En 2011 les Mavericks montaient sur le toit de la NBA en gagnant une finale contre toutes attentes, en challengers ultime. Mark Cuban ne croyait toutefois pas à un second exploit consécutif et commençait à bouger ses vétérans dans le but de lancer un dernier cycle autour de Dirk Nowitzki. Un plan qui ne s’annonça pas bien payant, même si les Mavericks version Monta Ellis nous auront fourni des saisons de haut vol – faisant de Dallas une équipe à suivre pour la qualité de son jeu. Point d’orgue, ce premier tour des Playoffs 2014 face aux Spurs, qui s’est imposé comme une des plus belles séries de l’année. Mais à la seconde où Cuban a laissé filer son combo guard, tentant de récupérer Deandre Jordan, pensant l’avoir signé avant de le perdre quelques heures plus tard, la franchise Texane a vu son destin définitivement basculer vers les bas fonds de la NBA. Malgré la fidélité du géant allemand, sa fin de carrière n’est pas celle que l’on espérait, et le voir dans une équipe en plein tanking laisse un goût amer.

La draft 2018 laisse pourtant penser que les Mavericks vont tenter de remettre le pied à l’étrier – et à l’heure où cet été pourrait être un tournant, il peut être intéressant de se pencher sur les options de Dallas.

La draft qui change tout ?

Les Mavericks pensaient mettre la main sur un choix de draft sur le podium de la NBA. Leur saison catastrophique leur donnait de grandes chances de s’assoir sur un pick dans le top 3 de cette cuvée. Mais Sacramento a bénéficié d’un coup de chance qui a coûté cher aux texans, qui écopent d’un 5eme choix. La déception était palpable dans les rangs, mais le front office n’avait pas dit son dernier mot. Profitant des vues des Hawks (3eme choix) sur Trae Young, Dallas remonte dans la draft en acceptant de perdre un futur 1er pick, entre 2019 et 2022 selon les protections sur ce dernier. Cela pourrait être dès la saison prochaine si l’équipe commence à opérer une remontée à l’Ouest.

Avec ce 3eme choix, les Mavericks font ce que les Kings n’ont semble-t-il pas osé faire : accorder un top pick à Luka Doncic, le prodige Européen qui générait certaines réserves chez les franchises américaines. Historiquement, Dallas a vécu les grandes heures de sa franchise avec un joueur venu du vieux continent. Ce choix fait complètement sens et va permettre à l’équipe d’évoluer avec deux arrières très prometteurs : Dennis Smith Jr et Luka Doncic. Probablement le joueur le plus paré à contribuer de cette draft aux côtés de Deandre Ayton. Outre ces ajouts, la franchise fait d’autres choix intéressants en second tour, en récupérant Jalen Brunson et Kostas Antetokoumpo. Des joueurs qui pourraient s’insérer lentement dans les rotations.

On est nombreux à penser que rarement un rookie Européen n’est arrivé si accompli que ne le sera Luka Doncic, au point d’avoir un impact réel dès sa première saison sur les lignes arrières. Des réserves peuvent être émises, tout prodige qu’était Ricky Rubio, il n’a jamais littéralement explosé en NBA. Cette draft peut donner des envies de progression à Dallas. Toutefois, s’il peut être un énorme contributeur à venir, que Dallas a déjà une base solide pour l’année à venir, que cette draft donne la jeune base pour envisager l’avenir, elle ne légitimera par elle-même les ambitions toujours élevées de la franchise. Il va falloir des renforts.

La situation financière

 

Les Mavericks sont dans une situation plutôt convaincte à l’aube de cette free agency. Il y a quelques contrats importants, mais si l’on excepte celui de Wesley Matthews, il n’y en a aucun dont la franchise voudrait se séparer même si elle le pouvait. Alors que l’été va bientôt débuter pour les franchises NBA, avec les 3 contrats rookies à ajouter, la franchise aura d’ores-et-déjà 20M de disponible pour recruter.

Ce n’est pas assez pour recruter un top free agent, mais un joueur comme Dwight Powell, en solide role player pourrait partir si le besoin s’en faisait sentir.

On remarque aussi que la franchise la va libérer 35M supplémentaires l’été prochain, de quoi retaper l’effectif dans les grandes largeurs. Il est difficile d’imaginer Barnes et Powell décliner leurs players options l’an prochain, dans la mesure où ils ont des salaires auxquels ils auront du mal à prétendre à l’avenir. Néanmoins, dans le cas d’Harrison Barnes, la franchise pourrait le prolonger à long termes, à un coût plus abordable, permettant de poser les bases d’un avenir aux finances très saines. Dans une NBA où les joueurs souhaitent être associés à d’autres joueurs de talents, je pense qu’être en position de présenter un cap space bien équilibré et sans contrats-boulets est un atout indéniable pour acquérir la confiance des agents libres.

Dans cette optique, ne pas avoir proposé de contrat élevé à Nerlens Noël quitte à le perdre, et, ne pas tenter de garder (sauf à très bas prix), Wesley Matthews qui accumule les grosses blessures seront deux grands pas vers une franchise de Dallas en position de retrouver les sommets. Mais quel plan pour les 2 saisons à venir ?

En ordre de bataille !

Il y a un jeune backcourt talentueux, deux vétérans sur lesquels s’appuyer pour la saison avec Barnes et Nowitzki, mais en dehors de cela, il n’y a pas grand chose d’autre pour esquisser un roster. Pour cause, Wesley Matthews est sur le flanc après une fracture de fatigue. S’il pourrait être là en début de saison prochaine, on sait que ces blessures entraînent souvent des complications et rechutes et que compter sur lui l’an prochain risque d’être un peu complexe. A fortiori qu’il avait déjà souffert d’une rupture du tendon d’achille.

De fait, entre les nombreux contrats expirants et les trous dans le 5 de départ, il va falloir reconstruire un effectif dès cet été ! Mais que faire ?

Trouver un pivot d’envergure

Les Mavericks ont drafté une arrière dans une draft dominée par le pivot. Cette draft qui pourrait changer le visage de la NBA tant il y a de pivots susceptibles de modifier la manière de défendre. Elle n’aura pas d’équivalents l’année prochaine. En outre, on doute que la patience de Cuban soit longue au point de tanker deux années consécutives. Il y a plusieurs pivots de talents sur lesquels la franchise pourra se pencher sachant que le mariage avec Nerlens Noël a été consommé il y a longtemps, et que la relation semble tombée en désuétude.

Nous savons que Dallas se positionnera sur DeMarcus Cousins. Malgré sa lourde blessure, le camp texan semble prêt à tenter sa chance pour l’attirer dans ses filets. Il faudrait faire de la place mais envisager proposer un contrat au pivot n’a rien d’impossible. Néanmoins, on imagine que des précautions seront prises dans la mesure où une rupture du tendon d’achille sur un joueur aussi volumineux que DMC pourrait avoir des répercussions lourdes. Outre le fait que le joueur peut prétendre à beaucoup plus que ce que les Mavericks peuvent proposer en l’état, le soucis est également que les Pelicans n’auront pas de marge pour recruter s’ils perdent leur pivot. Les voir prendre le risque de partir sans tenter de le conserver est probable, mais reste tout de même moins réaliste que de lui donner un deal allant jusqu’à la fin du contrat d’Anthony Davis. Etant donné la saison de New-Orleans et la relation entre Rondo, Davis et Cousins, voir le pivot choisir de s’en aller est tout de même peu cohérent.

Je pense de ce fait qu’il y a d’autres pivots sur lesquels Dallas pourrait jetter son dévolu. A commencer par le voisin des Rockets : Clint Capela. Là encore, il y a un problème : il prétend au maximum et les Mavs’ n’ont pas le cap pour proposer un tel contrat. En outre, j’admets que je trouve surprenant d’espérer être compétitif en mettant le maximum sur des pivots à l’ancienne, qui évoluent uniquement prêt du cercle, et ce même si leur défense est toujours très importante. Les Rockets sont sûrement prêts à payer une luxury tax démesurée pour le conserver, or ils disposent de la possibilité de s’aligner sur toutes offres extérieures. Là encore Dallas ne part pas favori pour attirer le pivot.

Il existe en revanche des dossiers potentiellement plus intéressants. Pour moi le must serait de proposer un contrat long aux alentours des 20M/an à Deandre Jordan. Certes il est frustre en attaque, mais sa défense serait précieuse, sa domination sous le cercle est toujours bien présente, et on imagine que Rick Carlisle saurait le faire briller comme il a fait briller un Tyson Chandler. Pour moi c’est le joueur que la franchise doit chercher, sachant qu’il est extrêmement fiable physiquement, qu’il peut apporter sans avoir de schéma pour lui en attaque et ne réclame pas ou peu de ballons au poste. En fait, comme je le disais ci-dessus, tant que la franchise ne met pas un contrat maximum sur lui, cela me semble un très bon choix.

Enfin, viendraient des choix de replis. Dwight Howard en train de négocier un buyout avec les Nets serait une cible intéressante. Il coûterait peu cher et même si sa réputation n’est pas optimale – il permettrait de libérer de l’argent pour renflouer le banc. D’autres options pourraient venir ensuite : Derrick Favors pourrait par exemple faire un bon pivot pour les Mavericks.

Constituer un banc

En l’état, le 5 de départ n’est pas encore constitué : Dennis Smith Jr – Luka Doncic – X – Harrison Barnes – Y. Barnes pouvant évoluer aux besoins en tant que 3 ou 4. Dans tous les cas, il va y avoir des besoins sur le banc. A l’exception de JJ Barea, rien n’est acquis – et les Mavericks ont besoin de véritables role players pour garnir leur banc.

En premier lieu, il serait intéressant de trouver un combo guard pour alterner sur les positions 1 et 2 derrière la jeune paire de titulaires. Le premier nom qui vient en tête serait un profil combatif à la Marcus Smart – même s’il pourrait être un peu cher si la franchise part à la poursuite d’un gros free agent. Une solution moins coûteuse sur le marché actuel pourrait être Avery Bradley. A mi-chemin, Will Barton pourrait se laisser convaincre assez facilement par les Mavericks s’ils sont prêts à lui donner un chèque suffisant et lui promettre un rôle. A moindre coût, Lance Stephenson pourrait représenter une bonne option pour apporter de la défense et un peu de folie offensive. Globalement, l’objectif des Mavericks doit être d’attirer de la polyvalence plutôt que de réels spécialistes. La NBA va vers la transversalité, l’explosion des postes, donc ramener quelques profils de cet ordre serait une avancée. De la défense supplémentaire va également être nécessaire car l’effectif en l’état est très naïf et manque de qualités athlétiques. Des combo guards, des ailiers de grande taille permettront d’apporter de la stabilité dans le fond de jeu.

Une bonne formule pour 2018

Si Deandre Jordan opt-in pour être échange, les Mavericks doivent se positionner dessus et essayer de proposer Dwight Powell (ou mieux, Wesley Matthews, on peut rêver !) dans le lot pour récupérer un peu de flexibilité pour composer un banc. S’il opt out, la franchise devra faire un peu de place et tenter de sécuriser son cap space pour constituer un banc l’été prochain.

Néanmoins, à titre très personnel je chercherai plutôt à accroître la densité de l’équipe. Chercher de la défense, de la polyvalence, bref, démultiplier les options plutôt que de chercher un top player sur le poste 5. A moins, et cela peut faire grincer de la placer comme tel, que les Nets et Dwight Howard s’entendent sur un buyout et que Dallas le récupère. Ils pourraient alors trouver leur pivot titulaire à moindre coût.

Un état parfait pour moi serait d’arracher Marcus Smart aux Celtics qui veulent garder de la marge. Cela permettrait une rotation à 4 avec Smith, Doncic, Barea, Matthews et lui. Chez les ailiers et ailiers forts, j’aimerai bien voir l’équipe récupérer un talent polyvalent. Will Barton, Rudy Gay sont deux profils qui peuvent apporter du peps au banc des Mavs. Egalement, trouver des joueurs qui aiment bien le combat : Luc Mbah a Moute, Montrezl Harrell ou encore Trevor Booker. Pour compléter le banc, un Ed Davis sur le poste de pivot permettrait d’apporter de la solidité, voire même en titulaire si les pistes prioritaires passent à la trappe. Cela ferait une bonne solution intermédiaire.

Une fois cela fait, la franchise pourrait chercher quelques bons shooteurs et prolonger quelques éléments du banc. Doug McDermott pourrait revenir à très bas prix pour apporter du scoring derrière l’arc. Je ferai également revenir Salah Mejri qui peut contribuer dans un rôle bien précis et possède une belle envergure. Maxi Kleber a eu quelques belles séquences et pourrait être conservé vu son prix.

Ce plan pourrait se poursuivre à l’été 2019, que ce soit en continuant à se renforcer tout en prolongeant Harrison Barnes pour moins cher sur le long terme s’il opt-out.

Quoi qu’il en soit, Dallas s’annonce comme un acteur important de l’été 2018.