Pour la draft 2018, QIBasket sort les grands moyens ! Chaque jour, un choix de la future draft vous sera présenté avec une présentation de l’équipe, le choix le plus adéquat selon nous, et les autres possibilités envisageables. Et cela pour le maximum de choix possibles, tout dépendra de ma cadence d’écriture et de ma motivation mais je m’y donne à fond, croyez moi.

Rappel nécessaire : évidemment, la sélection définitive qui aura lieu le 22 juin 2018 sera forcément différente de cette mock draft made in QiBasket, pour la simple et bonne raison que nous n’avons pas encore accès aux cerveaux des différents dirigeants NBA. Cette simulation de draft est avant tout écrite afin de vous apporter des informations sur les prospects de cette cuvée 2018. De plus, beaucoup d’éléments sont susceptibles de modifier la côte des joueurs, on pense notamment aux workouts, dont nous, petits fans NBA lambda, avons du mal à y avoir accès. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !


L’heure du bilan

On savait que ça allait sentir le pâté, mais peut-être pas à ce point là. Début de saison lamentable, licenciement d’Earl Watson après deux petits matchs, Bledsoe qui tweete tel un dissident pour annoncer sa volonté de quitter le navire en plein naufrage (à défaut de le défendre, on peut au moins le comprendre), la première semaine de compétition aura été le parfait lancement de la deuxième pire saison de l’histoire de la franchise de l’Arizona en terme de bilan.

Bien sûr, quelques satisfactions pointent le bout de leur nez : Devin Booker a confirmé qu’il avait l’âme d’un scoreur patenté, Josh Jackson a fait une fin de saison plutôt convaincante après des débuts timorés, et leur bilan atroce leur a permis de décrocher le premier choix de la draft. À côté de ça, la raquette est truffée de joueurs en pré-retraite (coucou Tyson Chandler), de déceptions ambulantes (coucou Alex Len, tu seras pas re-signé) et de jeunes qui peinent à confirmer (coucou Dragan, coucou Marquese – mais toi tu possèdes une dose non négligeable de stupidité en plus). Globalement, à part TJ Warren, il n’y a pas grand chose qui ressemble à un titulaire solide. Heureusement, avec son premier choix, Phoenix a l’occasion de combler une partie du vide.

La raquette est bien évidemment le secteur à renforcer d’urgence. Comme évoqué ci-dessus, celle-ci est aussi féroce qu’un lion en peluche et se fait rouler dessus par tout ce qui se présente face à elle. Il serait donc intéressant de recruter un joueur capable d’apporter, enfin, de la solidité à l’intérieur, au moins d’un point de vue défensif. Les lignes arrières sont plus garnies, mais on sait les Suns capables de faire des choix… inattendus, on va dire. Quoi qu’il en soit, Phoenix a toutes les cartes en main pour apporter un joueur de grand talent dans l’effectif.

Le choix de QiBasket : DeAndre Ayton

19 ans – 2m16 – 113kg
Pivot – Arizona Wildcats (Freshman)
33.5 min, 20.1 pts, 61.2% FG, 34.3% 3P, 73.3% FT, 11.6 reb, 1.6 ast, 0.6 stl, 1.9 blk, 2.0 to

Alors, Luka Doncic ou DeAndre Ayton ? Voilà la question que tout le monde se pose à l’approche de la draft. Le choix européen semble une certitude pour certains après l’arrivée de Igor Kokoskov à la tête de l’équipe : en effet, c’était lui le coach de la Slovénie lors du dernier Eurobasket au cours duquel Doncic s’était révélé aux yeux du monde entier. Pourtant, si on jette un œil aux besoins du roster, Ayton apparaît être le fit idéal. Un pivot dominant avec des mensurations physiques impressionnantes, complet en attaque et doté d’un très gros potentiel en défense.

Attaquons là où le profil d’Ayton fait saliver le plus les scouts : son énorme potentiel offensif. Tout d’abord, ses mensurations physiques, c’est-à-dire sa taille et son envergure, sont des atouts de poids en attaque. Cela lui donne un gros avantage sur son vis-à-vis pour notamment réaliser des passes au-dessus du défenseur et trouver des coéquipiers démarqués à 3 pts. Rajoutez à cela une vision assez bonne, le pivot d’Arizona arrivant facilement à se sortir des prises à deux par une passe avec une certaine précision. Malgré les nombreuses trappes qu’il subit, DeAndre Ayton s’en sort très bien avec uniquement deux pertes de balle par match.

Son envergure lui permet également d’être très efficace près du cercle. Sur un peu plus de six tirs par match près du cercle, Ayton affiche un excellent pourcentage de réussite de 82.1%. Certes, il est loin du niveau d’un Joel Embiid concernant les moves au poste bas, mais il se repose sur un excellent footwork qui lui permet de se débarrasser de son vis-à-vis pour trouver un tir facile en-dessous du panier mais aussi grâce à une agilité et une rapidité impressionnante pour un joueur de sa taille. Il le doit également à son énorme explosivité qui lui permet de sauter plus haut et plus rapidement que ses adversaires. C’est également un énorme atout pour prendre le maximum de rebonds offensifs, il se montre en plus de cela assez agressif dans ce domaine ce qui le place comme l’un des meilleurs rebondeurs de cette cuvée. Malgré parfois une position défavorable, il arrive à prendre le rebond en sautant au-dessus des autres.

Malheureusement, en attaque il manque clairement d’agressivité et pourrait être bien plus dominant s’il prenait conscience que son corps musclé est une arme de poids pour s’offrir des tirs faciles sous le cercle. En position dos au panier, il préfère souvent tirer en fade-away plutôt que d’enfoncer son vis-à-vis et arriver sous le cercle pour finir en puissance. De plus, il va devoir développer un hook-shot plus efficace pour s’améliorer à 2/3 mètres du panier où il est encore en difficulté (seulement 35% de réussite).

Concernant son tir à mi-distance, Ayton s’est montré très efficace cette saison, sa mécanique est bonne, il est rapide et possède un point de relâchement assez haut. En plus de cela, sa taille lui permet de tirer au-dessus du défenseur sans avoir à se créer de l’espace. Cela est important quand on connait ses difficultés au dribble. Malgré les difficultés dont il a fait preuve à distance NBA cette saison (3/17) du fait d’une portée de tir plutôt faible, avec du travail et de l’entraînement, Ayton pourrait permettre à son équipe d’écarter le jeu et de représenter une arme redoutable sur pick and roll et pick and pop.

Quant à son niveau en défense, le pivot de l’Arizona se voit attribuer un très gros potentiel en raison de ses mensurations physiques excellentes. Le début de saison était très alarmant quant à son potentiel niveau dans ce secteur de jeu-là. En effet, il ne faisait clairement pas les efforts en défense, manquait de concentration et commettait de grosses erreurs de placement. Il s’est pourtant amélioré au fur et à mesure de la saison, à l’image de son équipe. Mais loin d’en faire encore de lui un monstre défensif.

Tout d’abord, son positionnement du corps et ses appuis en un-contre-un sont très bons, rajoutez à cela une vitesse latérale impressionnante pour un joueur de sa taille, Ayton peut clairement défendre au large. Cela lui permet également de défendre efficacement le pick and roll et de switcher pour contenir le ball handler. Cependant, il manque encore de lucidité et de dureté, notamment pour stopper les pénétrations.

Phoenix trouverait en lui un rim protector qui s’ignore, ses longs bras rendant la tâche très compliquée pour les attaquants adverses quand ils essayent de tirer par-dessus lui. Ce dernier conteste très bien les tirs que ce soit loin ou près du panier. Néanmoins, il manque cruellement d’agressivité et oublie parfois qu’il est un monstre physique. En effet, il se laisse bien trop bouger par son adversaire dans la raquette alors que c’est lui qui possède l’avantage physique la plupart du temps. S’il en prend conscience, cette combinaison de force et de taille pourrait faire de lui un rim protector redoutable. Ayton devra travailler sur sa passivité, ne vous attendez pas à voir un joueur comme Mutombo à vouloir contrer tout ce qui bouge et s’opposer sur chaque tentative de tir.

Ayton possède donc un manque criant d’agressivité mais également de concentration, en grande partie loin du ballon. C’est une erreur fréquente chez les jeunes de son âge, il se focalise trop sur le ballon et perd parfois son vis-à-vis du regarde. Mais pour lui, cela arrive bien trop souvent et dans des énormes proportions qui pénalisent grandement son équipe. Combien de fois l’avons-nous vu lâcher complètement son vis-à-vis et retrouver ce dernier tout seul à trois points ou sous le cercle, ne se privant alors pas de sanctionner les erreurs défensives de DeAndre ? Cela arrive également trop souvent à la suite d’une aide défensive qui n’a pas lieu d’être. Tout cela met en avant un doute assez persistant le concernant, est-il capable de développer son feeling pour le jeu ? Dans l’état actuel des choses, Ayton est loin d’être un défenseur accompli et les doutes persistent quant à sa capacité à sentir le jeu en défense.

En somme, en draftant le pivot des Wildcats les Suns feraient l’acquisition d’un monstre physique et technique prêt à scorer en NBA et possédant un potentiel sans limite en attaque et en défense mais qui devra bosser la vidéo pour se rendre compte de son manque d’agressivité et de lucidité par moment qui ne lui permettront pas d’atteindre tout son potentiel.

Autre choix possible : Luka Doncic