Après avoir survolé les 3 saisons du Kobe show dans la première partie, il est désormais temps d’aborder les choses sérieuses. Souvenez-vous, lorsque nous nous sommes quittés, Bryant avait demandé son transfert, mais aucune négociation n’ayant abouti, il restait tant bien que mal un Laker. Cependant, cette demande a eu pour effet de réveiller le Front-Office de la franchise, enfin décidé à entreprendre de grandes manoeuvres pour reconquérir le titre. Et cette nouvelle détermination va être mise en pratique dès la saison 2007-2008, qui verra les Lakers retrouver, enfin, un statut à la hauteur de leur légende. Voici la saison de l’envol.

Acte IV : fauchés en pleine ascension

Après une draft tranquille où les Lakers récupèrent Javaris Crittenton, Sun Yue et Marc Gasol (celui-ci ne rejoindra la NBA que lors de la saison suivante), la première très belle opération pointe le bout de son nez avec la signature de Derek Fisher, acteur majeur du three peat au début de la décennie. À l’époque, le jeune Fisher était entouré de vétérans aguerris, comme Ron Harper, AC Green ou Horace Grant. C’est désormais à lui qu’incombe la tâche de tirer ses coéquipiers vers le haut, et d’être le relais de Jackson sur le terrain. Une mission parfaitement à sa portée puisqu’en termes de lucidité et d’intelligence tactique, passer de Smush Parker à Derek Fisher revient un peu à enchaîner Les Tuche avec Les Évadés. Il y en a un qui est sympa pour rigoler, mais il vaut mieux se tourner vers l’autre si vous voulez causer sérieusement.

Avec ce renfort de poids, les Lakers démarrent la saison avec un surplus de volonté, décidés à devenir autre chose qu’une troupe de saltimbanques divertissants à côté de sa majesté Kobe. Cette mentalité de guerrier sera renforcée par l’acquisition de Trevor Ariza en échange de Brian Cook et Maurice Evans. S’il n’a pas encore la précision extérieure qu’on lui connaît aujourd’hui, l’ailier est déjà réputé pour ses qualités défensives, contribution idéale pour une équipe loin d’être brillante dans le domaine jusqu’alors. En couplant à cela la progression des jeunes pousses, Phil Jackson commence à avoir de plus en plus de joueurs de qualité sous ses ordres, et les résultats ne tardent pas à s’envoler. Après une entame plutôt poussive, les Lakers réalisent un très gros run à cheval sur décembre et janvier avec 17 victoires pour 4 défaites, et des adversaires prestigieux accrochés à leur tableau de chasse comme les Spurs champions en titre, les Suns ou encore le Jazz. Phil Jackson a trouvé, avec son cinq Fisher – Bryant – Walton – Odom – Bynum extrêmement équilibré, et un quatuor Jordan Farmar – Sasha Vujacic – Trevor Ariza – Vladimir Radmanovic qui ne paie pas de mine mais est affamé en sortie de banc, une carburation extrêmement intéressante.

Mieux encadré, Kobe n’est pas obligé de tout faire en attaque, puisqu’il tourne à “seulement” 28 pts par match au 31 janvier, assortis de 6.3 rbds et 5.3 ast. Le scoreur laisse parfois la place à un joueur plus all-around, même s’il est toujours capable de prendre feu à n’importe quel moment. Sa défense féroce (il sera élu une nouvelle fois dans la All-NBA 1st defensive team cette année-là) montre l’exemple, et sa confiance en ses coéquipiers s’accroît. Le leadership tant réclamé prend forme, de plus en plus.

Malheureusement, cette belle dynamique va subir un coup d’arrêt, avec l’entrée en scène du plus grand malheur des Lakers sur cet exercice 2007-2008 : les blessures. Alors que la franchise affiche un très bon 26-11 au compteur, celle-ci va se voir privée de deux de ses éléments majeurs puisque Trevor Ariza et Andrew Bynum sont mis hors de combat à quelques jours d’intervalle. Chris Mihm et Radmanovic étant eux aussi sur le flanc depuis un moment, la raquette est extrêmement dégarnie et Jackson doit se résoudre, contraint et forcé, à relancer Kwame Brown dans le 5 majeur. Les Lakers tiennent tant bien que mal le choc avec cette rotation raccourcie (Ronny Turiaf sera souvent mis à contribution durant cette période, lui permettant de décrocher sa place même avec le retour des blessés), mais le mois de janvier s’achève sur 5 défaites en 7 matchs. Les Lakers retombent à la 6e place à l’Ouest, et menacent de se voir affublés d’une image d’équipe performante, mais trop courte pour aller chercher le titre.

Si le monde était bien fait et que la vie n’était pas qu’une succession de désillusions, c’est maintenant qu’un coup de théâtre devrait se produire pour redonner le sourire aux fans.

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Le 1er février 2008, une forte secousse vient ébranler le microcosme NBA. Après des mois d’intense recherche, les Lakers ont trouvé le lieutenant idéal pour accompagner Kobe dans la reconquête. Cependant, vous êtes des lecteurs avisés (oui, même vous au fond là). Vous savez que la NBA, ce n’est pas Louis la Brocante, et vous vous dites probablement que puisque le joueur attiré est si performant, la franchise a au moins dû se séparer soit de Lamar Odom, soit d’Andrew Bynum, ainsi que d’un ou deux joueurs du banc pour équilibrer ? Vous pensez qu’il est proprement impossible que les Lakers se soient renforcés gratuitement, par l’opération du Saint Esprit ? Vous êtes si prudes.

En effet, le coup réussi par Mitch Kupchak ce jour-là tient plus du braquage en règle que du trade en bonne et due forme. Alors qu’il entre dans son prime mais qu’il ne peut à lui seul empêcher les mauvais résultats des Grizzlies, Pau Gasol pose ses valises en Californie en échange d’un paquet de Dragibus de Kwame Brown, Javaris Crittenton, Aaron McKie et Marc Gasol (à l’époque, rien ne dit que le frère de Pau aura la carrière qu’on lui connaît). LA remplace dans le plus grand des calmes une tripotée de joueurs intutiles par un intérieur all-star capable de mener Memphis aux points, aux rebonds et aux contres, doté en plus d’un sacré cerveau et de mains de velours. Le bénéfice est absolument gigantesque. Comme le soulignera Bill Walton lors de cette séquence télévisuelle de fort bonne facture, les Lakers n’ont lâché aucun joueur de valeur et ont récupéré l’anti-Kwame Brown. Un véritable monstre à trois têtes, composé de Gasol, Bynum et Odom, siège désormais dans la raquette, avec mille et une possibilités d’ajustements selon le matchup adverse (Andrew Bynum étant cependant toujours sur le flanc). La rotation extérieure est inchangée, et va bénéficier en plus de la gravité de Gasol pour obtenir plus d’espaces. Phil Jackson dispose de joueurs aux qualités parfaitement adaptées au jeu en triangle, capables de défendre dur et de hausser le tempo pour asphyxier leurs adversaires lors de runs assassins, avec un Kobe plus leader que jamais en tête de gondole. Le Zen Master et ses troupes retrouvent enfin leur statut habituel, celui de prétendant au titre en puissance.

Ce statut ne va pas tarder à se confirmer. Comme prévu, Gasol se fond parfaitement dans le moule et son apport statistique reste le même qu’à Memphis, soit 19 points et 9 rebonds, excusez du peu. Si certains doutaient de sa capacité à performer dans un environnement autrement plus compétitif que dans le Tennessee, les voilà rassurés. Complètement revigorés, les Lakers profitent d’un calendrier dégagé et perdent à peine deux matchs au cours du mois de février, pour se replacer immédiatement dans la course à la première place à l’Ouest. La lutte est rude, puisque ce sont 5 équipes qui se tirent la bourre pour monter sur le trône. Alors que sonne la fin de la saison régulière, Lakers, Spurs, Hornets (de New Orleans), Rockets et Suns se tiennent en deux petits matchs. Mais ce sont bien les coéquipiers de Kobe qui sortent vainqueurs et obtiennent l’avantage du terrain jusqu’à d’éventuelles finales NBA. Avec 28.3 pts, 6.3 rbds, 5.4 ast et 1.8 int au compteur, le black mamba décroche enfin le trophée de MVP tant convoité, mais ce n’est qu’une première étape.

Le bain de sang se passe plutôt bien

Kings in the West

Contrairement aux deux années précédentes, et malgré le forfait d’Andrew Bynum pour le reste de la saison, les Lakers abordent les playoffs avec une étiquette de favoris sur le dos. Une étiquette qu’ils sont prêts à assumer, et ce sont les Nuggets qui vont en faire les frais. Avec un Gasol en 36-16 dès le premier match, le message est clair pour les joueurs du Colorado : ça va être sanglant. Après Gasol, Kobe prend le relais sur le match 2 avec 49 points, puis c’est toute l’équipe qui apporte sa pierre à l’édifice sur le match 3. La manière change, le résultat reste le même, LA écrase la série et mène 3-0 avec 15 points d’écart en moyenne. Inutile de rentrer dans les détails, il n’y a strictement aucune comparaison possible entre les deux équipes. Les Nuggets offriront une résistance salutaire au match 4, mais ne parviendront pas à l’emporter. Le coup de balai est donné, place à la suite.

C’est au tour du Jazz de se dresser sur la route des Lakers. Finalistes de conférence l’année passée, les joueurs de Jerry Sloan sont un adversaire autrement plus coriace que les Nuggets, un adversaire qu’il faut prendre au sérieux dès le début. C’est le cas sur les deux premières rencontres, avec un avantage du terrain solidement défendu par les angelinos. Kobe continue sur sa lancée du tour précédent avec 36 points de moyenne, le trio Gasol-Odom-Fisher fait le travail, business as usual.

La série débarque à Salt Lake City, et comme on en a l’habitude, l’équipe menée 2-0 va réagir. Sentant l’urgence de la situation, le duo Deron Williams – Carlos Boozer prend les choses en main, avec un match de mammouth à 27 points et 20 rebonds pour l’intérieur lors du Game 3, puis 29 points et 14 passes décisives pour le meneur au Game 4. Deux performances majuscule pour deux victoires du Jazz, qui reviennent à égalité malgré un Kobe toujours en feu, qui gratifiera d’ailleurs l’humanité d’une action légendaire lors du match 3. 2-2, retour à LA.

Les Lakers rencontrent de l’adversité pour la première fois dans cette campagne de playoffs, leur réaction va être à la hauteur de leur statut. Lors du match 5, l’intégralité du cinq majeur inscrit 14 points ou plus dans un récital collectif de haute volée. Fait rarissime, quatre joueurs auront pris plus de tirs que Kobe au cours de ce match. Les hommes de Phil Jackson se mettent sur leur 31 au meilleur moment, remettant la pression sur l’adversaire avant le match 6. Le Jazz pourra-t-il défendre son antre une nouvelle fois et pousser LA au match 7 ?

Et bien non, messieurs dames. Les Lakers prennent les meilleurs ingrédients des matchs 1 à 4 (Kobe intenable à 34 points) et du match 5 (les 4 autres titulaires à 10 points et plus) pour prendre le Jazz à la gorge dès l’entame, avec 13 points d’avance au bout de 12 minutes. Une tendance qui se confirmera par la suite, les deux équipes ralliant le vestiaire avec un score de 62-43 en faveur des visiteurs. Tout semble en ordre, sauf que les Lakers se font une belle frayeur dans le dernier quart-temps. Alors qu’ils mènent 101-91 à deux minutes de la fin, ils encaissent un 12-4 et se retrouvent en position de perdre un match qu’ils ont dominé de bout en bout. Le score est de 108-105, Derek Fisher manque un lancer important et le Jazz a la possibilité d’égaliser avec 10 secondes à l’horloge. Heureusement, Mehmet Okür et Deron Williams manquent tour à tour la cible, et les Lakers s’en sortent dans la douleur. La série est terminée, il est temps d’aller se frotter au champion en titre.

Cette finale de conférence voit s’ouvrir un nouveau chapitre de la rivalité entre Lakers et Spurs, l’une des plus belles des années 2000. Après avoir croisé le fer à cinq reprises entre 1999 et 2004, les deux équipes ne se sont pas retrouvées depuis quatre ans, une attente bien trop longue pour les fans avides que nous sommes. Celle-ci est terminée et le match 1 va nous remettre tout de suite dans le bain. La rencontre est âpre, l’adresse est fluctuante, et à ce petit jeu, ce sont les Spurs qui semblent enclins à tirer leur épingle du jeu. En tête de 8 points à la mi-temps, TP et consorts sont tout près du braquage malgré un bon nombre de tirs ratés. Mais ce manque de réussite va se payer. Discret jusque là en termes de scoring, Kobe enfile son costume de sauveur et mène la charge, inscrivant 14 points au cours du quatrième quart-temps, soit un de plus que des Spurs incroyablement maladroits sur la même période. Les espoirs de victoire s’envolent, avec la nette impression d’avoir laissé passer une occasion en or. Cette impression sera confirmée par le match 2, qui sera une véritable boucherie. Le score de 101-71 parle de lui-même, inutile de s’étendre. Comme lors des deux séries précédentes, les Lakers remportent les deux premières rencontres à domicile et les Spurs sont obligés de réagir.

Les hommes de Popovich ne sont pas des perdreaux de l’année, et le retour de bâton arrive immédiatement. Le trio Duncan-Ginobili-Parker cumule 72 points dans la troisième manche et les Spurs écrasent les Lakers, incapables de surnager à côté du duo Bryant-Gasol. Sur ce genre de match, le vide laissé par la blessure de Bynum se fait fortement sentir mais cette équipe n’est pas disposée à se trouver des excuses. Lors du match 4, LA hausse le ton défensivement et s’embarque pour une nouvelle rencontre à couteaux tirés. À l’inverse du match 1, ce sont les Lakers qui font la course en tête pendant une grande partie de la rencontre, mais contrairement aux Spurs, ils ne vont pas lâcher le morceau, même s’il s’en faudra d’un rien. À la conclusion d’un comeback furieux des Texans qui passent de -7 à -2 dans la dernière minute (soit une nouvelle fin de match foirée dans les grandes largeurs par les Lakers, comme face à Utah), Brent Barry manque le tir de la victoire à 3 points et les Lakers s’en sortent d’extrême justesse après s’être mis dans la mouise tous seuls. La manière laisse donc un peu à désirer mais le bilan comptable, lui, est extrêmement flatteur : 3-1 et un match 5 à venir au Staples Center, c’est plutôt tranquille. Il faudra pourtant encore une fois batailler ferme pour plier l’affaire, puisque les Spurs prennent une nouvelle fois la tête des opérations et comptent jusqu’à 17 points d’avance dans le deuxième quart-temps. Le Staples finit quand même par se réveiller sous l’impulsion de Kobe et Lamar Odom, qui ramènent leur équipe dans la course avant la mi-temps, avant de définitivement s’embraser lorsque les angelinos passent devant en deuxième mi-temps. Les Spurs n’ont pas la réponse au problème Kobe, qui plante 39 points au cours de cette rencontre décisive. Sa fin de match est un nouveau récital de scoring, la palette complète y passe et c’est bien trop à gérer pour San Antonio (ou quiconque quand Kobe était dans cet état-là), qui rend finalement les armes. Le score de la série peut sembler sévère mais il est implacable : 4-1, le champion est mort, vive le champion… de l’Ouest.

L’épopée inachevée

4 ans après la débâcle du Palace d’Auburn Hills, Phil Jackson et ses Lakers reviennent en finale, avec un affront à laver. L’équipe n’a quasiment plus rien à voir avec celle humiliée en 2004 mais qu’importe, Los Angeles est une ville qui ne peut se satisfaire que de la victoire. À plus forte raison, quand l’adversaire est son plus grand rival.

En effet, pendant que l’on se demandait si Kobe allait faire ses valises, Boston s’activait violemment sur le marché des transferts pour monter une armada destinée au titre. Visage de la franchise depuis des années, Paul Pierce recevait enfin le soutien qu’il méritait pour essayer de toucher le Graal, voyant Ray Allen et Kevin Garnett le rejoindre. Isolés dans des équipes en proie à la disette en termes de résultats, les trois all-stars forment rapidement un Big 3 terrifiant, bien secondé par les Rajon Rondo, Kendrick Perkins et autres James Posey. De quoi permettre aux Celtics de rouler sur la conférence Est et de décrocher le meilleur bilan de la ligue (66-16), avant de confirmer tout cela en playoffs malgré un parcours difficile, marqué par ce game 7 irrespirable en demi-finale face aux Cavs de LeBron. Boston et LA sont au sommet, la rivalité renaît et la NBA se frotte les mains.

Mais revenons aux Lakers. Contrairement aux séries précédentes, ils n’ont cette fois-ci pas l’avantage du terrain et doivent se rendre dans un TD Garden chauffé à blanc. Et les Celtics vont leur infliger le même traitement que les Lakers avaient infligé à leurs adversaires jusque là, à savoir deux victoires d’entrée à la maison, pour bien poser leurs papattes sur la série. Le Game 1 est très connu pour la sortie en fauteuil roulant de notre ami PP34, mais celui-ci inscrit tout de même 22 points dans cette rencontre que les Celtics remporteront grâce à une défense féroce dans le dernier quart-temps, limitant les Lakers à 15 petits points. Le Game 2 sera bien différent, commençant par une démonstration de Boston sur 3 quart-temps (on notera, au passage, l’heure de gloire d’un certain Leon Powe avec 21 points), permettant de prendre 24 points d’avance avec 7:40 à jouer. Puis les Celtics décident de faire n’importe quoi et dilapident la quasi-totalité de leur avance en mode Celtics 2018-2019, laissant les Lakers revenir à deux points à 40 secondes du terme. Malheureusement pour les angelinos, Pierce fera preuve d’un sang froid à toute épreuve sur la ligne des lancers, la dernière possession sera foirée avec un tir casse-croûte de Sasha Vujacic derrière l’arc contré, et la messe sera dite. Retour à Los Angeles, avec un débours de 2 victoires.

Il faut se rassurer dans le match 3, mais les Celtics ne sont pas spécialement disposés à laisser cela arriver. Après avoir encaissé les coups en première mi-temps, Doc Rivers et ses hommes réagissent pour repasser devant en deuxième mi-temps. Boston mène 62-60 après 36 minutes et fait planer un réel danger au-dessus du Staples Center. Heureusement, Kobe est possédé et il bénéficie du soutien inattendu d’un Sasha Vujacic incandescent. Les deux arrières jouent à qui sera le plus clutch et, même si le premier est un maître en la matière, c’est un tir à 3 points imparable du second dans le corner qui donne 5 points d’avance à 2 minutes de la fin. Kobe termine le boulot (on est sur une petite soirée tranquille à 36 points à 12/20 au tir) et les Lakers restent en vie, 2-1.

Le Game 4 sera bien différent, commençant par une démonstration de Los Angeles sur 3 quart-temps, permettant de prendre 24 points d’avance après 18 minutes de jeu. Puis les Lakers décident de faire n’importe quoi et dilapident la totalité de leur avance, laissant les Celtics revenir à deux points au cours des 18 minutes suivantes (toute ressemblance avec une rencontre évoquée deux paragraphes plus haut est purement fortuite). Sauf que cette fois, le comeback va s’avérer gagnant. Dans un Staples Center ahuri, les Celtics prennent l’avantage pour la première fois à 4 minutes de la fin, pour ne plus jamais lâcher. Eddie House, James Posey et l’inévitable Ray Allen inscrivent tous des tirs d’une importance capitale pour permettre à Boston de faire un grand pas vers le Larry O’Brien Trophy. La série vient de basculer. Avec l’obligation de remporter les trois matchs restants, dont 2 à Boston, la tâche qui attend les Lakers paraît tout bonnement impossible. Bon, on va couper court au suspense tout de suite, elle l’est.

L’espoir sera tout de même entretenu au match 5, avec un gros effort collectif et 5 joueurs en double figures pour résister aux 38 points de Paul Pierce. Mais ce sera le dernier fait d’armes de cette équipe des Lakers 2007-2008, balayée sans aucune forme de pitié 131-92 au match 6, le deuxième plus gros écart de l’histoire dans un match des Finals. Le public de Boston rugit de plaisir en savourant le double effet kiss-cool « premier titre depuis 22 ans / humiliation suprême du rival de toujours », pendant que les Lakers quittent le parquet la tête basse, KO debout devant la conclusion si brutale d’une saison pourtant si belle, marquée par le titre de MVP de Kobe Bryant mais surtout par la naissance d’un collectif et d’une équipe capable de prétendre au titre. Des accomplissements impressionnants, surtout si l’on prend en compte le fait que les Lakers n’étaient pas à 100% à cause de l’absence d’Andrew Bynum, mais qui paraissent pourtant dérisoires en ce soir du 17 juin 2008. L’heure est à l’amertume, à la déception et aux regrets. L’histoire ne peut s’achever comme ça, les Lakers doivent retourner en finale, doivent faire oublier ce game 6 désastreux et prouver au monde qu’ils sont prêts à régner de nouveau. Mais en sont-ils capables ?