Fin de saison oblige, les derniers spots de playoffs coûtent cher. Que ce soit à l’Est comme à l’Ouest les équipes qui sont encore concernées par cette lutte redoublent d’efforts pour avoir l’avantage du terrain ou pour tout simplement en être. Une mission qui n’est déjà pas simple mais qui est encore plus compliquée lorsqu’un de vos joueurs principaux est dans les rumeurs pour la free agency et si en plus c’est votre franchise player, là, on bascule dans une ambiance suffocante au quotidien où tout devient insurmontable ou presque. Aujourd’hui, on part en Caroline du Nord, du côté de Charlotte où, selon les dernières rumeurs, Kemba Walker commence à avoir des envies de départ.

Alors qu’il vient de disputer en tant que titulaire le All Star Game dans son Spectrum Center dans la team Giannis, Kemba a eu un retour à la compétition assez rude. 3 victoires et 7 défaites. Si certaines défaites ne choquent pas, 2 matchs sont à pointer du doigt : la défaite à la maison contre les Nets (6ème) 115-117 et celle contre Miami (8ème) toujours à domicile 84-91. Deux adversaires directs qu’il fallait battre pour prétendre à une place en PO.

Les Hornets ne sont pas encore hors du coup mais le calendrier de fin de saison ne réserve que peu de fenêtre de tir et il ne faudra en manquer aucune : le 15/03 à Washington, le 17/03 à Miami, le 29/03 aux Lakers, le 09/04 à Cleveland et enfin à la maison en back to back le 10/04 contre le Magic. 4 matchs à l’extérieur pour accrocher le 8ème spot.

Donc le sportif c’est pas jojo mais depuis hier (lisez le 12/03) l’extra sportif s’est ajouté à l’équation et les bruits de couloirs relayés par Sam Amick de The Athletic semble décrire un Kemba frustré d’être encore à la lutte pour une place en post saison. Qui plus est, dans une mauvaise posture pour y parvenir. Pas sûr qu’on puisse réellement lui en vouloir même s’il a clamé son amour pour la franchise ces deux dernières années.

Charlotte est reparti cette saison avec un nouveau coach, rookie de surcroît, et vu ce qui était disponible à l’intersaison on peut se demander s’il n’aurait pas mieux valu chercher un homme d’expérience. En effet avec un franchise player en dernière année, la franchise aurait pu faire sentir à Kemba qu’elle mettait tout en oeuvre pour permettre à l’équipe de passer un pallier. Ca ne veut pas dire que Borrego fait n’importe quoi mais un nom ronflant peut parfois permettre de faire rester un joueur plus facilement.

Au niveau du roster, on peut le dire, Kemba Walker n’a jamais été entouré de grands noms et même si Tony Parker sort une saison cinq étoiles, ce n’est plus le Tony de l’époque. Le Ranger n’aura jamais eu de véritable lieutenant sur lequel il peut s’appuyer de manière régulière. Il suffit de regarder les boxscore des matchs de Charlotte pour le voir, si Kemba n’en met pas 30, tout devient vite compliqué. Pire, même quand il craque un score (30+), la victoire n’est pas toujours au rendez-vous et on compte 13 défaites dont 3 à 40+ et une à 60 points inscrits, tout cela amène évidemment beaucoup de frustration.

Je n’ai rien contre Nicolas Batum mais le Français n’est pas là pour empiler les points. Même si on attend toujours beaucoup (trop) de lui, son rôle est plus de facilitateur et dans cette optique un second scoreur aurait pu (ou pourrait) changer grandement la donne du côté des frelons. Imaginez un Bradley Beal aux côtés de cette paire et l’attaque de Charlotte aurait une toute autre gueule. Souvenez vous des années Portland de Nico avec Aldridge et Lillard et vous aurez rapidement compris ce qu’il manque pour que la franchise se soucie plus de l’avantage du terrain que du simple fait de jouer en mai/juin.

Mais comment faire avec une masse salariale comme celle des Hornets ?

Les sommes indiquées en vert sont des player options et les joueurs concernés ne sont pas fous, ils vont tous la prendre sans hésiter. Mais quel rendement pour un total de 45 millions bloqués pour la prochaine saison ? Il y avait pourtant des équipes en plein tanking (ou sur le point de tourner la clé de contact) à la trade deadline, Cleveland, New York, Phoenix, Atlanta, Chicago, Memphis, Dallas, New Orleans avec des joueurs comme Randle, DeAndre Jordan, TJ Warren, Rodney Hood, Marc Gasol,… Alors oui le dernier cité était, selon les sources, tout proche d’une venue en Caroline du Nord mais c’est encore une raison supplémentaire d’être frustré que de le voir partir à Toronto. Qu’est ce qui a fait qu’au dernier moment le deal soit tombé à l’eau ?

Alors on pourrait reprocher aussi à Kemba de ne pas être un vrai patron et de manquer de leadership. De parfois disparaitre ou forcer des shoots sur certaines fins de matchs comme lors de la récente victoire contre Washington. Mais ça fait 4 ans qu’il ne rate quasi aucun match (sans doute pour garder une chance de victoire) et qu’il est en progrès constant sur ses stats (+2pts en scoring tous les ans depuis 4 ans). Puisque Charlotte n’a pas de second scoreur, elle ne peut pas le reposer, le garder frais et dispo, lui permettre de rester lucide en permanence. De même qu’il doit tout jouer aussi pour maintenir cette chance de jouer les PO le plus possible, avec un second joueur digne de ce nom, Charlotte serait plus haut et pourrait se permettre d’alterner sans risquer d’être larguée dans la course au 8ème spot.

Ca ressemble à une longue liste de « si » mais en réalité il suffirait d’un joueur, un seul et même pas un énorme cador, juste quelqu’un capable de mettre ses 20pts sans forcer. Problème le second en moyenne est Jeremy Lamb avec 15pts et après on tombe avec 2 joueurs à 10pts… C’est trop peu et trop instable.

Arrivé à son prime, je n’ose imaginer la frustration que risque de subir les fans des Hornets s’ils voient : 1) Kemba partir 2) Kemba réussir dans une autre équipe où il n’y a pas nécessairement beaucoup de bons joueurs mais juste un peu plus de scoring. La chance qu’ils ont est que la free agency à venir sera particulière car très chargée en agents libres et s’ils ne filent pas tous au même endroit, Charlotte aura peut-être une chance de signer Kemba au max. Néanmoins, au-delà de la planche à billet, il voudra surement s’assurer qu’un projet un minimum ambitieux est en place, pas juste des paroles, si j’étais les petits gars de Charlotte je m’activerais dès le soir de la draft pour montrer à mon meilleur joueur qu’on a quelque chose de sérieux pour lui, enfin !