour leur reconstruction, un tour de draft (celui des Grizzlies est pressenti) et Gordon Hayward toujours en difficulté suite à sa blessure. Les Celtics obtiendraient enfin la superstar pour les porter offensivement à l’heure des Playoffs, tout en se délestant du contrat devenu encombrant d’Hayward.

Et cet échange potentiel a beaucoup de valeur pour les dirigeants. Peut être suffisamment pour prôner la patience et frustrer le joueur. Car non seulement c’est peut être le meilleur retour qu’ils auront, mais aussi car cela poussera les concurrents à hausser leurs offres.

D’ailleurs, à l’heure actuelle, qui pourrait entrer dans la course ? Qui semble disqualifié sur la ligne de départ ?

Ils ne devraient pas en être

Plusieurs équipes possèdent des effectifs construits pour des échanges de grand ampleur. Beaucoup de role players, plusieurs joueurs intéressants avec des contrats malléables. Tout ce qu’il faut.

Mais deux choses :

  • Les Pelicans chercheront à reconstruire : ils préfèreront de jeunes joueurs et des tours de draft à haut potentiel
  • Il faut des équipes qui peuvent être prétendantes au titre ou peuvent prendre le risque de le récupérer pour l’être à partir de l’an prochain

Equipes qui semblent mal engagées

Une bonne partie des équipes de bas de tableau ou émergentes ne peuvent pas entrer dans dans la discussion. Cavaliers, Suns, Magic, Hawks n’auront pas les arguments pour obtenir un joueur tel que celui-ci. AD veut gagner et sera clair là-dessus, quitte à saboter un peu sa valeur. Autant ne pas se mettre en difficulté en envisageant ces scénarios. Mauvaise idée.

Les équipes telles que les Nets, Kings, Mavericks qui sont en train de monter mais manquent encore de profondeur ne pourront pas proposer un échange convaincant sans briser leur propre élan. Ce sont souvent des effectifs qui manquent encore de pièces et ils ne seront pas beaucoup plus forts s’ils doivent abandonner 3/4 joueurs dans l’échange et se retrouver exsangues.

Idem pour des équipes avec une majorité de joueurs d’âge moyen ou en manque de structure : Hornets, Jazz, Pacers, Blazers, Wizards, Grizzlies, Pistons et Spurs.

Enfin, j’exclus cinq équipes, pourtant crédibles, de la réflexion.

Les Warriors tout d’abord. Quand bien même un échange puisse avoir du sens, il semble évident qu’ils ne peuvent pas couper leur course au titre maintenant en cassant le groupe, ni leur trio historique pour éviter de les perdre plus tard. Il en va de la réputation de la franchise et de ce sur quoi elle s’est battue.

Les Sixers ensuite. Les questions autour de la compatibilité du duo Simmons-Embiid pourraient pousser le GM à échanger le premier. Néanmoins, j’ose espérer qu’ils laisseront à cette équipe le temps d’être construite pour accompagner le trio Butler/Simmons/Embiid récemment réuni. En outre, si Simmons pourrait débloquer le trade à lui seul, Davis n’apporte pas une réponse aux lacunes des 76ers, et Ben Simmons est encore payé sous son contrat rookie, ce qui offre de la flexibilité aux Sixers. Un détail ? Absolument pas. Le trader avant cet été ? Une erreur.

Les Rockets également. Un Capela n’est pas suffisant pour convaincre les Pelicans, alors qu’autour il n’y a que des vétérans et des tours de draft promis à des places assez faibles pour encore quelques années. A fortiori si AD faisait partie de l’effectif.

Le Thunder. J’ai d’abord pensé que cette équipe avait les bons contrats pour proposer un deal honnorable aux Pelicans. Et en soit, c’est le cas. Pour obtenir Davis, il faudrait sacrifier Steven Adams. Mais tout comme une contrepartie des Warriors semble improbable à un certain point, soyons honnêtes… Pourquoi les Pelicans qui ne sont déjà pas compétitifs avec leur ailier fort, souhaiterait continuer avec le pivot néo-zélandais comme pièce maîtresse d’un échange ?

Les Bucks, enfin. Réaliser un échange côté Bucks aurait du sens tant nombreux sont les joueurs qui vont se diriger vers le marché des agents libres cet été : Eric Bledsoe, Khris Middleton, Malcolm Brogdon entre autres. Alors pourquoi ne pas échanger certains pour ramener une autre superstar ? Parce qu’il est très difficile en l’état de matcher les salaires de Davis avec les nombreux contrats bas prix de Milwaukee. Il faudrait mettre Bledsoe ou Middleton plus plusieurs autres joueurs pour faire quelque chose de cohérent. Ce qui reviendrait à tuer l’équilibre du roster.

Clippers, Heat

Voici deux équipes qui ont souvent été mentionnées dans des échanges de grande ampleur. Mais comme nous le disions en ouverture de cette section, leur situation n’est pas idéale dans le cas présent.

Dans le cas des Clippers difficile d’imaginer les Pelicans séduits par des joueurs comme Danilo Gallinari, Avery Bradley, Tobias Harris et consorts. Tout simplement car ils ne sont pas les jeunes joueurs sur lesquels la franchise va pouvoir poser ses fondations. Ils sont déjà des vétérans qui ont montré leur potentiel et ne permettront pas aux Pelicans de progresser dans les années à venir, autour d’un nouveau projet. Dès lors, si la situation pourrait convenir à Anthony Davis, grâce à leur flexibilité pour cet été, très difficile d’imaginer ce scénario se produire.

Dans le cas du Heat, il y a plus de jeunes joueurs intéressants : Winslow, Richardson, Adebayo sont autant de bases tout à fait crédibles pour un échange. Mais les mettre dans un échange déséquilibrerait l’effectif et laisserait Miami et Anthony Davis avec plusieurs vétérans aux contrats assez lourds (Whiteside, Johnson, Dragic) et avec qui il est difficile d’envisager une progression forte. Là encore, compliqué d’imaginer Davis être pleinement épanoui dans cette situation et envoyer des signaux positifs. Il faut aussi noter que Pat Riley bouge très rarement à la trade deadline, surtout pour des mouvements majeurs et que cette saison devrait donc ne pas déroger à la règle.

En revanche, ce qui devrait intéresser les Pelicans et le joueur, ce sont des équipes déjà bien établies ou qui peuvent franchir un cap et qui ont suffisamment de ressources pour offrir une relance à la franchise. Et il y en a. D’autant que si les Pelicans jouent la carte logique : « on attend l’été 2019 », certaines équipes décidées à obtenir le joueur et éviter la concurrence des Celtics pourraient alors jouer le tout pour le tout dans les 9 jours à venir.

Los Angeles Lakers

En l’absence momentanée de la concurrence des Celtics, les Lakers sont très bien placés. Il y a quelques temps, Davis dînait avec LeBron James, quelques semaines plus tard il demande son transfert. Les deux joueurs ont le même agent, ils sont tous les deux désireux de jouer ensemble.

Anthony Davis aux Lakers a longtemps été une chimère de fan, mais c’est devenu réaliste depuis l’arrivée de James. Les Lakers ont conservé une partie de la jeunesse récupérée à la draft ces dernières années, et en substance, on sait que tout le monde est disponible dans l’optique d’arracher Davis aux griffes des concurrents.

En première ligne, on imagine que les Pelicans seront intéressés par Kyle Kuzma, Lonzo Ball et Brandon Ingram. Quitte à ce que l’un d’entre eux parte ailleurs pour d’autres ressources dans un deal en triangle ou reparte plus tard dans un échange.

De fait, un exemple ?

Kyle Kuzma + Brandon Ingram + Lonzo Ball + Kentavious Cadwell Pope Vs Anthony Davis + Tim Frazier + Darius Miller

Le trade peut sembler excessif vu le nombre de jeunes à potentiel donnés pour obtenir Davis et deux role players. Toujours est-il que si LA veut jouer le titre rapidement, il faut être prêt à tout sacrifier. Aucun de ces jeunes n’apparaissant comme le lieutenant dont LeBron a besoin, récupérer Anthony Davis permettrait d’assembler un duo de superstar avec l’été 2019 en ligne de mire. En attendant il faudrait bricoler.

Peut-être peut-on envisager les Lakers obtenir Davis en gardant un de leurs 3 jeunes joueurs. Peut-être.

Un autre package envisagé serait le suivant :

Lonzo Ball + Kyle Kuzma + Ivica Zubac + 1 joueur pour équilibrer + 1er TDD 2019 non protégé Vs Anthony Davis+ role players pour équilibrer.

On vous laisse vous faire votre avis.

Toronto Raptors

Imaginer Anthony Davis rejoindre Kawhi Leonard aux Raptors est… effrayant. Tous les deux sont des machines, dominants des deux côtés du terrain. Tous les deux sont capables de porter une équipe, tous deux ne ralentissent pas en Playoffs. L’effectif de Toronto est profond, permettant d’envisager plusieurs scénarios d’échange tout en gardant un groupe solide. Kyle Lowry pour distribuer ce duo a de quoi faire fantasmer la NBA et effrayer l’Est et même les Warriors.

Côté Pelicans, les propositions des Raptors peuvent être intéressantes. Contrairement à une bonne partie de l’équipe QiBasket, je reste assez circonspect sur la valeur de la jeunesse canadienne pour obtenir un joueur tel qu’AD. D’autant que les tours de draft ne seront pas bien placés, à l’inverse de ce que peuvent proposer les Celtics. Néanmoins, quel package pourrait-on construire ?

Pascal Siakam + OG Anunoby + Serge Ibaka + 1er TDD Vs Anthony Davis + Check Diallo

Le premier trade envisagé fut le suivant. Siakam émerge, Anunoby devrait s’installer comme un joueur solide et Ibaka pour matcher niveau salaire. J’ai du mal à voir comment cet échange peut intéresser les Pelicans. Cela me semble bien trop à sens unique, bien trop faible en potentiel pour proposer un début de reconstruction. En prime, Valanciunas n’a pas un salaire assez élevé pour prendre la place d’Ibaka dans l’échange.

A moins de faire ceci :

Pascal Siakam + Normal Powell + Jonas Valanciunas Vs Anthony Davis + Darius Miller

Dans ce cas, ce sont 3 joueurs déjà formés et qui ont déjà prouvé leur potentiel qui sont inclus. Problème, il n’y pas un franchise player potentiel, une fois de plus et des joueurs assez bons pour contrarier un tanking nécessaire.

Je vous laisse vous faire votre avis sur Toronto.

Denver Nuggets

Il y a quelques mois, les Nuggets n’auraient pas été des prétendants sérieux. Leurs joueurs n’auraient pas été assez considérés par les dirigeants des Pelicans, l’équipe aurait probablement rebuté le joueur. Et c’est peut être encore le cas. Mais cela n’empêche pas d’envisager le scénario.

Parce qu’AD à Denver, cela voudrait dire une association avec Nikola Jokic et une armée d’arrières qui ont tous montré leur faculté à jouer au niveau NBA. Davis a réussi à évoluer avec DeMarcus Cousins, autre pivot dominant. Jokic s’avère le meilleur passeur NBA à son poste et donc tout indique que la relation soit possible entre les deux.

Reste à savoir désormais ce qui est envisageable. Le scénario qui me semble acceptable, va surtout dépendre de la manière de percevoir les blessures des deux jeunes joueurs inclus dans le scénario :

Jamal Murray + Michael Porter Jr + Jared Vanderbilt + Paul Millsap Vs Anthony Davis + Solomon Hill + Tim Frazier

Comme évoqué, tout dépend de comment on perçoit Michael Porter Jr. Sur le papier, c’est un ancien futur 1er choix de draft en puissance, dans les faits il sort d’une lourde blessure qui l’a fait chuter dans la même draft. Reste à savoir où se situe la vérité pour les GMs et leurs staffs. Dans une moindre mesure, idem pour Vanderbilt, même s’il vient de retrouver les terrains. Enfin, vient Jamal Murray qui monte en puissance tous les ans et Millsap qui permettra de libérer 30M cet été.

En éjectant Hill et Frazier aux côtés de Davis, les Pelicans s’offrent de la flexibilité financière, la possibilité de gérer leur reconstruction. Tout dépend ici de votre vision de Porter Jr. Pour quelqu’un d’optimiste, c’est une très belle contrepartie. Pour un pessimiste, cela veut dire échanger Murray contre Davis, et ça, ce n’est pas envisageable.

Chicago Bulls

Alors oui, on l’a dit, Anthony Davis ne veut pas d’équipe en reconstruction. Oui mais voilà, si le savoir est censé refroidir les prétendants, cela ne veut pas dire que Dell Demps n’acceptera pas un deal si une franchise est assez intrépide pour se lancer. C’est là que les dirigeants des Bulls, jamais avares lorsqu’il s’agit de vendre des maillots et de faire du marketing peuvent encore nous surprendre.

Originaire de Chicago, AD saurait séduire les fans. Paxson et Forman sont de bons dirigeants lorsqu’il s’agit de drafter, pas lorsqu’il s’agit de dépenser du salary cap ou de réaliser des échanges. Les Bulls sont dans un état catastrophique : coaching à la dérive, classement ridicule, mais pourtant, ils auraient largement de quoi satisfaire les Pelicans.

Exemple :

Jabari Parker + Wendell Carter Jr + Chandler Hutchinson + 1er TDD 2019 (sans protection) + 1er TDD 2021 (protégé top 3) Vs Anthony Davis + Tim Frazier + Darius Miller

Les Pelicans récupèrent 2 premiers tours de draft, un jeune intérieur talentueux et un potentiel role player pour l’avenir. Ce n’est pas la reconstruction la plus courte, mais cela offre un gros tour de draft cette saison, et un pari pour 2021. Ils peuvent au choix tenter le pari Jabari Parker ou se délester de son contrat dès cette année.

Les Bulls s’offrent un trio Dunn-LaVine-AD avec de l’argent à dépenser pour se construire à l’été 2019. Un pari super risqué, donc pas des plus crédibles, mais qui méritait d’être cité. Surtout si les Pelicans acceptent de satisfaire l’empressement de leur intérieur.

New York Knicks

Au premier abord, j’ai trouvé ce scénario complètement absurde. Comme pour les Bulls, cela ne correspondait pas vraiment au cadre. Surtout qu’on peut difficilement faire plus mauvais que les Knicks actuels. Jusqu’ici, ok.

Sauf que les deux équipes pourraient y trouver leur compte. Les Knicks sont également une franchise assez imprévisible. Leur objectif, eux aussi, serait de se débarrasser d’un contrat, de transférer quelques ressources et de miser gros sur l’été 2019. Forcément, vous imaginez qui serait visé : Kyrie Irving, Kevin Durant, Kawhi Leonard, DeMarcus Cousins pour ne citer que quelques noms.

Bref, même si nous ne sommes pas dans ce qui se fait de plus crédible, quel trade imaginer ?

Kristaps Porzingis + Mitchell Robinson + Courtney Lee + 1er TDD 2019 Vs Anthony Davis +  Darius Miller

L’objectif premier côté Knicks est de trouver un franchise player attractif. L’objectif second est de se délester de la situation compliquée avec Porzingis et sa rupture des croisés. En acceptant d’échanger beaucoup de jeunes, 1er TDD, ils donnent beaucoup, mais peuvent peut-être éviter d’inclure Knox ou Ntilikna (j’avoue avoir à l’origine inclus le frenchie avant de le retirer). Comme avec les Nuggets, tout dépend de comment les Pelicans perçoivent la blessure du letton. S’ils sont confiants, pas besoin d’ajouter un des deux derniers draftés par New York. Sinon, ils entreront en négociation.

Dans tous les cas, ce n’est pas la success story évidente, mais le jeu en vaut ici complètement la chandelle pour les Knicks. A moins que l’idée de drafter RJ Barrett ou Zion Williamson dépasse le pari Unibrow.

Il y a toutes les chances que le dossier Anthony Davis se règle cet été, afin de faire monter les enchères. Néanmoins, certaines équipes souhaitant frapper fort dès maintenant ou dès cet été pourrait voir la concurrence des Celtics une fois la saison terminée comme trop difficile à contrer, et jouer la carte du All-in dès maintenant. Auquel cas, on espère que cet article vous aura aidé à voir clair dans les options qui s’offrent aux New-Orleans Pelicans pour limiter la casse.

Rose Rule : Permet à une franchise de prolonger un joueur à la sortie de son contrat rookie à hauteur de 30% du salary cap au lieu de 25 – si le joueur a début le All Star Game 2 fois durant la période, ou obtenu 2 All NBA team, ou obtenu un MVP. En ce faisant, il devient le « designated player » de l’équipe. Un seul joueur par franchise peut avoir un tel contrat.