Cette année encore, la France sera bien représentée en NBA. La grande Ligue compte 11 frenchies dans ses rangs, et même si les temps de jeu de certains laissent à désirer, d’autres ont su se faire une place de choix au fil des saisons. Pendant que de nouveaux talents viennent prendre le relais. La France reste un des plus gros fournisseurs de joueurs étrangers en NBA et cette saison, ils ont pour la plupart de gros enjeux à négocier. Les previews de chaques franchises étant désormais terminées, il est l’heure de se pencher sur les joueurs français, au cas par cas.

Tony Parker (Charlotte Hornets / 36 ans / 7.7 pts, 1.7 rbds, 3.5 passes)

Honneur aux anciens, et au monument du basket français. Alors que son pote Boris Diaw a décidé de raccrocher les sneakers, TP lui continue d’arpenter les parquets de NBA. A 36 ans, le meneur est au crépuscule de sa carrière, que nombreux voyaient s’achever chez les Spurs. Pourtant, Parker ne réalisera pas l’intégralité de sa carrière dans une seule franchise. Après quelques signes avant coureurs lors de la saison dernière, San Antonio et Tony ne se sont pas mis d’accord sur une re-signature. Des divergences sur le plan financier certes (légères), mais surtout sur le nouveau rôle de TP. En cours de saison, il avait logiquement et naturellement accepté de passer le relais à Dejounte Murray dans le cinq majeur. Il était temps pour lui de prendre le rôle du daron qui accompagne son successeur, continuant d’apporter son sens du jeu en sortie de banc. Mais avec la Draft de Lonnie Walker, la ligne arrière des Spurs commençait à s’encombrer sérieusement. Murray et Mills sur son poste, TP n’aurait eu qu’un spot de 3ème meneur dans la rotation de Popovich, et cela le français n’en voulait pas. Résultat, Tony s’en est allé signer un contrat de 2 saisons avec les Hornets. A Charlotte, il retrouve bien entendu Nicolas Batum, et aura un vrai rôle de back-up derrière Kemba Walker.

Les Hornets disposent d’un effectif relativement jeune, avec des talents à polir tels que Malik Monk ou encore Miles Bridges. L’expérience de TP pourra être précieuse pour encadrer ces joueurs, et il peut encore produire des performances plus que correctes en sortie de banc. Le français devrait jouer entre 15 et 20 minutes par match, avec pour éternelle mission de faire tourner le jeu et de gérer le tempo des siens. Espérons que les pépins physiques le laissent tranquille, lui qui a connu une vilaine blessure au quadriceps le privant du début de saison dernière.

Nicolas Batum (Charlotte Hornets / 29 ans / 11.6 pts, 4.8 rbds, 5.5 passes)

Logiquement, parlons du nouveau coéquipier de TP, en la personne de Nico Batum. Cette saison risque d’être charnière dans la carrière de l’ailier, qui sort d’une année plus que délicate avec les Hornets. Blessé au coude lors de la pré-saison, il a donc raté 12 rencontres, ne faisant sa rentrée qu’à la mi-novembre. Son absence des parquets a lourdement impacté le jeu des siens, mais son retour en petite forme n’a guère aidé la franchise. Indispensable dans le jeu des Hornets, Batman a ensuite connu une saison faite d’irrégularité et de prestations décevantes. Moins efficace en attaque, notamment au tir, l’ailier a visiblement eu du mal à se remettre de sa blessure, la faute à un retour prématuré peut-être. On connait son importance au sein du roster des Hornets, et à l’heure où Charlotte se trouve devant un vrai virage (fin de contrat de Kemba Walker l’été prochain), le rôle de Nico n’en sera que plus important la saison prochaine.

Il doit redevenir le maillon essentiel du jeu, et faire profiter ses coéquipiers de ses qualités de créateur. Retrouver un tir efficace devrait également l’aider à produire d’avantage. Son pote TP sera là pour lui filer un coup de main, et l’on espère que les deux formeront un duo important pour les Hornets. D’ailleurs, Batum commence doucement à prendre de l’âge. A 29 ans, il doit non seulement être dans son prime mais a également engrangé une belle expérience dans la Ligue. A lui d’en faire profiter ses jeunes coéquipiers, en se comportant en leader. Ses qualités, notamment techniques, feront le reste. Avec pour objectif final une qualification en Playoffs. Pour cela, les Hornets auront besoin d’un Nico au top de sa forme. Attention cependant, il a souvent été cité dans les rumeurs de trade. L’avenir incertain de la franchise, en semi-reconstruction, fait de lui un potentiel asset intéressant dans le cadre d’un trade. D’autant que l’ailier a désormais un gros contrat à assumer, lui qui a prolongé à l’été 2016 pour 120M sur 5 ans.

Rudy Gobert (Utah Jazz / 26 ans / 13.5 pts, 10.7 rbds, 1.4 passes)

Le meilleur joueur français actuellement en NBA, c’est lui. A 26 ans, le pivot est au sommet de sa carrière, ponctué par un trophée de Défenseur de l’année la saison dernière. Sans lui, le Jazz est une autre équipe. On l’a bien vu en saison régulière, avec seulement 56 matchs joués par Gobzilla, la faute à deux vilaines blessures qui l’ont tenu éloigné des terrains jusqu’en janvier. Alors bien sûr, Utah n’est pas une mauvaise équipe sans Rudy, loin de là, mais jugez par vous-mêmes. Après le véritable retour en forme de Rudy (méforme lors de son premier retour en décembre) le 19 janvier, le Jazz a entamé sa seconde partie de saison exceptionnelle. 18 défaites pour 26 victoires avant le retour de Gobert, et un bilan positif de 48-34 au terme de la régulière. Si Gobert a été élu DPOY avec seulement 56 matchs joués, ce n’est pas anodin. Le pivot a tout simplement été énorme d’intimidation et de présence dans sa raquette, contribuant largement aux magnifiques performances de Utah. Des prestations qui les emmèneront jusqu’en Playoffs, où ils élimineront le Thunder avant de tomber face aux Rockets.

Une saison incroyable pour Rudy donc, qui s’affirme comme l’un des patrons de la NBA à son poste. Si son jeu offensif reste parfois frustre, il est capable de belles prestations comme face à Minnesota. Cette année doit être celle de la confirmation pour les hommes de Quin Snyder, et elle passera forcément par un immense Gobert. Le français doit poursuivre sur sa lancée, mener la défense des siens, et tenter de progresser en attaque. Surtout, on espère pour lui qu’il sera épargné par les blessures. Car avec l’explosion de Donovan Mitchell et les bonnes performances de ses autres coéquipiers, le Jazz peut voir plus loin. A Gobert de s’affirmer en leader de cette équipe, et de les emmener le plus haut possible. Avec, pourquoi pas, un deuxième titre de DPOY consécutif en ligne de mire. Le pivot pourrait également prétendre à une sélection au All-Star Game, même si la concurrence au poste sera rude.

Evan Fournier (Orlando Magic / 25 ans / 17.8 pts, 3.2 rbds, 2.9 passes)

En constante progression depuis son arrivée à Orlando, Evan sort d’une nouvelle saison plus que satisfaisante. Dans un rôle de leader avec le Magic, il a accompli sa mission de scoreur et d’homme fort de la ligne arrière, affichant une belle régularité. Meilleur marqueur de la franchise, il n’était pas étranger à l’incroyable début de saison des siens, mais n’a rien pu faire pour éviter la chute ensuite. Résultat, une nouvelle saison galère pour les floridiens, bien loin des Playoffs. L’arrière n’a pas connu de souci physique majeur, et l’équipe peut compter sur lui pour planter sa vingtaine de points chaque soir.

Pourtant, dans le marasme qui entoure Orlando, l’avenir de Vavane reste incertain. Ses performances font de lui un joueur respecté en NBA, avec un profil de scoreur toujours utile dans un back-court. Conséquence, il est une contrepartie intéressante dans le cadre d’un éventuel transfert, et son nom est souvent cité dans les rumeurs. Tout dépendra des choix de la franchise, dont le plafond semble actuellement limité. La progression de Gordon et le niveau affiché par Mo Bamba seront des facteurs importants, et Fournier devra rester le leader de son équipe. S’il pouvait atteindre la vingtaine de points de moyenne, ce serait un vrai palier de franchi pour Vavane. On espère pour lui que le Magic décollera enfin, ou qu’il sera transféré dans une équipe plus ambitieuse.

Frank Ntilikina (New York Knicks / 20 ans / 5.9 pts, 2.3 rbds, 3.2 passes)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la première saison du French Prince n’a pas laissé indifférent chez l’Oncle Sam. Drafté en 8ème position par les Knicks, le meneur a su se faire une place au sein de la rotation de Jeff Hornacek. Il a même gratté 9 titularisations, sur 78 rencontres jouées. Si ces statistiques sont plus qu’honorables pour son temps de jeu (22 minutes tout de même en moyenne), c’est surtout sur le plan défensif que Frank s’est illustré. Capable de grosses séquences, on se souvient par exemple des actions sur James Harden ayant circulé sur les réseaux. Une belle première pour le français donc.

S’il a été parfois cité dans les quelques rumeurs de trade, les déclarations du management laissent clairement penser que Frank fait partie du projet d’avenir des Knicks. A New York, il est apprécié de ses coéquipiers (Enes Kanter et Kristaps Porzingis notamment) et surtout des fans. Grand et athlétique, combattant sur le parquet et sympathique en dehors, Ntilikina est devenu le chouchou des new-yorkais. Pour un jeune meneur français, ce n’est pas un mince exploit. Mais restons patients avec lui. Cette saison, il devra continuer à progresser, particulièrement sur le plan offensif. Doté d’une bonne vision du jeu et d’un sens de la passe aiguisé, Frank doit prendre de meilleures décisions sur le terrain. Une meilleure sélection de tirs notamment lui permettrait d’accroître ses pourcentages au shoot, et de mieux distribuer le ballon en créant des espaces. Le potentiel de Frank est certain, et il a tout pour devenir un meneur très complet de la Ligue. A lui de progresser tranquillement, en devenant l’un des membres principaux de la reconstruction des Knicks.

Guerschon Yabusele (Boston Celtics / 22 ans / 2.4 pts, 1.6 rbds, 0.5 passes)

Inutile de regarder les statistiques du garçon, cela n’indiquera rien sur la place qu’il occupe aujourd’hui à Boston. Drafté en 2016, Guerschon a passé un an en Chine pour s’aguerrir avant de faire son arrivée dans la grande Ligue. Cette saison, l’ailier fort aura participé à 33 rencontres, pour 7 minutes de moyenne passées sur le terrain. Suffisant pour convaincre Brad Stevens de continuer à compter sur lui. Le reste du temps, Yabusele l’a passé en G-League, où il a souvent brillé. Apprécié des fans et du coach, ses qualités sous le cercle ainsi que son aptitude à shooter à distance font de lui un élément intéressant dans une rotation.

Suffisant pour gratter plus de temps de jeu cette saison? Ce sera difficile, car la concurrence est rude à Boston. Mais Brad Stevens nous a habitués à faire progresser les jeunes, en leur donnant de plus en plus de responsabilités, et a déclaré récemment vouloir donner des opportunités au français. D’ailleurs, Yabusele n’a pas manqué ses débuts en pré-saison, se montrant en forme au training camp et décisif sur un des matchs de Boston. Sa polyvalence offensive (qualités athlétiques au poste et capacité à s’écarter) lui sera utile, lui qui se montre également capable de défendre très correctement. Il faudra aller gratter des minutes dans une rotation plus qu’étoffée, et concurrencer Semi Ojeleye qui semble avoir une longueur d’avance.

Ian Mahinmi (Washington Wizards / 31 ans / 4.8 pts, 4.1 rbds, 0.7 passes)

Le pivot des Wizards est désormais l’un des vétérans de la Ligue. A Washington, il tient une place particulière, faisant partie des cadres du vestiaire malgré son statut de remplaçant l’an passé derrière Marcin Gortat. Contrairement à la saison 2016-2017 durant laquelle une lourde blessure l’avait tenu éloigné des parquets, Ian sort d’une année complète. 77 matchs joués, pour une quinzaine de minutes sur le terrain. Avec toujours ce rôle d’energizer en sortie de banc. Pas incroyable dans les stats, mais son apport est toujours apprécié, notamment sur le plan défensif, où il apporte son intimidation dans la raquette. Lorsque Mahinmi rentre, on sait qu’il ne chômera pas, et qu’il donnera tout ce qu’il a.

Cette saison, il restera remplaçant, cette fois derrière Dwight Howard. Ses missions seront les mêmes, et son rôle dans le vestiaire pourrait être encore plus important au vu des individualités en présence. Le calme de Ian et son expérience dans la Ligue seront précieuses pour tenter de canaliser tout ce petit monde, et Mahnimi ne sera sûrement pas de ceux qui remuent ciel et terre pour une question d’égo. En revanche, le contrat du pivot est une vraie épine dans le pied des Wizards. 16M l’année, ça fait cher le back-up pour cette production. De quoi le fragiliser ? Il sera quoiqu’il en soit difficile de l’inclure dans un transfert, lui qui touchera ce salaire jusqu’en 2020.

Elie Okobo (20 ans / Phoenix Suns)

Il est le nouveau frenchie de la Ligue. Du haut de ses 20 ans, le meneur passé par Pau a été choisi comme premier pick du second tour de Draft par les Suns au mois de juin. Une très belle opportunité pour Elie, dans une franchise en cruel manque de joueurs sur ce poste, surtout depuis le transfert de Brandon Knight. La concurrence ? Shaquille Harrison, De’Anthony Melton, et Isaiah Canaan. Ce denier étant blessé au pouce, la place de titulaire à la mène est grande ouverte en attendant le retour de Canaan (ou de Booker s’il était destiné à prendre la place de meneur).

Difficile de dire qui débutera le premier match des Suns entre ces hommes, et Okobo devra profiter du training camp et de la pré-saison pour se faire une place. Bon scoreur, il est un arrière de formation, et devra montrer qu’il est capable de prendre définitivement son envol à la mène. S’il parvient à démarrer et à créer la surprise en l’absence de Booker, peut-être conservera-t-il une place de titulaire aux côtés de l’arrière… On en est loin, mais le GM des Suns semble en tout cas beaucoup compter sur Elie.

Timothé Luwawu-Cabarrot (23 ans / Oklahoma City Thunder / 5.8 pts, 1.4 rbds, 1.0 passes)

Saison sophomore difficile pour Luwawu-Cabarrot à Philly. Après une première année prometteuse, l’ailier commençait bien avec quelques titularisations devant J.J. Redick. Cependant, ses performances irrégulières et les bonnes prestations de l’arrière vétéran auront raison de lui. Bloqué dans la rotation, cela ne fera qu’empirer avec la venue de Marco Belinelli. Brett Brown préférait des vétérans pour accompagner ses jeunes stars, et surtout de la régularité au tir. Résultat, une disparition des parquets ou presque pour Tim, qui se retrouvera même tradé cet été. Direction OKC, pour un nouveau départ.

A Oklahoma, Luwawu-Cabarrot aura moins de concurrence à l’aile, avec le seul Paul George sur le poste. En revanche, les arrières ne manquent pas, et ce sera donc à Billy Donovan de trancher. Pour gagner ses minutes, Timothé devra améliorer son volume de jeu et surtout devenir régulier au tir. Mais pour cela, il faudra que l’ailier trouve du rythme, et qu’il ait sa chance au sein de l’effectif… On croise les doigts.

Joakim Noah (33 ans / New York Knicks) et Alexis Ajinça (30 ans / New Orleans Pelicans)

Il n’en reste donc que deux. Deux derniers représentants tricolores, qui n’auront malheureusement pas droit à leur paragraphe individuel. La raison est simple, ils ont complètement disparu des radars NBA, ou presque. Le cas le plus triste est celui d’Alexis Ajinça, qui n’a pas joué une seule minute la saison dernière sous le maillot des Pelicans. Barré dans la rotation, notamment à cause des énormes temps de jeu de DeMarcus Cousins et Anthony Davis, le pivot a disparu corps et âme des parquets. Surtout, il a connu de nouveaux pépins physiques, subissant une opération du genou au coeur de la saison. Reverra-t-on Alexis fouler les parquets NBA? A ce rythme, cela semble bien compliqué.

Enfin, nous ne présentons plus le cas Joakim Noah. Signé au prix fort par Phil Jackson il y a deux ans alors que le déclin avait déjà bien commencé à Chicago, le calvaire de Jooks n’en finit plus à New York. Snobé par Jeff Hornacek, il n’aura eu que quelques garbage times à se mettre sous la dent cette saison. Le management ne veut plus de lui, alors que beaucoup voulaient croire en une belle histoire entre Noah et NY. Entre trade et buy-out, tous les moyens seront bons pour se séparer de Joakim et de son contrat plus qu’imposant (près de 40M sur les deux ans à venir…). On ne sait pas de quoi sera faite la saison à venir de Noah, mais elle ne s’annonce pas sous les plus belles couleurs.

Une fois encore, nos français de NBA sont confrontés à des situations bien différentes. Entre confirmations, besoins de se relancer ou de se montrer aux yeux de tous, chacun de nos frenchies a devant lui un challenge passionnant. On suivra bien entendu tout ce beau monde tout au long de la saison, et on leur souhaite la meilleure saison 2018-2019 possible.