Le CBA, accord collectif régissant la NBA est complexe. Le lire n’est pas toujours suffisant pour comprendre toutes ses subtilités, son vocabulaire riche et ses nuances. Beaucoup d’interprétations qui sont réalisées par l’environnement constitué des fans et des médias tendent à le rendre d’autant plus opaque que de fausses informations circulent et que de nombreuses approximations voire inventions se répandent. Dans cette série d’articles « CBA Rules », nous allons essayer de revoir et démêler des règles les plus simples aux plus alambiquées. C’est parti !

Les Bird Rights

On commence par le commencement avec les Bird rights. Ils ont été créés pour qu’une équipe puisse prolonger ses joueurs en dépassant le salary cap. Étrangement, cette règle a été appelée ainsi alors que les Celtics n’en avaient pas eu besoin pour prolonger Larry Bird pour un contrat à l’époque, record (12.6 millions sur sept ans) puisque.. le salary cap n’était pas encore implanté. C’est à ce moment là que le salary cap NBA est véritablement devenu un soft cap. Rappelez vous, le salary cap a été implanté en 1984, autant dire qu’à l’époque il s’agissait d’un sujet de préoccupation énorme pour le front office des Celtics… qui s’est servi de l’exception nouvellement créée pour prolonger Cedric Maxwell après que le salary cap soit entré en vigueur.

Il existe 3 cas de figure quand un joueur prolonge dans sa franchise : full Bird rights, early Bird rights et la non Bird exception.

Les Full Bird Rights permettent de dépasser le salary cap pour resigner un joueur dont le contrat est expiré. Ces droits naissent de tout contrat ou groupe de contrats d’un minimum de 3 ans au total avec la même équipe et ce sans interruption. Si le joueur est échangé, la franchise acquéreuse récupère les droits avec le joueur. Ces droits permettent de proposer une augmentation annuelle de 7,5% sur un contrat de 5 ans.

Les Early Bird Rights naissent eux au bout de 2 ans passés dans la même franchise. Il s’agit toutefois d’une exception nettement moins intéressante car soumise à restrictions : le contrat ne peut durer qu’entre 2 et 4 ans et le montant ne peut dépasser la plus forte somme entre 175% de la rémunération prévue par le contrat expiré et le salaire moyen en NBA.

La Non-Bird Exception concerne tous les joueurs qui n’entrent pas dans les deux autres cas de figure, soit assez peu de joueurs finalement. Le salaire maximal pouvant être proposé est le plus haut entre 120% du précédent contrat ou 120% du salaire minimum. Il ne peut excéder 4 ans.

Les autres exceptions

Commençons par la plus connue : la Mid-Level Exception (MLE). Il s’agit d’une enveloppe allouée à chaque équipe qu’elle peut dépenser pour recruter un ou plusieurs joueurs pour une durée d’un an. Son montant varie en fonction de la situation financière de l’équipe concernée. On distingue 3 cas: entre le salary cap et l’Apron (8,4M), au dessus de l’Apron (5,3M) et enfin sous le salary cap (4,3M).

te MLE, on a la Bi Annual Exception (BAE). Seules les équipes en dessous du seuil de la luxury tax peuvent en bénéficier. Elle est d’un montant de 3,3M et cette fois le contrat peut aller jusqu’à deux ans.

On passe sur la Rookie Exception, qui permet de signer ses rookies tout en étant au dessus du cap. Logique. Car dans le cas contraire on se retrouverait avec une bonne partie des équipes qui ne pourraient tout simplement pas drafter.

On termine avec la Traded Player Exception et la Disabled Player Exception.

La Traded Player Exception consiste simplement, dans le cadre d’un trade, en une enveloppe allouée à l’équipe qui reçoit moins d’argent qu’elle n’en donne. Voici le mécanisme:

  • De 0 à 6,5 millions de salaires sortant = trade exception de 175% du salaire sortant + 100 000 dollars.
  • De 6,5 millions à 19,6 millions = trade exception de la somme du salaire sortant + 5 millions.
  • Au-delà de 19,6 millions = trade exception de 125% du salaire sortant + 100 000 dollars.

Notez bien que cette enveloppe ne sera utilisable que dans un autre échange et un autre échange seulement : impossible d’envisager des montages via ce dispositif.

La Disabled Player Exception est une mesure d’exception : il s’agit d’une somme allouée à une équipe qui a perdu un joueur sur blessure pour l’intégralité de la saison. Elle est d’un montant équivalent à la somme la plus faible entre la moitié du salaire du joueur et le salaire moyen en NBA. L’argent n’est évidemment débloqué qu’après diagnostic établi par un médecin agréé par la NBA, la franchise n’est pas crue sur parole (encore heureux, quand même…).