15 juin 2004. Le plafond du palace d’Auburn Hills explose pour célébrer le retour sur le trône des Detroit Pistons, 14 ans après leur dernier sacre. Une victoire d’autant plus belle qu’elle semblait inaccessible sur le papier, car l’équipe qui se dressait sur le chemin des joueurs de Larry Brown n’avait rien d’une bande de troubadours de pacotille. Emmené par 4 futurs Hall of Famers, calibré pour dominer, le navire de LA s’est pourtant fracassé sur le trajet qui devait le mener au titre, subissant une véritable leçon de cohésion et d’organisation collective sur 5 matchs. Un échec retentissant mais pas si surprenant au regard des innombrables querelles d’egos qui rongeaient le vestiaire depuis des années, que seule une domination outrancière sur le reste de la ligue avait permis de maintenir sous contrôle jusque là. Hélas, après des années passées à accumuler les victoires malgré des différends évidents, la relation entre Kobe Bryant et Shaquille O’Neal atteint le point de non retour, et le divorce est prononcé le 14 juillet 2004, avec le transfert du Big Aristote à Miami.

Au-delà du départ du Shaq, c’est toute la franchise de LA qui subit une transformation majeure. Les légendes Gary Payton et Karl Malone, dont la quête de titre en Californie s’est révélée vaine, font leurs valises, aux côtés de beaucoup d’artisans de la domination de LA sur ce début de XXIe siècle. Rick Fox, Derek Fisher, Horace Grant et consorts partent vers d’autres cieux ou vers une retraite bien méritée, tout comme Phil Jackson, éreinté après avoir remporté en toute décontraction 9 titres en l’espace de 14 saisons.

Les Lakers entreprennent une reconstruction quasi totale avec Kobe pour seul et unique leader. Kobe, dont l’ambition suprême est de prouver qu’il peut continuer de gagner en l’absence des 145 kg (+/- 20kg selon la période de l’année, et la présence d’un Burger King à proximité) du Shaq dans la peinture. Le black mamba entre en pleine force de l’âge et n’a jamais été aussi fort individuellement, cependant, l’effectif des Lakers à l’orée de la saison 2004-2005 est très loin d’avoir son mot à dire dans la lutte pour le titre. Il faudra 5 années aux Lakers pour remettre la main sur le trophée, 5 années au cours desquelles certaines des plus belles partitions individuelles et collectives de l’histoire de la franchise s’écriront. Récit d’une reconquête.

Acte I : Une saison pour rien

Le 2 novembre 2004, les Lakers se présentent pour le match d’ouverture face aux Denver Nuggets avec un 5 majeur qui fleure bon NBA 2k5, composé de Chucky Atkins, Kobe Bryant, Caron Butler, Lamar Odom et Chris Mihm, sous les ordres de Rudy Tomjanovich. Il n’y a certainement pas que des escrocs là-dedans, mais la comparaison avec l’équipe 5 étoiles qui a fait frémir le Staples Center durant des années est douloureuse. LA a changé de dimension, passant de favori incontesté à simple participant dans la course aux playoffs dans la conférence Ouest. Un constat implacable qui n’entame pas pour autant l’appétit de l’équipe, qui débute la saison par un honorable 12-8 sur les 20 premiers matchs. Kobe est le fer de lance mais reste plutôt mesuré en termes de boulimie offensive. Avec 27.6 pts, 6.0 ast et 5.9 rbds à 43% au tir, il nous sort une ligne de stat bien propre mais il laisse aux autres talents de l’équipe la place de s’exprimer. Cela tombe bien, car du talent, il y en a. Arrivés dans la cité des anges en contrepartie du Shaq, Lamar Odom et Caron Butler prennent leur rôle de lieutenant à coeur et apportent chacun une quinzaine de points par soir, prouvant que Kobe n’est pas si esseulé que cela. Dans des registres plus restreints, Mihm et Atkins abattent également un travail appréciable et l’ensemble tourne plutôt bien dans un premier temps. Mais les choses vont rapidement se gâter. Alors que les Lakers se débattent en milieu de tableau avec un bilan de 24 victoires pour 19 défaites, le coach Rudy Tomjanovich démissionne pour raisons de santé, laissant les rênes de l’équipe à Frank Hamblen. Ce dernier est alors surtout connu en tant qu’assistant, et sa seule expérience en tant que head coach chez les Bucks en 1991-1992 n’est pas spécialement reluisante (23-42). On peut alors craindre que le costume de coach d’une équipe aussi mythique que les Lakers soit trop large pour lui, et comme le dirait notre cher capitaine Hans Landa, “c’est un bingo !”.

Le mot “carnage” n’est en effet probablement pas assez fort pour qualifier le mandat de Hamblen à la tête des Lakers. Le semblant d’équilibre bâti durant la première partie de saison se rompt de manière violente, et la chute est vertigineuse. Les matchs se suivent et se ressemblent, les purges s’enchaînent pour les fans du Staples Center qui n’auront l’occasion de célébrer que 10 petites victoires lors des 39 derniers matchs de la saison. Hamblen n’a aucune maîtrise de son vestiaire et cela se ressent dans la défense lamentable de ses joueurs, bon derniers de la ligue au niveau du defensive rating. Les espoirs de playoffs s’étiolent au fur et à mesure, et les soucis physiques de Kobe et Odom – qui manquera tout le dernier mois de compétition – ne font rien pour arranger les choses. La catastrophe prend fin le 20 avril 2005, et le couperet tombe : après 10 participations consécutives, les Lakers sont absents des joutes printanières. L’avenir est plus que jamais incertain, mais un coup de théâtre va changer la donne.

Nous sommes à LA, il n’est donc pas rare que de grosses bombes soient lâchées dans la presse durant l’été. Pourtant, la déflagration entendue le 14 juin 2005 surprend tout le monde : quasiment un an jour pour jour après avoir été cordialement invité à débarrasser le plancher et à partir pêcher la truite loin de la Californie, Phil Jackson revient aux commandes de la franchise, en raflant au passage un joli pactole. Personne n’aurait pu le voir venir, d’autant que le nom de Jackson revenait avec insistance dans les rumeurs concernant le poste d’entraîneur des Knicks, et que sa rupture avec Kobe ne s’était pas spécialement faite de manière douce – un euphémisme. La réputation du Zen Master dans la cité des anges n’est certes plus à faire mais ce-dernier va devoir composer alors avec l’effectif le plus faible qu’il lui ait été donné de coacher, un effectif qu’il va falloir enrichir et développer.

Les Lakers ont trois choix lors de la draft 2005 et utilisent le premier d’entre eux pour sélectionner Andrew Bynum, pivot aussi vert (il est le 2e plus jeune joueur drafté de l’histoire à cette époque) que prometteur. L’avenir leur donnera grandement raison, mais à l’heure actuelle, le produit de St Joseph’s High School est destiné à cirer le banc et à apprendre le métier derrière Chris Mihm. Au second tour, le frenchy Rony Turiaf tape dans l’oeil de la direction. La franchise ne le sait pas encore mais avec ces deux choix, elle vient de se doter d’un lieutenant de luxe et d’un joueur de rotation solide, qui joueront un rôle important dans les années à venir. Le dernier choix servira à sélectionner Von Wafer, mais le seul fait d’armes de celui-ci étant de s’être fait exclure d’un entraînement pré-draft pour avoir frappé un coéquipier, nous ne nous attarderons pas plus que cela sur son cas. Surtout qu’un autre cas pointe le bout de son nez, et vous savez probablement déjà de qui il s’agit.

Si la draft fut plutôt bonne, le reste de l’intersaison ne restera effectivement pas dans les annales. Passons rapidement sur les signatures d’un Aaron McKie trop vieux et d’un Smush Parker qui servira principalement de souffre-douleur de Kobe pour attaquer le gros morceau, avec le transfert de Caron Butler et Chucky Atkins à Washington contre Laron Profit et le grand, l’intemporel Kwame Brown. Ça, dans le genre carotte, ça se pose là. Après des années de galère dans la capitale, l’ancien n°1 de draft se débarrasse de l’ombre gargantuesque de Michael Jordan pour aller se poser tranquillement dans celle de Kobe Bryant. Rien qu’en le lisant, ça n’augure rien de bon. Mais nous allons y revenir.

C’est donc avec le retour en grâce de Jackson et un effectif pas forcément plus reluisant que l’an passé que les Lakers s’apprêtent à affronter la saison 2005-2006. Et pourtant, celle-ci entrera dans les mémoires. Bienvenue dans la saison du soliste, de la démesure, des records. Bienvenue dans la saison où Kobe a activé le mode psychopathe total.

Acte II : ôde à la folie

Avant de dérouler les exploits du n°8, un peu de contexte s’impose. A ce moment de sa carrière, Bryant n’est pas dans une situation idyllique, et c’est peu dire. Malgré l’abandon des poursuites, son arrestation pour viol dans le Colorado en 2003 est encore dans tous les esprits, entachant son image médiatique et le voyant délaissé par une partie de ses sponsors. Son image de coéquipier n’est également pas au beau fixe, Phil Jackson l’ayant déclaré impossible à coacher dans son livre The Last Season. Il se murmure également que Kobe est loin d’être étranger aux départs du Zen Master et de Shaq après l’échec de 2004. En bref, l’arrière a énormément de bouches à fermer et de choses à prouver. Vous savez déjà ce que ça veut dire.

Avec un premier mois de compétition bouclé avec 33.5 pts de moyenne et déjà 3 matchs à 40 points ou plus, le ton est donné. Kobe est en mission et rien ni personne ne l’empêchera d’enchaîner les cartons soir après soir. Ni ses adversaires, ni ses coéquipiers, ni ses coachs. Le vivier de talent absolument désertique autour de lui (en dehors de Lamar Odom) crée un contexte particulier où l’animation offensive repose quasiment exclusivement sur ses épaules. Ce qui n’est pas pour lui déplaire, soyons honnêtes. La tendance des premiers matchs se confirme et cette saison ne se résume bientôt plus qu’à un formidable numéro de soliste, où Kobe enchaîne soir après soir les orgies dont l’ampleur ferait pâlir n’importe quelle soirée d’école de commerce. Les matchs à plus de 30 tirs pris sont monnaie courante, ceux à 10 passes décisives, beaucoup moins. Kobe joue tout seul et, malgré toute son abnégation (on pourrait presque parler d’acharnement à ce niveau là), les résultats collectifs s’en ressentent, les Lakers présentant un bilan à peine équilibré au nouvel an (15-14). Kobe n’a pas le choix, il faut qu’il prenne la peine de partager la gonfle, pour permettre à ses coéquipiers de progresser et présenter plus de danger grâce à une meilleure cohésion collective. Il ne peut de toute façon pas augmenter encore la cadence et tourner à 45 points par match, si ?

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Quelle touchante naïveté. Après cette mise en jambe “tranquille”, qui l’a tout de même vu inscrire 62 points sur la tête des Mavericks en trois quart-temps le 20 décembre, le mamba va en effet nous gratifier, au cours de ce mois de janvier 2006, d’un festival offensif absolument historique, avec 43.4 pts de moyenne. A l’époque, seul Wilt Chamberlain a fait mieux (à 7 reprises, certes).

Les 4 sorties consécutives à plus de 40 points pour inaugurer l’année civile posent déjà le cadre de ce que pouvait produire Kobe à ce moment là, mais elles ne sont rien à côté de ce soir historique du 22 janvier 2006, au cours duquel l’ancien de Lower Merion va perdre toute considération pour la logique et le rationnel en plantant 81 points aux Raptors dans un Staples Center incandescent, pour ce qui est encore aujourd’hui la deuxième plus grosse éruption offensive derrière les inégalables 100 points du grand Wilt. On vous laisse tout le loisir d’aller voir des highlights de ce match, référence parmi les références. La planète NBA s’arrête de tourner quelques instants, le temps d’apprécier ce récital aussi mythique que représentatif de la mentalité de Kobe à ce moment précis de sa carrière. Quoi qu’il advienne, cette soirée à elle seule fait déjà passer la saison 2005-2006 dans la légende.

Après ce mois de folie, Bryant va se calmer (comprendre par là, redescendre à 34.8 points de moyenne sur février-mars-avril), mais les Lakers vont produire un bon run après le all-star break avec 19 victoires pour 11 défaites. Lamar Odom est en forme avec 16.3 pts, 9.2 rbds et 5.9 ast, et à défaut de pouvoir contribuer efficacement en phase offensive, le reste de l’équipe s’attache au moins à défendre de manière décente. LA possède le 15e defensive rating de la ligue, limitant suffisamment les points encaissés pour permettre à l’axe Bryant-Odom d’offrir la délivrance de l’autre côté. Un temps mal embarqués, les Lakers finissent très fort et accrochent la 7e place qualificative pour les playoffs avec un bilan de 45 victoires pour 37 défaites. Kobe, lui, boucle l’exercice avec 35.4 points de moyenne, tout simplement monstrueux. Seuls Michael Jordan, Rick Barry et Wilt Chamberlain (à 6 reprises…) ont alors réussi à faire mieux, avant d’être rejoints par James Harden 13 ans plus tard. Cerise sur le gâteau, cette accumulation de performances mythiques a également pour effet de redonner un bel éclat à l’image publique du joueur, qui occupe les gros titres pour des raisons sensiblement plus reluisantes qu’il y a quelques mois. Son oeuvre n’est cependant pas terminée, puisque les Suns du double MVP Steve Nash se présentent au premier tour.

Cette série va longtemps laisser croire à une surprise majeure. Alors que les Suns sont donnés favoris, les Lakers remportent le Game 2 dans l’Arizona puis font le break à domicile dans les matchs 3 et 4. Lors de ce dernier match, Kobe nous offre un nouveau moment d’anthologie. Les Suns mènent de 2 points à 7 secondes de la fin, et doivent effectuer la remise en jeu. Steve Nash hérite de la gonfle mais Smush Parker lui arrache des mains. Devean George transmet à Kobe qui égalise sur un lay-up acrobatique. En prolongation, les Suns prennent à nouveau de l’avance et mènent d’un point avec 10 secondes à jouer. Remise en jeu sur Steve Nash, qui essaie tant bien que mal d’échapper au pressing mais qui se retrouve coincé par Luke Walton et Lamar Odom au milieu du parquet. Walton met les mains sur le ballon et ne lâche pas, entre-deux. Le fils du pivot légendaire des Blazers domine le meneur canadien dans les airs et dévie sur Kobe, qui part en dribble sur sa droite, s’arrête, s’élève au-dessus de deux adversaires… et assassine les Suns au buzzer. Légendaire.

Malheureusement, cette soirée mythique n’en appellera pas d’autres. Les Suns se reprennent dans le Game 5 (duquel Kobe sera exclu) avant de braquer le Staples Center malgré les 50 points de la superstar locale, une nouvelle fois en prolongation. Le momentum a définitivement changé de camp, et Phoenix terminera le boulot en s’imposant largement dans le Game 7. Cette série est à l’image de la saison des Lakers, Kobe est partout mais il ne peut pas tout faire tout seul.

Malgré ce constat, l’intersaison va être très calme. Les Lakers se contentent de drafter Jordan Farmar et de récupérer Maurice Evans et Vladimir Radmanovic. Le changement le plus marquant est le numéro de maillot de Kobe, qui passe du 8 au 24, ce qui est vraiment très intéressant, vous en conviendrez. Même si Andrew Bynum a un an de plus, la progression des Lakers sur le papier est donc faible, voire inexistante. Et tout cela va se confirmer.

Acte III : on ne change pas une équipe qui stagne

On va la faire courte, il n’y a pas grand chose à tirer de cette saison 2006-2007 dans la cité des anges. Kobe redescend un peu de son nuage avec “seulement” 31 pts par match, même s’il nous gratifie encore de performances lunaires. Mais surtout, comme on pouvait le craindre, aucune progression ne se fait sentir au point de vue collectif. Andrew Bynum est désormais pivot titulaire et engrange de l’expérience, montrant déjà une sacrée force de caractère comme lors de son duel avec Shaq le jour de Noël, mais c’est bien la seule bonne nouvelle à se mettre sous la dent.

Lamar Odom reste solide mais le supporting cast est encore terriblement faible, symbolisé par un duo Smush Parker – Kwame Brown qui déclenche autant l’hilarité que la consternation selon votre niveau d’appréciation des Lakers. La relation entre Kobe et ses deux coéquipiers est d’ailleurs houleuse, comme en attesteront plusieurs témoignages plus tard. Pour vous donner une idée, d’un côté, Kobe avait plus ou moins fait comprendre à Parker qu’il n’était pas digne de lui parler lors d’un entraînement . De l’autre, Kwame Brown avait demandé à sa star de ne pas lui donner la balle lors d’une fin de match tendue, de peur de rater des lancers francs décisifs. Le genre de faiblesse mentale à même de faire dégoupiller le black mamba dans la seconde. Résultat, l’alchimie de l’équipe est très mauvaise, replongeant les Lakers dans les abysses défensives de la ligue.

Après un début de saison en trompe-l’oeil (23-11 au 7 janvier), l’édifice va logiquement s’écrouler. Odom et Walton, deux titulaires indiscutables, manquent 46 matchs à eux deux pour blessure, obligeant Jackson à bricoler avec cet effectif d’une profondeur incroyablement limitée. Début mars, la situation vire au grotesque quand Vladimir Radmanovic se voit infliger une amende de 500 000$ pour avoir menti au sujet de sa blessure, contractée lors d’un accident de snowboard, ce qui constitue un viol de son contrat. Les Lakers s’enlisent dans la médiocrité, mais, comme souvent, Kobe va essayer de sauver le tableau à lui tout seul, pour ce qui sera le seul réel temps fort de la saison. Mais quel temps fort.

Le 16 mars 2007, les Lakers accueillent les Blazers de Portland au Staples Center. L’équipe reste sur 6 défaites consécutives, il faut relever la tête d’urgence, quel qu’en soit le prix. Ainsi, au cours d’une soirée qui n’est pas sans rappeler le glorieux 22 janvier 2006, Kobe transforme une nouvelle fois la rencontre en séance d’entraînement personnelle, et fait la totale aux Blazers : pénétration, mi-distance après 72 feintes, tir du parking, l’inventaire complet est réalisé, avec en point d’orgue ce dernier quart-temps à 24 points pour faire basculer la rencontre en faveur de LA. Score final, 116-111, avec 65 points à 23/39 pour le n°24. Du grand art, mais Kobe ne serait pas Kobe s’il en était resté là. Ainsi, l’arrière va inscrire 50, 60 puis encore 50 points dans les trois rencontres suivantes, pour autant de victoires des Lakers. Ces 4 rencontres consécutives à 50 points ou plus propulsent directement Kobe dans la légende, encore une fois, puisqu’un seul autre joueur a réussi à faire mieux dans l’histoire (si vous avez lu attentivement les paragraphes précédents, vous ne devriez pas avoir trop de difficultés à trouver l’identité de celui-ci).

Cependant, comme écrit plus haut, ce fait d’armes est bien le seul rayon de soleil dans une fin de saison qui a tout de la catastrophe pour LA. La franchise termine une fois de plus à la 7e place de la conférence Ouest, avec un bilan de 42-40, soit trois victoires de moins que la saison précédente. Ce qui ne changera pas, en revanche, c’est l’élimination au premier tour face aux Suns. Mais il n’y aura pas de combat homérique cette fois-ci, pas de buzzer beater lunaire, pas d’espoir d’upset. Les Lakers se font expédier en 5 matchs secs, malgré un Kobe proche des 33 points par match. Un an après, les Lakers sont exactement dans la même situation d’échec, incapables de passer le premier tour. Un constat d’impuissance dérangeant. Cette fois-ci, c’est certain, cette équipe en l’état ne va nulle part et la sanction ne va pas tarder à tomber.

Agacé de devoir porter cette équipe à lui tout seul, Kobe déclenche une crise d’angoisse généralisée dans toute la Californie en exigeant d’être transféré à l’issue de cette saison 2006-2007. En matière de « secouage de cocotier », difficile de faire mieux. Les spéculations vont bon train quant aux équipes capables de proposer un package suffisamment attractif, mais Kobe n’acceptera pas de jouer n’importe où : l’arrière fait ainsi jouer sa no-trade clause et refuse un échange à Detroit. Ses destinations préférentielles sont connues de la direction et de sérieuses discussions s’engagent avec les Chicago Bulls, son choix n°1 (tout lien avec une prétendue volonté de surpasser un certain n°23 est bien évidemment à proscrire). Le divorce est plus proche que jamais, mais celui-ci n’aura finalement pas lieu. Les deux camps ont du mal à se mettre d’accord sur les contreparties et les négociations prennent fin. Kobe reste pour le moment un Laker, mais il va falloir sérieusement s’activer pour lui trouver des lieutenants dignes de ce nom, car la situation devient intenable. Et comme souvent, c’est du chaos que va naître l’étincelle.