En 2003, Michael Jordan, honoré pour son dernier All-Star Game à Atlanta, déclarait « J’ai passe le flambeau à cette nouvelle génération de joueurs extraordinaires, comme je l’ai repris des mains de Magic et Larry ». Cette génération, aujourd’hui, est sur le point de s’éteindre. Pour une certaine génération de fans NBA, le temps passe et l’époque est dure. Le poids des ans est finalement passé, et pour ceux qui ont connu les années 90, les années 2000, c’est le cœur lourd que petit à petit, les numéros chéris sont retirés, et les retraites sont annoncées. Après Kobe, Duncan, Garnett, une ère était déjà passée, mais petit à petit, c’est toute la génération qui avait repris le flambeau de celle de Jordan qui est en train de dire stop. Ce brise cœur mérite un hommage à ceux qui l’ont incarnée et l’incarnent encore. Mais c’est aussi une prise de conscience : certains repères, certaines idoles, s’apprêtent à appartenir à jamais au passé. Un processus pas si simple pour le fan de NBA qui grandit.

Ils sont partis

Le trio 2016

Kobe Bryant (2016)

Probablement l’élève le plus doué de l’histoire du basket. La carrière de Kobe fut immense, pavée d’obstacles et de chutes, mais pour finir dans les plus hautes sphères de la légende du basket-ball mondial. Icône d’une génération entière, Kobe était surtout l’image de la génération post-Jordan, car l’objectif de sa carrière devait justement d’être le « closest one ». Regarder jouer Kobe Bryant était en réalité regarder le prolongement de l’héritage de His Airness, dans ses mouvements, ses performances, son intensité défensive, son envie de gagner. Kobe a tout gagné : la NBA, le trophée de MVP, de MVP du All Star Game, des Finals, les trophées de meilleur marqueur, les All-NBA-Defensive teams, les 18 sélections All-Star, les Jeux Olympiques, la coupe du monde, et même un Oscar. On a tout dit sur Kobe Bryant, on connait tous ses exploits. Dès ses 17 ans, le petit a voulu se mesurer aux plus grands, dès ses 17 ans, le jeunot va venir défier Jordan, mais aussi chercher ses conseils. Et en 20 saisons, Kobe battra tous ses adversaires au moins une fois : Jordan, Pippen, Barkley, Olajuwon, Malone, Payton, Robinson, Duncan, Iverson, Kidd, Webber, Miller, Nowitzki, Billups, Nash, Garnett, Pierce, O’Neal, Lebron, Rose, Westbrook, Harden, Williams, Howard, Gasol, Bosh, Wade, Durant, Lillard, Griffin, Paul, Carmelo…ça, c’est le tableau de chasse du bonhomme. Et il n’est pas une seule équipe de la NBA contre laquelle il n’ait au moins marqué 40 points. Il conclura 20 années en tant que Laker par le seul match de l’histoire où un joueur de plus de 36 ans marquera 60 points. Son discours, point d’orgue d’une fin de carrière hélas plutôt triste, longue et décevante, quoique embellie d’une tournée d’adieu émouvante, sera à l’image de l’amour du jeu de Kobe et de son gout de la mise en scène : Mamba Out

https://www.youtube.com/watch?v=pOHQWCqNV9E

Kevin Garnett (2016)

The Big Ticket est parti dans un silence surprenant, mais respectueux, dans la douceur de l’été du Minnesota, là où tout avait commencé en 1995, sous un maillot blanc crème d’une jeune équipe des Wolves, dans une NBA dominée par Penny Hardaway, Grant Hill, Charles Barkley, Patrick Ewing. Le palmarès de Garnett est très injustement oublié aujourd’hui : MVP 2004, champion NBA 2008, 15 fois All-Star, 9 All Defensive first team et defensive player of the year en 2008, pour ne citer que ceux-là. Garnett était incontournable pendant presque 15 ans. Il lui faudra 12 saison à Minny pour admettre la possibilité de venir gagner ailleurs. Il lui faudra 6 longues et superbes saisons aux Celtics pour qu’il s’arrache son amour de Boston du cœur et partir. L’âge commençant à peser sur ce géant, il avait accepté que ses meilleures années étaient derrière lui, en tentant une dernière campagne chez les Brooklyn Nets. Mais la beauté de la fin de parcours de Kevin Garnett, c’est bien ce retour à Minneapolis en 2015 pour une dernière saison, qu’il terminera comme mentor de la nouvelle génération. Un retour aux sources est toujours quelque chose de noble. Mais ce qui le fut encore plus, c’était la sagesse de partir humblement, après avoir laissé passer l’été 2016 et annoncé la fin de sa carrière le 23 septembre. Le dernier match de Garnett n’est pas un condensé d’hommages et d’émotion. Non, la fin de parcours d’un des plus grands joueurs de tous les temps s’est faite en pleine saison régulière, sans que personne ne le sache, dans un match comme un autre, face à Memphis courant janvier 2016. Memphis dont la franchise avait été créée…l’année de sa draft.

https://www.youtube.com/watch?v=1L5S6rBFppc

Tim Duncan (2016)

« I can say to Mister and Misses Duncan, who have passed, that, that man right there, is exactly the same he was as he walked in the door”. Au bord des larmes, Greg Popovich montrait du doigt son plus beau trophée : un joueur en or, le meilleur ailier fort de l’histoire de la NBA : Tim Duncan. Après 20 ans aux Spurs, 5 titres NBA, et 3 trophées de MVP des finals, le 21 de Tim Duncan allait être élevé dans les hauteurs du SBC Center de San Antonio. Mais c’est bien en 1997 que tout avait commencé, à l’Alamodôme, l’ancienne salle des Spurs. Tim Duncan est, encore à ce jour, un exemple rare, très rare, très très rare de joueur. Puisqu’il lui faudra juste deux saisons pour mener, et je dis bien MENER une équipe NBA au titre, en 1999. Magic Johnson avait aussi réussi cet exploit, dès sa saison rookie, en 1980, mais ce que Duncan faisait en 1999, ni Jordan, ni Lebron, ni Kobe n’ont su le faire, sur ce point. Tim a toujours été un peu mis de côté par la furia médiatique que Kobe Bryant suscitait. Mais personne n’a ignoré le fait que son talent était historique, unique, que son palmarès allait être, était et serait celui des plus grands et que Tim Duncan a été, à plusieurs reprises, le meilleurs joueur du monde. Comme l’expliquait Tony Parker : « Tim isn’t a star, a superstar, he’s a superstar plus plus ». Tim Duncan est une belle histoire, l’histoire d’un homme, d’une famille, d’une équipe et du basket. Et c’est aussi une histoire émouvante qui s’est conclue lors de cette cérémonie de décembre 2016, celle d’un joueur, et de millions de fans qui ont adopté tant sa discrétion que son amour du jeu. Voir partir Tim Duncan, c’était déjà changer la face de la NBA à jamais.

Ils sont partis trop tôt

Tracy MacGrady (2013)

MacGrady était un monstre, une arme offensive sans égal, un nemesis de Kobe Bryant quand celui-ci pouvait planter 81pts sur n’importe qui. Le parallèle avec le mamba n’est pas si anodin car il y avait similarité de poste, de capacités, d’énergie, de leadership. Et T-Mac, arrivé en 1997, démontra toute l’étendue de ses talents pendant trois saisons à Toronto. Devenu rapidement un joueur iconique avec son dunk surréaliste au All-Star Game 2002, il ne connait hélas pas un cadre suffisamment favorable pour aller loin vers le titre. Alors il essaie le Magic, en 2000, puis les Rockets en 2004. Le projet de Houston est très prometteur, et le duo T-Mac/Yao est très convainquant. MacGrady est un des joueurs les plus en vue des années 2000. Mais c’est à ce moment-là que les blessures gâcheront tout. D’abord pour Yao Ming, et ensuite pour T-Mac lui-même, qui ne sera plus que l’ombre de la superstar qu’il fut à partir de 2010. Il passera par New York, Detroit, Atlanta, la Chine en l’espace de deux ans et demi, avant d’être un joueur de bout de banc à San Antonio, et regardera Ray Allen lui enlever sa bague sur le shoot du siècle en Game 6 des finals de 2013. La dernière rencontre dont la feuille de match porte le nom de Tracy MacGrady sera celui du Game 7.

Carmelo Anthony (2019 ?)

On ne sait pas vraiment si c’est la fin pour Carmelo Anthony, mais sa situation actuelle ne laisse rien entrevoir de bon sinon des contrats offerts à reculons, dans des équipes qui n’auront besoin que de combler les trous. 2019 n’est pas forcément trop tôt pour Melo, drafté en 2003 avec Lebron, Bosh et Wade, mais c’est clairement un gâchis d’une carrière qui, à l’instar de sa saison 2012-13, montrait qu’elle méritait mieux. De la draft 2003 qui devait annoncer le renouveau de la ligue et la première grande draft depuis 1996 et 1984, Melo sera l’unique déception générale. On lui souhaite une dernière chance.

Ils sont partis au moment venu :

Ray Allen (2014 puis 2016)

Probablement celui qui n’eut pas le départ qu’il méritait dans cette liste. Ray ray arrive en 1996 en NBA, aux Bucks. 18 ans plus tard, il quittera la ligue, quelque peu snobé par tous, avec une étiquette de traitre pour certains. Et pourtant, Ray Allen est le meilleur shooteur de l’histoire à trois points. On oublie trop souvent derrière son adresse au delà de l’arc, ses capacités défensives, son explosibilité et ses aptitudes à monter au cercle. Il reste encore à ce jour le dernier joueur à avoir emmené Milwaukee en finales de conférences Est, avant de faire le bonheur d’une équipe aujourd’hui disparue, où presque : les Seattle Supersonics. Il s’y affirmera comme un All Star en puissance (10 sélections). Puis il fera partie de l’épopée celte de 2008 pour gagner son premier titre. D’abord considéré comme un fidèle de l’Ubuntu de Boston, il fera hélas parler de lui autrement alors qu’il partira au Heat de Lebron, Wade et Bosh, pour les aider à obtenir un back-to-back. Allen est alors vu comme un traitre, un fuyard, une image injuste. Il obtiendra son second titre en mettant le shoot du siècle en finale 2013 au match 6, sauvant Miami de la défaite finale. Après 2014, Allen clamera son envie de continuer à jouer, mais cet appel sera un écho dans le vide, et l’une des carrières les plus historique de la NBA se terminera par plus d’un an et demi de faux-espoirs pour Allen qui mettra fin aux frais en novembre 2016, dans une quasi-indifférence.

Paul Pierce (2017)

« Paul Pierce was the Truth ». Cette phrase n’est pas d’un, de deux, de trois, mais de tous, toutes les superstars de la NBA qui ont eu la chance de jouer face au dernier homme qui a su placer son numéro aux côté des Bill Russel, John Havliceck, Larry Bird et consorts. Drafté en 1998, Pierce a mangé son pain noir dans une franchise de bas de tableau pendant des années avant de connaître enfin la gloire qu’il a tant attendu. Pierce sera l’image du titre de 2008, avec son trophée de MVP des finals, connaîtra 10 all star games et sera l’une des références du savoir-faire basketballistique durant toutes les années 2000. Et alors qu’il quittera Boston en 2013, et que l’on pense que l’homme a montré tout ce qu’il pouvait faire, il viendra à Brooklyn, Washington, pour planter quelques clutch shot histoire de remettre certains jeunots à leur place, avant de conclure aux Clippers avec son coach de 2008, Doc Rivers. C’est devant l’amour manifeste des fans, notamment à Boston, que Paul Pierce regardera Kevin Garnett pleurer de son départ dans sa vidéo tribute. Mais Pierce aussi versera ses larmes. Pas forcément le plus grand de cette génération, mais un incontournable.

https://www.youtube.com/watch?v=1SmSVTSgvc4

Manu Ginobili (2018)

Dans une mise en scène similaire à la cérémonie de retrait du numéro de Tim Duncan, Emmanuel Ginobili est venu lui aussi dire à ses fans qu’il s’en allait. Lui aussi à choisit la simplicité et la discrétion, l’acceptation que le temps était venu, que sans Timmy, sans Tony, ça n’était plus vraiment la même chose, et qu’il était peut-être temps d’admettre que la nouvelle génération spurs devait prendre ses responsabilité. L’Argentin termine avec 4 bagues en NBA, mais El Manu avait déjà fait des malheurs en Europe au Virtus Bologna, en gagnant l’Euroleague 2001 dont il finira MVP. On ne doutait pas de son talent, mais on n’avait pas vu venir une légende NBA pour autant. Alors quand on regarde cette cérémonie, le parcours de l’arrière des Spurs pendant près de 16 ans, on reste surpris de voir à quel point le joueur s’est imposé comme une superstar, avec seulement deux sélections All-Star. Mais oui, Ginobili fait bien partie de ceux qui ont rendu le basket-ball meilleur après le départ de Jordan, car Manu avait inventé un nouveau style d’arrière et surtout, contribué au basket international au-delà des USA, en gagnant les Jeux Olympiques de 2004.

Ils vous ont dit au revoir cette année

Dwyane Wade (2019)

Son départ était annoncé. Flash a décidé de partir chez lui, de s’arrêter chez lui, là où tout avait commencé, à Miami. Bien que passé par Chicago et Cleveland, le nom de Wade, la légende de Wade, l’histoire de Wade, sera celle du plus grand joueur de l’histoire du Heat, celui qui y fera 5 finales et y gagnera trois titres. Un exploit pour une des plus jeunes franchises de la NBA. Le Heat a appris à vivre sans Dwyane Wade quand celui-ci, convaincu qu’il ne peut plus rien apporter à sa franchise de cœur, décidera d’apporter son aide à sa ville d’origine : Chicago. Le départ était sensé être un adieu. Mais un soir de trade deadline, Wade eut finalement le cœur comme porte parole et revint à Miami, dans la joie la plus grande de tous les fans de la NBA. Il faudra trois saisons à Wade pour gagner un titre, et un trophée de MVP des finals. Il a fait partie de cette équipe de 2006 qu’on a tous adoré, celle de 2011 qu’on a tous adoré détester…Flash n’a cependant jamais été questionné sur son talent et son impact sur le jeu. Toute l’année, les hommages se sont multipliés, notamment avec cette sélection au All-Star game à la demande du Commissionner Adam Silver, fait très rare dans l’histoire de la NBA. Wade c’est aussi une bromance avec Lebron, son ami de toujours, et dont l’accolade lors de leur dernière opposition marquera notre mélancolie de demain. Son départ est aujourd’hui marqué d’émotion, et il instaure, au-delà du traditionnel farewell tour, l’idée de l’échange du maillot, forte en symbolique, en fraternité et en amour du basket et de ses grandes stars. A tel point que chacun de nous, à travers cette vidéo, avions senti vouloir aussi lui partager notre reconnaissance, lui témoigner notre amour et le bonheur qu’il nous a procuré durant toutes ces années.

Dirk Nowitzki

“As you might expect, this was my last homegame”. Cette phrase, même si l’on s’y attendait, a quelque peu claqué dans nos oreilles d’une manière peu agréable. Sans cette phrase, Dirk était dans la catégorie suivante de cet article. Mais voilà, lui aussi s’en va. Le blondinet drafté par les Bucks en 1997 est devenu un grand joueur, puis un grand champion, puis une grande légende. Il a traversé les âges et les années comme une figure incontournable de la ligue, avec une régularité absolument démente qui l’a fait rentré dans le top 10 des meilleurs scoreurs de la ligue. Dirk est un bijou de la NBA pour maintes raisons : il est l’un des european big men qui a pavé la voie pour tant d’autres joueurs, il est resté fidèle à sa franchise pendant 21 saisons, et il a su gagné, soulever le trophée O’Brien sans remettre en cause cette fidélité, fait de plus en plus rare. Il ne manque pas grand-chose au MVP de la saison 2007 pour que sa carrière soit une note à 100% parfaite. On se souviendra de ses premières années sous le maillot aujourd’hui rétro de Dallas, puis sa première association explosive avec Steve Nash, avant de frôler le titre en 2006 pour finir avec une des défaites les plus frustrantes de l’histoire des finals, ayant mené 2-0 et perdu 2-4 face au Heat. Ce sera aussi l’échec cuisant face aux Warriors en 2007 au premier tour des playoffs malgré 67 victoires cette année-là. Et puis la rédemption, aux côtés de Jason Kidd, Tyson Chandler, Jason « Jet » Terry ou encore J.J.Barea, en 2011, face à une invincible équipe du Heat qui pourtant, sera battue. L’après-titre n’offrira pas plus à Dirk que l’amour que Dallas lui a porté au fil des années. Et cette nuit, c’est en sincérité, en simplicité, mais aussi avec un humour qui nous fait oublier la douleur de son départ, que l’allemand a fini par dire, face à son public, qu’il ne reviendrait plus.

Liebe Dirk, du hast in die NBA geglenst, und du hast den Basketball Olymp erreicht. Wir sind, alles zuzammen sehr traurig dass du deine Karriere beenden musst.

https://www.youtube.com/watch?v=mQJNO3HN0wo

Ils sont encore là, pour l’instant :

Tony Parker

Tony Parker est aujourd’hui le joueur NBA en activité le plus titré. Oui, vous lisez bien, c’est un français qui a le plus de bagues dans la grande ligue. A l’époque de Jordan, quand Tariq-Abdul Wahad était le cavalier solitaire représentant les froggies en NBA, une telle chose était tout simplement inconcevable, impensable et même risible. En allant au travail chaque matin, mon RER passe devant un gymnase à la frontière du périphérique parisien. Il porte un nom : Tony Parker. Lorsqu’en 2001, le petit Tony fait la une de mondial basket, comme un gamin si heureux de poser le pied sur un parquet, on est loin, très loin, vraiment très loin d’imaginer ce qu’il en serait aujourd’hui : 6x All Star, membre du trio le plus prolifique de l’histoire de la NBA, un trophée de MVP des finals, et quatre titres NBA. A cela s’ajoute le titre européen avec la France en 2013, exploit l’élevant au rang du GOAT français pour un long moment. Quand TP pose sa première basket sur le parquet des Spurs, Jordan, Shaq, Malone, Payton, Ewing, Olajuwon et beaucoup d’autres, sont encore dans les parages. Probablement pas attendu à ce niveau, Parker sait que les honneurs vont bientôt lui être rendus, après tant d’années de bataille à l’ouest, notre Tony national a souhaité rejoindre son idole Michael Jordan et son ami Nico Batum et jouer les mentors dans une équipe qui cherche sa valeur à Charlotte. Mais son cœur est d’argent, et Tony Parker est d’ores-et-déjà appelé à conclure la série émouvante d’hommages rendu à ses deux coéquipiers Manu Ginobili et Tim Duncan. Reste à savoir quand cela aura lieu. Et alors que Tony vit sa première saison sans playoffs, on craint que la légende spur décide finalement de commencer sa seconde vie de businessman du basket, comme il en a tant parlé.

Vince Carter

Le seul homme qui, dans l’histoire de la NBA, connaîtra le basket des années 1990, 2000, 2010 et 2020. Le plus grand dunkeur de l’histoire, une inspiration pour des millions de fans. D’un grand leader d’équipe aux Raptors puis aux Nets, Vincanity saura se mettre en retrait et acceptera son statut à Orlando, à Phoenix, Dallas, Memphis, Sacramento et à Atlanta. Partout où il passe aujourd’hui, the Half-man Half-amazing ne suscite que le sourire et le bonheur des fans de la NBA de voir une telle légende leur faire honneur de venir jouer, à 42 ans, avec encore autant de qualité, de fondamentaux et d’envie. Le natif de Floride suscite aussi un profond respect en annonçant ne pas chercher une bague au rabais et viser avant tout le bonheur de jouer, où que ce soit. A Atlanta, il montre encore qu’il n’a rien à prouver. La version des choses à ce jour, est que Vince Carter souhaite jouer encore une année en NBA. Va-t-on pouvoir encore profiter de ce témoins des âges de la ligue encore quelques mois ? Ou est-ce que l’absence de contrat proposé mettra discrètement fin à l’une des carrières les plus populaires de ces 20 dernières années ?

Le dernier de tous :

LeBron James

LeBron arrive en NBA juste après la fin de carrière de Jordan. Le Chosen One est présenté comme l’avenir de la ligue, et comme les autres, il est investi de la divine mission de faire de la ligue post-Jordan, un monde ou l’impossible n’est rien. James a parfaitement rempli cette mission. Records de précocités, trophées individuels, sur et en dehors des parquets, une reconnaissance mondiale d’un talent unique dans l’histoire du basket-ball et du sport américain, et du sport mondial. James est également l’auteur d’exploits qui resteront dans les livres du basket pour un siècle. Avant-gardiste du basketteur moderne, le King a tout chamboulé, repoussé les limites, changé la ligue, inspiré des millions de jeunes, d’anciens, et inspirera aussi les générations futures. C’est fort logiquement à lui que revient la charge de fermer la porte de cette génération. Fort heureusement, la retraite de James n’est pas une actualité, à moins que les démons de la blessure qui emportèrent les Thomas, Bird, MacGrady ou Bryant, ne frappent injustement le grand James. Mais c’est aussi le fort de l’homme : il n’y a pas que son jeu qui est avant-gardiste, il y a aussi son physique. LeBron James parti, ce sera la fin définitive de la génération qui reprit le flambeau de Jordan.

Lebron James s’apprête à porter notre héritage des premières années post-Jordan, seul, devenant un point de ralliement pour nous tous.

La fin d’un monde

Ces hommes avaient une mission, assurer la grandeur de la ligue à la fin du règne du plus grand joueur de tous les temps. Une tâche immense et difficile à mesurer.

Mais ils furent à la hauteur et certains le sont encore. Ces garçons, que j’ai découverts alors que j’étais écolier ou collégien, petit à petit, s’en sont allés, ont tiré leur révérence. Ils nous ont salué une ultime fois, salué notre génération, salué les fans qui les ont suivi sur presque deux décennies, trois décennies, et même quatre. Et nous devant nos écrans, nous voyons leurs formes disparaître, ou du moins changer, revêtir le costard, cesser de porter les maillots que nous avons achetés parce qu’ils les portaient. Il est difficile pour nous de voir leurs numéro s’accrocher aux plafonds des salles, pour y vieillir et laisser le temps faire son œuvre, et ne plus revenir sur le terrain.

Ils ont désormais eux aussi passé le flambeau, pour de bon. Et le flambeau est dans de très bonnes mains, ceux qui le portent sont ceux qui ont fait une saison à 73 victoires, battus des records de trois points, remonté des déficits de 1-3 en finales NBA, ont été MVP à l’unanimité, ont fini trois saisons en triple double, ont des moyennes de 35 points par matchs, défient les limites du physique humain.

Dwyane, Kobe, Kevin, Tim, Paul, Manu, Tracy, Ray, Carmelo, Dirk, Tony, Vince et Lebron, regardent ces gamins grandir, ces ex-apprentis dominer le jeu aujourd’hui, ils les admirent autant que nous les admirons, et commenteront leurs exploits futurs, et ceux de la génération qui les suivra. A ces hommes qui sont partis, nous leur disons merci, et à bientôt sur d’autres terrains que le basket-ball.

La NBA est aussi une grande ligue, car elle est un cycle, comme peut l’être une vie. Cette génération post-Jordan nous a connecté tous, et nous connecte avec les générations suivantes, de joueurs, mais surtout de fans, et c’est là, la grande force du basket, de la NBA, et de notre communauté de fans, ne la perdons pas.