Le bruit court : d’ici quelques années, la NBA pourrait de nouveau s’agrandir. Après avoir imaginé quels seraient les joueurs laissés sur le carreau par leur équipe actuelle, place à la draft (totalement fictive) d’expansion !

Une NBA avec 32 franchises, c’est pour bientôt ? Si rien n’est acquis, les rumeurs d’une expansion de la ligue existent bien. Le championnat actuel regorge de talents et nombre d’observateurs estiment que la NBA devrait certainement grossir à moyen ou long terme.

En partant de cette idée, j’ai imaginé quels seraient les basketteurs qui seraient exposés à la draft d’expansion par leurs équipes actuelles si elle se tenait cet été. En me basant sur les règles de la draft menée en 2004 suite à la création des Charlotte Bobcats, chaque équipe pouvait protéger huit joueurs sous contrat en 2018-19 et devait obligatoirement en exposer au moins un à ce processus de sélection. Vous pouvez retrouver le détail de cette expérience sur QiBasket.

A l’issue de ce processus, 83 joueurs se sont retrouvés éligibles à cette draft d’expansion :

Atlanta Hawks : Sheldon Mac (agent libre restreint ou RFA), Miles Plumlee, Kent Bazemore

Boston Celtics : Abdel Nader, Marcus Morris, Guerschon Yabusele, Daniel Theis

Brooklyn Nets : Allen Crabbe, Timofey Mozgov, Nik Stauskas (RFA)

Charlotte Hornets : Michael Kidd-Gillchrist, Willy Hernangomez, Treveon Graham (RFA), Dwayne Bacon

Chicago Bulls : Cameron Payne, Paul Zipser, Cristiano Felicio, Noah Vonleh (RFA), Omer Asik, David Nwaba (RFA)

Cleveland Cavaliers : J.R. Smith, Ante Zizic

Dallas Mavericks : Salah Mejri (RFA), Maxi Kleber

Denver Nuggets : Kenneth Faried, Tyler Lydon

Detroit Pistons : Langston Galloway, Jon Leuer, Henry Ellenson, Dwight Buycks (RFA)

Golden State Warriors : Damian Jones

Houston Rockets : Ryan Anderson

Indiana Pacers : Al Jefferson, Joe Young

Los Angeles Clippers : Danilo Gallinari

Los Angeles Lakers : Luol Deng

Memphis Grizzlies : Chandler Parsons, Ben McLemore

Miami Heat : Tyler Johnson, Rodney McGruder, Jordan Mickey

Milwaukee Bucks : Matthew Dellavedova, John Henson, Mirza Teletovic, Tyler Zeller, D.J Wilson

Minnesota Timberwolves : Cole Aldrich, Gorgui Dieng, Marcus Georges-Hunt (RFA)

New Orleans Pelicans : Alexis Ajinca, DeAndre Liggins

New York Knicks : Joakim Noah

Oklahoma City Thunder : Kyle Singler

Orlando Magic : Bismack Biyombo, Khem Birch, Shelvin Mack

Philadelphia Sixers : Jerryd Bayless, Justin Anderson, Furkan Korkmaz

Phoneix Suns : Tyson Chandler, Alan Williams, Jared Dudley, Brandon Knight, Troy Daniels

Portland Trail Blazers : Meyers Leonard, Evan Turner, Maurice Harkless

Sacramento Kings : Zach Randolph, Bruno Caboclo (RFA)

San Antonio Spurs : Brandon Paul, Davis Bertans (RFA), Derrick White

Toronto Raptors : Malachi Richardson, Norman Powell, C.J Miles, Alfonzo McKinnie, Jonas Valanciunas, Lucas Nogueira (RFA)

Utah Jazz : Jonas Jerebko, Epke Udoh, Thabo Sefolosha, Raul Neto (RFA), Ricky Rubio

Washington Wizards : Ian Mahinmi

 

Avant de procéder à la draft proprement dite, quelques précisions importantes :

  • L’exercice se déroule ainsi : deux nouvelles franchises choisissent 15 joueurs chacune chacun leur tour dans un ordre ABBA. 30 joueurs sont ainsi sélectionnés.
  • Chaque équipe essaye de se constituer la meilleure équipe possible, en écartant les possibilités de se renforcer par des transferts ou la draft annuelle. Point important : les cinq premiers choix des nouveaux venus sont destinés à composer un 5 de départ théorique, les sélections suivantes à compléter le banc.
  • Chaque équipe ne peut enlever qu’un seul joueur aux franchises actuelles. Les 30 équipes de la NBA ne peuvent ainsi perdre que deux joueurs maximum.
  • Dans la réalité, les transferts pré-draft sont autorisés : les Knicks pourraient par exemple envoyer un ou plusieurs tours de draft en échange d’une promesse de sélectionner Joakim Noah. Cette possibilité est ignorée dans cet exercice.
  • Le salary cap ne compte pas, par souci de simplicité. Chaque nouvelle organisation peut sélectionner les joueurs qu’elle souhaite sans restriction financière particulière.
  • En 2004, les règles de la draft d’expansion déterminaient que les agents libres restreints (RFA) devenaient agents libres non restreints s’ils étaient sélectionnés. Cette règle ne s’applique pas ici.

Il est temps désormais de composer les effectifs des deux nouvelles franchises de la NBA, j’ai nommé les Seattle SuperSonics (enfin !) et… les Mexico City Avengers (parce que c’est drôle et ça sonne bien). Par respect pour leur histoire, les SuperSonics choisissent en premier.

 

Les 10 premiers choix pour les 5 titulaires

Seattle SuperSonics

Ricky Rubio (choix n°1) ; Gorgui Dieng (n°4) ; Kent Bazemore (n°5) ; Norman Powell (n°8) ; Ryan Anderson (n°9)

Mexico City Avengers

Danilo Gallinari (choix n°2) ; Jonas Valanciunas (n°3) ; Tyler Johnson (n°6) ; Michael Kidd-Gilchrist (n°7) ; Matthew Dellavedova (n°10)

Voilà les deux cinq titulaires sur lesquels je suis tombé. On est loin de squads taillés sur les Playoffs mais c’était attendu. Après tout, parmi les joueurs éligibles, seuls Luol Deng, Zach Randolph et Tyson Chandler ont participé au All Star Game au moins une fois dans leur carrière. Et les deux équipes ont quand même plus de patate que celle des Bobcats à l’issue de leur draft d’expansion.

(Sérieusement, cliquez, ça vaut le détour.)

 

La composition des Sonics n’est pas idéale pour entourer Rubio et son tir pour le moins irrégulier. Anderson, et Bazemore dans une moindre mesure, peuvent punir les défenses derrière la ligne à 3 points, ce qui n’est pas le cas de Powell et Dieng. Le 5 manque de joueurs capables de pénétrer dans la raquette pour profiter des espaces créés par Anderson et Dieng lorsque ce dernier se place à mi-distance. Bazemore est le meilleur finisseur des trois (59,9% en carrière à l’arceau selon Basketball-reference.com) devant Powell (59,6%), tandis que Rubio, malgré un meilleur pourcentage de réussite depuis son arrivée à Utah, tourne à 48,5%. Mais Rubio attaque peu le cercle et Bazemore n’a pris que 22,1% de ses tirs à l’arceau cette saison, le plus bas niveau de sa carrière. Cela s’explique en partie par le manque de respiration de l’attaque des Hawks mais il a toujours été plus à l’aise à longue distance. Pour autant, lui et Powell peuvent être actifs, surtout lorsque la défense adverse doit prêter attention à Anderson, et ouvrir des possibilités pour le passeur espagnol.

Le 5 présente un profil défensif plutôt intéressant. Dieng peut tenir la raquette tant bien que mal, Bazemore et Powell forment une combinaison énergique sur l’aile, même si limitée en taille, et Rubio peut tenir tête à de nombreux meneurs adverses. Anderson reste un problème dans la défense en mouvement, surtout s’il doit couvrir des ailiers ou arrières virevoltants, mais il a montré des progrès cette saison. Il se situe notamment dans le 74ème percentile des meilleurs défenseurs en isolation selon NBA.com, concédant seulement 0,79 point par possession (1,8 tir défendu par match).

Du côté des Avengers (lol), Valanciunas et Gallinari étaient interchangeables en sélections 2 et 3. Les deux européens ont le potentiel pour former un duo d’intérieurs difficile à manœuvrer pour l’adversaire. S’appuyer sur Dellavedova comme titulaire représente un gros risque mais Johnson et Gallinari peuvent aider pour faire le jeu. L’Italien constitue l’atout offensif le plus polyvalent et le plus précieux de ce 5, ce qui n’est sans doute pas une bonne idée compte tenu de ses blessures récurrentes. Kidd-Gilchrist sera toujours un problème de ce côté du parquet, surtout avec un pivot qui ne peut pas s’éloigner de la raquette. L’attaque va avoir du mal à respirer dans le halfcourt.

Le trio Johnson/Delly/Kidd-Gilchrist représente le plus gros point fort de l’équipe en défense. La franchise mexicaine ne manquera pas de combativité, même si la défense de l’Australien reste surcotée depuis les finales 2016. La protection de la raquette est plus suspecte, tout comme la présence au rebond, limitée au-delà de Valanciunas (6ème meilleur taux de rebond cette saison d’après Baskteball-reference.com). Kidd-Gilchrist peut prêter main forte mais il devra renouer avec le volume affiché entre 2014 et 2017 (environ 7 rebonds par matchs) et oublier le point bas atteint cette saison (4,2). Gallinari ne s’est jamais fait remarquer dans ce domaine.

Les 20 derniers choix pour les remplaçants 

Seattle SuperSonics 

Allen Crabbe (n°12) ; Davis Bertans (n°13) ; Jerryd Bayless (n°16) ; John Henson (n°17) ; Evan Turner (n°20) ; Guerschon Yabusele (n°21) ; Jared Dudley (n°24) ; Rodney McGruder (n°25) ; Willy Hernangomez (n°28) ; Shelvin Mack (n°29)

 

Mexico City Avengers

Marcus Morris (n°11) ; Brandon Knight (n°14) ; Maurice Harkless (n°15) ; J.R Smith (n°18) ; Kenneth Faried (n°19) ; Jonas Jerebko (n°22) ; Langston Galloway (n°23) ; Justin Anderson (n°26) ; Bismack Biyombo (n°27) ; Noah Vonleh (n°30)

Ma préférence va clairement à l’effectif des SuperSonics. Les backups derrière Rubio (Bayless et Mack) ne constituent pas une assurance tout-risques mais n’en demeurent pas moins des vétérans compétents dans un rôle de remplaçant. Turner peut également prendre la balle en main avec la 2nd unit, même s’il présente des limites évidentes au tir à 3 points. En la matière, Crabbe sera certainement utile pour pallier les déficiences de Powell dans le 5 titulaire. Bertans peut aider à étirer le jeu, de même que Dudley, en particulier dans des formations small ball.

Henson apporte une taille et une envergure bienvenues dans la raquette, des deux côtés du parquet. McGruder pourrait s’avérer précieux si les arrières et ailiers devant lui peinent à donner satisfaction. Yabusele et Hernangomez, sélectionnés aussi bas en partie car Mexico City ne pouvait plus prendre de joueurs à Boston et Charlotte, représentent des pioches intéressantes en termes de potentiel à long terme, même si cela repose plus sur leurs réputations qu’autre chose à ce stade.

Parmi les Avengers (hahaha), on compte pléthore de paris risqués. Knight a connu beaucoup de soucis de blessure dans sa carrière. Le caractère et la personnalité de J.R peuvent poser problème, surtout s’il démarre sur le banc. Faried a perdu sa place à Denver, non sans raison. Biyombo est un poids mort offensivement. Vonleh a du potentiel en théorie mais deux équipes (Charlotte et Portland) ont déjà décidé de le transférer avant la fin de son contrat de rookie.

Avec Morris, Jerebko et Harkless, l’effectif ne manque pas d’éléments pour supporter les absences de Gallinari. Faried peut être testé au poste 5 en small ball, même si la défense risque de beaucoup souffrir dans la raquette. Biyombo peut se mettre en valeur dans ce domaine, à condition d’être entouré de shooteurs. L’absence d’un meneur de bon niveau handicape lourdement cette option cela étant. Mais la draft en elle-même manquait de ce type de joueurs, ce qui explique en partie la sélection du combo guard Galloway parmi les remplaçants, en dépit d’une saison décevante à Detroit.

 

Les joueurs qui auraient pu être sélectionnés

C.J Miles : Clairement, Miles aurait pu aider l’une ou l’autre équipe et lui apporter une dose de shoot bienvenue. Les sélections de Valanciunas et Powell lui ont barré la route. Il aurait pu prendre la place de ce dernier, qui l’a devancé grâce à sa jeunesse et son potentiel plus intriguant, aperçu lors des derniers Playoffs.

Epke Udoh : L’intérieur aurait pu prendre facilement la place de Biyombo dans le rôle du pivot remplaçant choisi pour ses qualités défensives. La sélection de Jerebko a fait disparaître cette possibilité.

Dwayne Bacon et Brandon Paul : Les deux rookies pourraient être utiles pour compléter une rotation. Leur potentiel est toutefois limité par leur âge déjà avancé (22 et 26 ans respectivement). Ils ont joué moins de 500 minutes cette saison, ce qui nourrit les incertitudes sur le niveau qu’ils peuvent atteindre.

Daniel Theis : L’intérieur allemand réalise une première saison surprenante avec les Celtics. Mais il lui manque au moins une qualité claire et évidente (rebond, défense de la raquette, tir à distance) pour s’imposer. Il aurait pu prendre la place d’un Vonleh potentiellement mais les deux équipes ne pouvaient plus sélectionner de joueurs de Boston.