Après les années de galère qui ont suivi le départ de l’enfant tant aimé, Allen Iverson, les Sixers voient enfin le bout du tunnel. Emmenés par Joel Embiid et les N1 des deux dernières drafts, c’est le moment ou jamais pour les hommes de Brett Brown pour, enfin, goûter à nouveau au doux parfum des playoffs.

Le « Process » si cher au pivot camerounais est en train d’aboutir: des années de tanking sont nés des rêves, des rêves qui sont aujourd’hui incarnés par le Process lui-même ainsi que Ben Simmons, le N1 de la draft 2016, un poste 3-4 de 2m08 que l’on a cessé de comparer à LeBron James, Markelle Fultz, le N1 de la draft 2017, un meneur de jeu que toute la planète orange voit comme une superstar de demain, et pour finir Dario Saric, un ailier fort polyvalent, homme de l’ombre qui a finalement débarqué l’an dernier dans la ville de l’Amour Fraternel après plusieurs années en Europe.

Le destin est joueur avec la franchise de Philly: l’année où les Sixers entameront leur reconquête suit l’intronisation au Hall of Fame de l’icône de la franchise: Allen « The Answer » Iverson, qui fondit en larmes au cours d’un discours poignant. De plus, l’année où The Little Big Man entre au Hall of Fame, les Sixers ont drafté un guard… en première position. Aura-t-il le même destin ? Seul les dieux le savent.

Aussi puissante que soit la hype et nombreux que soient les espoirs, de nombreuses incertitudes existent quant à cette très jeune équipe. Alors les Sixers, lignée destinée à régner sur la NBA ou future tragédie ?

Pour le savoir, commençons par traiter des principaux membres de cette équipe, à commencer par le dernier venu: Markelle Fultz. Analyse très détaillée à suivre sur le nouveau meneur des Sixers.

 

Markelle Fultz: L’héritage d’Allen Iverson

D’abord annoncé aux Celtics à cause de l’ordre de la draft donné par la lottery, le meneur de jeu de l’université de Washington (l’Etat de la côte Ouest où se trouve Seattle, pas la capitale fédérale) a finalement atterri aux Sixers suite à l’entubage en règle l’échange entre Boston et Philadelphie (1st pick 2017 vs 3rd pick 2017 + pick Lakers 2018 si entre 2 et 5 ou Kings 2019 si la protection marche pour le pick des Lakers).

Si Ben Simmons était le premier joueur choisi en première position par Philadelphie depuis Allen Iverson, Markelle Fultz est le premier joueur évoluant aux mêmes postes que The Answer à avoir l’honneur d’entendre son nom appelé en premier le soir de la draft.

Si du point de vue du jeu il n’y a pas beaucoup de points communs, pour autant Fultz devra néanmoins assumer le très lourd héritage de la légende locale. Cela semble abstrait quand on l’évoque comme ça, mais cette pression, il la ressentira le jour où il posera le pied sur le parquet du Wells Fargo Center pour le home opener de la saison qui arrive. C’est là et seulement là qu’il sentira vraiment la pression liée aux énormes attentes des fans qui ne demandent qu’à s’enflammer pour lui. A voir comment il gérera cela. Au moins pourra-t-il échanger avec Ben Simmons, qui devra lui assumer la pression liée aux incessantes comparaisons avec LeBron James… Et peut-être même recueillir des conseils de ce dernier, qui est le mentor du N1 de la draft 2016.

Pourquoi chante-t-on autant ses louanges depuis le début de l’année ? C’est simple : sur le poste de meneur de jeu, on n’avait pas vu de joueur aussi complet depuis Kyrie Irving en 2011. Un potentiel qui semble illimité, des atouts dans tous les compartiments du jeu, et surtout un excellent état d’esprit. Sur le plan du caractère les Sixers tiennent là le parfait intermédiaire entre quelqu’un d’aussi discret et réservé que Simmons et un boute en train qui ne s’arrête jamais comme Embiid. Toutes les conditions semblent réunies pour que Fultz devienne bien la superstar annoncée.

Markelle Fultz n’a pourtant pas connu une bonne saison universitaire. A Washington, Fultz a eu le malheur d’être le meilleur joueur de l’effectif à des années-lumière du deuxième dans la hiérarchie, le vaillant mais très limité intérieur Noah Dickerson. Emmenés par un coach critiquable et par ailleurs très critiqué (il s’est d’ailleurs fait virer dès la fin de saison), les Huskies entament la saison par un bilan de 7-5, très moyen pour ce qu’on appelle le calendrier hors conférence (première partie de saison, durant lesquelles on ne rencontre que des équipes universitaires de seconde zone), dont une défaite embarrassante contre la modeste (en termes de programme basket) fac de Yale et une fessée monumentale contre la seule vraie bonne équipe rencontrée, Gonzaga.

Le calendrier de conférence (deuxième partie de saison, les adversaires sont les équipes de la conférence) s’avérera être une lente agonie pour Fultz et ses Huskies, qui terminent avec un bilan peu glorieux de 2 victoires pour 17 défaites (13 consécutives pour terminer la saison) et c’est sans surprise aucune que Washington manque la March Madness.

Sur le plan individuel, Markelle Fultz a sorti une excellente saison, tant sur le plan statistique (23.2 pts, 5.9 ast, 5.3 rbs, 47% FG) que dans le contenu. Certes, l’équipe perdait, mais on ne peut pas l’imputer à Fultz, qui a brillamment tenu son rang en attaque comme en défense, et s’est tout simplement retrouvé trop seul à devoir porter une équipe beaucoup trop faible dans une conférence trop forte. Pour résumer la situation qui s’est reproduite à chaque match: Quand Fultz était sur le terrain, l’équipe tenait plus ou moins, arrivait à rester dans le match. Quand il sortait, elle prenait un énorme run dans la tronche et coulait à pic. Quand il revenait, c’était bien trop tard pour redresser la situation, et malgré ses efforts le match était perdu d’avance.

Très rapidement sur son physique, Markelle Fultz coche à peu près toutes les cases. Il est très grand pour le poste (1″93), avec une belle envergure, et c’est un joueur très fluide et agile, avec une élégance assez rare pour un prospect qui émane en bonne partie de sa principale qualité qui est d’avoir un excellent contrôle du corps. Seuls bémols: la puissance physique, qu’il devrait acquérir sans trop de soucis une fois en NBA, et l’explosivité, qui elle en revanche ne s’acquiert pas, est innée et ne caractérise que quelques rares joueurs. Cela dit, vu ses autres atouts, il pourra très facilement compenser cette faiblesse, comme Stephen Curry a su le faire par exemple.

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1- Le shoot

Offensivement, l’arme principale du futur meneur des Sixers est très clairement son jump-shot. C’était tout simplement un des tous meilleurs jump-shooteurs de toute la NCAA l’an dernier, si ce n’est le meilleur, affichant une efficacité tout simplement effroyable: en tir en sortie de dribble (son arme favorite), Fultz se situait dans les 90 percentile de NCAA (il était meilleur que 90% des joueurs dans cet exercice) en cours de saison. Pour un joueur avec un aussi gros volume de shoots, c’est assez incroyable.

Techniquement parlant, sa mécanique est franchement peu académique si on se base sur les fondamentaux mécaniques parfaits (du moins en théorie), mais ça rentre. Ses défauts sont assez nombreux mais devraient être facilement corrigés une fois en NBA: quand il s’élève il a tendance à être un peu en arrière, ce en effectuant carrément une rotation d’un quart de cercle pendant le saut, et il lui arrive même de relâcher le ballon sur la trajectoire descendante de son saut. C’est une mécanique certes critiquable mais difficilement attaquable puisqu’elle est efficace. Il a en revanche une énorme qualité: il relâche son ballon très haut. Très très haut. Son élévation est toujours très bonne au niveau de la hauteur de saut et du timing (malgré le défaut précité) et la balle est toujours bien placée au dessus de sa tête avant de relâcher.

Là est la grande force du jump-shot de l’ex star de Washington: il peut tirer sur la tête de n’importe qui ou presque. S’il est surtout comparé à Harden, Lillard ou encore Irving, si l’on ne prend en compte que le shoot, il est plus à rapprocher d’un DeMar DeRozan. Comme Fultz, l’arrière des Raptors n’a pas d’appuis très explosifs, loin de là, en revanche il sait mieux que personne où et quand les poser pour obtenir une parfaite séparation avec le défenseur. Il possède cette qualité unique en NBA de presque toujours arriver à tirer par dessus le défenseur et à rentrer régulièrement des tirs pourtant très contestés. C’est d’ailleurs pour ça que c’est en isolation que son jeu s’exprime le mieux, car il peut beaucoup plus facilement ajuster le défenseur et choisir sa distance, sachant que driver ne le dérange pas non plus dans l’hypothèse où son défenseur direct bloque bien toute tentative de shoot ou maîtrise l’art du closeout.

Pourquoi exclure Harden, Lillard et Irving de la comparaison ?

Tout simplement parce que l’espace créé par Fultz est vertical; il s’élève au dessus de son défenseur et tire d’une position que son défenseur ne peut atteindre et rend impossible pour ce dernier de contester le shoot. L’espace créé par les 3 superstars précitées est lui purement horizontal. Bien que le dernier N1 de la draft soit tout à fait capable de crosser son adversaire et de quelques jolies arabesques balle en main, là n’est pas sa force première. On ne va pas s’étendre sur le handle tout simplement fabuleux de Kyrie Irving, déjà parmi les meilleurs handle de l’histoire, qui se crée son espace avec ses dribbles chaloupés et toutes ses arabesques plus folles les unes que les autres. Harden est assez similaire bien qu’évidemment nettement moins doué. Lui prend d’abord son rythme en dribblant « doucement », puis au fur et à mesure qu’il danse il arrive finalement à trouver le bon move pour se défaire de son vis à vis et shooter. Lillard est quant à lui un entre-deux par rapport à ces deux joueurs. La différence au niveau de l’efficacité, c’est que Fultz a beaucoup de mal à créer une vraie séparation avec son défenseur et prend donc beaucoup de tirs réputés mauvais voire très mauvais… mais qu’il rentre quand même assez souvent.

Une question survient donc: Quid de la transposition de cette qualité en NBA, où contrairement à la NCAA il n’existe pas ou peu d’athlètes moyens ? Quid de ce qu’il adviendra contre des défenseurs d’élite ? Contre des défenseurs plus grands et hyper athlétiques ? Nul ne peut prédire si sa capacité à rentrer des tirs contestés voire très contestés est folle au point de lui permettre de désosser les défenseurs NBA eux aussi: qui dit défenseurs plus grands et plus longs dit tirs plus compliqués, d’où l’importance de créer de l’espace. Une chose est sûre: ses pourcentages chuteront. La question est: de combien ?

Il existe plusieurs scénarii à ce sujet: Soit il n’arrive pas du tout à reproduire ce qu’il faisait en NCAA, auquel cas il aura beaucoup de mal à ne pas être carrément un bust, soit il s’adapte progressivement, ses tirs en sortie de dribble ne souffrant pas trop de la différence car en NBA, malgré tout, les grands défenseurs sont rarissimes sur le poste de meneur et il n’est pas toujours pris par le meilleur défenseur extérieur adverse grâce à la présence de Ben Simmons poste 3, soit il fait la transition sans souci et là on peut s’attendre à un 22-7 dès sa première saison. Le fait est quand même que même si ses pourcentages vont chuter, il part de tellement haut que malgré cette baisse, il devrait rester largement dans le positif.

Passons maintenant à un autre aspect, où cette fois Fultz ferait bien de prendre de la graine du jeu de DeRozan. Le désormais meilleur marqueur de l’histoire des Raptors maîtrise mieux que personne l’art du timing. Il a aussi une lecture unique des mouvements du défenseur, qu’il cuisine par la suite avec une série de petites feintes pour dégainer avec un timing toujours parfait dans une position qui l’est tout autant. Son plus grand talent est en fait de savoir quoi faire pour se placer de manière à déclencher son tir à un endroit où le défenseur ne pourra pas aller le contrer ni même le gêner. Du côté de Fultz, s’il tire bien par dessus le défenseur, il n’a pas encore acquis une maîtrise de tous ces petits détails aussi pointue que celle du triple All-Star. Si Fultz arrivait à ne serait-ce qu’un peu déstabiliser son défenseur ainsi qu’à l’obliger à être sur la pointe des pieds ou sur les talons, les dégâts pourraient être considérables.

L’autre différence majeure avec DeRozan est que la star des Raptors déteste tirer derrière l’arc, chose qui en revanche ne pose absolument pas de souci à Fultz. Avec un volume de 5 tirs à 3 pts tentés par match, il tournait à 41% en NCAA. En l’état, ce chiffre ne veut strictement rien dire, car la ligne est plus proche et des joueurs comme Justise Winslow ont eu une belle adresse à 3 pts en NCAA avant de tomber à 20% une fois en NBA. Là où il devient pertinent, c’est en voyant le type de tirs qu’il prend ! La grande majorité sont des tirs créés par ses soins, souvent en sortie de dribble.. la faute au jeu collectif tout simplement inexistant de Washington, qui fait qu’on ne sait pas vraiment ce qu’il vaut en catch & shoot. Pour en revenir, 41% sur des tirs de ce genre, en NBA, malgré des défenseurs bien meilleurs, s’il bénéficie de meilleurs tirs il pourrait très bien se maintenir autour des 40%…

Il convient de dire un mot sur sa sélection de tirs. Comme dit plus haut, il prenait plein de tirs réputés mauvais. C’est quelque chose qu’il faut énormément nuancer. Pourquoi ? Parce que pour obtenir de bons tirs, il faut que la balle tourne bien, et pour que la balle tourne bien, il faut un bon collectif, chose dont il n’a jamais pu bénéficier. Suivant le scénario cité plus haut qui s’est répété X fois pendant la saison NCAA, c’est après que Washington ait pris un éclat que Fultz prenait tous ses tirs les plus mauvais, car le plan de jeu se résumait à lui filer la balle et lui dire de se démerder pour effacer l’ardoise. Ensuite, malgré le fait que ces tirs soient mauvais… bah ça rentrait quand même quoi. Donc très dur d’aller le critiquer là dessus et d’ailleurs très peu d’inquiétudes ont été soulevées à ce sujet.

Seul petit doute à ce sujet: avant d’aller en NCAA, Fultz avait la réputation d’un shooteur de série, assez aléatoire, et il existe un facteur hasard vu que la saison NCAA n’a duré que 25 matchs dans son cas; on pourrait parfaitement se dire qu’il a eu de la chance que ça rentre pendant un moment, sans que cela ne soit une preuve de la qualité de son shoot. On peut le penser… En l’état rien ne permet de démentir cela, wait and see en attendant de voir ce que cela donnera pendant la saison NBA.

Pour conclure sur le shoot du dernier N1 de la draft, il possède quelque chose d’unique, qui caractérise toutes les superstars sans exception: le tir en sortie de dribble au delà de la ligne à 3 pts. Si l’image qui vient tout de suite en tête est celle de Kevin Durant et ses fameux pull-ups 3’s, il existe bien d’autres exemples parmi les superstars, et cette arme est ce qui fait une bonne partie de leur force: ils sont craints peu importe l’endroit où ils se trouvent. On comprend assez facilement pourquoi la cote de Fultz est aussi monstrueuse, sachant l’extrême rareté de cette particularité et l’importance du shoot dans la NBA moderne.

2- Le jeu en pénétration

Dans ce secteur du jeu, le nouveau coéquipier de Joel Embiid est moins fort que sur le shoot à cause de son manque d’explosivité. Il ne sera probablement jamais un pétard ambulant à l’instar d’un Westbrook ou, pour comparer avec un de ses compagnons de draft, d’un Dennis Smith Jr.

Malgré de nombreux défauts qui seront décrits plus bas, Fultz a une maîtrise quasi parfaite de l’euro step et du side step, adore utiliser le spin move… Bon allez je vous lâche la comparaison.. pour ceux qui se souviennent malheureusement. Si on devait comparer Fultz à une superstar, ce serait au même âge cette fois.. de la fac de Washington lui aussi… Brandon Roy. B-Roy avait exactement les mêmes défauts que Fultz, mais comme lui, il était facile, doté d’un bon handle évidemment mais quand on évoque B-Roy, c’est surtout à cause de sa technique individuelle de grand malade et de son agilité tout simplement infernale. Pas doté d’une puissance phénoménale au démarrage mais néanmoins très bel athlète, capable de bon gros posters ou de très jolies finitions au cercle une fois lancé, on souhaite seulement qu’il ne connaisse pas la même fin que son illustre prédécesseur et qu’il lave l’affront fait par le destin en exploitant à fond tout son potentiel et en ayant la carrière que Roy aurait mille fois mérité.

Petit clin d’oeil rétro, B-Roy étant une des idoles de l’auteur de ces lignes, ce tout en saluant The Ball Never Lies pour son travail:

Si Fultz pèche au niveau de l’explosivité, c’est au sens de l’étincelle, l’allumage, le coup de boost brutal qui permet de faire la différence. Par exemple, son premier pas n’est pas assez tranchant et il a même du mal à semer un défenseur, sachant que ce dernier se déplace à reculons ou sur le côté alors que lui va vers l’avant s’il était besoin de le préciser. Par contre, s’il a l’élan, le temps et surtout l’espace pour prendre de la vitesse, il peut monter très très haut, ce ne sont pas les arceaux des parquets NCAA qui vont dire le contraire, eux qui l’on vu mettre quelques tomars pour le moins fort sympathiques. De la même manière, preuve que c’est bien l’explosivité et non la détente le problème, il peut très bien mettre des chasedown blocks, comme on a pu le voir récemment en Summer League.

Du coup, si sur transition il ne souffrira en rien de ce défaut, sur demi-terrain ça risque d’être une autre histoire… En effet, sur pick and roll, il n’est pas rare qu’il se retrouve forcé de s’arrêter ou de se contenter d’un mid-range contesté. Pire encore, si l’intérieur décide d’hedge (monter haut sur le ball handler pour l’empêcher de passer), Fultz n’arrive pas à le fumer et à se réorienter correctement.. ce qui fait qu’en prime, il se fait facilement enfermer par les deux défenseurs.

Comment compenser quand on ne s’appelle pas Russell Westbrook ou John Wall ?

S’il n’a pas le handle de grand malade de Kyrie Irving, il a en revanche cette aptitude qu’avait autrefois Derrick Rose à très bien changer de direction pendant le drive, alors même qu’il est lancé comme une balle. Pas au point de mettre des crossovers en pleine course mais c’est quand même très correct. Seul souci: il n’utilise pas suffisamment cette solution. Par exemple, si on reprend l’idée du hedge, il pourrait utiliser cette qualité pour, à l’instar de Kyrie Irving qui le fait assez souvent, se faufiler entre les deux défenseurs par surprise au lieu d’essayer de contourner, chose qu’il ne peut pas faire.

Autre chose qu’il pourrait faire et qui permettrait de mieux exploiter ses qualités: au lieu de jouer toujours à la même vitesse, sa vitesse, sur laquelle il est à l’aise c’est vrai mais pas hyper efficace pour autant, il pourrait, se sachant pas assez explosif et pas capable de faire la différence uniquement sur la vitesse, essayer de ralentir et de jouer sur des changements de rythme brutaux qui sont la caractéristique de Kyrie Irving (qui de toute manière sait tout faire en matière de handle) mais surtout de James Harden, avec qui la comparaison en la matière est plus pertinente puisque l’arrière des Rockets est beaucoup plus lent et moins explosif que le meneur des Cavs.

Vu que Fultz n’aura sans doute jamais les capacités complètement folles d’un Westbrook ou d’un Wall pour défoncer tout le monde sur sa seule vitesse, à terme, s’il veut pouvoir aller chercher des points dans la raquette et donc avoir des shoots plus simples, il va vraiment falloir qu’il apprenne à maîtriser ces changements de rythme, à « danser » faute de quoi la défense pourrait facilement l’orienter sur des zones qu’il n’aime pas, ce qui l’obligerait par la suite à forcer ses tirs ou pire à jeter la balle s’il perd patience, chose qui le rendrait beaucoup trop prévisible.

Relativisons néanmoins, le jeune meneur des Sixers n’a que 19 ans, et à titre de comparaison Stephen Curry a lui aussi dû maîtriser cet aspect là du jeu en pénétration pour exister autrement que par son shoot, et aujourd’hui on voit le résultat. Patience donc, sachant qu’il faut le rappeler, il a un superbe contrôle de son corps sur ses pénétrations, ce qui est assez rare, donc à défaut d’avoir la vitesse il devrait avoir un équilibre suffisamment bon pour pouvoir quand même driver de manière relativement efficace. Une dernière chose encore pour relativiser ces défauts dans son jeu en pénétration: le spacing. On ne sait pas vraiment ce que donnera celui des Sixers lors de la prochaine saison NBA mais on peut facilement affirmer qu’il sera au minimum 1000 fois meilleur que celui de la fac de Washington qui faisait franchement saigner des yeux. Ce spacing (ou plutôt cette absence de spacing) horrible l’obligeait à foncer dans de tout petits espaces avec une concentration de joueurs relativement forte, ce qui faisait chuter ses pourcentages sur le drive et lui faisait perdre pas mal de ballons. Il se retrouvait dans une situation où les layups qu’il devait mettre étaient bourrés de défauts: corps mal orienté ou en déséquilibre, mauvaise main du côté du panier, etc.. S’il compensait plutôt bien par son agilité, parfois, il se retrouvait carrément obligé de tenter un fadeaway complètement improbable en se jetant en arrière pour tenter d’éviter le défenseur.

De plus, il a montré une certaine maladresse quand il s’agit de conclure près du cercle mais pas au plus près, c’est à dire à 2-3m du panier. Développer un petit floater pourrait lui être d’un grand secours à l’avenir… mais c’est à peu près la seule chose qui lui manque si on se met à parler de moves et de technique individuelle.

Ensuite, sur le jeu en transition, qui est une arme létale dans la NBA moderne, même manquant d’explosivité il demeure assez rapide balle en main et a une bonne lecture des espaces, mais, qualité beaucoup plus précieuse, il sait très bien se repérer et trouver le bon coéquipier, car on ne le dira jamais assez, le jeu de transition est quelque chose d’extrêmement difficile quand on est meneur de jeu, car très peu de temps pour se repérer par rapport aux adversaires et repérer les coéquipiers disponibles, gros risques de perte de balle, l’adrénaline et le cardio qui monte parce qu’on court à toute vitesse, ce qui réduit grandement la lucidité.

Pour finir, de deux choses l’une: les lancers: il parvient à en obtenir à peu près 7 si on rapporte à 36min, ce qui est bon sans être fou. Il n’est pas hyper agressif dans son jeu en pénétration, préférant jouer sur des feintes et chercher un coéquipier démarqué, ce ne sera sans doute jamais une machine à aller cueillir du lancer franc comme James Harden et Isaiah Thomas Jimmy Butler (seul joueur qu’on peut qualifier d’hyper agressif et qu’on ne peut pas trop suspecter d’être archi protégé par les arbitres).

3- Le passing game

On en arrive à la deuxième plus grande qualité du 1st pick 2017: le passing game.

Quand on s’appelle QI Basket, comment ne pas mentionner l’énorme QI basket du N1 de la draft 2017 ? On en parle assez peu car le shoot est le plus gros vecteur de hype pour un prospect, mais il possède de superbes qualités en la matière. Vous avez dit QI Basket de 5000 entre lui et Simmons ? Vous en êtes très loin. C’est beaucoup trop peu.

Bien qu’ayant un profil de meneur scoreur à première vue, Fultz est en réalité un meneur de jeu plutôt à l’ancienne, hyper altruiste, chose qui est quelque part étonnante vu l’équipe pourrie qu’il a dû se coltiner toute l’année et les responsabilités qui lui ont été échues.

Il a conscience d’attirer les défenseurs, ce qui lui permet bien souvent d’avoir juste à « lever la tête » et à jouer le décalage ou le surnombre.

Mais sa plus grande qualité n’est pas là: on parlait de Wall est Westbrook tout à l’heure pour leurs qualités qui feraient pâlir Fultz d’envie, mais lui, à l’inverse (et ça colle assez bien avec la personnalité du garçon), est le genre de meneur très calme, qui ne panique jamais et ne force pas les choses, prend toujours de bonnes décisions, etc…

Deux exemples: Si on prend comme tout à l’heure l’hypothèse d’un hedge, il sait lâcher la balle pour trouver un coéquipier démarqué, ou mieux encore (et c’est là qu’il régale, la plupart de ses highlights viennent de là) foncer dans le grand qui l’attend sous le cercl et délivrer une pocket pass à l’un de ses intérieurs. Car c’est là que son contrôle du corps le sert à merveille; il peut aller presque jusqu’au cercle, faire croire jusqu’au dernier moment qu’il va aller au layup et lâcher la balle alors qu’il est en phase descendante sur son saut ou se contorsionner en l’air vers le milieu de son saut (soit lorsqu’il est censé déclencher son tir) pour passer le ballon dans le dos du défenseur.

De plus, autre chose qu’il fait à merveille: le drive and kick (pénétrer puis ressortir pour un shooteur derrière l’arc). Avec de vrais shooteurs, au niveau NBA, ça pourrait là aussi faire très très mal. Ce type d’action est généralement la conséquence d’un pick and roll, où le porteur de ball profite de l’attention de la défense pour trouver un shooteur libre.

Justement, sur le pick and roll, Fultz ne subit pas ses défauts puisqu’il n’a qu’à distribuer le jeu, et cela il l’a fait de manière assez royale sur ce qu’on a pu voir jusqu’ici… Feintes de passe, passe entre les deux défenseurs quand il prend un trap après un écran posé assez haut, fixations jusqu’au dernier moment, bref, inutile de s’étendre sur un des aspects de son jeu où il est le plus fort et n’a que très très peu de déchet. Là où cela devient hyper intéressant, c’est que comme dit plus haut, le spacing horrible et le manque de talent tout simplement de l’équipe autour de lui réduisaient à néant beaucoup de ses créations. En revanche, avec un joueur comme Joel Embiid pour jouer le pick and roll, le pick and pop et même le pick and flare (Embiid balle en main dos au panier à 5-6m du panier tend le ballon comme pour faire un passe et va à Fultz, qui ne fait que courir vers le cercle, ce qui laisse champ libre à Embiid pour soit lâcher la balle à un 3e joueur dans l’espace libéré par le défenseur qui poursuit Fultz ou jouer le 1 contre 1).

Si en plus on rajoute ses énormes qualités de shoot en sortie de dribble… Sur pick and roll ça peut faire extrêmement mal du côté de Philadelphie.

Là où on peut aussi saluer ce qu’a fait Fultz en NCAA, qui témoigne d’une belle mentalité, c’est qu’il a respecté le jeu, fait son métier de meneur, et choisi la solution collective dès qu’il le pouvait. Il n’a pas cherché à jouer que pour sa poire et à tourner à 40 pts par match, attitude qu’il aurait franchement pu avoir vu l’équipe dramatique autour de lui, au contraire il a toujours cherché à mettre ses coéquipiers dans de bonnes dispositions et du même coup en confiance. Certains observateurs lui ont reproché de ne pas faire gagner son équipe. Admettons à la limite, on peut en discuter, par contre, ça devient nettement moins soutenable, quand on sait que la défense de Washington était 332e sur.. 351 évoluant en première division NCAA. En plus, ce ne serait pas juste de lui imputer les défaites alors qu’il a tout fait pour que l’équipe fonctionne. Ensuite, comme dit plus haut, si quand il sortait l’équipe prenait des runs terribles (et on parle de +15-20, pas des 8-0), comment aller lui reprocher les défaites ?

4- La défense

On en arrive à ce qui, même nettement moins valuable qu’autrefois demeure important: la défense.

On ne parle là que d’un potentiel, car il est pratiquement impossible de juger les qualités défensives d’un joueur dont l’équipe prenait des valises de points à chaque match.

Ce potentiel est plutôt bon puisqu’il est grand et possède une belle envergure, ce qui devrait à terme bien l’aider à tenir son vis à vis en NBA. De plus, bien que cela soit assez freestyle, il arrive plutôt bien à tenir sur les pénétrations car ayant une bonne réactivité et une bonne vitesse latérale. Evidemment, ça passe avec des joueurs NCAA, quid des supers athlètes NBA ? Son principal défaut est qu’au lieu de vraiment coulisser, il court normalement pour essayer de devancer l’attaquant et lui barrer la route. Contre des joueurs super forts balle en main comme il y en a plein en NBA, ça pourrait lui valoir de finir sur YouTube une ou deux fois. En revanche, il est bien bas sur ses appuis, ses bras sont toujours bien placés, on ne peut pas lui reprocher de ne pas faire les efforts.

De ce point de vue là, Fultz possède une belle intelligence de jeu mais manque pas mal de fondamentaux, ce qui fait que sur pick and roll il lui arrive d’être perdu.

La défense sur pick and roll étant la défense la plus importante en NBA, attardons nous un peu là dessus. Il a une qualité indéniable qui n’est pas si commune que cela, loin de là: il arrive assez bien à contourner les écrans et ne se les prend que rarement pleine poire comme ça a pu arriver à certains (coucou Patrick Beverley). Le modèle dans le genre étant évidemment Klay Thompson.

Le fait qu’il s’agisse d’un joueur très fluide et agile lui permet aussi de bien suivre son joueur et de bien contester les tirs. De plus, ce n’est qu’une appréciation personnelle de l’auteur de ces lignes mais on décèle de vraies connaissances en matière défensive, par exemple on l’a souvent vu placer son intérieur et jouer l’ICE.

Petite vidéo explicative pour ceux qui ne savent pas ce qu’est l’ICE defense, la défense pour contrer le pick and roll conçue par Tom Thibodeau:

Là où le fait de courir plutôt que glisser latéralement lui pose problème, c’est que du coup, il n’a jamais le pied qui est bien placé du côté de l’écran : il ne passe jamais ce pied en premier en travers de l’écran (1.46 sur la vidéo en début de chapitre pour ceux qui n’arrivent pas à visualiser). C’est un détail certes mais un détail qui permet de garder les épaules face au porteur de balle et donc de le suivre beaucoup plus efficacement. Là au contraire il se retrouve à croiser les pieds et donc à prendre du retard.

S’agissant de détails de ce genre, c’est a priori assez facile à corriger, surtout avec un staff NBA, qui ne peut en aucun cas être comparé à ce qu’il avait à disposition en NCAA. En revanche, malgré son intelligence de jeu, lui apprendre de vrais fondamentaux sera sans doute indispensable pour qu’il ne se fasse pas larguer surtout sur pick and roll… Parce avec des joueurs beaucoup plus rapides et surtout beaucoup plus puissants, le risque qu’il se fasse saucer assez fréquemment est élevé, surtout pour lors de son année rookie. Etant assez grand pour un meneur, il faudrait aussi qu’il défende avec plus de dureté en n’hésitant à rentrer dans certains écrans sans pour autant aller se suicider dans un mur comme Marc Gasol ou Steven Adams (coucou Isaiah, coucou Patrick).

Cela dit, la défense en homme à homme n’est plus du tout la chose la plus importante dorénavant, car bien que cela reste un plus, l’essentiel réside dans la capacité à défendre collectivement.

Là où il est certes prometteur mais en l’état pas terrible sur le porteur de balle, quand il s’agit de défense collective, Fultz est en revanche d’ores et déjà plus intéressant que beaucoup de joueurs NBA sur son poste, où on le rappelle, les mauvais voire très mauvais défenseurs sont légion.

Ses aptitudes sur la défense collective sont intéressantes en ce que d’abord sur les switchs il ne se laissait ni enfoncer au poste bas par les intérieurs ni mettre des shoots sur la tête par des shooteurs pourtant assez éloignés de lui à la base. De plus, là on ne peut que lui tirer notre chapeau, il effectuait un nombre assez impressionnant de rotations défensives, et il est rare pour un prospect censé être tourné vers l’attaque d’avoir une telle activité en défense.

Enfin, il y a un défaut particulièrement exaspérant qu’il a le bonheur de ne pas avoir: il ne saute pas sur toutes les feintes. Ça, déjà visuellement, pour nous les fans c’est vraiment hyper appréciable, rien de plus horripilant qu’un joueur qui saute comme un débile en criant HODOR ! HODOR !!! dès que le porteur de balle fait mine de dégainer. Ensuite pour lui, ça lui permet de protéger un peu le cercle dans la mesure de ses moyens et de gêner au maximum le tir.

Bien évidemment, ce qui a éveillé l’intérêt au sujet de son potentiel défensif, ce sont ses chasedown blocks (il tourne d’ailleurs à 1,2 contre par match), qui sont hyper spectaculaires mais n’ont au final que peu d’intérêt d’un point de vue global.

Pour conclure, il a un gros défaut, commun à énormément de meneurs, qu’il s’agisse de prospects ou de meneurs référencés en NBA, c’est qu’il ne fait confiance qu’à son instinct en défense, ce qui l’amène à tenter énormément d’interceptions, au risque de laisser un trou béant derrière. Cela lui vaut de tourner à 1,6 interception par match, mais cela coûtera cher en défense, a fortiori en NBA où un trou en défense donne généralement un 3 pts ouvert.

Malgré tout, il faut nuancer cet aspect car une partie de ses interceptions vient de sa belle activité et de ses mains toujours vives sur le porteur de balle.

Ce défaut a aussi pour conséquence que lorsqu’il est assez loin du ballon, du style quand il y a un décalage et qu’il doit courir pour rattraper le retard, il a tendance à se jeter sur le porteur de balle et à se retrouver en très mauvaise posture par rapport à ce dernier. Au lieu de poser un closeout classique, c’est à dire anéantir l’espace autour du porteur de balle, l’empêcher de shooter/passer au maximum, il se rue sur lui, ce qui a plus de chances de lui offrir encore plus d’espace qu’autre chose et le rend très vulnérable à un move comme le pump fake par exemple

Comme tous les rookies, il lui arrive aussi de payer un certain manque d’attention en défense, sur des backdoors par exemple, chose ultra classique chez les plus jeunes joueurs et qui se corrige assez facilement.

5- Conclusion 

Difficile de dire que Fultz ne sera pas bon tout de suite dans la grande ligue. En revanche, il est tout aussi difficile de le voir vraiment exceller d’entrée, ce pour deux raisons: en NCAA, il n’y a que très très peu de vrais athlètes. En NBA, tous les joueurs sont des athlètes. En NCAA, il n’y a mine de rien qu’assez peu de joueurs vraiment forts. La différence de talent entre NBA et NCAA est tout simplement phénoménale, il y a un monde entre les deux, si ce n’est plusieurs.

Ce qui ressort de tout ce qui a été dit plus haut est qu’au final, s’il a des points forts où il est très très fort, aucun de ses points faibles n’est vraiment ultra faible et donc rédhibitoire au plus haut niveau. De plus, il a ce truc qui caractérise les superstars d’aujourd’hui: le 3 pts en sortie de dribble.

Enfin, s’il fallait encore le souligner, c’est un joueur très très jeune, avec un potentiel quasi illimité, et pour cela, pour l’instant, en l’état, force est de conclure que les Sixers ont pris la bonne décision en faisant tout pour arracher le premier choix de la draft aux Celtics. Bien évidemment, seul l’avenir nous dira si sur la durée ce choix était le bon.

Fort heureusement, il n’est pas le seul énorme prospect attendu dans la ville de Rocky. Un second N1 de draft attend depuis une année entière de pouvoir marcher sur la NBA: Ben Simmons.

Ben Simmons: Le nouveau LeBron James ?

Comme son nouveau coéquipier, Ben Simmons est un N1 de draft. Âgé de 21 ans, son poste fait débat entre le 3 et le 4 mais pas sa fonction sur le terrain: celui d’un playmaker exceptionnel dans un rôle similaire à celui de LeBron James à qui il est si souvent comparé. Petit aperçu en vidéo:

Bien que cela ne soit jamais que de la Summer League, ses qualités de passeur sont flagrantes. De quoi créer un quatuor de passeurs complètement fou avec ses camarades du nouveau noyau dur des Sixers ?

Certaines inquiétudes sont nées à son sujet à cause de la blessure qui lui a coûté toute la dernière saison NBA. Il faut les écarter pour deux raisons: la première est toute simple: il aurait pu revenir beaucoup plus tôt, aux environs de mars. Cependant l’entourage du joueur et le joueur lui-même ont préféré jeter l’éponge pour cette année afin d’être à 100% l’année prochaine, et, sur un plan beaucoup plus prosaïque, tenter d’obtenir le titre de rookie de l’année la saison suivante.

Pour ceux qui doutent de cette affirmation, voici une preuve en images avec un gros tomar à l’échauffement.

https://twitter.com/SportsDirectTV/status/846107464051429376?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=http%3A%2F%2Ftrashtalk.co%2F2017%2F03%2F28%2Fben-simmons-claque-gros-dunk-a-lechauffement-reeducation-se-passe-bien-merci-lui%2F

Et si ça ne suffisait pas, plus récemment:

La seconde, c’est que la blessure en question, c’est une fracture de Jones au pied droit.

Selon les dires d’un kiné dont nous ne citerons pas le nom qui a bien voulu répondre à nos questions, il s’agit d’un type de fracture qui se produit dans une petite zone du cinquième métatarsien qui reçoit moins de sang (dans la base ou épiphyse proximale pour les étudiants en médecine) et guérit plus lentement. Plus vulgairement, il s’agit d’une fracture située sur le dessus du pied, près du petit doigt. Une opération est souvent nécessaire.

Une fracture de Jones peut être un traumatisme lié au stress (beaucoup de micro-fractures répétées) ou une fracture aiguë (traumatique). Ces fractures sont causées par la surexploitation, par un stress répété ou par un traumatisme. Ce sont des fractures moins fréquentes et plus difficiles à traiter que celles par avulsion. En l’occurrence, la cause de cette blessure, directement assumée par le staff des Sixers est que la masse musculaire de Simmons a cru beaucoup trop rapidement et son corps n’a pas eu le temps de s’adapter progressivement à son nouveau poids de forme. Conséquence, soit un pied, soit un genou, soit une cheville allait finir par lâcher, et ça n’a pas coupé avec cette fracture au pied droit.

Comme on peut voir sur l’infographie ci-dessous, la fracture de Jones, du nom d’un chirurgien anglais, est à distinguer de l’arrachement osseux (fracture-avulsion) et de la fracture de fatigue. C’est d’ailleurs la moins grave des trois fractures du cinquième métatarsien.

Dans le passé, d’autres joueurs NBA ont subi pareil revers de fortune. Kevin Durant, le dernier en date, en 2014. Mais aussi Yao Ming en 2006,  Brandon Jennings en 2010 et Chris Singleton en 2013. On compte aussi CJ McCollum et Brook Lopez parmi les NBAers touchés par cette blessure. Dans le cas de Kevin Durant, il y a eu une grosse indécision quant à s’il devait ou non passer sur le billard. Durant lui-même n’aimait pas l’idée de se faire opérer mais avait par la suite dû mettre un terme à sa saison et par là-même se faire une raison, privilégiant au final une opération qui entraînait une indisponibilité beaucoup moins longue (bien que cela importât peu, la saison étant terminée quoi qu’il arrive à son retour) et lui offrant plus de garanties pour l’avenir. Jennings et Singleton sont eux revenus sur les terrains après deux mois d’indisponibilité, manquant une vingtaine de matches, Ming a dû, en revanche, patienter pendant… six mois. Idem pour McCollum et Lopez.

Doit-on envisager le pire pour l’australien ?

Tout d’abord, lui a subi la même opération que celle finalement choisie par le MVP des Finales 2017 et le staff des Sixers assure qu’il est en pleine forme et que cette blessure est derrière lui. Ensuite, le cas Yao Ming est très spécial puisque déjà, le Hall of Famer était démesurément grand et beaucoup plus lourd que le N1 de la draft 2016, ce qui le prédisposait déjà à subir des mésaventures avec ces zones de son corps. Ensuite, malheureusement, il n’a pas eu qu’un seul pépin aux pieds, bien au contraire, pour lui les déboires se sont accumulés et son corps n’a cessé d’être fragilisé au fil des blessures.

Pour McCollum et Lopez, il s’agissait là aussi de rechutes. En revanche, Simmons est exactement dans le même cas que Durant: il n’a aucun antécédent, a fait vraisemblablement le bon choix en se faisant opérer malgré les risques inhérents à toute opération, et surtout, vu la cause de cette fracture, il est assez peu probable que les tendons ne soient pas endommagés. En effet, l’opération subie par Durant et Simmons s’appelle une ostéosynthèse, qui consiste grossièrement en une consolidation de l’os avec des vis et des plaques. De ce qui a filtré, les deux ont subi une nouvelle technique opératoire, beaucoup plus prometteuse en terme de solutions; qui serait en fait l’utilisation d’un genre de colle ou de résine pour consolider l’os du mieux possible  tout en laissant la nature faire le reste.  Si on en juge au vu des résultats, c’est plutôt pas mal pensé comme technique opératoire… Tout en remerciant le kiné qui a bien voulu aider à la rédaction de cet article, on constate qu’il n’y a a priori aucune raison de s’inquiéter pour l’état de santé de l’ancien prodige de LSU.

Place au jeu désormais, avec en premier lieu ce qui peut potentiellement coincer: le shoot.

1- Le jump-shot

« Sa plus grosse faiblesse est de très loin son tir extérieur. Il n’a pris que trois tirs à 3-pts à LSU la saison passée et restait globalement même hésitant à tenter sa chance. Cela permettait à ses adversaires de reculer et de le priver des lignes de coupe vers le cercle. Etant donné ses qualités de passeur, il faut vraiment qu’il maximise son efficacité dans l’attaque du panier. Et pour cela, il faut que les défenseurs respectent son tir extérieur ». Derek Bodner,  de DraftExpress, spécialiste des Sixers et scout NBA.

Si on le savait déjà bon au niveau du scoring intérieur, en revanche le flou le plus total règne par rapport à la qualité de son shoot: en effet, si on l’avait quitté avec une mécanique bourrée de plein de petits défauts qui plombaient son efficacité mais néanmoins pas trop mauvaise, des images récentes de Simmons à l’entraînement sont venues troubler quelque peu cette idée:

D’abord pendant la saison NBA:

Puis plus récemment:

Bien évidemment, on se calme tout de suite: il ne s’agit là que d’images d’entraînement et nombreux sont les professionnels à ne rater que très peu de tirs à l’entraînement ou à l’échauffement. Cependant on constate quand même une vraie différence dans sa mécanique par rapport à ce qu’on a pu voir quand il portait le maillot des Tigers et ça, c’est au moins un point positif parmi le peu d’éléments qu’on a à se mettre sous la dent.

Wait and see donc sur cet aspect là, ayant eu une année entière pour bosser cet aspect de son jeu, le mystère autour entourant le résultat en NBA restera entier jusqu’au début de la saison. Cela dit, il est évident qu’il devra encore énormément bosser sur cet aspect de son jeu comme un certain… LeBron James a dû le faire pour pouvoir devenir  réellement indéfendable.

2- Le jeu en pénétration

Indéfendable, c’est le mot qui convient parfaitement pour caractériser ce qu’était Ben Simmons lors de son passage à LSU. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un monstre physique de 2m08 pour 108 kg (92 à l’époque), avec un handle de grand malade pour sa taille, trait caractéristique de… LeBron James une fois encore. Le truc avec les comparaisons, c’est que quand elles sont floues quant à la superstar dont le jeu serait comparable à celui du prospect en question, c’est quasi toujours du vent. En revanche, quand toutes les comparaisons faites par tous les observateurs convergent vers le même joueur… C’est qu’il y a au moins de quoi se dire qu’on tient peut-être là un futur phénomène.

Comme dit plus haut avec Markelle Fultz, en NCAA, les vrais athlètes sont rarissimes. Et c’est en bonne partie ce qui a fait que Simmons s’est baladé durant sa saison en Louisiane: lui avait déjà les dimensions et les capacités athlétiques d’un joueur NBA quand certains voire beaucoup en face n’étaient même pas encore des hommes. Si on associe à ça le fait qu’il soit un perforateur de défenses hors normes au niveau de la technique pure..

Sur jeu placé, évidemment qu’il avait un énorme avantage sur ses adversaires en NCAA mais ce n’était vraiment rien au regard de ce qu’il se passait en transition, où le rapport poids/puissance associé à la vitesse de ce genre de séquences faisait qu’à la limite mieux valait le laisser aller dunker car le contrer n’était pas vraiment de l’ordre du possible vu les gabarits présents en NCAA et essayer de le faire n’allait rien faire d’autre que lui donner un and one facile.

Quid de quand en face il y aura de vrais athlètes ?

Eh bien en fait, c’est pour ça et le côté énorme QI Basket/passing game/vision du jeu + handle de malade que Simmons a été drafté en première position par les Sixers.. Même à l’échelle NBA, c’est un monstre, et un monstre physique avec ce genre de qualités, il n’en existe qu’un.. LeBron James une fois encore.

Vu la récurrence de la comparaison dans beaucoup de domaines, allons au cœur de ce qui fait la force de Ben Simmons en plus du présent que la nature lui a fait: le passing game.

3- Le passing game

Plusieurs choses à ce sujet: d’abord, une fois de plus à l’instar de LeBron James, Simmons est le genre de joueur qui a la capacité de prendre le rebond puis de foncer à toute vitesse en contre-attaque. Aptitude hyper précieuse s’il en est, surtout dans la NBA d’aujourd’hui, cela permet de piéger la défense qui ne peut pas avoir des yeux partout à la fois et doit gérer à la fois Simmons et ses 108kg lancés à pleine vitesse et ses coéquipiers dont les mouvements ne sont pas vraiment visibles à cette vitesse. L’intéressé est d’ailleurs pleinement conscient de cette faculté, surtout de l’avantage que cela lui confère par rapport aux intérieurs classiques.

« Je suis un meneur de 2m08. Je peux pousser le ballon et démarrer une contre-attaque beaucoup plus vite que la majorité des intérieurs ».

Brett Brown, qui connaît d’ailleurs Simmons depuis sa naissance pratiquement puisqu’ayant coaché le père du Sixer est d’ailleurs du même avis:

« Je pense que c’est l’une des choses les plus difficiles à défendre, et l’une des choses à exploiter en attaque si on peut trouver un rebondeur », confirme Brett Brown. « Charles Barkley le faisait. Il prenait le rebond et il démarrait la contre-attaque. On veut courir. Il peut le faire et nous voulons l’encourager, comme le fait Draymond Green ».

Derek Bodner, le scout précédemment cité, va même jusqu’à renchérir:

« La plus grande force de Ben Simmons, à ce stade de son développement, c’est son incroyable vision du jeu et sa créativité. Avec sa capacité à pousser le ballon en transition et à trouver ses coéquipiers qui coupent sur demi-terrain, il va pouvoir créer des opportunités pour marquer dès ses débuts, tout en permettant au reste de son jeu de s’améliorer ».

Et d’enchaîner :

« Même s’il est un rookie, les Sixers vont demander à Ben Simmons d’initier la plupart de leur attaque sur demi-terrain. Certains peuvent appeler ça un meneur, d’autre un ailier fort mais c’est juste une histoire de sémantique. Ben Simmons défendra certainement sur les ailiers forts, ce qui placera sûrement trois joueurs plus petits que lui sur le terrain, avec un joueur qu’on appellera de façon traditionnelle un meneur ».

Pour conclure:

« Mais c’est bien lui qui a la meilleure capacité à passer et attirer l’aide pour mettre en place l’attaque chez les Sixers ».

Tant d’espérances ne naissent pas sans raison: en effet, non seulement la très forte impression laissée par Simmons du point de vue de sa vision du jeu et de son QI Basket ne date pas de sa saison à LSU.. c’est une chose qui a été repérée il y a déjà quelque temps, le garçon étant connu comme le loup blanc depuis un bout de temps déjà, et ce pas seulement par les scouts NBA…

4- La comparaison avec LeBron James

Il fallait en parler au bout d’un moment, parce que la comparaison avec le quadruple MVP est omniprésente, quel que soit l’aspect du jeu dont on parle.

Qui donc a bien pu allumer la mèche à ce sujet ?

Evidemment, cela a bien dû circuler parmi les scouts et les GM, mais pour enflammer la toile au sujet du jeune australien, il fallait quelqu’un de connu, et ce quelqu’un, ce n’est autre que le Shaq:

« Je ne les connais pas tous (les rookies) mais je sais que mon gars, Ben Simmons, va être très bon. C’est un joueur du type de LeBron James. Ce que je veux dire par là, c’est que LeBron fait un super boulot pour rendre les autres meilleurs, par ses passes et d’autres petites choses. Ben est ce type de joueur. Il a essuyé beaucoup de critiques à LSU car il ne prenait pas vraiment les matches à son compte. Mais il est jeune et il va apprendre. Concernant les autres aspects de son jeu, il est très, très intelligent. Il joue vraiment bien. »

Mais avant que le Shaq n’en parle, d’où vient vraiment cette comparaison ?

Tout simplement… du fait que le futur Hall of Famer et le N1 de la draft 2016 entretiennent une relation entre mentor-discipline et grand frère-petit frère comme le prouve ce tweet du King pour l’anniversaire de Simmons…

https://twitter.com/BenSimmons25/status/888118106236665856

…qui ne tarit pas d’éloges au sujet de son protégé:

« En tant que mentor et grand frère pour lui, je lui donne beaucoup de conseils sur ce qui l’attend la saison prochaine, et comment le gérer. Mais il doit aussi se débrouiller tout seul car chaque parcours est différent ».

« Je pense que c’est un super jeune talent, et on l’a tous constaté sur le terrain. Il a tous les atouts [pour avoir un impact], et la balle est dans son camp. Je pense simplement qu’on ne sait pas tous combien c’est un super gamin, comme basketteur mais aussi dans la vie. J’ai eu l’occasion de passer du temps ces deux dernières années avec lui et sa famille, et ils sont simplement très reconnaissants de cette opportunité. Ils ont tout donné à leur fils, et ils veulent le meilleur pour lui. »

En plus de le prendre sous son aile, le King lui a offert de partager le même agent, ce que l’ex prodige de LSU a accepté. En plus de cela, la soeur de l’australien travaille pour Klutch Sports, l’agence fondée par LeBron James… Cerise sur le gâteau, Simmons a signé chez Nike plutôt qu’Adidas malgré.. une offre plus faible.

Sur la comparaison en elle-même, il est assez intéressant de lire les avis des deux principaux intéressés:

LeBron James en premier lieu:

« On passe son temps à comparer les gens entre eux, et cela ne me dérange pas qu’on le compare à moi »

« Les gens n’apprécient pas uniquement ce qu’il fait sur le terrain, mais c’est aussi un super gamin. Il a une super famille derrière lui, des gens qui le soutiennent, et c’est pour ça qu’il est capable de jouer comme ça. Je l’observais bien avant qu’il n’arrive à Baton Rouge. Cela fait 3 ou 4 ans que je le suis, et il possède un talent incroyable. »

Puis Simmons en second:

« Il est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, et j’essaie simplement de prendre quelques trucs de son jeu pour renforcer le mien »

« Je regarde aussi de près sa taille. Je fais 2m08, et il est à 2m03-2m05, et j’essaie de faire coller ses qualités aux miennes. »

En bonus: cette photo postée par Dwyane Wade après un entraînement l’été dernier:

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Pour conclure, si la comparaison est aussi flatteuse qu’extrêmement lourde à assumer, elle est très loin d’être dénuée de toute justification, sur le terrain bien évidemment mais aussi en dehors au bout du compte. Apprendre du King lui-même ne peut qu’aider Simmons à faire face à la pression qu’engendre la comparaison, le quadruple MVP étant la personne la mieux placée sur Terre pour comprendre ce qu’est ce type de pression, lui qui la porte sur ses épaules depuis le lycée et s’en est même rajouté encore plus en portant le numéro 23 et en s’auto-proclamant « l’Élu ».

5- La défense

Sur ce dernier aspect, on ne peut qu’être dans la spéculation, encore plus que pour Fultz bien que comme pour ce dernier on parle d’un potentiel. Le truc le plus intéressant chez Simmons n’est pas tellement son potentiel de défenseur d’élite mais surtout ce qu’il pourrait donner dans son association avec Embiid. En effet, lorsque le pivot camerounais a joué, les Sixers avaient tout simplement la meilleure défense de la ligue et le Process possédait des stats défensives assez ahurissantes (en fait les meilleures de la ligue au moment de sa blesure, devant Gobert) Quel rapport avec Simmons ? Premiers éléments de réponse avec deux vidéos:

En l’espèce qu’importe tout le reste, braquons le projecteur sur un seul et unique aspect: la mobilité de Simmons et sa capacité à switcher sur les écrans et à suivre efficacement son joueur. Peu de joueurs de cette taille en sont vraiment capables, et c’est là que le potentiel défensif d’une association avec Embiid sur les postes 4-5 est énorme: deux intérieurs ultra mobiles qui peuvent switcher sur les écrans sans que cela ne soit très préjudiciable en cas de mismatch, un des deux possédant en prime une formidable capacité à protéger l’arceau et les deux étant de gros rebondeurs ? Mais que demande le peuple ?

Rapidement sur les qualités et le potentiel défensif de l’ex star de LSU: physiquement et vu sa mobilité, défendre des 3 et des 4 ne devrait pas être un souci, d’autant que du peu qu’on a pu voir il n’est pas naïf et fait vraiment l’effort de ce côté du terrain. Le plus gros point positif au final, qui se retrouve chez les 4 larrons des Sixers, c’est que si seul Embiid est d’ores et déjà un défenseur d’élite, là n’est pas vraiment l’important au sens où aucun des 4 n’a une mentalité à la Harden à ne rien faire de ce côté du terrain en attendant simplement la prochaine possession, quitte à fournir au Shaq des séquences mémorables pour le Shaqtin’ A fool. On verra bien ce qu’il adviendra, mais si Brett Brown arrive à mettre à profit ce terreau pour forger une vraie identité défensive, une fois encore, ces Sixers peuvent faire mal. Très très mal. D’autant que Brown est réputé précisément pour cette capacité à faire que ses joueurs défendent plutôt bien et soient soudés dans ce domaine…

Au bout du compte, la seule condition pour que cette association avec Embiid dans la raquette marche à fond les ballons est que devant les extérieurs ne se fassent pas défoncer au point que les intérieurs ne soient pas prêts à voir débouler un adversaire lancé à pleine vitesse. Or pour peu que Fultz confirme son potentiel défensif ou même ne soit qu’un défenseur correct sans être exceptionnel et que Timothée Luwawu devienne un 3&D là aussi ne serait-ce que correct… dans ce secteur aussi, sky is the limit pour les jeunes Sixers.

Dario Saric, l’homme de l’ombre

Ici nul besoin de faire une analyse aussi poussée que pour les deux premiers larrons. Fultz, Simmons et Embiid sont de par leur statut, leur talent et leur place dans la draft des joueurs destinés à devenir les joueurs majeurs des Sixers. Saric, lui, n’aura jamais l’ombre de leur talent, c’est certain. Ce n’est pas lui faire insulte que de dire que son plafond est beaucoup moins haut.

Pourtant du talent, le croate en a, et beaucoup. Drafté en 12e position lors de la draft 2014 par le Magic puis échangé avec un 1er tour de la draft 2017 contre Elfrid Payton et un second tour de la draft 2015. Déjà comme ça essayez de lire cette phrase sans rire. Alors si on vous dit qu’Elfrid Payton n’est même pas vraiment le joueur en tant que tel mais.. une simple progression de deux places à la draft ? Oui oui, ça pique pour le Magic. Ça pique très très fort. Ça pique même d’autant plus fort que Saric était à l’époque un énorme prospect, le seul facteur ayant fait baisser sa cote étant le fait qu’il veuille vraiment rester en Europe pour se perfectionner combiné à l’habituelle défiance envers les joueurs européens et une draft 2014 annoncée monstrueuse.

Dario Saric est un ailier fort hyper complet, qu’on pensait soft et qui a au contraire fait preuve d’une vraie dureté une fois en NBA. Formé essentiellement au KK Zagreb, il a explosé au Cibona, l’autre club de Zagreb, où il remporte le titre de FIBA Europe Young Men’s Player of the Year Award pour l’année 2013. Il a comme prévu attendu deux ans avant de faire le grand saut vers la NBA et, de ce qu’on a pu voir cette année, même s’il n’a finalement pas été récompensé par un trophée de Rookie de l’Année qui lui tendait les bras, force est de constater qu’il a fait preuve de sagesse en restant en Europe afin d’avoir la maturité requise pour jouer en NBA.

La preuve en est qu’il a superbement suppléé Joel Embiid après sa blessure, tournant même 19,6 points à 46% au tir dont 30% à 3-points, 8,2 rebonds et 4,5 passes. Avant cela, sa production personnelle était de 10,8 points à 39% au tir dont 32% à 3-points, 5,9 rebonds et 1,8 passe

Cependant, et c’est probablement ce qui lui a coûté le titre de Rookie de l’Année, il ne faisait pas gagner l’équipe. Dans beaucoup de cas, on l’accuserait de stater dans le vide. Or non seulement ça ne colle pas du tout avec le personnage qui est hyper discret et vraiment pas un obsédé des stats, loin s’en faut, mais en plus ce qu’il a produit après le All-Star Break est archi symptomatique d’un excellent lieutenant: très bon, appliqué, dur, bonne production qui a augmenté avec l’absence de la star de l’équipe… Mais incapable de faire gagner l’équipe à lui tout seul.

On touche du doigt ce qui fait qu’en réalité, Saric est peut-être le joueur le plus précieux de tout le roster des Sixers. Il fallait absolument à cette équipe un joueur assez talentueux pour seconder efficacement le futur Big 3 mais qui pour autant n’ira pas leur faire de l’ombre et ne rechignera pas à faire le sale boulot pour faire gagner l’équipe. Un joueur qui défend, a un fort QI basket, qui a un vrai talent de passeur, qui peut tirer à 3 pts… En plus, au niveau du caractère, il semble que Saric soit un jeune homme assez réservé, plutôt discret et assez solitaire, le genre d’homme qui parle peu mais qui en fait beaucoup. Le croate coche donc toutes les cases pour être le parfait homme de l’ombre sauf à la limite la dernière: il peut, c’est indéniable, mais 31% de réussite dans la ligue actuelle c’est trop faible, on ne demande même pas un beau 40% mais au moins un 36-37% pour être vraiment pris au sérieux par les défenses adverses.

Néanmoins, ce n’est certainement pas pour son adresse à 3pts que Saric sera l’un des joueurs les plus précieux dans le futur système des Sixers… Car en effet, son talent le plus précieux est sans aucun doute son sens de la passe. Le moins qu’on puisse dire est que le croate a régalé tout au long de sa saison rookie dans ce domaine…

Pour reprendre l’idée de David Locke (journaliste US qui suit le Jazz et a inventé les Lockedon, les podcasts qui suivent les équipes NBA au jour le jour), on a bien vu dans les finales NBA qu’il y avait constamment 8 passeurs sur le terrain. Que subséquemment, si une des deux équipes a plus de 2 voire 3 joueurs qui ne peuvent pas faire vivre le ballon c’est mort pour gagner en playoffs. Pourquoi ? Parce que ça rend l’attaque assez prévisible et on peut avoir tout le talent individuel qu’on veut, dans ce genre de configuration les défenses s’adaptent assez facilement. Par extension, si ladite équipe n’a pas deux joueurs vraiment capables de mener le jeu c’est mort aussi.

On l’a vu avec l’exemple de Houston lors des derniers playoffs: Harden a beau être hyper fort, Beverley était un peu limite pour mener le jeu, ce qui conduisait à une Harden dépendance dont on a clairement vu les limites contre les Spurs qui, sans avoir un playmaker aussi fort, ont beaucoup plus de joueurs capables de passer la balle et ont justement toujours deux joueurs capables de mener le jeu. Admettons que ce soit parce que ce sont les Spurs, qu’ils sont toujours hyper appliqués, que ça joue toujours bien au basket, que ça passe toujours bien, etc… Admettons.

Sauf que… Sauf que le Thunder: Westbrook étant le seul joueur pouvant vraiment tenir la balle dans tout l’effectif, en playoffs, ça n’a pas coincé, ça a littéralement explosé. Pourquoi ? Ce n’est que l’avis de l’auteur de ces lignes, mais contrairement à ce qui a beaucoup été dit sur cette série entre Houston et OKC, le problème d’OKC n’était pas tant le manque de talent et de spacing que le manque de passeurs. Quand il n’y a qu’un seul passeur dans une équipe, on peut bien dire ce qu’on veut sur l’intéressé, la défense sait d’avance d’où le danger va venir. Houston a eu le même problème mais plus tard et de manière moins forte parce que leur manque de passeurs était moins criant. Résultat des courses pour OKC, un 4-1 qui collait bien à l’expression « gentlemen sweep ». Pour conclure ce propos, l’idée générale est qu’en fait, il faut dans un premier temps  un 2e joueur capable de mener le jeu pour alléger la charge du meneur de jeu au maximum. Ensuite, plus le nombre de bons passeurs sur le terrain est élevé, moins le meneur de jeu est obligé d’utiliser la balle, ce qui rend l’attaque beaucoup plus imprévisible pour les défenseurs vu que le danger peut venir de partout.

Revenons aux Sixers et à Saric: cette digression sur l’enjeu d’avoir autant de passeurs que possible sur le terrain en même temps avait une finalité: le fait qu’avec par exemple Fultz, Luwawu, Simmons, Saric et Embiid sur le terrain, les Sixers auront 5 joueurs vraiment capables de faire vivre le ballon et deux joueurs capables de mener en Fultz et Simmons. Si on ajoute à cela le fait que tous les joueurs majeurs sont des menaces offensives très différentes les unes des autres, Brett Brown peut aboutir à une équipe hyper versatile et imprévisible. Et ça, dans la NBA moderne, c’est l’arme la plus létale qui existe puisque c’est elle la première née: quand la balle fuse de toutes parts, les 3 pts pleuvent. Quand sur transition la défense doit se méfier de tous les joueurs adverses et non du seul porteur de balle et que l’attaque peut jouer en plusieurs passes et non une seule maximum, les points pleuvent. Idem sur pick and roll quand les passes ne se limitent pas à celle vers un shooteur dans le corner ou vers l’intérieur qui roule. Et quand les points pleuvent, les victoires pleuvent aussi.

L’idée sous-jacente est que les Sixers doivent imiter les Warriors en cela: si on se place du point de vue de la défense qui doit contenir les champions 2017, certes ils ont une arme que les Sixers ne possèdent pas qui est cette psychose de leurs adversaires autour de l’adresse à 3 pts des champions en titre, mais ce qu’on observe c’est que la balle bouge tellement bien que le défenseur en face du porteur de balle attend toujours de savoir d’où l’écran va venir et, chose assez déroutante, ne se demande pas qui doit finir l’action mais qui doit la démarrer. Ce qui fait que les défenseurs suivent toujours leur joueur en devant se tenir en permanence sur leurs gardes, ils ne peuvent jamais se permettre de tricher en défense. Quelles conséquences à cela ? La raquette s’ouvre, s’ouvre, s’ouvre et s’ouvre encore, et grâce à cela les layups et les dunks pleuvent. Et ce phénomène, on aura pu l’observer durant l’intégralité de la saison NBA (Playoffs + Saison régulière). Philly possède dans son effectif tous les profils de joueurs nécessaires pour suivre cette voie, à commencer par l’ancien joueur du Cibona Zagreb. Le plus gros travail des Sixers dans leur quête des playoffs et du pouvoir à l’Est passe par là: devenir imprévisibles. Relèveront-ils le gant ?

 

Joel Embiid: Le digne successeur d’Hakeem the Dream ?

On en arrive à la partie peut-être la plus attendue: quel avenir pour celui qui a mis le feu aux parquets le temps d’une trentaine de matchs, redonnant vie à une franchise moribonde ? Joel Embiid peut-il être le nouvel Hakeem Olajuwon ?

Si on parle à tort de potentielle tragédie à l’endroit de Ben Simmons et des jeunes Sixers en général, le cas Joel Embiid est infiniment plus complexe et à son sujet, les craintes sont en l’espèce fondées par la récurrence des pépins physiques du Process.

Alors qu’il est déjà annoncé comme un potentiel futur N1  de draft, un drame va venir frapper Joel Embiid le 16 octobre 2014: la mort de son petit frère alors âgé de 13 ans, renversé par une voiture.

Malgré tout, il se montrera largement à la hauteur des espérances lors de sa saison avec les JayHawks.. qu’il ne terminera pas, touché au dos puis au pied.

Pour autant, il ne chutera pas tant que ça à la draft puisqu’il n’y perdra que deux petites places pour être drafté par les Philadelphia 76ers en 3e position, ce alors qu’on lui prédisait plutôt une sélection entre les places 6 et 10.

Passons au sujet qui fâche concernant le nouveau franchise player des Sixers: les blessures.

1- Le nouveau Greg Oden… ?

Il faut dire que les joueurs, et notamment des pivots, ayant souffert de la même blessure ont eu des carrières des plus chaotiques, et on pense d’abord à Yao Ming, touché au scaphoïde tarsien (ou os naviculaire) en 2008 et 2009, avant de prendre sa retraite en 2011. On pense aussi Zydrunas Ilgauskas, contraint de faire une croix sur plus d’une saison en début de carrière, ou encore à Bill Walton, qui ne jouera que 14 matches entre 1978 et 1982 à cause du même mal. Dernièrement, c’est Quincy Pondexter, le shooteur des Grizzlies, qui a souffert de ce type de fracture, manquant la quasi-totalité de la saison.

Analysons blessure par blessure:

A- Son dos 

Le premier souci physique du Process fut une spondylolyse, une des blessures du bas du dos parmi les plus classiques des sportifs, a fortiori des sportifs les plus jeunes. Le Dr Robert Senior disait d’ailleurs à Philly.com:

« Il est tellement grand et tellement costaud pour un débutant dans le basket de haut niveau que les risques de blessures sont plus élevés ».

Il s’agit d’une perte de continuité de l’isthme articulaire (la liaison entre deux vertèbres), situé entre les deux apophyses articulaires supérieure et inférieure de l’arc vertébral postérieur, c’est à dire entre la L5 et la S1. Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas la constitution des vertèbres constituant la colonne vertébrale: en partant de la tête on a 7 vertèbres cervicales, 12 vertèbres thoraciques, 5 vertèbres lombaires et 5 vertèbres sacrées. La perte de continuité s’organise le plus souvent sous la forme d’un tissu fibreux appelé « nodule de Gill », qui peut être agressif pour les racines nerveuses au contact. Ce problème peut survenir lors de l’enfance, mais aussi à l’âge adulte. Parfois il s’agit d’une malformation, mais dans le cas d’espèce cela correspond à une petite fracture dans le bas de la vertèbre.

D’autres joueurs ont eu des ennuis avec cette pathologie, notamment Emeka Okafor, à qui un spécialiste, le Dr Dossett, a dit qu’il a vu cette blessure chez des centaines d’athlètes de haut niveau, et pourtant ils continuent tous de jouer. Ce qui est arrivé à Embiid est une fracture de stress sur une toute petite partie de l’os, et tout mouvement supplémentaire fait bouger le muscle autour et entraîne des douleurs et même des spasmes. Le spécialiste poursuivit en disant que ce n’est pas quelque chose de grave à long terme mais qu’il faut impérativement prendre tout le temps nécessaire à une guérison totale.

En effet, si le retour à la compétition est précipité, il existe un risque non négligeable de spondylolisthésis. Il s’agit d’une aggravation de la fracture au point qu’une vertèbre glisse vers l’avant ou l’arrière de la vertèbre située en dessous d’elle, engendrant une douleur de plus en plus forte dans les jambes, des problèmes neurologiques et cette aggravation peut conduire à une opération chirurgicale qui sonne le glas de la carrière du joueur.

Entre sa blessure début février et la draft fin juin, le camerounais a eu la chance d’avoir assez de temps pour se soigner, retrouver sa force et prendre du poids. Si comme c’est probable il est totalement guéri (il n’a pas eu d’ennuis depuis plus de 3ans maintenant), cette blessure n’aura pas de conséquences sur le long terme. Sur une éventuelle fragilité suite à ce souci, il est extrêmement rare qu’un athlète subisse ce type de blessure une deuxième fois au même endroit s’il n’a pas de pathologie sous-jacente.

Embiid lui-même était assez optimiste:

« En ce qui concerne ma blessure au dos, j’ai vu le meilleur médecin dans ce domaine et il m’a dit que cela n’allait pas être un problème sur le long terme. Il m’a dit qu’une fois rétabli, je n’aurai pas de problèmes. »

 

B- Son pied

En juin 2014, juste avant la draft, Embiid se blesse au pied.. et ce n’est pas un petit pépin; il s’agit d’une fracture de l’os naviculaire (aussi appelé scaphoïde tarsien, cf le schéma ci dessus). Peu après l’opération, il se montre très optimiste:

« En ce qui concerne mon pied, j’ai une fracture de fatigue. J’ai simplement été opéré, mais les docteurs m’ont expliqué qu’il ne s’agit pas d’un problème sur le long-terme et que je reviendrai au basket bientôt. »

Comme l’explique un professeur de chirurgie orthopédique de l’université de Stanford, il s’agit d’une blessure classique en basket et en volley, qui est symptomatique d’un sur-entraînement. Le traitement le plus courant est d’effectuer de petites incisions dans l’os pour y placer une ou deux vis afin de stabiliser l’os. En cas de déplacement osseux, il arrive que le chirurgien mette une agrafe chirurgicale pour accélérer la consolidation.

Or, comme le dit le Dr Richard Ferkel, qui a opéré le Process:

« Deux vis ont été insérés dans l’os naviculaire du pied droit de Joel Embiid. L’opération s’est très bien passée et je suis confiant qu’après une période de récupération, il pourra revenir à un niveau NBA. Joel a très bien toléré l’opération et commencera sa rééducation rapidement. »

Contrairement à Simmons, Embiid a subi l’opération avec la technique la plus classique. Sauf que malheureusement… la première fois la guérison n’a pas été complète et ça n’a pas tenu; il y a eu une rechute, c’est à dire que les vis se sont cassées et que l’os est revenu à l’état dans lequel il était après la première fracture. Il a donc dû repasser sur le billard et cette fois-ci, bien que l’on n’aie pas les détails, il est probable qu’une agrafe ait été posée. Wait and see  donc, on ne peut que croiser les doigts pour que ça tienne. Pour l’instant la situation est plutôt encourageante puisque cela fait plus d’un an qu’il n’a pas eu la moindre petite alerte en rapport avec son pied droit.

C- Son genou

Après deux saisons blanches, le 3e choix de la draft 2014 a enfin pu faire ses premiers pas sur les parquets NBA et le moins qu’on puisse dire c’est que ce furent des débuts tonitruants ! Mais… malheureusement, bien que le Process ait transformé le Wells Fargo Center en brasier.. il n’a pu le faire que pendant les 31 matchs qu’il a disputés.

Cette fois ci, heureusement son pied n’était pas en cause, pas plus que son dos, ce qui est un motif d’espoir pour la suite. Par contre il a dû repasser sur le billard suite à une petite déchirure à un ménisque.

 

Les ménisques sont deux structures fibrocartilagineuses en croissant entre les surfaces articulaires du plateau tibial et des condyles fémoraux. Leur fonction est multiple : amortissement, stabilisation secondaire, econgruence, lubrification.

Le tissu méniscal est principalement composé d’eau (72 %) et de collagène (22 %). Les fibres de collagènes qui couvrent la surface méniscale sont orientées vers les surfaces tibiale et fémorale, les fibres centrales sont horizontales et circonférentielles avec quelques fibres radiaires occasionnelles (fig. 1). Cette organisation des fibres explique bien la majorité des lésions méniscales longitudinales.

Pendant le mouvement, une partie du cartilage est compressée et le liquide synovial duquel il est recouvert est poussée vers la capsule, à l’inverse, lorsque l’articulation n’est plus sous charge ou lorsque la personne s’arrête, le tissu cartilagineux réabsorbe la synovie, en se comportant comme une éponge.

Il n’y a pas si longtemps, toute suspicion de lésion méniscale conduisait à une méniscectomie, intervention  dont  la bénignité immédiate et lointaine était mise en avant. Mais les études sur le devenir des genoux méniscectomisés ont conduit à souligner le rôle biomécanique majeur du ménisque dans l’homéostasie du genou (la capacité d’un système à conserver son milieu intérieur en équilibre) et par conséquent la nécessité de préserver au mieux cette structure. Ainsi naissait le concept d’économie méniscale qui s’appuyait sur 3 piliers : la méniscectomie la plus partielle possible, la réparation méniscale, et l’abstention (fondée sur le principe qu’un ménisque même lésé peut continuer de jouer, au moins en partie, son rôle d’amortisseur)

Le franchise player des Sixers a subi une ménisectomie partielle; son type de déchirure étant le plus classique; c’est à dire qu’un bord libre du ménisque se fissure jusqu’à ressembler à une languette. Le chirurgien enlève le lambeau pendant l’opération, pour prévenir de nouvelles déchirures. A partir du moment où la périphérie du ménisque n’est pas compromise et qu’il reste assez de fibrocartilage, après l’intervention  la fonction d’amortissement du ménisque est maintenue.

Pour mieux comprendre, voici les propos du  chirurgien (le Dr Neal El Attrache) et un petit schéma pour illustrer l’opération réalisée:

« L’état général du ménisque latéral et du cartilage est très bon. L’objectif de la procédure d’aujourd’hui a été d’enlever une partie du ménisque qui était responsable de ses symptômes. Son programme de rééducation devrait lui permettre de mettre du poids sur son genou dans deux semaines approximativement. À ce moment-là, un nouveau bilan et de nouvelles précautions seront prises. »

Dans un premier temps, l’articulation du genou est explorée afin de bien visualiser la lésion du ménisque pour en définir les limites de résection, puis on apprécie la chondropathie éventuelle (ramollissement du cartilage). Dans un deuxième temps, à l’aide d’outils miniaturisés (3 à 5 mm de diamètre), le segment méniscal déchiré sera réséqué, c’est la méniscectomie. En fin d’intervention, le genou est abondamment rincé afin d’éliminer d’éventuels débris de tissu méniscal flottant dans l’articulation. Il faut vraiment préciser qu’il s’agit d’une technique peu agressive dont les complications sont rares.

Au final, tout ce qu’on peut conclure de tout cela est que si on peut être optimiste voire très optimiste pour la santé du camerounais, les inquiétudes ne pourront être levées qu’après une saison à 75 matchs sans pépins. Passons maintenant à ce qui nous intéresse le plus: le terrain.

Tout ça pour dire que la solution est évidente:

« With the 1st pick in the 2018 NBA draft… The Philadelphia 76ers select… Dr House ! From Princeton Plainsboro ! »

Eh ouais, après « Trust the Process »…

 

2- … Ou l’héritier d’Olajuwon ?

Si l’on devait résumer ce qui a embrasé le Wells Fargo Center l’an dernier à deux mots, ce seraient ceux-ci: Joel Embiid.

Déjà, à l’époque de sa draft, les scouts parlaient d’un joueur possédant des « elite skills » et employaient toute sortes de superlatifs concernant la technique et le nombre de moves du camerounais.. et déjà certains commençaient à parler de la ressemblance troublante avec Hakeem Olajuwon… Et franchement, au vu de ce qu’on a vu cette saison, certains parleront d’enflammade, d’autres diront qu’il faut être aveugle pour ne pas voir à quel point la ressemblance est folle. L’auteur de ces lignes est bien évidemment du côté des seconds.. Et pour vous convaincre, voici un petit bijou trouvé sur YouTube, qui devrait vous faire mieux réaliser l’ampleur du phénomène qu’est Embiid.

Eh oui, la ressemblance est aussi incroyable que le potentiel d’Embiid. Ca ne vous a pas suffi ? Bon, le signature move d’Olajuwon était le Dream Shake, là dessus tout le monde est d’accord. Maintenant regardez. Avec des yeux ronds de préférence. Pour rester coi d’admiration ensuite.

Vous êtes convaincus là ? Bien, passons à la suite maintenant. Tiens d’ailleurs, quand on parle d’Olajuwon, on parle bien d’un pivot ayant la plus grande palette de moves au poste bas jamais vue dans l’histoire de la ligue, qui a démoli tous intérieurs légendaires des années 90 (qui sont accessoirement les meilleurs de l’histoire), le meilleur défenseur intérieur de l’histoire de la ligue, qui détient le record de contres en carrière, un pivot capable de courir comme un arrière, avec une vraie qualité de shoot et un toucher de dentellière ? Quand on parle d’Embiid, si on ne retient que l’aspect sportif en faisant abstraction de l’historique.. on utilise exactement les mêmes termes. Flippant non ? Allez encore une petite vidéo pour illustrer et vous convaincre que l’on tient peut-être là le futur visage.. de la NBA toute entière.

Un nouvelle aube se lève sur la ligue: des Suns de Mike d’Antoni et de leur run and gun usant et abusant de l’adage « 7 seconds or less » si souvent accolé aux équipes du désormais ex-moustachu sont nés les Warriors de Steve Kerr, qui ont poussé à son paroxysme la philosophie prônée par l’actuel coach des Rockets. Le phénomène du small ball, qui consiste à jouer avec des joueurs plus petits en misant sur la vitesse a bien failli exterminer tous les big mens à l’ancienne comme il y en avait plein du temps d’Hakeem the Dream.

Mais aujourd’hui, la nouvelle génération de stars en devenir est constituée quasi exclusivement de big mens.. qui font beaucoup penser à leur glorieux aînés, le shoot à 3 pts en plus. Si Embiid est le nouvel Olajuwon, Karl-Anthony Towns ressemble à s’y méprendre à un certain Tim Duncan.. Kristaps Porzingis est il est vrai un ovni, jamais il n’a existé de joueur aussi grand à ce niveau, cependant on a aussi Nikola Jokic qui fait énormément penser à Arvydas Sabonis, Anthony Davis qui s’il n’a pas de comparaison aussi évidente que les 3 autres précités a été tour à tour comparé à Ewing et Robinson avec une légère préférence pour l’ancienne gloire des Knicks. En plus de ces 5 monstres, on ne peut pas oublier DeMarcus Cousins, qui n’a encore que 26 ans !

Peu de jeunes joueurs extérieurs semblent pouvoir rivaliser avec les 6 monstres cités plus haut, ce qui rend assez inéluctable ce constat que la NBA se dirige à nouveau vers une domination sans partage des big mens.. mais avec une nuance par rapport à la dernière génération de géants à avoir régné sur la ligue: tous savent shooter à 3 pts, avec une belle adresse qui plus est. De tous ces futurs joueurs majeurs de la NBA, il est clair qu’Embiid est Towns sont pour l’instant les deux seuls à pouvoir prétendre au titre de meilleur big men de sa génération. Qui récoltera les lauriers ? Seul l’avenir le dira.

En l’état, pour revenir à Philadelphie, il n’a beau avoir foulé les parquets que 31 fois pour sa première saison en NBA, plusieurs choses sont d’ores et déjà certaines: Embiid est un franchise player en puissance et un des meilleurs défenseurs intérieurs de la ligue. Lorsqu’il se blesse il est leader dans la plupart des stats avancées relatives à la défense, et une fois encore, les Sixers avaient la meilleure défense de la ligue ! Comme quoi le potentiel défensif avec les deux nouveaux larrons est illimité si les dieux décident de sourire au nouveau chouchou du Well Fargo Center.

La principale difficulté résidera dans la création d’un collectif et la réussite de l’association entre Fultz, Simmons et Embiid. Comme dit plus haut au sujet de Saric, le but est de créer l’équipe la plus versatile jamais vue, avec la plus grande diversité de menaces offensives possible. Or comment créer cela ?

Sur des phases toutes simples comme le pick and roll et le pick and pop, pas de problème, normalement l’association ne devrait poser aucun souci, tout comme sur d’autres systèmes assez basiques mais néanmoins hyper efficaces comme le Hammer, un système hyper utilisé par les Spurs et que Brett Brown aime bien aussi mettre en oeuvre, cela dit ce n’est pas très étonnant puisque c’est un ancien élève de Gregg Popovich.

En revanche, pour citer quelque chose de plus élaboré, toutes les variantes du Horn collent à merveille aux profils dont disposent les Sixers: des shooteurs fiables et des intérieurs très polyvalents.

Explication du principe: les deux intérieurs sont au poste haut et le meneur porte la balle. L’arrière et l’ailier vont dans les corners. le meneur transmet à un de ses intérieurs poste haut dos au panier. Le meneur peut alors partir poser un écran soit pour permettre au joueur présent dans le corner le plus proche de faire une coupe ligne de fond, ce qui requiert quand même une sacrée qualité de passe et une bonne vision du jeu de la part de l’intérieur qui porte la balle, soit feinter l’écran pour carrément aller au cercle, soit, si la défense se resserre, aboutir à quelque chose de très proche d’un Hammer.

Une autre variante est ce qu’on appelle les « elevators screens »: même séquence sauf que le joueur posté dans le corner situé côté faible (où il n’y a pas la balle) va feinter une coupe ligne de fond pour aller dans l’autre corner. Le joueur qui était dans ce corner va se décaler à 45 degrés et récupérer la balle des mains de l’intérieur qui a reçu la balle au début de l’action. Dans le même temps, le meneur va lui partir du spot à 45 degrés pour aller dans la raquette avant de remonter brutalement vers la ligne à 3 pts. Dès qu’il est passé, les deux intérieurs posent chacun un écran poste haut afin d’empêcher les défenseurs de le suivre. Tir à 3 pts ouvert, ficelle.

Explications plus détaillées en vidéo:

Exemple des « elevators screens »:

Ce genre de système, comme dit plus haut, requiert des intérieurs avec une bonne vision du jeu et des extérieurs qui savent se déplacer sans ballon et bien évidemment tirer à 3 pts. Autant de qualités que possèdent les jeunes de Philadelphie.

On le comprend assez aisément rien qu’avec ces hypothèses, les possibilités de combinaisons offensives sont infinies avec de tels profils, et c’est d’ailleurs pour ça que des duos comme LeBron et Kyrie ou Batum et Walker/Lillard marchent aussi bien, c’est parce que plus les joueurs impliqués dans le système savent faire de choses, plus ce système est susceptible de varier au gré des circonstances. Plus il peut varier, plus il est imprévisible. Plus il est imprévisible et plus il est dangereux.

Les possibilités de jeu sont infinies pour Maître Yoda coach Brown, ce qui est sûr en tout cas c’est que ça va courir dès que possible, le roster étant bâti pour jouer à toute allure. A lui de faire en sorte que cela ne soit pas synonyme de tirs pris n’importe comment et de balles perdues à la pelle.

Passons maintenant à ce qui fait d’une équipe une équipe: la solidité ou au contraire la fragilité des role players.

Le banc des Sixers: faiseur de Rois ou bourreau des princes ?

Après avoir longuement traité des futures stars de l’effectif, place à ce qui est aujourd’hui le baromètre d’une équipe de haut de tableau: le banc. La quasi intégralité de l’effectif étant dans son contrat rookie, Bryan Colangelo, le GM des Sixers a pu se faire plaisir pour ajouter des vétérans afin d’encadrer ses jeunes pousses.

Bien évidemment, il existe une règle non écrite régissant les négociations contractuelles en NBA: si tu veux signer un joueur pour une durée plus courte afin d’avoir plus de flexibilité, tu dois le payer plus. Si tu veux le payer moins, il faut lui proposer un contrat plus long.

Colangelo a donc choisi l’option la plus logique: payer plus cher pour pouvoir faire ce que bon lui semble chaque été. JJ Redick et Amir Johnson se sont donc vus offrir respectivement 23 et 11 millions de dollars sur un an pour venir aider Brett Brown à former les jeunes. Surpayés ? Oui clairement, mais pourquoi se priver quand on a le luxe de pouvoir faire ça et qu’en plus cela permet de combler une partie du gros manque d’expérience des Sixers ? Clairement, il s’agit là de très bons contrats, pour deux joueurs référencés et expérimentés. En prime, le roster manquait un peu de spacing et Redick devrait grandement aider dans ce domaine.

Mine de rien, le roster 2017/2018 de Philly est assez riche en joueurs de banc pouvant avoir un impact significatif: Robert Covington, Timothée Luwawu, Jahlil Okafor, TJ McConnell, Furkan Korkmaz, Justin Anderson, Richaun Holmes voire JJ Redick et Dario Saric.

Évacuons les hypothèses Redick et Saric: Redick n’a pas été payé aussi cher pour jouer 20min en sortie de banc. Même s’il est venu pour apporter son expérience il ne faut quand même pas abuser. Saric, lui, peut être envisagé comme 6e homme si Brown décide de faire jouer Simmons au poste 4 et qu’il y a besoin de renforcer le banc mais le plus probable est que sur le terrain les postes 3 et 4 soient identiques en ce qu’ils seront tous simplement deux postes d’ailiers et que les deux soient dans le starting five. De plus, le banc est assez loin de manquer de talent.

En effet, Jahlil Okafor, même s’il s’agit évidemment d’une grosse déception (il était quand même annoncé comme le nouveau Patrick Ewing, rien que ça), a quand même du talent plein les mains et peut s’avérer très utile dans le rôle d’un pivot scoreur en sortie de banc à la Greg Monroe ou à la Jonas Valanciunas. S’il apporte sa petite dizaine de points avec des pointes à 15-20, malgré le fait qu’il soit hyper vulnérable défensivement (surtout sur pick and roll), sur un temps de jeu plus court, ça peut être très rentable pour Philly.

Ensuite, Robert Covington et Timothée Luwawu sont deux joueurs type arrière/ailier. Même si le premier est plus costaud ont un profil assez similaire au bout du compte et seront selon tout vraisemblance assignés au rôle de 3 and D, c’est à dire apporter du spacing en attaque et défendre dur de l’autre côté du terrain. Sur ce plan, Covington a été une vraie satisfaction l’an dernier et a démontré qu’il peut tenir ce rôle sans difficulté. En prime, avec des joueurs dominants offensivement à ses côtés, il aura beaucoup plus d’espaces et aura plus de shoots ouverts que l’an dernier, ça c’est clair et net. Or qui dit shoots ouverts dit réussite largement supérieure et un scoring en hausse. Timothée Luwawu, lui, a été la bonne surprise de la saison avec des stats certes assez faibles (6 pts, 2 rebonds et 2 assists) mais néanmoins satisfaisantes au regard de son temps de jeu (17min environ) et surtout de son apport, il n’a pas du tout cherché à tirer la couverture à lui, il a vraiment bien défendu et même si évidemment il a parfois pris l’eau face à des monstres physiques comme Westbrook et cie, il n’a jamais été ridicule, loin s’en faut. D’ailleurs quand on parle de qualités athlétiques, le frenchie de Philly est déjà un sacré client. Pour l’anecdote ses premiers points en NBA ont été inscrits sur un bon gros tomar:

Passons maintenant à TJ McConnell et Richaun Holmes, qui ont montré de très belles choses l’an dernier. Le premier est un meneur de jeu au profil assez à l’ancienne, sa qualité première étant d’être un bon gestionnaire et de prendre soin du ballon. Il a un physique assez frêle mais on ne le paie pas pour sauter au plafond ou aller à la percussion, loin de là. Il est là pour que la balle tourne bien en attaque et pour faire de son mieux en défense. Clairement un des  meilleurs meneurs back up de la ligue, bien peu d’équipes peuvent se targuer d’avoir un joueur aussi juste à ce poste. Même s’il ne fera jamais d’étincelles il ne fait jamais n’importe quoi et n’essaie ni de croquer ni de tirer le couverture à lui. Il joue sur ses qualités sans en faire trop et ça, c’est vraiment hyper appréciable. Richaun Holmes est un profil diamétralement opposé: un poste 4-5, phénomène athlétique capable de dunks impressionnants, un pur energizer, capable à l’occasion de dégainer derrière l’arc. Le point commun avec McConnell c’est que lui aussi joue sur ses qualités sans en faire trop. Une fois encore, c’est vraiment appréciable, surtout pour le coach qui n’a pas besoin de gérer des joueurs qui sortent du cadre.

Enfin, Furkan Korkmaz et Justin Anderson sont appelés à prendre les places de JJ Redick et Amir Johnson. Le premier est un arrière scoreur qui est resté une année en Europe pour parfaire ses talents quand le second est un ailier ultra athlétique et solide défenseur mais avec un shoot encore très perfectible. L’intérêt des deux est surtout de pouvoir varier les lineups en fonction des besoins du style si l’ailier adverse est chaud on peut missionner Anderson sur lui, si les tirs ne veulent pas rentrer on peut faire rentrer Korkmaz pour voir s’il est dans un soir où le panier est aussi grand qu’une piscine olympique, etc… En bref, deux rotations potentiellement intéressantes sur le banc.

Partant du principe que Fultz et Simmons devraient prendre environ 30 min voire plus et Embiid au moins autant s’il est en bonne santé, la rotation pourrait approximativement donner cela:

Fultz (30) – McConnell (20)

Redick (25) – Luwawu (15)  – Korkmaz (15)

Simmons (30) – Covington (20) – Anderson (10)

Saric (25) – Holmes (15)

Embiid (30) – Okafor (20)

Vu que la rotation est déjà pleine à craquer, il est clair que Johnson, Stauskas, Bayless et Henderson devront se contenter des garbage time.

On le voit, le banc des Sixers est à des années lumières d’être une plaie, sur le terrain ce devrait être franchement pas mal du tout. Le roster de Philly n’a vraiment pas à rougir de son banc, surtout quand on le compare à ceux d’autres équipes. En plus, tous sont dans leur contrat rookie donc très peu chers.. ce qui permet de se payer le luxe de surpayer des vétérans afin d’épauler Brown et son staff ! Après avoir traité en profondeur des éléments présents dans l’effectif, l’heure est à la réflexion sur ce que peut donner cette équipe dans l’immédiat et jusqu’où elle peut aller.

La saison 2017-2018: Les héritiers de Rocky de retour dans l’arène ?

Eh oui, déjà. Dès l’année prochaine, les Sixers devraient sans surprise retourner en Playoffs. Comme le souligne ce bon vieux Jojo, la conférence Est est hyper ouverte. Pourquoi ? Parce que maintenant il s’agit d’un champ de ruines. 3 équipes qui ont fait les playoffs cette année vont reconstruire dès l’année prochaine. Aucune équipe ne s’est vraiment renforcée à court terme en dehors de Boston avec la venue d’Hayward et à la limite de Toronto qui a réussi à resigner son noyau dur.

On a coutume d’entendre que les équipes de jeunes ne gagnent pas  beaucoup de matchs. C’est très souvent vrai, la preuve avec les Wolves récemment. Cependant, il y a une différence de taille: les Wolves avaient deux joueurs pour emmener leur équipe en Playoffs, et en prime dans une Conférence Ouest déjà franchement hardcore. Les Sixers en ont 4, et ce au sein d’une Conférence Est qui tient plus du champ de ruines que du champ de bataille. Retrouver les Playoffs ne devrait pas être très difficile en soi pour Embiid et sa bande, la question porte davantage sur le spot dont ils hériteront et, au delà de toute les considérations relatives aux résultats ou même à l’impression visuelle sur le terrain, le plus important: créer une équipe, une vraie. Pour cela, la première étape est de se constituer une défense solide. Là dessus, il n’y a guère de doutes sur le fait qu’ils y arriveront avec peut-être LE coach idoine pour cela et un Jojo Embiid qui avant de devoir s’arrêter avait les meilleures stats défensives.. de la ligue. Pas suffisant ? Au moment où Embiid se blesse, les Sixers avaient la meilleure défense.. de la ligue. Pas mal hein ? Alors si on ajoute deux forts potentiels défensifs avec Fultz et Simmons… Ça peut devenir vraiment super costaud dès cette année.

Si le secteur défensif devrait marcher facilement, en revanche la question de comment s’organiser en attaque va être laborieuse. L’association Fultz-Simmons avec Simmons en principal ball handler aura quelques repères et des modèles pour avancer malgré tout puisqu’il existe pas mal d’exemples de duos dans la même veine toutes proportions gardées (Kyrie/LeBron, Batum/Lillard-Kemba, etc…), cependant on est vraiment dans le flou quant au plan de jeu pour lequel optera Brown.. pour une raison simple: les possibilités sont d’ores et déjà complètement folles..

Pour que cela soit plus concret, schématisons de manière assez grossière: imaginez si à Kyrie Irving et LeBron James, dont on connaît la puissance offensive en duo on adjoignait un pivot qui peut faire danser ses adversaires au poste bas, leur mettre des tirs sur la tête à 3 pts, roule parfaitement sur le pick and roll, peut être létal sur pick and pop, et en prime défend superbement son arceau ? On se calme, rangez vos fourches, il s’agit d’un schéma, pas d’une véritable comparaison. L’idée est la suivante: un point forward énorme playmaker + un meneur très fort sur pick and roll dont l’arme la plus meurtrière est le tir en sortie de dribble, avec les deux fous furieux précités on connaît déjà les dégâts que peut faire une telle association. Evidemment, Fultz et Simmons ne feront peut-être jamais aussi mal mais ce n’est pas non plus à exclure. Maintenant si on y ajoute un 3e larron, a fortiori ce larron là, imaginez un peu si ça colle ! On en revient toujours au même au final: pour l’instant, Fultz et Simmons n’ont encore joué une seule minute en NBA et ils devront confirmer leur statut de N1 de draft. Mais.. quand même, rendez vous compte, c’est une situation jamais vue en NBA que celle où des rookies n’ont qu’à confirmer leur potentiel pour que le compteur de wins explose et qu’il n’y a aucun facteur extérieur.. hormis le genou d’Embiid voire son pied et son dos.

Comme dit plus haut, on peut être optimistes sur la santé du Process.. ou pas. Cependant une chose est indéniable: le succès de Philly l’année prochaine passe par un Joel Embiid à 100% de ses moyens pendant 70-75 matchs au minimum. Car oui, malgré ses 31 petits matchs en 3 ans, le visage de la franchise, c’est lui. Le pilier sur lequel va reposer la défense des Sixers, c’est encore lui. Et celui qui peut faire que le jeu proposé par les disciples de Brett Brown devienne hyper imprévisible, c’est encore lui, car lui seul peut amener cette diversité de menaces offensives, cette imprévisibilité qui caractérise les très grandes équipes.

Revenons aux résultats d’un point de vue plus prosaïque.

Le top 4 devrait se maintenir encore une année sans trop de problèmes. Il reste donc 4 sièges. Les Hornets, qui ont réussi une superbe intersaison devraient en être sans trop de souci tout comme les Bucks qui devraient poursuivre leur ascension sous la houlette de Jason Kidd. Il reste donc 2 places pour des équipes comme les Sixers évidemment, les Pistons, le Heat voire de potentiels outsiders, des candidats à la bonne surprise de l’année comme les Nets ou les Pacers.

Dans le pire des cas, la ville de Rocky retrouvera les Playoffs mais sur un strapontin suite à une saison en dents de scie comme c’est il est vrai souvent le cas avec les équipes de jeunes qui sera compensée par la faiblesse de l’Est, soit environ 40 wins voire un peu moins.

L’hypothèse la plus probable est un spot 6 voire 5, parce que les 6 équipes citées plus hauts sont beaucoup plus matures, ont beaucoup plus d’expérience et sont toutes plus rodées à l’exception à la limite des Bucks à qui les Sixers pourraient éventuellement griller la politesse.

Dans le meilleur des cas en revanche, si ça marche vraiment on pourrait avoir droit à un tout autre scénario qui verrait Philly carrément s’inviter sur les hauteurs de l’Est avec déjà une cinquantaine de victoires.. Et ce scénario n’est pas si improbable dans la mesure où si l’on ne retient que le critère du talent, raisonnement rarement absurde au bout du compte, à part les Cavaliers, aucune équipe n’en possède plus… ce qui laisse à penser que dans l’hypothèse où les disciples de Brett Brown cassent la baraque, ils ne vont pas simplement casser une baraque, ils vont vitrifier la ville entière à la bombe nucléaire.

On a parlé court terme, cependant cette équipe n’a pas été pensée pour jouer un objectif à court terme mais pour  véritablement s’inscrire dans la durée. Voyons maintenant ce que peut donner cette équipe en regardant le champ de bataille d’un point de vue plus élevé.

Le moyen terme: Les hauteurs de l’Est dans le viseur ?

Sam Hinkie avait compris avant tout le monde qu’avec la configuration créée par la lottery, la pire situation était celle du ventre mou, de l’entre deux. En effet, le système actuellement en vigueur a engendré une polarisation très forte entre les équipes qui peuvent prétendre au titre, celles qui ne le peuvent pas et celles dans les bas fonds. Or pour prétendre au titre il faut des stars. Il n’y a que deux moyens d’en obtenir: par la draft ou la free agency. Des trades sont également possibles, cela dit cette voie permet de renforcer un effectif, en aucun cas de le bâtir du sol au plafond.

La vision qu’a eu Hinkie de cet état de fait est la suivante: soit vous pouvez jouer le titre et vous vous renforcez par petites touches via la free agency, soit vous ne le pouvez pas et vous devez impérativement choisir le plus haut possible à la draft afin de récupérer de futures stars. Dès sa prise de fonctions, Hinkie a entrepris de démolir le roster pour accumuler énormément de tours de draft, certains très hauts placés. De plus, il a clairement affaibli l’équipe de manière à s’assurer d’avoir un bilan parmi les pires de la ligue pendant plusieurs années afin de maximiser ses chances de choisir en premier le soir de la draft. Noel, Embiid, Saric, Okafor, Simmons et Fultz (pour reprendre l’ordre dans lequel ils ont été draftés) sont tous les enfants de cette stratégie baptisée tanking…

S’agissant de moyen terme, on parle des 2-3 prochaines années. En moyenne il faut 3-4 ans voire 5 à un rookie pour vraiment exploiter son potentiel en NBA sans même parler d’atteindre son prime. Si certains (Simmons et Fultz) empestent les talents hyper précoces à la LeBron, Towns, Roy, Ellis etc.. d’autres (Saric, Okafor, Holmes) mettront beaucoup plus de temps à émerger.

Quid des résultats ?

Après une free agency cataclysmique qui aura vu partir énormément de talents vers l’Ouest, la Conférence Est se retrouve archi pauvre en talent, et justement, le talent, les jeunes Sixers en ont à revendre. Il ne reste que peu d’équipes vraiment debout: Cleveland, Boston et Washington devraient se maintenir sans trop de problèmes, en revanche Toronto risque fort de chuter avec l’âge de ses cadres qui avance et un roster qui plafonne vraiment. Les Bucks devraient poursuivre leur ascension dans le sillage du Greek Freak et les Hornets ont encore un roster assez jeune et complet, why not pour avoir une place entre 4 et 6 pendant quelques années. Les Pistons ont énormément déçu l’an dernier et manquent énormément de talent pour avoir une vraie stabilité, il leur manque énormément de pièces et compléter le roster dans un délai aussi court semble compliqué. Pour finir, Miami a un très bon coach, mais malgré tout l’effectif manque cruellement de talent et Dragic a déjà passé la trentaine.. A moyen terme ça semble au mieux compliqué.

Même si l’on ne parle que de moyen terme, mine de rien, il faut déjà commencer à évoquer le plafond des équipes pour essayer d’y voir un peu plus clair. Les Sixers sont hyper jeunes, ont du cap space à ne plus savoir quoi en faire pour surpayer des vétérans afin d’encadrer leur jeune garde… Dont le plafond semble illimité. Or d’ici 2-3 ans, comme dit plus haut, beaucoup d’équipes vont commencer à décliner: Toronto, dont les cadres sont vieillissants et qui n’ont pas le coach requis pour passer ce fameux palier sur lequel ils ont encore buté cette année, Boston, qui devra bientôt composer avec un Horford vieillissant et un Thomas qui va glisser doucement vers la fin de son prime devrait aussi baisser de niveau à moyen terme. Si IT pourra encore les porter pendant un moment, ce temps est compté, au mieux cela ne durera que 3-4 ans. On peut aussi inclure Cleveland, qui peut tomber du jour au lendemain en cas de départ de LeBron James… Au bout du compte, on s’aperçoit que la vraie chance des Sixers d’aller loin en Playoffs dans un délai relativement court réside dans le fait que le temps joue en leur faveur et que la fenêtre sera de plus en plus grande. Clairement, si et seulement si les jeunes justifient l’énorme hype qui les entoure, l’équipe pourrait assez vite pouvoir carrément viser une place en finales de conférence et plus si affinités.

Le tanking intensif a porté ses fruits, et aujourd’hui, Bryan Colangelo et son équipe ont les yeux rivés sur un seul objectif: les Playoffs et le trône de l’Est. En parlant de tanking, un petit dernier pourrait bien entrer dans la danse: un certain Luka Doncic.

Suite à l’échange qui a conduit à la draft de Markelle Fultz, les Celtics disposeront soit du 1er tour des Lakers 2018 s’il est compris entre 2 et 5 soit du 1er tour des Kings 2019. Dans l’idéal les Sixers ont le premier choix en 2018 et Boston ne récupère qu’un milieu de premier tour en 2019. Au pire Boston dispose des deux premiers choix en 2018 et Philly n’a qu’un milieu de premier tour en 2019. Partant du principe qu’on ne sait rien de ce que réservera la draft 2019, autant s’intéresser à ce qui pourrait achever le 5 des Sixers: drafter le jeune prodige du Real.

Il est quasi certain que Doncic se présentera à la draft 2018, donc aucun souci à se faire à ce niveau là. On ne présente plus l’arrière du Real, 19 ans l’année prochaine, un talent fou comme on en voit rarement, déjà NBA ready, physiquement prêt (2″01 pour 100kg), très fort défenseur, très bon slasher, peut tenir la balle, énorme passeur, shooteur très correct… Bref, ce serait vraiment le top du top et sa venue pourrait propulser Philly dans le top 3 de la conférence pour un long moment. De plus, c’est un joueur déjà familier du sport professionnel et de ses exigences, ce qui fait toujours gagner un temps considérable aux rares rookies possédant ce type d’expérience.

Cependant il faudrait vraiment que les planètes s’alignent pour que Philly puisse le sélectionner: il faudrait que les Lakers aient un des pires sinon le pire bilan de la ligue (ce qui devrait être le cas) et que la lottery soit particulièrement gentille avec eux. Si cela arrivait, les Sixers pourraient aligner un 5 Fultz-Doncic-Simmons-Saric-Embiid au potentiel effroyable. Une telle concentration de prospects de très haut niveau serait tout simplement du jamais vu dans l’histoire de la ligue. Avec 3 joueurs encore dans leur contrat rookie pour un long moment, le front office de Philly pourrait en plus continuer de payer au prix fort de bons joueurs de banc avec des contrats d’une durée d’1 ou 2 ans max. Stunning.

Cela dit, que le destin décide de sourire à la ville de Rocky ou non, en l’état, le roster est bâti pour viser une seule chose: La chute de LeBron James.

La vraie cible de Sam Hinkie: La chute de LeBron James

Un brin provocatrice la photo pas vrai ? Il est vrai.. Comme il est vrai que cela peut passer pour de la grosse enflammade. Néanmoins, penchons nous un peu sur le long terme, qui est la cible de toutes les franchises de l’Est. Malgré le typhon qui est en train de dévaster l’Ohio, pour l’instant, l’équipe championne en 2016 est toujours là, et quand bien même elle changerait, il demeure sûr à 99% que LeBron James va continuer de martyriser la Conférence Est pour un moment, surtout avec le coup terrible qu’elle a encaissé cet été, perdant plusieurs All-Stars ainsi que des joueurs un peu moins huppés mais néanmoins extrêmement précieux dans une équipe (Butler, Millsap, George, peut-être Melo ainsi que KCP, Teague, Rondo, Patterson, Tucker, Sefolosha) pour n’en récupérer que très peu en échange (Hayward, Redick, Dedmon, Simmons).

Depuis 7ans, LeBron James règne en maître absolu sur la Conférence Est et personne ne semble en mesure de pouvoir le battre aujourd’hui. Du coup, beaucoup de GM ont planifié leur reconstruction pour que le prime de leurs jeunes coïncide avec la chute du King. Trois projets sont en concurrence pour prendre le pouvoir à ce moment là: celui de Boston, celui de Milwaukee et celui de Philadelphie. Boston a visiblement décidé de privilégier le court terme en sacrifiant Olynyk et Bradley pour faire venir Gordon Hayward à prix d’or. Avant cela, ils ont fait la bêtise de signer Al Horford au max (27M). Pourquoi bêtise ? Parce qu’Horford, aussi bon joueur soit-il, ne résolvait en rien les problèmes des Celtics qui sont le rebond, la protection de l’arceau et un 5 hyper undersized. En prime, c’est aujourd’hui son contrat qui plombe la masse salariale des Celtics qui, s’ils veulent conserver Thomas et Smart, seront contraints de faire littéralement exploser le salary cap: pour la saison 2018/2019, ils ont déjà 92M d’engagés sans compter les contrats des deux joueurs précités… qui devraient prendre entre 50 et 60M à eux deux. Sans le contrat d’Horford, l’addition aurait déjà été salée au niveau de la luxury tax, avec son contrat ça risque de piquer très très fort…

De plus, les Celtics auront une énorme décision l’été prochain avec le cas Isaiah Thomas qui a d’ores et déjà annoncé que pour lui ce sera le max et rien d’autre mais.. qui aura aussi 30 ans l’année où il entrera dans son nouveau contrat.

C’est là que la non-sélection de Fultz lors de la dernière draft et l’échange avec.. Philadelphie est incompréhensible, surtout si on ajoute à cela la signature d’Hayward.. Hayward est un très bon joueur, mais ce n’est jamais qu’un lieutenant, et il n’a strictement aucun impact sur l’élite de l’élite du poste 3 (James, Durant, Kawhi, George).. Quel intérêt de sacrifier le long terme pour aller se casser les dents tous les ans sur LeBron James ? Sélectionner Fultz aurait permis d’avoir des ambitions à long terme et de ne pas se retrouver obligés de resigner Thomas sous peine de finir à poil sur le poste de meneur.  En prime, même sans prendre en compte le caractère pour le moins étrange de cet échange, la venue de l’ex star du Jazz va considérablement ralentir la progression de Tatum, qui lui a clairement un potentiel de superstar.. ce que Hayward ne sera sans doute jamais

Pour conclure sur le projet Boston, la fenêtre court-terme est bloquée par LeBron James (s’il reste, ce qui demeure quand même encore fort possible), le moyen terme est à moitié bloqué par les dernières années du King au top niveau et le long terme.. est cette fois complètement bouché par le projet Philly et les Bucks si Giannis continue de devenir de plus en plus flippant année après année.

Rapidement sur les Bucks: ils ont en Giannis leur franchise player pour au minimum les 4 prochaines années, et si Jabari Parker reste en bonne santé la probabilité est assez forte que le trio formé avec Khris Middleton s’installe confortablement dans le haut du tableau. A moyen et long terme, la probabilité que cela dure est toujours aussi forte quand on mentionne des jeunes comme Brogdon et Maker, qui pourraient avoir un rôle très intéressant à l’avenir. Un gros problème se pose en revanche: les grosses interrogations autour de l’état de santé de Jabari Parker, qui a quand même subi deux fois la même intervention suite à deux ruptures du ligament croisé antérieur. On croise les doigts pour que ce ne soit pas son destin mais il existe énormément de précédents où le joueur n’a plus jamais été le même.. Wait and see. Mais sans lui, sachant qu’en plus les Bucks n’ont pas de meneur dominant, le plafond de l’équipe à long terme ne semble pas pouvoir excéder la finale de conférence grand maximum.

Ces fameuses finales de conférence, Philly ne peut pas encore y prétendre, pas plus qu’à une place assurée chaque année sur les hauteurs de l’Est. L’équipe qui sera alignée lors de la saison qui arrive n’a pas du tout cette force d’inertie qui caractérise les grosses cylindrées: même en jouant mal, elles arrivent quand même assez souvent à se sortir du pétrin. Pour autant, l’équipe n’a pas de plafond, vraiment pas. L’ossature est composée de deux N1 de draft qui empestent les superstars à plein nez. Joel Embiid, s’il reste en bonne santé est déjà l’un des meilleurs pivots de la ligue si ce n’est le meilleur et Saric, même s’il va mettre du temps à se développer est déjà un joueur assez solide. L’équipe est beaucoup plus jeune et inexpérimentée que les Celtics, mais l’écart au niveau du potentiel est devenu abyssal..

Si on essaye de se projeter un peu à long terme, il est assez impossible de savoir à quoi ressemblera la NBA dans 5 à 10 ans, cependant il est très peu probable que l’on revoie quelqu’un comme LeBron James avant très longtemps. Or si on retire le King de l’équation, l’Est devient d’un coup beaucoup plus ouvert. Et c’est là que si la très jeune équipe d’aujourd’hui répond aux immenses attentes placées en elle, le trône leur tendra les bras. En bref, tout semble indiquer que Philly est la prochaine équipe dominante de l’Est.

Toutefois, ce serait très clairement manquer d’ambitions que de ne viser que le trône de l’Est laissé vacant par LeBron James parti jouer au sein de la Team Banana Boat. Le but est évidemment le sacre ultime, auquel les Warriors semblent voués pour les 3-4 années à venir.. si ce n’est plus. Or jouer le long terme, c’est aussi et surtout être prêt pour le moment où les Warriors laisseront leur couronne ou pourront en être dépossédés. Le but final d’une stratégie à long terme est de s’affirmer comme l’équipe destinée à régner dans les prochaines années. Et pour faire ça, il faut avoir une équipe dont le plafond est le plus haut possible. Bien évidemment, il existe un risque non négligeable qu’une ou deux autres équipes monstrueuses émergent d’ici là, mais en attendant, une seule équipe est réellement positionnée sur le long terme: les Sixers. Et ça, c’est un énorme motif d’espoir pour la ville de Rocky.

Conclusion: Sky is the limit !

Pour reprendre ce qui a été dit plus haut, les jeunes pousses de Philly doivent confirmer leur potentiel s’ils veulent pouvoir un jour voir leurs rêves de titre devenir réalité. Mais ce n’est pas tout, loin de là.

Pour en revenir, s’il est besoin de le rappeler, les jeunes sortant de la fac n’ont au fond aucune idée de ce qu’est vraiment la vie d’un joueur NBA; d’une part le travail acharné qui est requis pour progresser et se faire une place dans la ligue, cette exigence permanente dans le travail dont on parle très souvent… Mais aussi ce dont on parle beaucoup moins: la vie de star multi-millionnaire.  Le terme de star peut paraître exagéré mais cela concerne surtout l’aspect médiatique; en dehors des journeymans, les joueurs implantés en NBA sont tous des stars en ce qu’ils attirent tous l’attention des médias comme des aimants, et gérer cet aspect là n’est pas le plus évident, loin de là, la preuve, même des joueurs censés être confirmés comme Draymond Green font très régulièrement des bourdes. Quand on est une superstar comme Green, ça passe. Quand on est un rookie, ça casse. Dernier aspect: gérer le rapport à l’argent, aux femmes; faire attention aux gold diggers, ne pas flamber… La gestion de cet aspect là est très loin d’être évidente pour un jeune homme de 19-20ans qui passe du statut de simple étudiant à celui de joueur majeur dans une des ligues les plus médiatisées du sport professionnel.

La route vers les sommets est tellement longue.. et au delà de l’aspect purement sportif, la chose la plus importante pour eux est de réussir à devenir des gladiateurs (Eh oui, les montages photos disséminés tout au long de ce très long article c’était du teasing). Qu’ils apprennent à se battre envers et contre tout, à ne pas faire de quartier sur le terrain, à jouer dur, à ne pas se laisser dépasser par quoi que ce soit, qu’il s’agisse de leurs émotions, du public, de l’enjeu.. la liste est aussi longue que cette fameuse route vers les sommets. S’ils y parviennent, alors tous les rêves pourront devenir réalité. L’expression « sky is the limit » colle à merveille à cette très jeune équipe.. mais avec une condition cependant: devenir des gladiateurs.

Une nouvelle ère débute à Philadelphie, et ce n’est peut-être pas une coïncidence si elle débute quand l’ancienne s’achève pour de bon avec l’intronisation d’Allen Iverson au Hall of Fame.

Pour conclure, wait and see, et comme le dit si bien Joel Embiid: