Il va sans dire que le début de saison des Washington Wizards et du Miami Heat laisse à désirer. Dans une conférence ouverte, deux prétendants solides aux Playoffs font bien mauvaise figure. A tel point que du côté de Washington, on commence sérieusement à envisager des échanges, synonymes osons le dire, d’une fin de cycle.

Au premier rang des accusés, se trouve le franchise player : John Wall. Le meneur, autrefois idole des fans, commence à éreinter la patience de son monde du côté de la capitale fédérale, et pour cause son comportement laisse franchement à désirer. Au point d’entériner sa collaboration avec la franchise qui l’a drafté ? Rien n’est moins sûr, car si le front office semble prêt à signer le divorce, les prétendants à la récupération du meneur de jeu ne semblent pas se bousculer au portillon.

Les raisons ? Un joueur souvent blessé, au comportement qui a de quoi inquiéter quant à sa faculté à diriger et inspirer un groupe, et comble de la galère, qui s’apprête à débuter un nouveau contrat au montant absolument exorbitant.

Certes, quelques victoires pourraient à nouveau panser les plaies, mais il est difficilement imaginable que les dirigeants ne soient pas en recherche active d’un point de chute pour le joueur. Et c’est en me penchant sur ce sujet que le seul partenaire plausible m’a semblé être le Heat. Pour commencer, gros plan sur la situation de la franchise floridienne.

Un Miami Heat sur le qui-vive

Il y a quelques semaines, le general manager Pat Riley semblait sur le point de passer un deal déterminant pour l’avenir de son équipe. Un soudain revirement d’état d’âme avait néanmoins avorté les espoirs du camp Riley. Tom Thibodeau, prêt à franchir le cap, avait finalement à nouveau choisi de conserver Jimmy Butler.

Aujourd’hui, Butler est un Sixer. Pourtant, à la seconde où ses envies d’ailleurs avaient filtré, le Heat avait semblé être un des deux partenaires naturels pour un échange. A l’instar des Los Angeles Clippers, Miami recherche son prochain leader et possède un vivier de talents intéressants aux salaires abordables et variés, en faisant une bonne équipe vers laquelle se tourner en cas de potentiels trades.

Le Heat fait parti de ces équipes sans avenir immédiat si elle conserve son ossature actuelle intacte. Avec des leaders déjà sur le déclin (Goran Dragic, James Johnson, Dwyane Wade) ou ayant déjà montré le maximum de leur potentiel (Hassan Whiteside) difficile d’imaginer ce groupe progresser à l’avenir. A plusieurs reprises ces dernières saisons, nous avons vu Pat Riley chasser des agents libres en vain (Kevin Durant, Gordon Hayward, …). Car si ce groupe n’a pas d’avenir en restant tel quel, il semble que l’ajout d’un joueur de premier plan en ferait immédiatement une équipe cauchemar à jouer. Avec de nombreux vétérans rugueux, intelligents, complets, l’ajout d’un joueur aux allures de leader aurait rapidement rendu les floridiens très tenaces.

Sauf que l’opportunité d’ajouter des agents libres prit fin sous le joug des salaires de leurs vétérans gonflant petit-à-petit et du contrat vicieux de Tyler Johnson passant de 5M à 19,2M par an entre la 2è et la 3è année. Bref, tout compétitif que puisse être cet effectif – et ils le prouvèrent valeureusement face à Philadelphie lors des derniers playoffs -, ce groupe ne peut ni compter sur une progression interne (peu de joueurs à potentiel très élevé, pas de bons choix de draft, si l’équipe ne se met pas à planter ses saisons), ni par le recrutement.

Dans ce contexte, on aurait pu imaginer que Pat Riley soit prêt à casser son effectif pour obtenir la star dont il avait besoin. Mais il n’en fut rien. Preuve étant, cet échange avec les Timberwolves où il aurait refusé d’augmenter la contre-partie pour obtenir Jimmy Butler. Pourtant, le joueur semblait en tous points convenir à la manière de jouer du Heat, et aurait pu trouver son compte en tant que leader incontesté, dans un gros marché et au sein d’un groupe qui joue le basket qu’il semble apprécier. Mais si obtenir un franchise player est un objectif certain, le message est clair, il ne l’obtiendra pas à tout prix, quitte à patienter encore.

Alors que seraient-ils prêt à faire pour un joueur comme John Wall ?

La situation des Washington Wizards

Chez l’autre franchise, la situation est critique. Concrètement, dans la situation actuelle, il semble y avoir deux options viables.

La première, repartir de 0 en faisant table rase du passé. Mais la tâche n’est pas aisé, et la NBA a prouvé que très peu d’équipes explosent complètement l’effectif. D’autant que la NBA cherche à éliminer ce processus employé en 2013 par les Sixers.

Du coup, la réalité est ailleurs, et nul doute qu’ils aimeraient éjecter les cas litigieux pour repartir sur des bases saines. Le candidat idéal pour cela, s’appelle Bradley Beal. L’arrière est un excellent joueur, qui a su tenir la maison en l’absence de Wall la saison passée et au comportement moins exubérant que son meneur à première vue. Il sera moins cher, est moins souvent blessé et est plus jeune. Otto Porter quant à lui coûte un peu trop – merci les Nets ! – et paraît difficile à bouger en raison du faible nombre de demandeurs (si l’on excepte les Pelicans). Toutefois, le voir rester ne serait pas gênant, étant donné qu’il a déjà montré que dans un bon cadre et à un poste qui lui convient bien (en poste 4), il avait du potentiel. De plus, si transition il y a aux Wizards, cela donnera du temps pour le tester davantage. Markieff Morris est un élément perturbateur, mais reste un bon joueur à bas prix. Dwight Howard lui n’est pas vraiment un soucis, peu importe sa situation, son contrat est faible (5M/an) et il peut aussi bien servir de monnaie d’échange (même si je compte maximum 5 équipes susceptibles d’être intéressées) qu’être coupé.

John Wall quant à lui, s’apprête comme susmentionné à devenir terriblement cher (37,8M l’an prochain + 3M supplémentaires chaque saison pendant 3 ans), et ce alors qu’en dépit d’un talent certain, il a subi de nombreuses blessures, multiplie les déclarations douteuses et les escarmouches avec ses coéquipiers.

De fait, si l’on est honnête, entre les problèmes récents, son contrat et les résultats de l’équipe, on peut déjà dire que n’importe quelle équipe intéressée par le riche roster des Wizards se tournera en priorité vers Bradley Beal.

Sauf peut être le Heat, qui est en position de prendre le risque.

Comment cela fonctionnerait ?

Ce qu’il faut commencer par dire, c’est que le contrat exorbitant de John Wall (à partir de 2019-2020) est l’équivalent de ce qui sera payé en 2019-2020 pour la paire Goran Dragic – Hassan Whiteside, qui devraient jouer la sécurité en activant leurs « player options ».

Si cette donnée est intéressante, il faut tout de même admettre qu’il y a de grandes chances que Miami serre les dents encore 2 ans, avant de retrouver sa flexibilité, plutôt que de se réengager avec un joueur pour 4 saisons. A l’été 2020, la franchise libérerait alors 65,5M de dollars, de quoi passer de 133M de salaire versés à 70M. Dans cette situation, l’équipe pourrait se pencher sur les agents libres disponibles. Un pari qui a échoué par le passé, mais que le front office pourrait à nouveau tenter.

La suite se base donc sur l’éventualité où Miami venait à penser qu’ils préfèrent forcer le destin et relancer John Wall. Après tout, le joueur reste un excellent meneur dont de nombreux défauts pourraient être gommés par la présence d’un coach de premier plan, Erik Spoelstra. Il n’a jamais eu de coach d’envergure en carrière, Scott Brooks ne représentant pas réellement une amélioration par rapport à Randy Wittman (et d’aucuns diraient « bien au contraire »).

Bref, John Wall ne coûte que 19M cette année, ce qui fait que son contrat est très abordable pour un échange. Il faut juste fermer les yeux sur le futur contrat…

Concrètement, les Wizards ne sont pas en position de force dans les négociations. S’ils veulent repartir sans le même backcourt, Wall est l’homme dont ils veulent se séparer : le payer 40M dans 2 ans rendrait toute reconstruction très dure à réaliser (à moins de monter cet échange la saison prochaine). Néanmoins, se délester du joueur ne permettrait pas à la franchise de récupérer des jeunes prometteurs, l’équipe resterait assez bonne pour continuer à remporter des matchs. Donc autant récupérer des joueurs aptes à encadrer le groupe.

Côté Heat, l’échange n’est viable que s’ils arrivent à mettre des contrats susceptibles de les gêner à l’avenir. Goran Dragic, Hassan Whiteside, Dion Waiters et Tyler Johnson sont donc ciblés. Mettre 2 de ces 4 noms est indispensable.

Un premier échange qui semble envisageable serait donc le suivant :

John Wall + Ian Mahinmi vs Goran Dragic + Hassan Whiteside

Cet échange est équilibré poste pour poste et permet aux deux équipes de faire un chassé croisé. Les Wizards resteraient compétitifs et obtiendraient une soudaine flexibilité financière pour entourer Beal & Porter à l’été 2020 : 46M ! Quant au Heat, cela leur permettrait d’obtenir le potentiel franchise player qu’ils recherchent. Même si cela empirerait leurs problèmes de luxury tax la saison prochaine (mais la réduirait cette année).

Seconde idée :

John Wall + Austin Rivers vs Goran Dragic + Dion Waiters

Dans cet échange, les Wizards acceptent de récupérer Waiters contre le contrat expirant de Rivers pour permettre au Heat d’encaisser financièrement (partiellement) la hausse de salaire de John Wall. Côté Wizards, on évite encore l’inflation de salaire du meneur quitte à tenter de relancer Waiters.

On pourrait ainsi continuer les tentatives pour équilibrer les échanges, mais les deux équipes étant au dessus de la luxury tax, cela ne représente pas vraiment un challenge (pas besoin d’équilibrer). Néanmoins, vous pouvez tester vos propres propositions avec l’ESPN Trade Machine, ou mieux, en prenant les Team Payrolls pour analyser les conséquences à moyen terme.

Évidemment, ce scénario n’est pas le plus probable pour Miami. Mais il est probablement le moins tiré par les cheveux, s’il s’agit de trouver un point de chute pour John Wall.