Aujourd’hui, je suis tombé sur cette vidéo de l’équipe First Team. Outre le fait que je sois très en retard pour le visionnage, elle m’a donné envie de réaliser un article. Faisant suite à la déclaration de Luka Doncic sur le fait « qu’il soit plus facile de marquer en NBA qu’en Europe », la vidéo d’environ 15 minutes aborde plusieurs thématiques sur ce qui rend la NBA et l’Euroligue si différentes dans le basketball proposé.

Pour rappel, la déclaration entière :

Pour moi, c’est plus facile de scorer en NBA qu’en Europe. Là-bas, le terrain est plus petit et il n’y a pas la règle des trois secondes en défense. Donc si je dirai qu’il est plus facile de marquer ici.

Si vous décidez de regarder l’ensemble de la vidéo, vous verrez l’ensemble des thématiques traitées. Les différences de règles, les différents choix faits en terme d’orientation, ou encore les disparités entre le profil de chaque ligue. Cette revue permet d’apprécier avec justesse ce qui fait finalement l’essence de ce qui est proposé par chacune d’entre elles.

Néanmoins, ce qui a particulièrement attiré mon attention arrive lors d’un échange sur les inégalités d’arbitrages. En effet, durant une séquence, Thomas Dufant explique que le jeu Européen est plus rugueux que celui pratiqué dans la NBA moderne. Jusque là, rien de bien disruptif, sauf que par la suite, il ajoute un second argument : le fait que soudainement, les Playoffs arrivés, le jeu NBA redevienne plus dur, plus défensif. Avec cela, l’idée que ce soit la volonté de la NBA de proposer une nouvelle saison pour les Playoffs, avec un nouveau basket dont les règles mêmes sont différentes.

Cette remarque qui là encore, fait tout à fait sens, m’a également poussé à m’interroger. Quelles sont les raisons qui auraient pu expliquer cette volonté désormais tranchée de proposer deux saisons NBA bien distinctes ? Car en effet, si cela a toujours été dans l’identité NBA, il semble désormais évident que le gap s’est creusé depuis les récentes saisons. Une réalité à laquelle on ne devrait pas échapper cette saison où la saison régulière est plus que jamais orienté vers l’attaque aux dépends de la défense.

Mais quelles pourraient être les raisons derrière ce revirement ?

Mettre en avant et faire émerger des stars

C’est un point qui n’est peut être pas la raison majeure de ce choix, mais qui pourrait partiellement expliquer cette orientation de l’arbitrage vers la protection des attaques et le changement des règles pour faciliter leur travail.

La NBA a vu ces dernières saisons de nombreuses stars se rassembler pour partir à la recherche du titre NBA, conscients qu’ils n’arriveraient pas à conquérir le Graal sans d’autres grands noms à leurss côtés. Or quel est le meilleur moyen de limiter les rassemblements pléthoriques comme celui des Warriors ? Peut-être que la NBA possède assez de stars pour que les groupements soient moins importants. Conscients que réussir en NBA est aussi une histoire de situations, les dirigeants de la ligue ont pu être tentés d’aider les joueurs à acquérir ce statut pour passer un cap – notamment dans leur force d’attraction.

A cela peut évidemment s’ajouter l’argument marketing, en donnant un maximum de joueurs phares à suivre pour les fans.

Ces dernières saisons ont vu de nombreux noms, jeunes comme moins jeunes exploser aux yeux des fans. Et si les Playoffs ne permettent pas toujours de confirmer, c’est aussi une nécessité pour alimenter un maximum de franchises.

Proposer une saison spectacle

On ne va pas se mentir, une grande partie des médias et des fans s’extasient devant les scores et les records. Voir les meilleurs joueurs NBA enchaîner des performances jamais-vu a rythmé les dernières saisons. Le crû 2016-2017 avait d’ailleurs particulièrement marqué la NBA, réalisant que la course à la saison en triple-double de Russell Westbrook envahissait les réseaux sociaux et catalisait l’attention de toute la ligue.

Voir d’autres saisons-anomalies se produire a légitimement pu faire parti des objectifs d’Adam Silver et ses équipes pour continuer à développer la ligue. La grande saison du rookie Luka Doncic venant d’ailleurs placer son nom autour de plusieurs légendes du jeu, dont Michael Jordan, courronne d’ailleurs cette stratégie (si elle est bien réelle).

Néanmoins, pour moi, la raison majeure est ailleurs.

Protéger les joueurs

Je pense que protéger les joueurs est très certainement l’objectif principal de la NBA en proposant ces « deux saisons » dans la saison. Et pour cela, je vous renvoie aux années précédentes. Les saisons 2012-2013, 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016 avaient été marquées par une pluie de blessures. De nombreux débats quant aux blessures dûes à la fatigue dans une NBA toujours plus rapide et athlétique avaient fait rage tous ans afin de trouver une solution.

Si la NBA semble avoir proposé dans un premier temps un rallongement de la saison, une réduction de la pré-saison et une semaine de vacance autour du All-Star Game – elle pourrait très bien avoir pris une mesure supplémentaire concernant l’arbitrage et l’intensité des rencontres. En effet, il faut bien comprendre que réduire le nombre de match en saison régulière comme mainte fois évoqué n’est pas une option envisageable pour diverses raisons. Héritage de la ligue, droits TV, retombées financières rendent cette solution complètement caduque, il fallait donc trouver autre chose.

Ces blessures, outre le fait qu’elles furent devastatrices pour certaines équipes avaient tendance à ruiner l’intérêt des premiers tours de Playoffs, qui restent notamment la plus grosse attente des fans et l’objectif final de la saison régulière. La problématique avait même tendance à s’étendre puisqu’elles privaient de chances de titre certaines franchises.

Imaginer la NBA décide de limiter le risque et l’intensité de certaines rencontres en donnant plus d’avantages aux défenses n’a rien d’incohérent. D’ailleurs, on peut observer que les Playoffs de l’an passé n’ont pas été marquées par des affiches amputées de leur intérêt à cause de blessures de plusieurs stars.

En quelques sortes, cette NBA a deux saisons, qu’évoquent Thomas Dufant et Erwan Abautret pourrait très bien être la meilleure réponse trouvée par Adam Silver et ses équipes pour soigner son produit. Il y aurait alors une régulière portée par les performances XXL et les records, tandis que les Playoffs laisseraient place à une NBA plus « old school » et compétitive. Un choix qui paraitrait sûrement plus acceptable pour nous autres fans, déjà assoiffés, priant pour avoir des confrontations de post-saison à la hauteur des attentes. Pour cela, il faut des équipes en bonne santé, et l’arbitrage est peut-être le complice idéal pour y arriver.