28 juin 2013, Danny Ainge aime l’odeur du souffre et il est déterminé à créer une nouvelle équipe de Boston. Il accepte que Doc Rivers parte aux Clippers contre un 1er tour de draft et surtout il dévalise les Nets en leur refourguant Kevin Garnett, Jason Terry et Paul Pierce. En échange il reçoit les 1er tours de draft de 2014, 2016 et 2018 et en bonus le droit de swaper leurs 1er tours de 2017. Wow !

En 2014, Boston sélectionne Marcus Smart à la draft. En 2016, il utilise le pick de Brooklyn pour prendre Jaylen Brown. En 2017 c’est Jayson Tatum qui vient garnir l’effectif du TD Garden et enfin en 2018 c’est Collin Sexton qui est choisi en 8ème position par les Cleveland Cavaliers. Wait what ?

Mais oui, la saga de l’été 2017, la demande de trade de ce bon vieil Uncle Drew ! Il n’en pouvait plus de l’Ohio et de l’omniprésence de LeBron James et alors que les bruits de couloir font état d’un échange avec Paul George et Melo, il prend tout le monde de court et demande son bon de sortie.

Ça traîne en longueur et on pense que les morceaux peuvent peut-être se recoller, mais le bon vieux Danny prend encore un coup de chaud, range son cœur dans le même tiroir qu’en 2013 et organise le trade en envoyant Isaiah Thomas, Ante Zizic, Jae Crowder et el famoso first pick 2018 des Nets contre le seul Kyrie irving. En même temps, quand on possède pléthore de picks, ne pas en récupérer n’est pas un problème en soit. Un examen médical inquiétant pur I.T fait encore lâcher un pick anecdotique aux C’s et on pense que Boston est armé pour enfin rouler sur l’Est. Cette confiance est renforcée par deux choses aux termes de la saison 2017-18 : la bonne prestation de l’équipe sans Kyrie durant les playoffs 2018 et le départ de LeBron.

Pourtant aujourd’hui, Boston a été sorti 4-1 par les Bucks en demi finales de conférence. Même pas par le champion, même pas par le finaliste NBA. Des tensions sont apparues tout au long de la saison. Un appel de Kyrie à LeBron pour s’excuser de ne pas avoir compris ce qu’être un patron d’équipe signifie réellement. Un changement d’agent et surtout une free agency qui sent très très fort le départ vers…Brooklyn. Le karma quand même. On parle même, depuis le trade d’Anthony Davis, de signer chez les Lakers de LeBron. Pour quelqu’un qui criait haut et fort en début de saison qu’il se voyait rester longtemps à Boston…

A l’heure de jauger le trade initial, pas mal d’observateurs se demandaient qui avait gagné l’échange. Evidemment, à l’époque personne ne savait qu’Isaiah Thomas était plus proche de la Chine qu’autre chose, mais cela a été longuement commenté et dans une ligue qui  glorifie la possession de pick, on va regarder ensemble ce qui est advenu de ce trade et comment les éléments échangés ont évolués ou comment les équipes ont pu faire fructifier les éléments reçus.

Petite précision utile, je ne vais traiter que les mouvements directs liés à ce trade ! Accrochez-vous.

Trade deadline saison 2017/2018

Koby Altman va donc gérer sa 1ère période de transferts. On l’a vu à l’œuvre pendant l’été dans le trade d’IT, et justement, ce dernier n’y arrive pas. Il force énormément et on sent chez le vaillant lutin que quelque chose ne reviendra jamais de sa blessure. Problème : LeBron, il est là pour gagner et pas pour panser les plaies. Le GM va donc devoir agir vite et bien.

Dans un 1er temps, Altman envoie IT aux Lakers, qui cherchent à dégraisser pour enrôler de l’agent libre (aaah le karma). Pour fignoler le package, les Cavs joignent leur 1er tour de draft 2018 (pas celui reçu par Boston, le leur) qui finira en 25ème position, pour lequel les Lakers sélectionneront Moritz Wagner qui a peu joué au final. Cleveland voit revenir un de ses chouchous Channing Frye mais aussi Jordan Clarkson et Larry Nance JR.

Dans un second temps, un trade à 3 équipes se monte entre Cleveland, Utah et Sacramento. Dans celui-ci les Cavs envoient Jae Crowder et Derrick Rose à Utah. L’ancien MVP sera immédiatement coupé. Iman Shumpert fait ses valises également direction la Californie. Joe Johnson change d’ambiance en quittant Salt Lake City pour rejoindre l’ailier des Cavs chez les Kings, et Cleveland récupère Rodney Hood, George Hill et un second tour de draft 2020 venant du Jazz.

La suite on la connait, Gégé ne sait plus compter et c’est le drame.

Début de saison 2018/2019

Le début de saison est plus que mauvais et Lue en fait les frais, mais pas que. Kyle Korver reçoit son bon de sortie vers le Jazz : lui qui avait rencontré son épouse dans cette ville lors de son précédent passage est donc récompensé des services rendus, en quelque sorte. En retour, les Cavs récupèrent Alec Burks et deux second tour (2020 et 2021) via Washington.

Trade deadline saison 2018/2019

Les fêtes de fin d’année, Koby Altman il aime ça, et les cadeaux c’est pas que sous le sapin. Du coup, le GM rapatrie une autre figure emblématique du club : Matthew Dellavedova depuis Milwaukee. En chemin, il embarque aussi John Henson ainsi que le 1er tour de draft 2022 (protégé 1-10) et le second tour 2022 de Washington (via Milwaukee). De leur côté, les Bucks blindent la mène avec George Hill et en prime reçoivent Sam Dekker, qui sera envoyé manu militari à Washington contre Jason Smith et du cash.

Rodney Hood trouve le temps long, et aimerait jouer en avril et pourquoi pas en juin. Accordé ! L’ailier part à Portland où son rôle sera important dans les PO. En retour Cleveland reçoit Nik Stauskas, Wade Baldwin et le second tour de draft de 2021 des Blazers.

Quelques mouvements plus tard, c’est Houston et Sacramento qui grattent à la porte de Cleveland.

Houston cherche des défenseurs et Iman Shumpert a le profil idéal. Pour faciliter le trade, les Cavs envoient Stauskas et Baldwin à Houston qui seront cut dans la foulée, Stauskas retrouvant vite du travail du côté de… Cleveland. Les Kings reçoivent Alec Burks et le 2ème tour de draft 2020 de Houston, tandis que les Wine and Gold allègent la masse salariale texane de Brandon Knight, Marquese Chriss et le 1er tour 2019 de Houston (26ème choix).

Que faire maintenant ?

Pour vous aider à y voir plus clair, j’ai mis un tableau ci-dessous avec le résumé de ce que je viens de vous exposer.

Les noms en couleur sont encore dans l’équipe à l’heure d’écrire cet article

Mais quel était le but de toute cette démonstration ? Et bien regardons de plus près.

De tous les échanges, combien sont encore titulaires ou membres de l’effectif ? Peu. Combien de tours de draft ont-ils été récupérés et qui permettront-ils de faire venir ? On ne le sait pas encore pour tout le monde mais voilà ce qu’on sait pour Boston et Cleveland : les Cavs ont 9 joueurs encore présents dans l’effectif mais aussi 7 tours de draft dont 2 first pick. Pendant ce temps, la sauce à Boston a tourné et les Celtics n’auront plus rien de ce trade.

Alors fallait-il faire venir Kyrie Irving ? Oui probablement, être GM c’est aussi prendre des risques.

Cependant parfois avoir trop de moyens empêche de réfléchir correctement et on se dit qu’on est plus à un pick ou à un contrat trop gros près. Une free agency de tous les dangers approche et des choix minutieux devront s’imposer. Attention, je ne dis pas qu’Ainge est un mauvais GM, je voulais simplement souligner qu’avoir du cap et surtout des picks n’est pas une assurance tous risques.

Koby Altman a prouvé aussi qu’on pouvait travailler autrement, en multipliant les échanges pour faire grimper petit à petit la valeur potentielle de son effectif. Avoir des picks c’est bien, être un fin gestionnaire c’est mieux. Koby Altman devra prouver que ses nombreux picks peuvent et doivent servir à quelque chose d’utile et de malin. Sous peine de se voir dépouiller, lui aussi.