Il y a quelques mois j’avais réagi à l’arrivée d’Eric Bledsoe dans le Wisconsin et j’avais choisi de conclure mon article par le paragraphe suivant :

« Il est temps pour Jason Kidd de faire évoluer son système défensif en jouant sur l’évolution de la NBA et surtout sur les qualités de ses joueurs. Il a l’effectif pour cela, à lui de profiter de la venue d’Eric Bledsoe pour changer son fusil d’épaule et lancer la saison des Bucks.

S’il ne le fait pas, quelqu’un d’autre le fera. »

Depuis lundi soir c’est officiel : quelqu’un d’autre le fera.

Adrian Wojnarowski a réveillé toute la NBA à coup de « WojBomb ». D’abord en évoquant les tensions grandissantes entre Kawhi Leonard et l’organisation des Spurs puis en délivrant un scoop dont il a le secret :

Les Bucks se séparent de Jason Kidd. Une décision qui en dit long sur les relations entre Jon Horst et Jason Kidd et les tensions qui pouvaient exister entre le coach et son vestiaire.

Si le timing peut surprendre le choix en lui même était attendu par tout le Wisconsin. Le mouvement « FireKidd » qui existe depuis plus de deux saisons a enfin eu ce qu’il souhaitait : le départ d’un tacticien très médiocre.

Une incapacité à s’adapter

Si les fans des Bucks ont pour la grande majorité accueilli cette annonce avec soulagement, une frange plus importante de fans NBA fut surpris. Deux choses peuvent expliquer cela : un bilan comptable correct (139 victoires pour 152 défaites) et deux apparitions en playoffs contre Chicago en 2015 (2-4) puis contre Toronto l’an passé (2-4). Les playoffs sont généralement le moment où le grand public peut regarder une autre équipe que son équipe de cœur et c’est pourquoi la réputation de Jason Kidd, acquise pendant sa carrière de joueur, resta la même ; après tout comment critiquer un coach qui avait amené son équipe en playoffs et qui avait joué les yeux dans les yeux avec des équipes meilleures que la sienne ? Peu importe si ce soi-disant coach est incapable de s’adapter en pleine série ou qu’il montre de vraies limites tactiques : le résultat est là, les jeunes daims amènent un vent de fraîcheur en playoffs.

Dans le même temps les fans des Bucks grondent, le mouvement « FireKidd » naît pendant la saison 2015 et ne fera que prendre de l’ampleur jusqu’à cette saison, où ils conspuent leur entraîneur pendant les introductions des équipes avant chaque match. Que lui reprochent ces supporters ?

Tout part des performances défensives de cette équipe. Je vous renvoie à mon article précédent dans lequel j’explique le système défensif des Bucks en détail et en quoi il est dépassé. En résumé Kidd a mis en place un système idéal pour défendre le jeu des années 90. Défendre aussi agressivement le pick&roll aurait fait merveille à une époque où le shoot extérieur ne faisait pas partie du répertoire des joueurs NBA. Dans la NBA actuelle toute équipe qui sait garder son calme face à cette pression défensive obtient les shoots les plus recherchés du basket moderne : le tir à 3 points dans le corner ou le tir près du cercle. Les Bucks possèdent la 24ème défense NBA avec une efficacité défensive de 107,5 ce qui est tout simplement inacceptable vu les profils et les qualités défensives individuelles de l’effectif.

La surprise avait permis aux Bucks d’avoir la 4ème meilleure défense en 2015.

L’effet passé, leur défense était 23ème en 2016 et 26 ème en 2017.

La NBA s’est adaptée, Jason Kidd ne l’a pas fait.

Les principes ne sont pas inintéressants mais leur efficacité dépend de la fréquence avec laquelle ils sont appliqués. Si l’effectif des Bucks peut sembler limité en terme de talent offensif Kidd avait sous la main un roster capable de faire partie des 10 (voire 5) meilleures défenses de la ligue. Avoir une défense aussi poreuse est tout simplement inacceptable.

Des choix qui interpellent

L’animation offensive n’est pas forcément plus brillante et si elle occupe la 11ème place elle le doit surtout au talent de Giannis Antetokounmpo. On connaissait la « motion offense » les Bucks pratiquent eux le « repetitive motion» : les Bucks possèdent peu de systèmes mais lorsque l’un d’entre eux fonctionne ils vont l’utiliser sur chaque possession. Comme c’est le cas pour leur défense les Bucks deviennent prévisibles et défendre contre eux devient très facile. Ils s’en sortent grâce à leurs talents individuels notamment celui de Giannis qui à lui seul peut faire plier son adversaire direct ou créer des mismatchs sur chaque possession. Leur nombre de « sets » peut se compter sur les doigts d’une main.

Giannis n’est pas mis dans les meilleures conditions pour réussir (ce qui rend ses performances encore plus impressionnantes) à l’image d’un spacing très moyen et ce même lorsque les Bucks ont 4 shooteurs extérieurs sur le terrain. La nouvelle stratégie de Kidd ? Utiliser Thon Maker dans le « dunker spot » (endroit qui est situé sur la ligne de fond, juste à l’extérieur de la raquette) plutôt qu’en périphérie. Le résultat est simple : au lieu d’utiliser le point fort de Maker (le spacing qu’il provoque grâce à son shoot extérieur) il utilise son point faible (sa finition près du cercle) et toute l’équipe est pénalisée …

Ses rotations posent également problème. Ses stars jouent trop sur l’ensemble du match ou enchaînent les minutes sans repos à l’image des deux Stakhanovistes que sont Middleton et Antetokounmpo.

Dans le même temps Kidd préfère donner du temps de jeu à Spencer Hawes ou Johny O’Bryant plutôt que Teletovic (cela coûtera cher en playoffs), DeAndre Liggins et Rashad Vaughn à la place de Sterling Brown ou encore Gary Payton II plutôt que Malcolm Brogdon. Lors d’un match face aux Wolves le ROY 2017 ne voit pas le terrain pendant les 20 premières minutes du match. Il finira avec un plus/minus de +20 en 25 minutes dans une défaite de 6 points.

La raison avancée par Kidd ? « Nous avons 12 arrières et 2 grands – Il y a des soirs où certains ne vont pas jouer * »

Kidd fait par ailleurs admirer sa logique imparable avec des décisions incroyables en fin de match. Voici quelques exemples :

Nous sommes le 24 mars 2017. Milwaukee mène 100 à 97 face à Atlanta et il reste 0,2 secondes à jouer. Kidd va alors demander à Giannis de rater intentionnellement son lancer franc. La raison ? Atlanta n’a plus de temps morts, l’horloge se déclencherait ainsi plus rapidement …

Bis Repetita lors du match face à Cleveland du 20 décembre 2017. Les Cavs envoient Middleton sur la ligne de réparation alors qu’ils perdent de 2 points, il reste 1,7 secondes à jouer. L’ailier met le premier mais Kidd lui demande de rater le second. L’ailier s’exécute laissant à LeBron James une chance pour égaliser (il ratera son tir du milieu du terrain).

Le 7 décembre 2017 Milwaukee mène de 4 points face à Detroit, il reste 10 secondes à jouer. Kidd demande à son équipe de faire faute et d’envoyer Reggie Jackson sur la ligne pour éviter un tir à 3 points.

Quel héritage ?

On peut critiquer Jason Kidd sur bien des domaines mais ce qui est certain c’est que l’ex meneur a participé à l’explosion de Giannis Antetokounmpo. Lorsque Kidd arrive dans le Wisconsin Giannis n’est qu’un gamin de 19 ans qui vient de terminer sa saison rookie, lorsqu’il part Giannis est l’un des meilleurs joueurs de la planète.

Si le grec a montré par séquence qu’il pouvait devenir un joueur spécial lors de sa saison rookie personne ou presque ne pensait qu’il allait s’améliorer aussi rapidement. Kidd a pris le parti de le responsabiliser et cela a fonctionné. Les mauvaises langues diront qu’un talent comme celui du grec aurait de toute façon explosé, peu importe le coach ; que c’est la saison blanche de Jabari Parker qui a poussé Kidd à compter davantage sur le grec mais peu importe les raisons il serait injuste de ne pas associer Kidd à la progression de Giannis.

La même chose peut être dite pour Khris Middleton qui a su profiter de la blessure de Parker pour récupérer un temps de jeu conséquent et devenir un pilier de la franchise.

Cependant il est important de comprendre que sa relation avec Giannis n’est en aucun cas désintéressée, en fait elle est au cœur d’une stratégie plus importante de lutte de pouvoir qui a accompagné Kidd partout où il est passé.

La soif de pouvoir de Jason Kidd

Si auprès des fans Jason Kidd a toujours semblé posséder une belle cote de popularité il reste une figure très controversée au sein de la ligue. Dans son podcast « Reiter than You* » Bill Reiter ancien insider NBA décrit Kidd comme un « tueur de coach », un « mercenaire » et un « manipulateur à l’égo démesuré ».

Reiter compare Jason Kidd à Isiah Thomas la légende des Pistons : « ces figures contrastées qui ont l’habitude d’avoir beaucoup d’influence, de pouvoir ». On a d’ailleurs pu voir un aperçu de ce caractère après l’annonce de son départ des Bucks et notamment lors de la conversation rapportée par Ramona Shelburne.

Kidd déclare à ESPN qu’il a appris la nouvelle par Giannis et que le grec aurait proposé d’appeler les propriétaires et son agent pour lui venir en aide et sauver sa tête. Kidd lui aurait répondu de ne rien faire, qu’il avait le sentiment que cela allait arriver et que la seule chose que Giannis pouvait faire était de dire la vérité.

Cette sortie n’a surpris personne avec cette sortie dépourvue de toute classe. En transférant cette conversation privée sur la scène publique Kidd va obliger un jeune homme de 23 ans à se tenir devant les médias et ses dirigeants pour expliquer ses propos et sa position. C’est le seul moyen qu’a trouvé le futur Hall Of Famer pour se venger des dirigeants en créant un point de rupture avec leur franchise player.

Est-ce que cela peut fonctionner ? Difficile à dire, ceci étant dit le grec a rassuré les fans de la sa franchise lors d’un point presse tenu mercredi soir. Alors que tout le monde attendait sa première sortie depuis l’annonce du licenciement Giannis a montré une maturité impressionnante en désamorçant la situation. En l’entendant je me suis d’ailleurs demandé si Kidd n’avait pas finalement rendu service à la franchise en réalisant une telle sortie. Au lieu d’être furieux contre Horst pour avoir virer son mentor Giannis a sans doute très mal pris de voir une partie de ses propos sortir de la sphère privée et se retrouver repris par tous les journalistes américains.

Kidd est très intelligent, il a réussi à obtenir un coach aux Nets, une équipe ambitieuse après avoir ramené Paul Pierce et Kevin Garnett, alors qu’il n’avait aucune expérience de coach. Recalé dans sa tentative d’obtenir les pleins pouvoirs à Brooklyn, il a réussi à s’emparer du poste à Milwaukee grâce à l’appui de son ami et copropriétaire des Bucks Marc Lasry alors qu’il était sous contrat et que Larry Drew était en place. Sa relation privilégiée avec Lasry devait lui permettre d’augmenter son influence et ses responsabilités. Pour cela Kidd avait un argument de poids : sa relation privilégiée avec Giannis Antetokounmpo.

Kidd, un coach proche de ses joueurs  ?

Kidd a très vite compris que Giannis serait le futur de la franchise et qu’il pouvait aider le jeune grec à franchir les échelons. Sa position de mentor renforcerait à coup sûr sa mainmise sur la franchise. Néanmoins si sa relation avec le jeune prodige grec était particulièrement forte ce n’était pas le cas du reste de son vestiaire.

Outre Jason Terry ou encore Matthew Dellavedova le reste du vestiaire n’avait rien du soutien sans faille que sa réputation pouvait laisser entendre. Certains choix de Kidd n’étaient pas forcément bien passés dans son vestiaire : John Henson a mis très longtemps à trouver une place régulière dans la rotation, Greg Monroe pourtant très bon l’an passé a été mis au frigo plusieurs fois sans raison (Malcolm Brogdon élu rookie de l’année a connu le même sort cette saison) et avait appris la titularisation de Miles Plumlee au début de la saison dernière par les journalistes lors d’un point presse …

Très durs avec ses joueurs qu’il critique en permanence notamment lors des séances vidéo Kidd ne faisait pas l’unanimité (https://www.si.com/sports-illustrated/video/2018/01/23/si-now-tuesday-january-23-2018) surtout que dans le même temps, il passait son temps à critiquer leur jeunesse et leur naïveté en conférence d’après match pour justifier les défaites de ses joueurs.

Pire, sa relation avec Jabari Parker n’avait fait que se dégrader au points que selon plusieurs sources les deux camps ne se parlaient même plus depuis un moment (Tim Bontemps et Ryan Russillo) notamment parce que Kidd lui mettait la responsabilité de la mauvaise défense sur le dos ce que le joueur n’a pas apprécié. Une situation problématique à plus d’un titre ; tout d’abord parce que Parker représente le futur de la franchise avec Giannis et surtout parce qu’il est éligible à une extension de contrat dès cet été or les dirigeants comptent sur lui.

Kidd s’est donc livré à une nouvelle lutte de pouvoir.

Après le départ du GM Jon Hammond pour Orlando cet été Jason Kidd apparaissait comme l’homme fort de la franchise et la nomination de Jon Horst, 34 ans, au poste de General Manager ne devait pas l’inquiéter.

Après tout Horst n’était pas dans une position facile : jeune, sans expérience à ce niveau là, sans personne de confiance à ses côtés et même si il n’avait pas choisi Kidd, il ne pouvait pas le virer du fait de sa relation privilégiée avec le franchise player et un propriétaire. Au lieu de choisir la confrontation Horst a gagné du temps en gérant les dossiers les plus urgents tels que la draft, le contrat de Tony Snell puis le dossier du transfert d’Eric Bledsoe. Alors que Horst sortait gagnant de son début de mandat en ayant réussi à améliorer l’équipe à moindre coût les résultats sportifs n’ont pas suivi les ambitions affichées en début de saison :

19 victoires et 17 défaites depuis l’arrivée de Bledsoe. 6 défaites sur les 9 derniers matchs et une attaque en panne sèche :

22ème attaque sur les 10 derniers matchs, 29ème sur les 5 derniers.

Alors que Jason Kidd semblait gagner de plus en plus d’influence au sein de l’organisation les résultats décevants et les tensions au sein du vestiaire ont poussé Jon Horst à un véritable coup d’état.

Une étape nécessaire

Sans surprise Jon Horst a publiquement reconnu que l’assistant Joe Prunty allait endosser le costume de Head Coach intérimaire pour le reste de la saison. Prunty n’est pas étranger à la tâche puisqu’il avait déjà repris ce rôle lors de la saison 2015/2016 (Jason Kidd avait subi une opération de la hanche).

Si le move en lui même n’est pas surprenant le timing l’est beaucoup plus : il est impossible de prévoir la réaction de l’équipe ou de Giannis.

Même après un passage compliqué leur saison est loin d’être terminée, prendre une telle décision est très risquée car rien ne dit que les Bucks seront capable de faire comme l’an passé (Hammond avait failli virer Kidd après le très mauvais début d’année 2017 mais les Bucks avaient réussi à finir très fort).

Milwaukee vient d’entamer la partie la plus simple de leur saison, un calendrier qui aurait pu permettre à Kidd de sauver sa tête en remontant au classement puisque les 10 prochains adversaires des Bucks ont en moyenne un pourcentage de victoire de 41%.

Les Bucks ne rejouent que dans 3 jours, une période que Prunty va utiliser pour se préparer à son nouveau rôle et essayer de préparer un effectif pris de court par les événement. Il sera intéressant de voir si le staff reste le même. Je pense surtout à Sean Sweeney qui est le coordinateur défensif de l’équipe et un proche de Jason Kidd. Vu les résultats défensifs de l’équipe on peut penser qu’il devrait être soit remercié soit rétrogradé à un poste inférieur. D’un autre côté Sweeney est également l’assistant qui a suivi Giannis en Grèce et en Italie pour travailler avec lui pendant l’intersaison (s’est également occupé de Thon Maker) et il peut être tenu responsable des progrès défensifs du « Greek Freak » qui est un candidat sérieux pour le titre de défenseur de l’année.

Horst a jugé que les Bucks avaient besoin d’un nouveau coach pour répondre aux objectifs ambitieux de la franchise. En se séparant de leur Marc Jackson, les Bucks espèrent trouver leur Steve Kerr.

Qui pour faire passer un palier aux Bucks ?

 

Ce poste sera le plus attractif de la prochaine intersaison et les raisons pour expliquer cela sont nombreuses :

  • le privilège de coacher l’un des 5 meilleurs joueurs de la planète (voir le meilleur joueur de la conférence si James passe à l’Ouest)

  • un effectif talentueux

  • une nouvelle salle qui ouvrira à l’automne prochain

  • un centre d’entraînement ouvert en septembre dernier

De nombreux noms circulent déjà. Parmi eux :

  • David Fitzdale qui mérite et aura une seconde chance après son départ de Memphis

  • Monty Williams, l’ancien coach des Pélicans et actuel membre du front office des Spurs

  • Marc Jackson, mais le profil est trop similaire avec celui de Kidd

  • Vinny Del Negro qui avait fait un très bon travail avec les jeunes Bulls/Clippers

  • Jerry Stackhouse, l’ancien joueur connaît beaucoup de succès en G-League (champion et coach de l’année avec les Raptors 905)

  • Doc Rivers qui arrive en fin de contrat à Los Angeles

 

Les deux noms les plus intrigants sont sans doute ceux de Jeff Van Gundy et Becky Hammond. Le premier a fait du très bon boulot avec Team USA l’été dernier et surtout cela lui a permis de retrouver les bancs de touche et sortir de son rôle de consultant. Par ailleurs il était intéressé par l’idée de coacher un talent exceptionnel comme Anthony Davis à l’époque du renvoi de Monty Williams. Giannis est taillé du même bois.

Le nom de la seconde était déjà sorti l’été dernier lorsque les Bucks cherchaient leur nouvelle équipe dirigeante. Elle serait la première femme Head Coach de l’histoire de la NBA.

De nombreux coachs vont se bousculer au portillon pour avoir une chance d’obtenir un tel poste et on peut penser que Giannis Antetokounmpo sera consulté pour trouver le futur entraîneur car même si le grec a signé une prolongation de contrat l’an passé les Bucks sont lancés dans une course contre la montre. L’ambition avouée par Horst est de devenir un candidat au titre avant que Giannis ne doive renégocier son contrat.

Se séparer de Jason Kidd était une étape nécessaire mais le choix d’un successeur cet été sera décisif. Un bon choix devrait permettre aux Bucks de jouer les premiers rôles, un mauvais choix et la franchise du Wisconsin gâcherait les plus belles années de son jeune prodige grec, au risque de le voir partir en 2021.