Entre la nomination des All Stars remplaçants et le choc entre les Cavaliers et Spurs, peu de fans de la NBA ont noté la véritable affiche de la nuit du 23 au 24 janvier opposant les Sacramento Kings au Magic d’Orlando. Une rencontre entre les pires équipes de chaque conférence qui a tenu toutes ses promesses.

La NBA sait varier les plaisirs. Avec l’approche de la trade deadline et les rumeurs qui l’accompagnent, tout un chacun peut spéculer sur les transferts qui pourraient transformer son équipe favorite. Les nominations pour le prochain All Star Game ne manquent pas d’alimenter les discussions. L’avalanche d’infos des derniers jours concernant Kemba Walker, Jason Kidd, Kawhi Leonard ou encore Damian Lillard ne laisse aucun répit aux fans les plus mordus de la ligue américaine. Sans oublier les Feux des Cavaliers, saison 4.

Pour les plus pervers d’entre nous, la nuit du 23 au 24 janvier, c’était aussi le choc des losers entre les Sacramento Kings et le Magic d’Orlando. Les deux franchises ne manquent pas de points communs. Dernières de leurs conférences respectives avec un bilan identique (14-33) à l’issue de cette rencontre, elles n’ont pas vu les Playoffs depuis des années et ne semblent pas prêtes d’y retourner avant bien longtemps.

Birch, please

Elles abordaient cependant ce match dans des conditions différentes. Orlando a obtenu deux victoires lors des quatre dernières rencontres, contre Minnesota et à Boston qui plus est. Ça ne fait pas oublier le reste de la saison mais c’est toujours ça de pris. Les Kings quant à eux restaient sur huit défaites consécutives et n’ont fait parler d’eux qu’à l’égard du probable transfert de George Hill à Cleveland ces derniers temps.

Zach Randolph, annoncé titulaire pour le seul passage de Sacramento à l’Amway Arena, figure finalement sur la liste des inactifs, peut-être jaloux du futur départ de Hill. Du côté d’Orlando, le coach Frank Vogel (et sa perpétuelle barbe de trois jours) doit composer avec son 16ème cinq de départ de la saison.

Avant le match, l’attention des commentateurs d’Orlando se concentre tout particulièrement sur Khem Birch. Le pivot conservé en fond de rotation à l’issue du camp d’entraînement se retrouve dans la lumière après quelques matchs intéressants durant lesquels son énergie dans la raquette a détonné. Une manière de rappeler, s’il y en avait besoin, à quel point la saison du Magic a déraillé.

Des cadeaux à gogo

Le match débute de manière idéale pour une affiche de ce calibre : par un arrêt de jeu pour un problème d’horloge, trois secondes après l’entre-deux. La suite ne déçoit guère. Sur sa première possession, Orlando enchaîne un alley oop raté suivi de deux tip in manqués, d’un contre sur Aaron Gordon dans la raquette et d’une perte de balle.

Les Kings prennent l’avantage, bien aidés par les trois turnovers en moins de cinq minutes du Magic. Après un temps-mort, les visiteurs se mettent au diapason pour permettre à leurs hôtes de se lancer. Gordon claque un dunk avant de trouver Evan Fournier dans le corner avec une passe dans le dos en transition. En face, Georgios Papagiannis, rapidement entré en jeu à la place de Skal Labissiere, accumule les erreurs, ratant des tirs au cercle faciles et rendant la balle à l’adversaire. Après trois minutes sur le parquet, Dave Joerger le sort suite à son premier temps mort. Il ne refoulera plus le parquet de la soirée.

L’écart entre les deux équipes reste serré après un quart-temps (28-27). Sur toute la première mi-temps, il ne sera jamais supérieur à 7 points. Pas de quoi rendre le match plaisant à voir : au contraire, il s’agit d’un pur délice pour tous ceux qui se délectent des enchaînements de pertes de balle (9 chacun à la mi-temps), des 3 points peu recommandables qui rebondissent sur l’arceau et des cadeaux près du cercle poliment refusés. Fournier se distingue en début de partie (14 points sur le premier quart) mais il apparaît rapidement que ce match appartient à Garrett Temple, qui rentre littéralement tous ses tirs en sortie de banc.

Hommage à Vince

Du côté des quelques spectateurs qui parsèment l’Amway Arena, l’attention se concentre davantage sur la légende Vince Carter, passé par Orlando sur la fin de l’ère Dwight Howard.

Parce que ce match est parfait, voici Vince juste après cet hommage.

Heureusement pour tous, Vinsanity retrouvera le sourire après un dunk dans le troisième quart-temps pour son premier panier, ponctuant son action par sa célébration motorisée Crank it up.

A la mi-temps, Orlando mène 53-52. Avant de revenir aux vestiaires, Fournier (16 points, à 5/8) déplore la sélection de shoots de ses coéquipiers devant les caméras locale, sans doute avec Aaron Gordon (5/12) dans le viseur. Après un début de saison prometteur, l’ailier a baissé d’un ton, à l’image de son équipe. Il essaie souvent d’en faire trop tout seul, ignorant régulièrement des passes simples vers des coéquipiers démarqués pour venir se casser les dents dans la raquette ou prendre des 3 points contestés (28,7% de réussite après ses dix premiers matchs).

Et le Temple prit feu

La deuxième mi-temps démarre sans De’Aaron Fox, blessé aux abdominaux. Temple le remplace tandis que Skal Labissiere prend place sur le banc au profit de l’autre rookie des Kings Justin Jackson. Le match reprend sur les mêmes bases, avec deux pertes de balle consécutives pour le Magic. Les Floridiens se détachent cependant, portés par Jonathon Simmons. Il inscrit l’intégralité de ses 14 points lors du troisième quart-temps et Orlando compte jusqu’à 11 points d’avance à quatre minutes du terme de la période.

Simmons n’est pas forcément bien aidé par ses coéquipiers offensivement, malgré les stats honorables de Founier (6 points seulement en deuxième mi-temps), Gordon et Elfrid Payton (on y reviendra…). On pourrait croire que l’ancien des Spurs a vécu le plus gros choc en passant d’une des franchises les mieux gérées de la ligue à l’une des pires, mais considérez ceci : Khem Birch et Bogdan Bogdanovic ont terminé la saison dernière en menant Olympiakos et Fenerbahçe lors de la finale de l’Euroligue (14 et 17 points respectivement). Ça aussi, ça doit faire bizarre.

Le Magic commence à laisser filer l’avantage avant la fin du troisième quart-temps et parachève son œuvre devant son public avec seulement 17 points dans la dernière période. En face, Garrett Temple réalise le match de sa vie. Il a fini par rater un shoot en deuxième mi-temps, mais pas beaucoup plus : il termine avec 34 points à un impressionnant 82% de réussite (14 sur 17). Tant mieux pour lui, une telle performance jouant sans doute en sa faveur en vue d’un possible transfert avant la deadline, et tant pis pour la défense d’Orlando, incapable de faire le nécessaire pour le couvrir de plus près.

Un répit dans la série de défaites des Kings

Malgré quelques séquences déprimantes, comme la faute inutile de Willy Cauley-Stein (21 points, 9 rebonds) sur Aaron Gordon avant même qu’il ne lance son 3 points ou le refus de Bogdanovic de prendre un tir à un mètre du cercle libre de tout marquage (au profit d’un fadeaway raté à mi-distance quelques secondes plus tard), Sacramento parvient à mettre un terme à sa série de défaites en cours. Une victoire 105 à 99 bienvenue compte tenu du calendrier à venir : les Kings vont se frotter à Miami, San Antonio, New Orleans et Golden State sur les quatre prochains matchs.

Du côté du Magic, on pourra regretter une défaite au combien évitable face à la pire équipe de la ligue en deuxième partie de back-to-back. Même si Orlando joue sans doute plus pour la loterie à ce stade, un tel résultat ne fait que souligner le marasme qui plombe cette franchise, toujours à la recherche d’une équipe digne de jouer les Playoffs, sept ans après la fin du Dwightmare.

La rencontre se conclut en beauté : alors que le match est décidé à cinq secondes de la fin, Payton remonte le terrain après un lancer-franc réussi de Sacramento pour inscrire un double pas au buzzer, histoire de soigner ses stats (21 points, 7 rebonds, 7 passes décisives). Peu de temps avant, son indécision dans la raquette avait définitivement éteint les espoirs de comeback du Magic. Le meneur à la névrose capillaire perpétue ainsi une habitude repérée lors des dernières fins de saison, à savoir sortir des lignes de stats impressionnantes (dont une poignée de triples-doubles) lorsque les matchs ne comptent plus. Il aura sans doute l’occasion de se distinguer à nouveau lors de la revanche, prévue le 9 mars prochain à Sacramento.