« Qu’on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme, j’y trouverai de quoi l’y faire pendre. » Cette parole, que l’on prête à tort à Richelieu, résume à merveille le cas de Frank Ntilikina. Malgré un potentiel certain et un impact déjà présent, l’opinion que les fans ont de lui est biaisée par des lignes de stats brutes peu reluisantes. Analyser la situation du jeune meneur des Knicks est extrêmement complexe et ce pour une pléthore de raisons. Tâchons d’expliquer pourquoi en guise de liminaire.

Côté attaque, l’analyse statistique n’est jamais dénuée d’intérêt, mais il faut bien comprendre que si les statistiques ne mentent jamais, encore faut-il bien s’assurer de ce qu’elles mesurent. Dans le cas de Frank, elles se heurtent assez vite à trois obstacles de taille : le très petit volume de tirs pris par le français, les QI négatifs (disons le) qui jouent à côté de lui et l’absence de coaching de qualité. Pour ces mêmes raisons, il est tout aussi difficile d’y voir clair sur les qualités défensives du garçon quand on ne se focalise que sur les statistiques avancées.

La présente analyse a donc pour objectif de tenter d’y voir plus clair et de voir si un transfert ne serait pas la meilleure option pour la suite de sa carrière NBA.

Commençons avec le sujet qui fait malheureusement le moins parler : ses énormes qualités de défenseur.

Un défenseur déjà parmi l’élite de l’élite

A titre de liminaire, je précise que je n’avancerai pas d’ensembles statistiques dans cette partie du sujet.

Les raisons sont assez évidentes : depuis la draft de l’ex-strasbourgeois, les Knicks n’ont jamais eu ne serait-ce que l’illusion de jouer les playoffs. Compliqué d’évaluer la défense d’un seul joueur dans une équipe qui ne joue rien. Ensuite, pour ce qui est des chiffres les plus récents, quelle pertinence leur donner lorsqu’on sait que Ntilikina est quasiment le seul bon défenseur de l’effectif ?

Pour toutes ces raisons, je préfère donc me focaliser sur le joueur et ses qualités présentes ou futures plutôt que sur des résultats pas franchement pertinents.

Déjà à l’époque de sa draft, Frank était étiqueté prospect défensif 5 étoiles auprès des scouts. Et quand on parle de scouting, forcément, on pense au travail de @GuillaumeBInfos, qui ne faisait pas exception. Pour ceux qui n’auraient pas regardé ses vidéos il y a de cela plus d’un an, voici la plus importante pour ce qui nous intéresse.

La comparaison avec aujourd’hui est extrêmement intéressante. De prospect défensif élite, l’ex-strasbourgeois a réalisé une partie de son potentiel et est devenu un défenseur d’élite. A l’époque, comme quasiment tous les prospects NBA, il manquait cruellement de force brute pour faire face aux monstres qui peuplent la grande ligue et c’est en partie ce qui l’a plombé durant sa saison rookie. Pour autant, on avait déjà eu de très bons flashs, qui lui ont valu plusieurs mixtapes et les louanges de Kyrie Irving et Stephen Curry.

Il se trouve que pour ce qui est de prendre beaucoup beaucoup de muscle en pas beaucoup beaucoup de temps, nos amis américains s’y connaissent extrêmement bien. Espérons simplement pour notre compatriote qu’il n’en paie pas le prix plus tard.

Revenons-en à ses qualités défensives.

On entend parfois les analystes US comparer Frank à un cornerback. Et pour cause, le gamin fait furieusement penser à des joueurs ultra agressifs mais qui restent extrêmement précis en couverture en homme à homme comme Darrelle Revis ou plus récemment Jalen Ramsey.

Pour ceux qui ne suivent pas la NFL, les cornerbacks sont les joueurs défensifs qui couvrent les couloirs le long de la ligne de touche. A quoi reconnaît-on les meilleurs d’entre eux ?

Tout simplement au fait… qu’ils n’ont pas tant de ballons que ça à défendre. En effet, le quarterback adverse va bien souvent éviter de cibler le receveur auquel ils sont assignés, car les chances de voir la passe complétée sont faibles et le risque d’interception élevé : en gros, on évite de leur donner l’opportunité de briller en ne servant pas l’attaquant dont ils ont la charge. Au basket, c’est exactement la même chose : les meilleurs défenseurs ne sont ni ceux qui font des contres spectaculaires, ni ceux qui font beaucoup d’interceptions, mais ceux contre qui l’attaquant ne va même pas prendre le tir et va soit renvoyer la balle à son meneur soit carrément rendre la balle.

Je me permets d’insister sur ce point, car la pratique de certains fans/médias qu’ils soient français ou américains qui consiste à ériger en bons défenseurs les joueurs qui font le plus de contres et d’interceptions semble peu pertinent et répandu.

Tous ceux qui ont joué en club comprendront certainement cet agacement : on a tous eu à subir ce gars qui saute sur toutes les feintes pour tenter le gros contre, qui va gamble sur toutes les lignes de passe etc. Ce même joueur qui pour les 6 malheureux points qu’il vous aura rapporté, vous en aura coûté 20 si ce n’est plus.

On passe maintenant au sujet qui fâche : son inefficacité totale de l’autre côté du terrain.

Un shoot intéressant mais plombé par un énorme manque de confiance

Posons une nouvelle fois cette importante précision qui est une invitation à la prudence autant qu’à la nuance : si les ensembles statistiques qui vont être égrenés plus bas sont au mieux compromettants, ayez toujours à l’esprit qu’ils ne reposent que sur un très petit échantillon, Frank ne prenant que 7 petits tirs par match (6 l’an passé). Je précise également, pour des raisons d’accès à certaines stats, qu’elles ont été rassemblées début novembre. Ne vous étonnez donc pas si vos chiffres sont différents.

Inutile d’y aller par 4 chemins : notre ami français est un des pires joueurs de la ligue pour ce qui est de l’attaque.

Le constat global est terrible : l’ancien protégé de Vincent Collet est l’un des joueurs offensifs les plus inefficaces de toute la NBA. Clairement. Ce point n’est même pas à discuter. Son true shooting % est actuellement de 42,2% contre 43,7% l’an passé, soit derrière des shooteurs abolument non-naturels comme Lonzo Ball.

La quasi totalité des statistiques intéressant de près ou de loin le jump-shot sont accablantes et disons le franchement inquiétantes. Avec seulement 87 points marqués pour 100 shoots tentés, il est dans le 4e percentile (!!!) au PSA (points per shot attempt). Pour ceux qui ne seraient pas familiers de ce genre de statistiques made in cleaningtheglass.com (le site de Ben Falk, brillant analyste US que je vous recommande), cela signifie que 96% des joueurs de la ligue sont plus efficaces que lui. Oui, en effet, dur. A titre de comparaison, Stephen Curry (le leader de cette catégorie statistique), c’est 139,9 PSA. Pour que vous réalisiez pleinement l’ampleur de la catastrophe, prenez Ricky Rubio, qui ne met pas un pied devant l’autre cette saison : lui est dans le 50e percentile avec 103,8. Oui, ça fait mal.

Bref, tout ceci n’est guère reluisant à première vue. Problème : si on contextualise et qu’on étend le champ des recherches, c’est encore pire…

  • 24% de conversion de ses tentatives sur du catch and shoot 3′
  • 34,6% aux tirs effectifs sur la globalité du domaine du catch and shoot
  • 43,8% aux tirs effectifs sur ses pull-ups
  • 8e percentile sur l’efficacité au shoot
  • 8e percentile à 3pts
  • 2e percentile à 2 pts

Presque 70% des tirs pris par notre ami étaient soit ouverts soit grand ouverts, pour une réussite extrêmement médiocre là aussi : 39,4% aux tirs effectifs quand il est ouvert et 46,2% sur cette même stat quand il est grand ouvert. Pour vous donner une idée de l’étendue du carnage, l’an passé, Stephen Curry tournait dans ces deux catégories à (attention, mouillez vous la nuque) 64,3% et 71,3%. Sans aller jusque dans de tels extrêmes, si l’on prend un shooteur « moyen » comme Dario Saric, on a quand même une adresse globale de 52,9 et 62,2%. Oui, aïe.

Comment expliquer cette absence totale d’impact offensif et cette adresse plus que déficiente ?

Un manque d’agressivité aussi flagrant que préjudiciable

Quand on regarde Frank jouer, le premier jugement qui nous vient à l’esprit est celui qui consiste à dire que l’on est en face d’un joueur très timide voire timoré, qui manque de confiance en lui, etc.

Comme la plupart des jugements a priori, s’il n’est pas toujours très pertinent, il comporte quasi systématiquement un fond de vérité.

Effectivement, Ntilikina n’est pas du tout assez percutant sur ses rares drives, n’a pas l’agressivité requise pour finir fort au cercle et encore moins pour provoquer des fautes. Pour cause : il tente moins de deux drives complets (qui sont conclus par un tir) par match, pour une réussite assez faible (environ 40%). Même en essayant de nuancer la stat, le constat demeure : l’ex chouchou du Colisée ne tente que 0,7 lancer franc par match (!!!) cette saison, contre à peine plus l’an passé (0,9). De plus, on ne le voit quasiment jamais faire de drive&kick ou de drive&dish.

Ce manque d’agressivité est un véritable boulet. Si l’on parlait d’un shooteur d’élite au physique relativement frêle, on dirait simplement qu’il n’a pas envie d’aller se faire arracher les bras sous le cercle et on comprendrait aisément pourquoi. Or Frank n’a absolument rien d’un JJ Redick ou d’un Kyle Korver. On parle d’un extérieur très jeune, très rapide, déjà bien tanké pour son âge, avec une technique de finition perfectible mais certainement pas « Tony Allenienne ».

Quand on fait le point sur sa situation sur ce point précis, on s’aperçoit assez vite que l’ex strasbourgeois traîne deux boulets : d’un côté un handle loin d’être assez bon pour lui permettre de driver de manière vraiment très agressive et de l’autre un premier pas trop peu explosif pour lui permettre de compenser.

Il n’en reste pas moins qu’il est pour l’instant beaucoup trop soft dans son approche et que comme l’explique très justement Tony Parker, c’est à lui de prendre les choses en main.

Extraits choisis, interview complète ici :

« Il vient du système à l’européenne, donc ce n’est pas facile, il a du mal à s’ajuster à ce genre de situation. Mais c’est la NBA, donc parfois il faut essayer de forcer les choses, pour qu’elles aillent dans notre sens. Il faut qu’il montre qu’il est positif, agressif. C’est ce que je lui ait dit : « tu ne peux pas attendre ! ». Il a tendance parfois, en tant que meneur, à juste attendre. Mais parfois cela ne va jamais aller dans ton sens. Il faut provoquer, être agressif, et ce soir il l’a fait. »

Il faut qu’il soit plus agressif donc, et le montrer surtout ?

Oui, c’est ça. Il doit provoquer l’action. Il ne peut pas juste être patient. Parfois, dans cette ligue, tu dois montrer que tu es agressif ! Défensivement, il s’est fait un nom. Maintenant il faut qu’il soit plus régulier offensivement aussi.

On pourrait conclure là dessus, en disant que le français a tout du profil du sleeper qui va exploser sur une saison et remporter le trophée de MIP en écrasant la concurrence, comme a pu l’être un Giannis Antetokounmpo, à qui on le compare souvent en termes de prospect.

C’est une issue possible, mais à nuancer : si Frank prend autant de bons tirs, c’est aussi et surtout parce que ses adversaires ne sont pas idiots. Vu ses pourcentages, le laisser tout seul derrière l’arc ne constitue pas une grosse prise de risques.

Qu’arrivera-t-il s’il devient un shooteur respecté ? Même en admettant qu’il se mette subitement à tourner à des pourcentages élevés, que feraient les défenses adverses ?

Très simple : l’agresser. Frank saurait-il alors contourner un closeout ou un hedge voire un blitz ? Pour punir ce genre de défense, vous devez soit avoir un très bon handle soit une belle vision du jeu, des armes dont Frank ne dispose pas encore. Si en plus on remet sur la table son énorme manque de confiance en lui.. tout cela n’augure pas vraiment du meilleur.

Toujours est-il que quitte à aller s’empaler dans des grands, à tenter parfois des finitions très compliquées, à ce que tout cela soit vraiment moche dans un premier temps, il doit se forcer, car là est la clé non seulement de son explosion, mais de son futur en NBA.

On le voit, si le n°8 de la draft 2017 est une montagne de « si », ce manque de confiance en lui en est justement le sommet.

Pour être juste et le plus objectif possible, il faut contextualiser au maximum tout les constats que l’on peut faire. Or toutes les réflexions développées jusqu’ici tendent vers un même point. On va laisser les gants de côté pour cette fois : l’environnement craint. Genre vraiment.

Un environnement cauchemardesque

Objectivons la chose au maximum : vous êtes un jeune meneur de jeu. Vous débarquez avec une pression assez énorme sur les épaules car vous êtes européen, drafté haut et pire encore : drafté haut par les New York Knicks.

Lors de votre saison rookie, vous devez vous coltiner un coach comme Jeff Hornacek et deux visionnaires dans l’effectif : Tim Hardaway Jr et Michael Beasley. La saison avance et voilà qu’on vous met un 3e soliste dans les pattes avec la venue de Trey Burke.

La saison s’achève piteusement et vous n’avez évidemment pas la joie de goûter aux joutes printanières. Durant votre saison sophomore, on vous tombe déjà dessus parce que faut pas déconner, c’est NY, il y a Rucker à côté, faut crosser la Terre entière et mettre des paniers, sinon z’êtes pas un vrai baller. Pas de place pour les timides et les casual gamers par ici.

Du coup, on va virer Hornacek et te confier aux bons soins de David Fizdale, coach possiblement très caractèriel s’il en est.

Mais ce n’est pas tout ! Pauvre de toi petit français, Michael Beasley est parti, il faut donc le remplacer. Allez avec notre 1er tour de draft, on va prendre un joueur pas trop nul, mais qui lui aussi a besoin de la balle. Mais attends ce n’est pas fini, t’en as sans doute pas assez. Allez, c’est cadeau : Allonzo Trier, « Iso Zo », c’est génial non ?!

Le pire dans ce récit ? Malgré la volonté non dissimulée de se moquer un peu des Knicks… ce n’est pratiquement que des problématiques à traiter. Un fait symbolise un peu cet environnement assez calamiteux : les meilleurs amis de Frank dans l’effectif ne sont autres qu’Enes Kanter et surtout Courtney Lee, à l’endroit duquel il n’est pas avare de remerciements pour ses conseils et l’aide qu’ils lui offrent au quotidien.

Un départ salutaire ?

Comme chacun le sait, le front office des Knicks se moque royalement de cette saison. Son regard est tourné vers la prochaine free agency, où l’équipe disposera d’une sympathique enveloppe de 45M de dollars pour recruter (le salary cap devrait être à 109M cette année d’après les estimations les plus récentes). Kristaps Porzingis n’ayant pas bénéficié d’une extension, l’objectif est clair : ramener une, voire deux stars à Gotham.

Pour cela, 45M de dollars c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faudra récupérer au moins 15M de plus. Tim Hardaway Jr étant compliqué à bouger, les possibilités ne sont pas nombreuses. En fait il n’y en a qu’une seule : utiliser Ntilikina ou Knox pour envoyer Courtney Lee ailleurs dans le cadre d’un salary dump trade.

A votre avis, si un tel échange avait lieu, qui les Knicks choisiront-ils ? Le petit européen timide qui galère à s’imposer ou l’américain qui produit des highlights ? Malheureusement pour Frank, on doute fortement que le front office n’hésite une demi-seconde.

Alors quid maintenant de où pourrait-il s’épanouir ?

J’ai personnellement trouvé extrêmement pertinente l’analyse de Tony Parker, qui faisait le parallèle avec Boris Diaw et expliquait que si vous mettez Babac dans une équipe de solistes, il ne vous sera d’aucune utilité mais qu’en revanche, si vous l’insérez dans un bon collectif, il sera performant quoi qu’il arrive.

Vu que la valeur de Frank est très incertaine en dehors d’un salary dump trade, une réflexion ouverte semble ici plus pertinente.

Si l’on évalue les besoins du français on a donc : coach compétent et ouvert d’esprit, environnement sain, coéquipiers intéressants et GM patient. Si l’on recoupe ça avec ce que pourraient offrir les éventuels prétendants et les logiques des différentes franchises par rapport à l’énorme free agency à venir, il ne reste pas beaucoup de monde. De mon point de vue il n’y a que trois franchises chez qui ça pourrait faire sens : les Clippers, le Heat et les Bucks.

Pour les Clippers, vu que beaucoup d’équipes NBA ont des lineups à deux meneurs et que l’option est très intéressante notamment en sortie de banc, on se dit que Jerry West pourrait éventuellement songer à tenter le pari. Du côté de South Beach entre un Dragic vieillissant et un Winslow à la progression incertaine on peut penser que c’est un move qui peut être tenté afin de rajeunir un peu l’effectif.

La piste Milwaukee me semble être la plus pertinente et ce pour plusieurs raisons.

En tout premier lieu, quand on est une franchise qui désire abattre les Celtics sur une série de playoffs, on se dit qu’avoir un défenseur du calibre de Ntilikina peut s’avérer plutôt utile vu le monstre qu’il y aura en face.

Outre cet intérêt d’ordre purement sportif, les Bucks, en plus d’avoir Khris Middleton et Brook Lopez à payer, pourraient voir partir les trois guards de leur effectif cet été, sachant que l’un (Hill) sera coupé (contrat garanti seulement à hauteur d’1M), un autre (Bledsoe) sera totalement libre et le dernier (Brogdon) devra être payé.

Récupérer un prospect sur ce poste pour disposer d’une soupape de sécurité l’été venu semble donc être une stratégie plutôt judicieuse.

En effet, on voit mal comment garder Bledsoe ou Brogdon pour moins de 20M annuels sur une durée assez conséquente. Or les Bucks vont vite se retrouver face à un dilemme : d’un côté une hypothèse: voir Bledsoe baisser en régime une fois son contrat signé. De l’autre une certitude : voir toutes les équipes recalées par les Irving and co jeter leur dévolu sur Brogdon et lui faire une offre que le front office n’aura pas forcément envie de matcher.

Si l’on part du principe que les Knicks veulent avant tout récupérer de la flexibilité salariale, un échange semble assez clairement se dessiner: Hill part pour la Big Apple, Frank et Lee vont rejoindre la bande à Giannis dans le nord du pays.

Cet échange contente tout le monde: les Bucks couvrent leurs arrières pour cet été tout en récupérant un vétéran très précieux dans une optique de playoffs et les Knicks sont libres d’aller vendre leur projet à Kyrie Irving et Kevin Durant. Ntilikina, lui, atterrit dans un vestiaire conquérant, avec un coach référencé et une philosophie de jeu qui peut tout à fait lui correspondre.